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ISBN : 207044791X
Éditeur : Gallimard (31/05/2012)

Note moyenne : 2.66/5 (sur 231 notes)
Résumé :
À New York, au début du vingt et unième siècle, les super-héros sont fatigués : Superman, Batman et les autres ont raccroché les gants, ils sont devenus des hommes et des femmes d’affaires à succès, des vedettes des médias et du spectacle, et ont tous renoncé à leurs super-pouvoirs. Dès lors, qui peut bien vouloir les éliminer un par un? Car après Robin, l’assistant et ancien amant de Batman, un mystérieux groupe de tueurs menace d’autres cibles. Comme ce dernier, M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Nyxlapolicecomicsansms
  07 avril 2013
"Don't judge a book by its cover".
Vous connaissez tous cet adage.
Pour d'obscures raisons, il semble toutefois que Folio et Marco Mancassola aient choisi d'opérer une piqûre de rappel avec La vie sexuelle des super-héros. Derrière ce titre polisson et cette couverture espiègle, point en effet de lecture frivole et allègre mais, bien au contraire, un douloureux reflet. Celui de notre société.
Le New York contemporain que nous présente l'auteur cristallise en fait le désenchantement du monde théorisé par Max Weber. Les super-héros, qui ont renoncé à leur mission bienfaitrice et se sont recyclés dans diverses branches, sont désormais les cibles de troublantes menaces. L'inconscient collectif, privé de modèles – symboles ? – perd quant à lui peu à peu ses repères. À travers le renoncement de ces figures démythifiées s'ébauche donc une société livrée à elle-même, une jeunesse désillusionnée et un monde dystopique en pleine mutation.
La vie sexuelle des super-héros se découpe plus précisément en cinq parties, chacune centrée sur un justicier (Mister Fantastic, Batman, Mystique et Superman) à l'exception de la troisième qui concerne, elle, le journaliste Bruce de Villa et sa famille. L'auteur regroupe ainsi les héros les plus célèbres de Marvel et de DC – aka les deux univers les plus notoires en matière de comics – choix on ne peut plus ingénieux à mon sens puisqu'il lui permet d'attirer la curiosité des lecteurs tant néophytes qu'aguerris.
Ces derniers pourront toutefois être désappointés tant Mancassola prend de libertés et se réapproprie le caractère de ces personnages. J'ai pour ma part été profondément touchée par le Mister Fantastic dépeint ici, à savoir profondément seul, assujetti à l'amour et vieillissant ainsi que par Mystique qui exploite désormais ses pouvoirs au sein d'une émission qui rappelle à maints égards celle que supervise Tina Fey dans 30 Rock. Si les chapitres consacrés à Batman et Superman ne m'ont, eux, pas bouleversée, j'ai en revanche grandement apprécié les partis pris de l'auteur qui font du premier un maniaco-narcissique et du second un sage ancestral, patriarche d'une école de super-héros.
Pétri de bonnes idées donc, La vie sexuelle des super-héros évoque également, comme son titre le suggère, les sentiments et la sexualité de chacun des super-héros, tous deux étant intimement liés à leur compétence respective. Ainsi, Mister Fantastic que l'on surnomme plus communément l'homme caoutchouc, se plie littéralement en quatre pour l'objet de son désir et se laisse plus largement modeler par l'Amour. Mystique, elle, opère des dédoublements masturbatoires. Au gré des pages, l'auteur questionne donc le corps, qu'il soit élastique, métamorphe ou encore surpuissant mais aussi les fantasmes et les frustrations des ex-justiciers.
Pour ce faire, il use d'une plume sensorielle et imagée – je salue au passage le travail formidable de Vincent Raynaud, le traducteur – qui rend compte de l'intimité des super-héros jadis adulés avec une extrême suavité. L'écriture est par ailleurs éminemment soignée : j'ai par exemple été transportée par les passages qui lient réalité et rêve et dont les transitions sont à chaque fois imperceptibles. Enfin, je me suis délectée du clin d'oeil narratif de l'auteur qui a – du moins j'imagine – étiré la partie consacrée à Mister Fantastic afin que le récit soit à son image : élastique.
À cette qualité stylistique répond une finesse réflexive tout bonnement époustouflante. Ce roman-essai revisite en effet ces mythes vivants afin de mieux retranscrire les désillusions d'un monde et surtout d'une nouvelle génération en crise, incarnée ici par la famille de Bruce de Villa qui peine à joindre les deux bouts. La désacralisation des super-héros intervient également pour traduire la profonde agonie d'une société post 11 septembre dénuée de bienfaiteur et d'espoir. L'imprécation qui clôture le récit est d'ailleurs, à cet égard, significative – "Ne tombe pas" s'écrit un personnage en fixant la Terre du haut de son vaisseau spatial – et reflète notre avenir incertain.
Seul petit-mini-squizzy bémol : l'enquête qui parcourt La vie sexuelle des super-héros. L'action se situe en effet à New York où, d'avril 2005 à juin 2006, nos quatre super-héros reçoivent des lettres anonymes similaires à celles envoyées à Robin avant que celui-ci ne soit retrouvé mort. Or l'intrigue – plus psychologique qu'haletante au passage – s'avère quelque peu prévisible ce qui, en soi, ne m'a pas dérangée puisque le "pourquoi" m'intéressait plus que le "qui" mais malheureusement, ici elle ne répond en outre pas à toutes les questions – j'ai quelques idées qui auraient ainsi mérité confirmation. Dernier hic, purement subjectif cette fois, le formidable personnage de Nathan Quirst qui est, à mon grand dam, relégué au second plan et que j'aurais voulu davantage appréhender.
En résumé, une chronique satirique et uchronique d'une génération désenchantée, emprunte de mélancolie, sublimée par une plume virtuose qui consacre, à travers les figures policées de Mister Fantastic, Batman, Mystique et Superman – désormais à la retraite – la fin d'une paisible insouciance.
Plus de détails (mes rubriques "n'hésitez pas si ; fuyez si ; le petit plus ; le conseil (in)utile, en savoir plus sur l'auteur") en cliquant sur le lien ci-dessous.
Lien : http://blopblopblopblopblopb..
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DawnG
  14 février 2013
Des longueurs mais une découverte intéressante.
Tout d'abord, je pense que les lecteurs qui s'attendent à retrouver l'univers des comics ne devraient pas se lancer dans cette lecture, il est fort à parier qu'ils hurleront que les personnages sont trop écornés, que les habitudes sexuelles sont galvaudées ou manquent d'originalité (fantasmes vus et revus). Faut pas donner le bâton pour se faire battre. Ce n'est pas parce qu'il y a super-héros dans le titre qu'il faut sauter dessus sans savoir à quoi on s'attend, de même pour les amateurs de livres érotiques ou coquins. J'ai bien aimé une trame un peu polar mais attention, se n'en est pas un au strict sens du terme.
On est loin d'une lecture détente, d'une parodie, d'un livre érotique ou d'un polar. le genre de ce livre est à part. Vous êtes « prévenus » ;)
J'ai beaucoup aimé ce roman même s'il est inégal et que certains passages sont trop longs. Il y a beaucoup de très bonnes idées, de messages passés par l'auteur comme le changement, la perte de l'insouciance, la nouvelle génération, la « peoplisation », la surconsommation, les désillusions, les faux espoirs… c'est donc d'autant plus dommage qu'il y ait des longueurs qui font qu'on peine un peu à la lecture. Cependant, je pense qu'il faut s'accrocher parce que le rythme change un peu ensuite et la lecture devient plus facile.
Ce livre est découpé en 5 parties, la première concerne Red Richards, Mister Fantastic, la deuxième : Bruce Wayne/Batman, la troisième: le journaliste Bruce de Villa, la quatrième : Mystique et la dernière : Superman. C'est la première partie qui est la plus longue et où se trouve une grosse partie des longueurs, il y a beaucoup de descriptions et on est bien dans l'esprit de l'homme caoutchouc.
Cependant, cette partie est cohérente avec le ressenti de Mister Fantastic et de sa vie. C'est symbolique de la lenteur du temps qui passe et de la vie sans saveur de cet ancien super-héros, ses journées sont rythmées par le boulot, et une discipline rigoureuse. Il est seul, désespéré, sa vie est vide, il se désintéresse de plus en plus de ses responsabilités et de ses amis, seule son obsession pour une fille beaucoup plus jeune va mouvementer un peu sa vie.
Ensuite on apprend à connaitre Bruce Wayne et ses habitudes notamment, il est vrai, sexuelles. Sa relation avec Robin, comment il se voit et comment il souhaite être perçu par les autres. On découvre ensuite l'histoire du journaliste Bruce de Villa et surtout de sa famille, lui et son frère Dennis, fans des super-héros quand ils étaient jeunes, leur vie modeste, et le secret terrible de leurs parents. Enfin, on suit Mystique quelques semaines plus tard (après Batman), sa nouvelle vie de vedette de la TV, une vie solitaire pourtant. La partie concernant Superman est courte, Clark Kent est vieux, fatigué mais optimiste; on apprend qu'il tient un centre pour « jeunes super-héros aux intensions sérieuses ».
Il est difficile de parler des 600 pages de ce roman, tant l'auteur a voulu nous livrer de messages et que le contenu est dense. La psychologie des super-héros est poussée et travaillée. Dans certains livres, on n'a pas assez de détails sur les personnages, ici, ça n'en manque pas (surtout dans la première partie) de ce qu'ils prennent aux petits déj' à leurs vies intimes. On découvre ce que ressent un être différent après avoir tant reçu et tant donné. On apprend aussi qu'avoir une caractéristique, un super pouvoir, c'est épuisant et troublant, que c'est difficile psychologiquement, et qu'en plus, en vieillissant, il évolue.
On partage alors à la vie d'anciens super-héros, leur existence devenue presque « pathétique », après tant de gloires passées et après avoir tant fait rêver les gamins des années 70/80. Après tant d'exploits, la chute semble dure, à la retraite, ils se sont plus ou moins perdus, du moins pour les super-héros qu'on suit dans le roman. Soit ils misent sur leur ligne de conduite exemplaire quitte à perdre le gout de la vie et être nostalgique de la belle époque et des exploits passés (Mister Fantastic), soit ils sont narcissiques et égocentrés, ne misant plus que sur l'aspect et l'image qu'ils renvoient d'eux-même aux lecteurs des journaux people (Batman); soit, ils « retournent leur veste » et amusent le téléspectateur au lieu de combattre le système comme autrefois (Mystique) ou d'aider les gens (Namor). L'auteur nous évoque un système décadent, la fin d'une ère optimiste. La fin du rêve américain symbolisée à la fois par la fin des super-héros mais aussi cette famille italienne qui n'arrive pas à faire face aux dépenses et qui est obligée d'user d'autres moyens.
Pour moi, l'auteur n'a pas cherché à dénaturer ou choisi de « détruire » le symbolisme des super-héros uniquement pour le plaisir de s'en prendre à des mythes avec des clichés déjà vus et revus; ou à gagner de l'argent avec un titre racoleur, mais bien de faire passer des messages : la fin du rêve américain, une civilisation décadente, une société en crise et déprimée, …
Ce n'est pas un livre parodique ou une farce, les messages passés sont beaucoup plus profonds. J'ai l'impression qu'on a voulu nous montrer qu'il n'y a plus d'amour, plus d'espoir, en gros, qu'il n'y a plus de « sauveurs ». Les Etats-Unis ne sont plus héroïques, ce n'est plus l'époque de la vie facile et insouciante. C'est une vision très sombre de notre civilisation, de l'humanité actuelle qui nous est livrée dans cet ouvrage.
Pour marquer les esprits, les images et les habitudes que l'auteur donne aux super-héros sont très fortes, violentes, teintées de désespoir et de perversion parfois, elles sont là pour choquer le lecteur, qu'il ait un électrochoc, qu'il se dise « bien sur que non, on ne laissera pas notre civilisation agoniser comme « agonisent » les super-héros ». S'en prendre aux super-héros, c'est s'en prendre à l'Amérique, on se doit de redonner de l'espoir au peuple, de croire en la jeunesse, au renouveau, d'où la jeunesse qui mise en valeur à la fin du récit (fin symbolique et belle). On doit faire face, connaitre le danger, se battre, se créer de nouveaux symboles. Messages passés d'autant plus forts qu'on nous présente l'auteur comme ayant écrit après le 11 septembre 2001, dans un monde qui lui semble en proie aux doutes, au désespoir, à la peur. Pour lui, il semble qu'actuellement, il n'y ait plus de héros, de symboles, de personnes qui se battent vraiment pour améliorer les choses (économie, environnement, guerre,…), mais majoritairement des gens superficiels, qui se complaisent à s'intéresser à des choses superficielles comme « La vie sexuelle des super-héros » par exemple. Un livre « à scandale », sorti après la mort de Mister Fantastic et Batman, où un docteur fait des révélations sur ses patients super-connus aux pratiques étranges. Dans notre « monde », on pourrait presque remplacer super-héros par « stars »…
Il y a pas mal de descriptions de New-York ou plutôt de son atmosphère, ses couleurs, sa frénésie et sa diversité. Mais aussi des évolutions, des changements. NY c'est un peu un personnage à part entière, blasée, paranoïaque, paumée, mais vivante et en pleine évolution.
J'ai vu que pour certains lecteurs, c'était le pire livre qu'ils aient jamais lus… pas pour moi. Je suis d'accord pour dire qu'il est inégal. Il est perturbant, il s'attaque à des mythes, à des symboles virtuels, il y a des longueurs mais, le « cri de désespoir » passé par l'auteur et son envie d'un monde meilleur dominent par rapport aux défauts du roman. Mais je peux comprendre, ça n'est pas une lecture « facile ».
Le style de l'auteur m'a bien plu, malgré les longueurs. J'avais envie de savoir: que va-t-il arriver aux super-héros ? Qui leur envoi des lettres anonymes ? Qui se cache derrière les meurtres ? Et pourquoi ? Et puis, il y a des passages super bien écrits, où on ne sait plus si on est dans la réalité ou dans le rêve. Les transitions nous aident à nous repérer et aussi à porter notre attention sur les choses qui vont nous être révélées, l'importance de telle journée, de tel événement,…
J'avais un peu « tiqué » sur l'ordre de « passage » des super-héros. Mais le choix de l'auteur s'explique au fur et à mesure où l'on va nous donner des réponses aux questions soulevées par les meurtres et par l'envoi des lettres. Symboliquement, j'aurai placé Mystique avant Batman mais ça n'aurait pas fonctionné dans la trame de l'histoire. Finalement avec le recul, les parties sont agencées, elles doivent l'être.
Voilà pour mon ressenti, j'ai aimé ce livre pour ses messages, pour ses réflexions, parce qu'il m'a amené à réfléchir aussi et parce que malgré des défauts, il est plus abouti qu'il n'y parait. Une critique de notre civilisation teintée de doutes, de désespoir,… et d'espoir.
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Kirsikka
  06 mars 2017
Les super-héros vieillissent aussi, ils ont remisé les costumes, essaient de vivre une nouvelle vie, plus ou moins normale, plus ou moins à l'abri de la lumière. Mais le passé les rattrape, et après l'assassinat de Robin il y a de nombreuses années, c'est au tour de Batman, puis de Mister Fantastic de recevoir des messages énigmatiques qui ressemblent à des menaces.
Contrairement à ce à quoi je m'attendais, ce n'est pas l'humour qui prime dans ce livre, ni même une forme d'ironie.
L'écriture est lente et pleine de nostalgie. Marco Mancassola invoque sans cesse New-York sous la pluie, dans la chaleur, sous le soleil écrasant ou dans la tiédeur de la nuit ; plus qu'un décor, c'est une ville vivante partie intégrante de l'histoire et l'on ressent de façon presque physique la solitude et parfois la détresse des personnages dont la vie sexuelle est plutôt tourmentée, alors que le monde qui les entoure n'est plus celui de leur gloire passée.
J'avais lu une précédente critique qui disait qu'il s'agissait dans ces pages d'une interrogation sur le corps, ses transformations, ses limites, et c'est une vision très juste. Je dirais aussi que malgré leurs super-pouvoirs passés ou présents, les super-héros personnages de ce roman sont prisonniers de leur corps, qui loin d'être un atout se révèle plutôt une prison.
Seule la dernière partie à propos de Batman amène une vision un peu plus optimiste et mesurée de ce que peuvent être la découverte de soi-même au travers de l'apprentissage de la maîtrise de supers-pouvoirs.
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mariecesttout
  21 février 2014
Robin des bois avait déjà du plomb dans l'aile, cela fait déjà un moment que ce sont les riches qui volent les pauvres. Et voilà que les super-héros de notre jeunesse, Batman, Superman et autres, ceux qui s'élançaient du haut des buildings pour aller tuer les méchants, ont des soucis. Et nous aussi, nous surtout. Car s'il n'y a plus de super-héros, il va nous rester qui, pour nous sauver?
Hélas, ils ont vieilli, et abuser de super pouvoirs, ça use. Comme le public s'en souvient encore, ils sont devenus des "people"et chacun a cherché à se recaser à sa manière. Et même cela va leur être difficile, car un serial killer spécialisé en super-héros ( ben, si, ça existe, bien sûr!) cherche à les éliminer les uns après les autres. Déjà Robin a été retrouvé mort dans des circonstances assez glauques, mais c'était il y a longtemps. Là, cela se précise, les lettres d'avertissement se multiplient, Batman va y passer à son tour de façon encore plus sordide , deux frères , un journaliste et un policer , les suivent de près ...
C'est un roman noir, triste, désabusé ..et par ailleurs irracontable , que j'ai finalement beaucoup aimé. D'abord parce que l'auteur a le talent de nous faire croire à ces héros rocambolesques et à leur histoire personnelle. Ensuite à cause d'un long chapitre en italique qui raconte une autre histoire, très belle, celle des deux frères. Et puis, et surtout, parce qu'émerge de tout cela une vision juste d'un monde qui n'a plus d'utopie ni de rêve . Les super- héros ont une vie sexuelle qui n'est pas toujours simple, c'est tout ce qui leur reste, et elle causera leur fin.
"Je veux dire: c'est fini, non, le temps du... comment ça s'appelle? du romantisme. A force de parler d'histoires de sentiments, on finit par ne plus parler que de soi. de son cas personnel. On parle tous sans arrêt de notre histoire comme si elle était importante. Comme si on était tous des personnages d'Hollywood. Ce n'est plus le moment, plus maintenant, répéta-t-il en secouant la tête, un air sombre sur le visage. Oh, je sais que vous êtes assez célèbre. Je ne vivais pas encore dans ce pays, mais je sais que des gens comme vous étaient importants. Bien sûr, des super-héros, capables de maîtriser le destin avec plus de force que les autres. Mais, vous voyez.." Il se laissa distraire un instant et surveilla les mouvements d'un taxi qui essayait de les dépasser. Puis, d'une voix qui tremblait encore, en proie à une obscure émotion, il reprit: " Aujourd'hui, personne ne croit plus vraiment qu'on peut maîtriser son destin. Parlez-en autour de vous. Parlez-en avec les autres. Tout le monde est fataliste. Les gens ne s'étonneraient pas d'être balayés demain par un ouragan, d'assister au débarquement d'extraterrestres ou je ne sais quoi d'autre. Ce sont des bêtises, juste des bêtises. Mais c'est le destin. Quoi que ça puisse être, plus personne ne s'inquiète de le contrôler. Vous voyez, le destin ne fait pas dans le détail, nos plans, il s'en fout, nos histoires particulières, nos..comment on dit? Nos " egos romantiques". Pour le destin, on est tous minuscules."
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Jumax
  06 novembre 2012
Une chose est sûre je ne m'attendais pas DU TOUT à ça en commençant ce livre ! Cependant après une première déception, j'ai quand même eu envie de savoir ce qui allait se passer ! Ce livre est assez dur et il y a des passages très osés (j'avais peur que la personne à côté de moi dans le train lise par-dessus mon épaule) ! Pour finir, la fin m'a un peu laissé sur ... ma faim.
Découvrez l'envers du décor : entre la perversion, les ego surdimensionnés, la soif de reconnaissance et la lassitude, bienvenue dans le monde fantastique des super-héros vieillissants. Et comme si leurs propres problèmes ne suffisaient pas, quelqu'un décide de les éliminer les uns derrière les autres.

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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
anais291285anais291285   17 août 2013
Ce roman est une belle arnaque ! ! ! En effet, la quatrième de couverture annonçait un roman "jubilatoire"... je me demande encore quels pouvaient bien être les passages que l'on pouvait qualifier de "jubilatoires" dans ces 500 pages ...
Premier point : le cloisonnement des intrigues. Chaque personnage est traité séparément ce qui rend l'ensemble nettement moins intéressant car nous savons dès la fin de la première histoire de quelle manière les autres parties vont se terminer.
Deuxième point: la redondance des propos. La première histoire concernant Red Richards aurait pu tenir en 50 pages au lieu des 200 pages indigestes. Effectivement, pendant ces 200 pages nous assistons aux tergiversations peu intéressants d'un ex super héros qui passe son temps à se demander s'il a encore du sex appeal ... Son histoire devient intéressante à la fin mais hélas, l'auteur, probablement en manque d'inspiration choisit une issue un peu trop facile.
Troisième point: l'enquête policière est quasi inexistante et ennuyeuse à mourir. Cela tient aussi au fait que les personnages soient traités chacun dans une partie qui lui est propre.
Bref, si vous vous attendez à un roman drôle, passez votre chemin. Le ton est beaucoup trop sérieux, il n'y a aucune auto dérision contrairement à ce à quoi je m'attendais. Marco Mancassola a planté un joli navet dans son maigre potager littéraire mais il a quand même conscience d'avoir rédigé un ouvrage médiocre comme le souligne cette belle mise en abîme que l'on rencontre dans la partie concernant Mystique : "Elle avait déjà son idée quant au contenu de l'ouvrage. L'habituel mélange de ragots, de suppositions morbides et d'écriture bas de gamme."
Mais peut-être n'ai-je tout simplement pas réussi à percevoir toute la subtilité de l'humour de l'auteur ...
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JumaxJumax   16 octobre 2012
"Et, bien que cette idée pût le troubler, il devait le reconnaître : manger sous les yeux d'une femme squelettique qui souffrait d'anorexie lui procurait chaque matin une mystérieuse satisfaction. Certains contrastes lui faisaient cet effet, il se sentait perversement vivant."
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NyxlapolicecomicsansmsNyxlapolicecomicsansms   02 mars 2013
Jamais autant que lorsqu'il était en compagnie de la Femme à l'Œil il n'était si conscient de la terrible réalité : fixer quelqu'un dans les yeux signifiait en effet regarder un seul œil. Fixer un unique point. Un seul iris, une seule pupille. Le point focal d'une rencontre entre deux regards ne pouvait être qu'un, et il était terrifié à l'idée de ne pas choisir le bon.
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JumaxJumax   24 octobre 2012
Il estimait que le monde avait besoin de héros légendaires, enveloppés dans les brumes de l'impossible. "Devenir réel, c'est ce qu'il y a de pire pour un super-héros", expliquait-il d'une voix hésitante.
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JumaxJumax   16 octobre 2012
"Il a une vieille Volvo pourrie, sans l'air conditionné et presque plus de freins." Elle sourit : "Avec lui, chaque trajet est une aventure."
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Video de Marco Mancassola (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marco Mancassola
La vie sexuelle des superhéros Marque-page 05-04-2011
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