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EAN : 9782081294141
157 pages
Éditeur : Flammarion (20/03/2013)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 678 notes)
Résumé :
Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparait quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?
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Critiques, Analyses et Avis (237) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  16 avril 2013
Forrest Gump a dit : « la vie, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber » ; le plagiant, je m'aventure à dire : « un roman de Malzieu, c'est comme une boîte de chocolats de chez Fabrice Gillotte, on sait sur quoi on va tomber ». On sait que ça va être qualitatif et savoureux : qualitatif côté écriture ; savoureux côté lecture. Bref, la prise de risque est limitée.
De Malzieu, je n'avais lu que « La mécanique du coeur » que j'avais jugée féerique et poétique. Avec « Le plus petit baiser jamais recensé », on gagne en gourmandise (surtout qu'il est question de chocolat quasiment d'un bout à l'autre du roman*) et on s'éloigne du pragmatisme un rien plombant qui avait caractérisé le dernier tiers de « La mécanique du coeur » ; plus de légèreté, plus de rythme, il faut dire que le roman est très court, ce qui lui confère véritablement une identité de conte voire de nouvelle.
Certains lecteurs penseront très fort, à tel point que je les entendrai : « mais pourquoi faire la critique d'un roman en se référant à un autre qui l'a précédé ? ». Réponse : tout simplement parce que « Le plus petit baiser jamais recensé » semble vouloir s'assumer comme le cadet de son aîné et le lecteur a bien du mal à ne pas retrouver Jack, le héros de « La mécanique du coeur », sous les traits du narrateur. Ce dernier n'a d'ailleurs pas de nom et se définit uniquement par son métier, inventeur-dépressif, et sa sensibilité, c'est un amoureux chronique. Cet anonymat est-il vraiment un hasard ? Personnellement, je ne le pense pas ; je penche plutôt pour une suite inavouée de la "Mécanique".
Autant l'avouer tout de suite, je n'ai pas adhéré à l'histoire d'amour complexe entre notre inventeur-dépressif et son amoureuse invisible, je n'ai ressenti ni l'intensité de leur rencontre, ni l'ardeur de leur passion, ni la souffrance de leurs blessures respectives. Néanmoins, ce constat de quasi-échec fait, je ne pouvais pas rendre les armes et admettre que je passais à côté d'une oeuvre de Mathias Malzieu. Inutile donc de lutter davantage pour entrer dans une histoire d'amour qui m'avait claqué sa porte au nez, j'en ai pris mon parti et ai préféré lâcher prise pour ne me concentrer que sur la subtilité d'une plume toujours aussi séduisante et aussi inventive que le héros dont elle décrit les aventures. Une plume tellement fantaisiste qu'elle offre au lecteur un panel complet d'émotions largement dominé par l'humour ! Quelle jolie et originale idée, par exemple, de transformer un perroquet en répondeur téléphonique ! On se demande vraiment où l'auteur est allé chercher cette perle... à moins qu'il n'ait consommé toute la moquette de son « appartelier » ? J'ai très souvent éprouvé la sensation que l'auteur nous invitait à le suivre dans un rêve mouvementé ou dans un délire de fièvre !
En synthèse, je dirais que ce joli poème de quelques pages, fantastique et romantique à souhait, et dont Raymond Queneau n'aurait pas renié la prose, procurera aux aficionados un réel moment « à part », privilégié, telle une heure de repos sur un nuage aussi moelleux que la barbe de Gaspard Neige, le détective-ex-amant de Liz Taylor, qui prête main forte à notre inventeur-dépressif pour le guider dans ses recherches d'un amour invisible. Si j'ai douté que ladite amoureuse puisse être à la fois invisible et irrésistible, je reconnais que le talent de Malzieu est bien visible quant à lui ; la passion qu'il met dans ses mots et sa volonté de bien écrire, palpable à travers tout le récit ciselé comme une enluminure, le rendent tout à fait digne d'être recensé parmi les plus talentueux écrivains contemporains.
*Pour la petite histoire, le chocolatier parisien Hugo & Victor a créé le fameux chocolat "le plus petit baiser jamais recensé" pour assurer la promotion de la sortie du roman, s'inspirant de la recette de l'inventeur-dépressif. Résultat : une merveille pour les yeux et le palais :-)
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Ladybirdy
  23 octobre 2019
De ce livre, j'en retiendrais deux choses. La première c'est que ce livre est comme du Amélie Poulain flottant au milieu de flocons de chocolat.
La seconde c'est qu'à hauteur de ma sensibilité fleur bleue, j'ai fondu, j'ai craqué, j'ai versé une douce larme, non pas sur le plus petit baiser jamais recensé mais sur le billet merveilleux de David. Ici plus bas et qui mériterait le podium. Tant son billet est une bulle de poésie et de merveilles symphonies.
Tout est dit à peu de choses près sur ce roman. J'ai pour ma part mal adhéré à cette histoire improbable entre une femme invisible et un homme inventeur dépressif. J'ai bien aimé son perroquet Elvis, ses inventions burlesques mais l'ensemble selon moi n'a que peu de cohérence. À moins d'être un Einstein de l'amour et de transformer les sempiternelles métaphores en messages codés semi réalistes. Je n'ai guère le potentiel d'intellectualiser une marmite de baisers, une symphonie de poumon, du chocolat d'amour.
C'est néanmoins très onirique comme toujours, très pop corn macarons, très frétillant mais beaucoup trop à l'ouest cette fois pour moi. Même si je trouve l'amour incroyablement compliqué alors qu'il se devrait être si simple, j'ai trouvé l'amour de Mathias Malzieu en morse chinois latin, écrit à l'envers sous une bourrasque de boules de neige.
En conclusion, merci David pour ta critique qui pour moi est une belle parenthèse dans le fabuleux monde d'Amélie façon Mathias Malzieu.
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Yggdrasila
  02 novembre 2013
En lisant un livre de Mathias Malzieu, j'ai toujours l'impression de me retrouver sur un petit nuage de coton. J'aime son écriture car il possède un style très poétique et décalé à la fois. Il y a toujours une sorte de magie très surprenante qui s'en dégage.
C'est le troisième livre que je lis de cet auteur et je lui trouve toujours un charme très particulier dans sa manière de raconter que je n'ai encore jamais retrouvé chez un autre auteur.
Dans ce roman, il nous raconte l'histoire d'un inventeur déprimé qui met tout en oeuvre pour retrouver une fille devenue invisible après qu'il lui ait donné un petit baiser. Il est obsédé par ce souvenir et demande de l'aide à un détective qui va lui prêter un perroquet hors du commun. Avec l'aide de celui-ci, il va tout tenter pour se rapprocher peu à peu de cet amour qu'il recherche...
Ce livre se lit très vite car les chapitres sont extrêmement courts, on se dit qu'on en lit un de plus à chaque fois, puis nous voilà déjà à la moitié de l'histoire. de plus, il ne fait que 158 pages.
J'ai adoré les jeux de mots (surtout le wi-fille) qui donnent une petite touche d'humour à l'histoire.
Les personnages de Malzieu sont toujours empreints d'une énorme sensibilité. Ils ont souvent un côté fragile qui fait qu'on a forcément de l'empathie et on s'y attache très vite. de plus, dans cette histoire il y en a très peu.
Par contre, j'avais d'avantage retrouvé le style Burton (que j'adore) dans "La mécanique du coeur" et "Métamorphose en bord de ciel" que dans ce roman, mais cela ne m'a pas vraiment dérangée car on retrouve quand même la plume bien personnelle de l'auteur.
Un petit livre qui fait penser à un conte fantastique. Je le recommande car j'ai passé un agréable moment.
Pendant ma lecture, j'aurai aimé déguster un de ces fameux chocolats que le chocolatier Hugo & Victor avait crée pour la sortie du livre. Cette lecture donne envie de connaître le goût du plus petit baiser jamais recensé... mais je peux l'imaginer avec les mots de l'auteur, ce qui est déjà très bien.
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SMadJ
  05 mai 2014
Petit OVNI littéraire, Mathias Malzieu nous ravit de gourmandises et autres délicatesses et nous délecte avec délice de ses mots confits.
Comme toujours, son univers est charmant, jovial, avec tout ce qu'il faut de petites tensions pour susciter l'intérêt.
Car l'intrigue est fine mais la plume est légère, évanescente et ravissante.
Une magnifique histoire d'amour d'une pureté étincelante.
Qui vous donne envie de siffloter.
Qui dessine des couleurs arc-en-ciel sur votre coeur.
Qui fait étinceler de mille feux l'éclat de vos yeux.
Un livre-gaufre saupoudré de mots sucre glace.
Court comme une caresse sur le visage.
Une vraie ode au chocolat et ses délicates saveurs. Un peu épicé, beaucoup sucré, patiemment cuisiné. Une chocolatisation d'une efficacité redoutable.
Logique pour le mec qui a emballé la femme-chocolat.
Ah et ces petits sparadramours tous plus mignons et croquignolets les uns que les autres qui clôturent le livre. A se relire à chaque fois que l'on veut voir son coeur fleurir de 1000 jolies pensées.
Mathias Malzieu assume sa filiation avec Boris Vian. Et ne se prive pas de jeter des clins d'oeil énamourés à ce merveilleux écrivain qu'est Richard Brautigan.
Un vrai feel-good Book. On le referme avec un joli sourire dessiné sur les lèvres.
Et une petite faim gourmande d'amour fou. 4/5
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DavidG75
  19 septembre 2019
Le plus petit baiser jamais recensé...
Aux jeux olympiques de la petitesse, il vous faudra l'observer avec un microscope électronique et tout au plus pourrez-vous lui décerner un atome de grain de poussière d'or en guise de médaille sous peine de ne plus l'apercevoir derrière son trophée...
Dans le Guiness Book des records, il y trouverait sa place à coup sûr sur le tranchant d'une page et avec de la marge pour y virevolter à son aise...
Le plus petit baiser du monde...
Un souffle d'innocence, une plume qui se pose délicatement sur la surface de l'eau d'un lac tranquille, un flocon cotonneux qui danse dans un ciel d'hiver...
Une émotion qui électrise le corps en une fraction infime du temps, un big bang émotionnel, mélange fusionnel de barbe à papa, d'orangette et de bulles de champagne !
Un sirop de menthe fait maison.
Une poussière d'étoiles perdue dans le cosmos...
Un uppercut sensoriel infiniment court mais qui vous fait vibrer pour l'éternité, un voyage en apesanteur perdu dans l'espace-temps chocolaté de la passion et de l'amour...
Un battement de cils, juste une sensation inachevée de bonheur et puis plus rien...
Disparue, volatilisée, évanouie...
Ne persiste de cette nano-seconde d'extase éternelle que la mémoire vive de la douceur que vous a procuré ce baiser... le flot mélodieux d'une rivière proche et le vent dans les feuilles de l'arbre sous lequel vous vous étiez rapprochés... la trace invisible d'un parfum qui s'évapore et qui vous imprègne jusqu'au lever du jour... la douceur d'un grain de fleur de sel sur une bouchée de chocolat fondant sur vos lèvres, quelques perles de rosée déposées sur un pétale de lys...
Comment la revoir, cette petite fée des étoiles, si un baiser d'amour la fait disparaître aussitôt ?

« Comment convaincre une électrocutée de l'amour de dépasser sa peur pour vivre pleinement son histoire d'amour ? », nous questionne Mathias Malzieu avec énormément d'amour et de poésie...
Sa plume est toute légère, elle s'envole vers les étoiles mais sans excès, sa poésie se fait ici subtile, amoureuse et tendre, à la manière de La mécanique du coeur dont elle emprunte d'ailleurs certains rouages.
Elle m'a à nouveau emporté, moi qui étais resté déçu après avoir lu Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi.
L'amour, bien plus que la mort, sied parfaitement à la prose poétique de Mathias Malzieu. Il sait nous le conter avec fraîcheur, nous entraînant dans une douce mélodie en ré mineur.
Le plus petit baiser jamais recensé, à jamais tatoué sur vos lèvres... Un baiser déposé par une petite fée des étoiles, invisible mais pourtant à vos yeux la plus belle de l'univers... et au bout du compte le bel espoir de la revoir...
Moi c'est certain, je la revois bientôt...
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critiques presse (2)
LaPresse   26 juin 2013
C'est un roman teinté de fantastique et d'une grande tendresse. En complément, le livre renferme un carnet de sparadramours, de délicieux petits poèmes joliment présentés.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   25 avril 2013
On peut être séduit par le petit charme foutraque et mélancolique du Plus Petit Baiser jamais recensé. On peut aussi trouver que ce catalogue d'idées poétiques peine à constituer un roman.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (249) Voir plus Ajouter une citation
DavidG75DavidG75   15 septembre 2019
Le plus petit baiser jamais recensé. Un millième de seconde, pulpe et duvet compris. A peine une effleure, un origami. Une esquisse de court-circuit. Un taux d’humidité proche de zéro, quelque chose de l’ordre de la poussière d’ombre. Le plus petit baiser jamais recensé.

On ne se regardait pas vraiment. On ne se touchait pas vraiment. On ne se disait presque rien. Ses yeux trop grands sur sa peau de porcelaine, et cette manière étrange de s’excuser de sourire. Ses lèvres, qui voletaient façon flocon de neige perdu sur une plage en été, et moi, qui essayait de le récupérer avec ma glacière trop grande. Un cataclysme déguisé en baiser miniature. Plus puissant qu’une armée de coup de foudre. Le plus petit baiser jamais recensé. Impact de lumière et puis plus rien.

Disparue.

Passée d’un instant à l’instant suivant de l’apparition à la disparition. Comme si sa bouche était un interrupteur corporel magique qui pouvait la faire se volatiliser. Ne restait que la mélodie asthmatique en ré mineur sifflée par ses tout petits poumons.

J’entendais ensuite ses pas s’éloigner, jusqu’à ne plus les entendre. Elle n’avait donc pas disparu, elle était devenue invisible ! Nous avions échangé le plus petit baiser jamais recensé et elle s’en était invisibilisée sur le coup, tranchante comme une coupure de courant.

Il me fallait la retrouver. Ne serait-ce que pour compléter ma collection, limitée pour le moment à un seul exemplaire, de plus petits baisers jamais recensés.
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missmolko1missmolko1   28 juillet 2013
Boire les étoiles au goulot était une technique pour bloquer la machine temporelle. Flouter le passé et le futur quelques heures pour se poser dans l'hyper-présent avec du whisky déguisé en Coca, du rhum caché dans des feuilles de menthe. Je voyais mes démons cavaler a travers les bulles, pieds au plancher comme l'hiver dernier. Je ne pensais qu'a une chose : retrouver un autre temps. Celui d'avant l'explosion de la centrale a rêves. Avant le tremblement de tête, avant les attentats a répétition. Quand on fabriquait des fusées sans ceintures de sécurité. Quand on chevauchait jusqu’à ce que la nuit fonde pour laisser le jour étirer ses grands bras de lumière.
Penché au-dessus du comptoir, j'attendais les rires se planter dans mon dos. J'étais bien trop vieux pour être si con, trop jeune pour être si vieux. La France battait le Brésil 1-0 en match amical mais moi, personne ne me sauverait. Et plus terrible encore, je ne sauverais personne. Il fallait déjà être capable de se sauver soi-même pour prétendre aider les autres. Et ça, je n'y parvenais toujours pas.
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DavidG75DavidG75   15 septembre 2019
- Je suis là.
- Je sais, dis-je en me retournant.

Du bout de mes doigts, je parcourus la circonférence de ses avant-bras. Le contact de sa peau était musical, chaque embryon de caresse me donnait l’impression d’être aux commandes d’un piano aux touches de vent. Je remontai la gamme de ses douces épaules.

Elle fit tinter les clochettes de son rire en sourdine, leur volume sonore ne dépassait pas celui de sa respiration asthmatique. Je fermai les yeux, sentis ses cheveux couler entre le pouce et l’index de ma main droite.

Escalader son cou jusqu’au bord des lèvres interdites s’avéra périlleux. J’en grignotai chaque millimètre, avec la concentration de celui qui verse de l’or liquide dans une fiole. (...)

J’entendais son cœur battre dans le vide. Il sonnait. On aurait dit que quelqu’un construisait une ville miniature avec des outils en cristal sous sa clavicule gauche. Je relevai le menton vers son hypothétique menton pour la non-embrasser de toutes mes tendres forces. (...)

Elle laissa échapper un petit rire, une sorte d’échantillon de complicité gratuit.

Le cœur de cette fille invisible était un putain de Rubik’s Cube ! J’avais beau le tourner dans tous les sens, je ne parvenais pas à réunir les pastilles de couleurs identiques sur une même face. (...)

Je sentis le vent chaud de ses lèvres claquer au bord des miennes. Éclat de pulpe-orange sanguine. Elle enfila des colliers de non-baisers à la commissure de mes lèvres, en remontant jusqu’au bord de mes fossettes. C’était doux, piquant, suave. Incroyablement suave.
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missmolko1missmolko1   26 juillet 2013
Lorsque j'avais perdu ma mère, il m'avait fallu l'aide d'un géant de 4 mètres 50 pour commencer a aller mieux. Je suis un sous-doué du deuil. La peau a l'intérieur de mon cerveau est constellée de bleus qui ne s'effacent jamais. Je suis un homme-grenier. Je garde tout. Si on plantait une caméra au cœur de ma mémoire, on pourrait reconstituer ma vie, comme dans un studio de cinéma. De la joie sauvage a la colère noire en passant par la fréquence d'un battement de cils, tout est intact.
Ce que je croyais être le monde s’était écroulé au début de l'année. Le choc se répercutait encore et encore. Le manque et la sensation d'injustice explosaient mes boussoles. J'avais l'impression de rétrécir, de devenir transparent. Depuis, je ne savais plus ni ce que je voulais, ni ce que je valais.
Jusqu’à ce que je frôle la fille qui disparait quand on l'embrasse.
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CewiiiseCewiiise   24 mai 2013
C'était à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu'un d'aussi
extraordinairement abîmé par l'amour. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d'accepter sa condition de fille invisible...
Ses souffrances résonnaient avec les miennes et je me blottissais dans cet écho. Comme elle, je présentais un terrain miné par l'explosion amoureuse. Peut-être que si elle savait à quel point nos angoisses se rejoignaient, elle se détendrait un peu. À moins que ça la fasse fuir encore plus vite. Nous avions en commun ces matériaux inflammables, cette prédisposition à la passion, pour le meilleur et pour le pire.
J'aimais sentir que je lui ressemblais, mais son miroir me renvoyait également l'image du monstre que j'étais devenu. Ce déçu jusqu'à l'os trimbalant son coeur en mille morceaux dans une boîte, ce puzzle ambulant qui semait ses pièces chaque jour en acceptant de ne plus les retrouver. On descend parfois si loin sous terre que même l'idée de bonheur effraie. Les yeux du cœur s'habituent à l'obscurité et même la plus douce des lumières devient aveuglante. Je ne savais pas si j'étais capable d'affronter toutes ces peurs.
Mais je sentais poindre en moi une nouvelle forme de désir. Nos électricités mêlées provoquaient un étrange cœur-circuit. Ce n'était pas le plus confortable des liens, mais il existait bel et bien.
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Vidéo de Mathias Malzieu
Extrait de "Le plus petit baiser jamais recensé" de Mathias Malzieu lu par Nicolas Ullmann. Parution le 13 mai 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/le-plus-petit-baiser-jamais-recense
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