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Critique de London16


London16
  13 mars 2017
A l'heure où l'on semble n'avoir plus aucun scrupule à retourner sa veste pour un oui ou pour un non, et où il semble être devenu monnaie courante de se ridiculiser sur internet dans une tentative désespérée d'accéder à une célébrité aussi douteuse que momentanée, il est parfois réconfortant de se tourner vers ces héros d'antan dont les préoccupations, sans être toujours exempts de tout reproche, avaient le mérite de voler un peu plus haut que la reconnaissance digitale qui régit aujourd'hui nos rapports sociaux. Des nombreux guerriers ayant traversé l'interminable histoire belliqueuse de l'humanité, peu sont aussi bien ancrés dans la légende que les Samouraïs. Désigné à l'origine par le terme Saburai (« celui qui sert »), ces fiers guerriers japonais dédiaient leurs existences à veiller au respect de leur honneur, au prix parfois discutable de leur vie.
Mondialement célèbre pour le pratique suicidaire du hara-kiri (ou plus traditionnellement seppuku) qui consistait à libérer l'âme résidant dans l'abdomen, ces valeureux guerriers ont fait les frais de nombreux succès commerciaux, certains frôlant d'ailleurs un ridicule bien occidentale. A l'origine archers à cheval, nos fiers bonhommes descendirent progressivement de leurs montures pour jeter leur dévolu sur le tout autant célèbre katana, qui représentait à l'époque leur première richesse. Sans conteste plus sage que ses voisins occidentaux qui y auraient vu une juteuse source de profit, le gouvernement japonais limite aujourd'hui la fabrication de ces célèbres sabres afin d'en garantir l'authenticité. Un producteur de katana est aujourd'hui tenu à une production maximale de quelques vingt-quatre lames par an, et l'acquisition d'une de ces petites merveilles vous coûtera la bagatelle approximative de trente mille euros.
Un tantinet conservateur et protectionniste (doux euphémisme), le Japon se voit progressivement contraint d'ouvrir ses frontières au cours du 19ème siècle, pressé en ce sens par des occidentaux peu patients dont le commodore Matthew Perry, légèrement portée sur la bouteille (le bougre décède d'une cirrhose), se fait le grand représentant. Les réformes structurelles qui s'en suivent ont raison de nos derniers légendaires guerriers (pas accueillant pour un sou il faut l'admettre) qui perdent progressivement leurs prérogatives et disparaissent à la fin du siècle dans une dernière tentative de soulèvement menée par l'une des derniers véritables samouraï : Saigo Takamori. Toutes les bonnes choses ont une fin, et une fois n'est pas coutume, l'homme est premier responsable de sa propre décadence !
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