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Jean-François Carcelen (Traducteur)
ISBN : 2864242869
Éditeur : Métailié (14/10/1998)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Paru pour la première fois en France en 1998 chez Métaillié (et ressorti à l'occasion d'Imposture dans leur collection de poche) Je suis un écrivain frustré, a tout du roman au parfait entre-deux.

Tenant à la fois du thriller et du drame psychologique, il n’en oublie pas pour autant d’être drôle, et propose surtout une peinture satyrique du microcosme éditorial et littéraire des plus réjouissantes.

J. est professeur de lettres à l’univ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  11 septembre 2015
Le syndrome de l'écrivain raté. Je me contente d'écrire des chroniques sur des bouquins, j'y rencontre même un certain succès, des assidus et assidues à mes mots, à mes saloperies, à mes obsessions. Et si j'écrivais un livre, comme un vrai écrivain. Je m'installe à mon bureau, sort une feuille blanche, aussi immaculée que les neiges éternelles, aussi laiteuse que mon sperme après maturation de plusieurs jours. Je me sers un verre de Quilmès, sentant les encouragements dans les yeux et le sourire d'Ana. Mais rien n'y fait, ni son cul ni ses jambes ne remplissent les pages d'un quelconque intérêt. Allons boire un verre dehors. Allons voir les étoiles scintiller dans le ciel, cette lune plonger son regard dans le décolleté d'Ana pendant que je lui soulève sa jupe. Je n'arrive pas à écrire mais peut-être que je pourrais quand même la baiser, pour vider ma frustration et gicler un flot d'inspiration à sa figure encore souriante.
Marian et son insolente jeunesse. Elle me prend pour un Dieu avec mes critiques salaces et bourrées de mon sentiments, abandonnant les images éculées du romantisme pour les remplacer par de l'instinct, du primitif et de l'Amour, avec un grand A comme bAise et bAnde. Elle veut que je lui corrige son manuscrit, la prétentieuse. Mais que veux-tu, elle a une belle paire de jambes et un sourire qui rend si bête un homme assoiffé par une envie irrépressible de lui écarter ses cuisses. Dès les premières pages, j'ai la conviction de tenir en main l'instrument de ma renommée, un chef d'oeuvre qu'elle ne pourra pas signer de sa propre main trop frêle, trop jeune. Elle ne le mérite pas, alors que moi…
Moi, je bascule dans la folie, je m'enferme dans mon bureau, retape les pages de son manuscrit et échafaude un plan diabolique, à mon sens. Je m'apprête à faire un crime parfait. Marian ne doit plus être. Je dois la séquestrer jusqu'à ce qu'elle comprenne que c'est uniquement pour son bien si je lui « emprunte » ses mots, ses phrases, ses idées. Jusqu'à ce qu'elle me remercie même parce qu'elle tombera forcément amoureuse de moi, un jour. Jusqu'à ce que j'en ai marre de lui ramasser la merde qu'elle défèque si odieusement dans cette cave insalubre qui lui sert de cachot temporaire. Et un jour, je serais encore plus célèbre que Bukowski, plus respecté surtout et plus admiré par une horde féminine prête à baiser mes pieds et à descendre mon pantalon en lin.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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cicou45
  08 décembre 2011
Voici l'histoire de J., qui est, comme le dit si bien le titre de l'ouvrage est "un écrivain frustré". Bien qu'étant un excellent critique ainsi que professeur de fac, lorsqu'il se retrouve devant son ordinateur pour se consacrer à sa passion qu'est l'écriture, là, c'est "l'écran blanc" (eh oui, il faut vivre avec son temps, ce n'est plus le trac de la page blanche mais celui de l'écran qui reste indubitablement blanc).
J. partage sa vie avec Ana mais il commence à devenir de plus en plus violent et même vicieux envers sa propre belle-soeur. de plus, il ressent un énorme complexe d'infériorité devant son collègue Mozart. En plus d'être beau comme un dieu, celui-ci est marié avec une femme qu'il a longuement convoité et, contrairement à lui, a déjà été publié plusieurs fois.
Tout change le jour où l'une de ses étudiantes lui confie son manuscrit afin de savoir ce qu'il en pense et là...le grand bouleversement : le manuscrit de son élève est tellement bien écrit qu'il décide de se l'approprier. Cependant, un problème de taille s'oppose à lui : son auteure.
Roman très vite lu et qui part d'une très bonne idée, celle du fait de s'octroyer tous les mérites d'un autres mais qui m'a laissé un léger goût amer dans la bouche. En effet, l'auteur est tellement précis dans ses descriptions qu'il en fait par moments un peu trop. En plus d'employer régulièrement des mots crus (cela passe encore), la fin est carrément dégoûtante, au point de vous donner la nausée. Certes, cela prouve la prouesse de celui-ci mais toujours est-il que, même si on peut lui attribuer de très belles méditations sur la vie de l'homme et de son désir de laisser une trace de son passage sur terre après sa mort, les derniers passages du roman sont vraiment très durs ! A découvrir néanmoins pour ses beaux passages mais attention, âmes sensibles, s'abstenir !
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Corboland78
  22 janvier 2016
José Angel Mañas né en 1971 à Madrid, est un écrivain espagnol. Il a fait des études d'Histoire contemporaine à l'Université autonome de Madrid, mais également dans le Sussex en Angleterre et en France à Grenoble. Après un premier roman paru en 1994 il est aujourd'hui fort d'une oeuvre d'une grosse quinzaine d'ouvrages, dont quatre traduits en français, comme ce Je suis un écrivain raté qui date de 1996. Ce roman a été adapté au cinéma en 2005 par Patrick Bouchitey sous le titre Imposture.
Le narrateur, professeur d'université, critique littéraire reconnu mais écrivain en mal d'écriture et alcoolique, sèche devant la page blanche. Jusqu'à ce que l'une de ses étudiantes lui soumette un manuscrit du roman qu'elle vient de rédiger. Pour « J. » le narrateur, la solution à son problème d'écrivain en panne est toute trouvée…
Un tout petit roman au vu de la pagination, qui se lit très vite et très bien car très réussi, mais je dois le reconnaitre aussi, qui m'a constamment agacé tant le personnage principal, ce « J. » est un fieffé connard pour ne pas dire un sale con ! Traité en mode thriller sur un rythme rapide, je ne révélerai aucun secret en disant que le professeur va voler le manuscrit de l'étudiante et qu'à partir de là, il sera logique si l'on peut dire, que cette jeune fille soit mise hors circuit pour que le professeur tire gloire et profit de son méfait.
L'écrivain réussi à caser beaucoup de monde dans ce petit bouquin, de nombreux personnages très agités autour de « J. » : Ana sa fiancée qu'il maltraite comme un sagouin, Véro soeur d'Ana qu'il zieute, Marta sa collègue prof nymphomane barjot, Mozart son ami/ennemi professeur mais écrivain à succès qu'il jalouse, Carmen femme du Mozart qui finira dans son lit et Marian, la malheureuse étudiante, seul personnage « normal » de ce roman. le « héros » de ce roman évolue du macho bien lourdingue avec Ana, au paranoïaque avec Mozart en passant par le simple d'esprit avec son stratagème foireux vis-à-vis de Marian, pour finir dans la folie totale. Je vous le chuchote au coin de l'oreille pour que personne ne m'entende mais j'ai vu dans ce « J. » quelque chose que je ne saurais définir précisément mais qui l'apparente vaguement aux héros des romans de Michel Houellebecq. N'allez pas le répéter, ce n'est juste qu'une impression…
José Angel Mañas glisse aussi dans son texte quelques réflexions et vacheries bien venues sur le monde de l'édition, « Peu importe si le roman n'est pas très bon, c'est ce qui compte le moins. Avec le succès du premier, le deuxième se vendra sans problème ». Et le tout doit être envisagé sous le mode de l'humour (noir) bien entendu.
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Zazette97
  30 juin 2013
Publié en Espagne en 1996 et traduit en français en 1998, "Je suis un écrivain frustré" est un roman de l'écrivain espagnol José Angel Manas, également auteur des romans "Historias del Kronen" et "Mensaka" (tous deux adaptés au cinéma).
J. le dit lui-même : s'il est bon professeur et excellent critique, il est aussi un piètre écrivain, incapable d'aligner deux phrases sans se voir confronté à la page blanche.
Une situation d'autant plus frustrante que J. côtoie au quotidien son ami Mozart, professeur de littérature tout comme lui mais surtout écrivain à succès ayant en plus épousé Carmen, la femme dont tous deux étaient amoureux à l'Université.
Que ne donnerait-il pas pour pouvoir lui clouer le bec et connaître enfin la gloire ?
C'est alors que Marian, l'une de ses plus brillantes élèves, lui demande si il accepterait de lui donner son avis sur le roman qu'elle a écrit...
Introverti, asocial, envieux, vulgaire, désagréable, jouisseur très porté sur le sexe et la bibine, à défaut de pouvoir prétendre au talent, J. a tout de l'écrivain frustré et insupportablement égocentrique.
Si sa conscience le taraude souvent, ce n'est que pour attiser en lui la peur paranoïaque d'être découvert, et non pour le remettre sur le droit chemin.
Car si il est une chose de plus en plus évidente au fil du roman, c'est que J. ne s'embarrasse pas de questions morales et préfère se protéger en affirmant qu'il agit au nom de l'Art !
Dès le moment où il s'enthousiasme pour le roman écrit par Marian, J. glisse de plus en plus dans la folie, allant jusqu'à se persuader que ce roman est le sien.
Le pire c'est qu'il parvient à décrocher un prix littéraire ! L'occasion pour l'auteur d'aborder un milieu qui dans ce cas-ci s'avère peu regardant.
Malgré tout le mépris que j'ai pu ressentir pour cet homme, je me suis demandée jusqu'où celui-ci était prêt à aller pour assouvir sa soif de reconnaissance (comment fera-t-il pour le second roman ?)
Très loin, croyez-moi ! J'ai d'ailleurs trouvé la dernière scène avec Marian vraiment scabreuse même si je reconnais qu'elle n'est pas si étonnante que cela quand on connaît le bonhomme...
Tout au long de ma lecture, j'ai ressenti comme un malaise du fait que le roman est écrit sous la forme d'une longue confession. Je me sentais comme la complice de la folie de J., pourtant incapable de faire quoi que ce soit. Une sensation étonnamment contrebalancée par l'humour de l'auteur qui, à travers la légèreté de son personnage, réussirait presque à faire oublier toute l'injustice et la cruauté qui se jouent dans ce roman.
"Je suis un écrivain frustré" ou quand la réalité rejoint la fiction. A moins que ce ne soit l'inverse ?
A lire :)
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Pirouette0001
  29 mars 2015
Un professeur de lettres ne parvient pas à écrire lui-même un roman, à l'inverse d'un ami d'enfance, également professeur de littérature au même endroit.
Je ne vais pas rentrer dans le vif du sujet, mais il y a de ces propos crus ou violents, comme l'on peut en imaginer dans la bouche d'amateurs de tauromachie, que j'ai bien été incapable de prendre l'absurde comme vitesse de croisière. Cela doit pourtant être la seule solution pour apprécier ce livre. Et je n'ai pu que rester au ras des pâquerettes, ce qui rend le livre indigeste.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   21 juillet 2015
En sortant de cours, je tombai sur Marta Cavaler, au bar. Marta était une de mes bonnes amies, elle enseignait aussi à la faculté. Nous partagions une existence marquée par la frustration. Elle était petite et légèrement bossue, elle avait un visage ingrat et un ventre énorme. C'était une nymphomane invétérée et une enseignante incompétente. Il nous arrivait souvent de nous soûler ensemble.
- Salut J, dit-elle en me voyant. Tu es bien beau aujourd'hui.
Elle portait une jupe courte qui accentuait son physique de tortue et un chemisier mal repassé, mal mis dans la jupe, aux manches inégalement retroussées. Elle demanda un rouge limé au comptoir.
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le_Bisonle_Bison   11 septembre 2015
nous rentrâmes tous les deux enlacés, zigzaguant d’un côté à l’autre de la chaussée. Ana se mit à rire en voyant le mal que j’avais à ouvrir la porte de l’immeuble : ‘Tu es bourrée. Laisse moi faire’. Je lui confiai les clefs et pendant qu’elle s’efforçait d’ouvrir, je soulevai sa jupe et baissai sa culotte. La rue était sombre et peu passante. ‘Eh, on est encore dehors ; attends qu’on soit montés.’ Ana rit encore plus fort pendant que nous nous embrassions et que nous entrions dans le hall. Elle me caressa l’entre-jambe et repartit à rire joyeusement. ‘ Ouah ! Ça c’est du solide ! Si à chaque fois que tu écris, tu te mets dans cet état, ça va être Byzance !’ Dans l’ascenseur, je continuai à la chauffer. ‘Attends, attends’, fit-elle en écartant ma main. Nous entrâmes dans l’appartement en riant et en trébuchant, nous nous traînâmes jusqu’au lit, nous déshabillâmes en toute hâte et commençâmes à baiser.

- Je t’aime me dit Ana à l’oreille au moment où j’éjaculai violemment.
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le_Bisonle_Bison   04 septembre 2015
Dans quelques heures, j’allais être un hors-la-loi, mais je serais encore innocent tant qu’on aurait pas prouvé le contraire, c’est-à-dire, jamais. Je me demandai combien de crimes parfaits avaient été commis dans l’histoire. Tous les êtres humains sont des assassins en puissance, nous avons tous pensé, à un moment ou à un autre, à tuer. Y a-t-il réellement une différence entre penser quelque chose et le faire ?
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le_Bisonle_Bison   16 août 2015
Bien entendu, dès que je serais célèbre, je quitterais Ana. Elle ne me serait plus d’aucune utilité, parce que j’aurais assez d’argent pour me payer une petite villa dans un quartier résidentiel, avec piscine jacuzzi et quatre thaïlandaises qui me feraient des massages tous les jours, et, tous les soirs, une pute de luxe ou peut-être un top modèle. Je ferais tout ce qu’il faudrait pour devenir un mythe. Je laisserais de côté tous ces bavardages conceptuels pour devenir le nouvel écrivain maudit : une sorte de Burroughs, Bukowski et Henri Miller à la fois.
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le_Bisonle_Bison   06 septembre 2015
Il était inévitable, même si elle me rejetait au début, qu’elle finisse par tomber amoureuse de moi. Le ‘syndrome de Stockholm’ est une des rares choses qui ne rate jamais. Si je décidais de la tuer quand elle serait amoureuse de moi, elle comprendrait l’impératif de ce sacrifice. Elle ne voudrait pas mettre en danger ma célébrité d’artiste, c’est elle-même qui me le demanderait, et je le ferais pour elle.
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