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EAN : 9782070406579
183 pages
Gallimard (23/10/1998)
3.99/5   326 notes
Résumé :
Le malaise des cadres, c'est pas rien! Vous avez femme, enfants, bagnole, télé, et voilà que vous vous sauvez. Tout ça parce que deux rigolos essaient de vous flinguer. Et vous savez même pas pourquoi. Un jour, camarade, il faudra quand même comprendre...
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,99

sur 326 notes

CasusBelli
  11 août 2022
J'aime assez les romans noirs, les "polars", et cela faisait un moment que je souhaitais rencontrer Jean-Patrick Manchette, notamment grâce aux lecteurs de Babelio.
Si chaque auteur a son style, je n'ai cependant pas souvent la sensation de lire quelque chose de "différent", je ne sais pas si cela tient au rythme ou au traitement des personnages, ou encore à la qualité du scénario, mais je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Georges Gerfaut.
Cette histoire, elle est à la fois extraordinaire et cependant crédible, les réflexions et états d'âme de gerfaut sont basiques et complexes en même temps, ses réactions sont à la fois cohérentes et tantôt étonnantes, son regard d'ancien militant de gauche devenu "bourgeois" sur ces concitoyens est acéré et plutôt cynique.
Cette histoire a un côté déjanté, improbable et pourtant ça marche, cela fonctionne à merveille !
Si vous secouez le tout vous obtenez le "Petit bleu de la côte Ouest" et ma foi, c'est assez réussi dans son genre en plus d'être inattendu.
La psychologie de Gerfaut est difficile à appréhender, c'est le genre de type qui ferait les délices d'un apprenti psychologue, cela-dit, si un type normal est confronté à une tentative d'assassinat sur sa personne, il peut se passer beaucoup de choses dans sa tête, cela peut même se révéler extrêmement passionnant.
Tout commence par une bonne action, Gerfaut prend en charge un blessé sur la route et le dépose à l'hôpital, il repart la conscience tranquille avec le sentiment du devoir accomplit, il sera bien mal récompensé...
C'est assurément une belle rencontre, je compte lire ensuite "La position du tireur couché".
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jeranjou
  11 juillet 2013
Maçacestchouette, ce Manchette !
Oui, oui, vous allez me dire qu'on ne moque pas des grands noms, décédés qui plus est. Néanmoins, je me permets une petite entorse au règlement car j'ai vraiment été séduit par l'écriture de cet auteur français des années 70-80.
Auteur, que dis-je, écrivain, traducteur, notamment de Westlake, critique littéraire, journaliste, j'en passe et des meilleurs. Manchette est également un passionné de Jazz dont le titre « Un petit bleu sur la côte ouest » s'avère être un morceau de jazz dans le roman, peut-être inventé par l'auteur en référence au blues américain.
Mais, pour le moment, je cède la parole à Zazie qui se met dans la peau du héros du roman, Georges Gerfaut, cadre commercial, marié deux enfants, qui tourne en rond sur le périf' parisien à 145 km/h pour échapper à sa propre existence :
♫ Je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un homme plein d'ambition
Belle voiture et belle maison
Dans la chambre ou dans le salon
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je fais l'amour et la révolution
Je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons
Et je tourne en rond, je tourne en rond.♪
Et puis, un jour, quittant la région parisienne pour Troyes, Georges Gerfaut assiste incrédule à un accident de la route, poursuit son chemin ni vu ni connu et enfin, pris de remord, retourne sauver la personne blessée sur le bord de la route. Gerfaut dépose alors la victime aux urgences de l'hôpital de Troyes et quitte les lieux sans même communiquer son identité aux médecins… Hum, hum…
De retour en famille, Georges Gerfaut prépare déjà le voyage au bord de la mer en Charentes non loin de chez sa belle-mère qu'il … haït tant. Après les quelques heures de voiture et la visite de l'hideuse location retenue par la belle doche, rien de mieux que plonger une tête dans la mer ; oui l'océan atlantique pour les puristes.
Et devinez ce qu'il advint de notre homme :
a) Un requin, s'étant trompé de Réunion, tente de faire qu'une bouchée de Georges Gerfaut,
b) Deux tueurs musclés et beaux gosses en maillot de bain agrippent Georges Gerfaut et essaient en vain de le noyer,
c) Georges Gerfaut, se croyant sur le périf, fait des ronds dans l'eau à 145 km/h et déclenche une mini-tornade en bord de mer,
d) Tout simplement, Georges Gerfaut ne s'est pas suffisamment mouillé la nuque avant de rentrer dans l'eau et est foudroyé par une hydrocution.
Bien entendu, je comprends parfaitement que vous hésitiez fortement entre toutes ces réponses tout à fait crédibles, hormis peut-être la b) j'en conviens.
Toujours est-il qu'après cet évènement, Georges Gerfaut ne peut plus tourner en rond et doit fuir pour de bon sa famille ! A vous de découvrir la cavale de notre cadre dynamique en lisant le roman…
Hep, hep… Je devance même vos interrogations les plus folles à propos de Georges.
Cherche-t-il à s'éloigner à jamais du requin mangeur d'hommes ? A-t-il une peur paranoïaque des tornades tempérées de France ? Georges évite-t-il tout contact avec à l'eau dorénavant ? Ou encore, mais assez peu probable, veut-il échapper à la mort certaine des deux tueurs à ses trousses qui auraient un contrat sur sa tête ?
Lisant habituellement plutôt des romans américains, j'ai été séduit par le style et la construction de ce livre de Jean-Pierre Manchette. La première partie, que j'ai relue après la fin du roman, est particulièrement intrigante et permet d'embrouiller avec finesse le lecteur. Manchette, tel le petit poucet avec ses blancs cailloux, laisse suffisamment tomber d'indices au passage pour nous plonger dans un brouillard de suppositions au sujet de Georges Gerfaut et de son entourage.
Jusqu'au bout, j'ai été happé par ce roman noir, assez court et rythmé, qui ne fait pas de sentiments et délivre une course-poursuite des plus enivrantes. Un très bon moment de lecture que je recommande chaudement, excepté pour ceux qui ont peur des requins, des tornades ou de l'eau bien entendu.
♫ « Pour ma peine, ma punition », ma prochaine cible sera ‘La position du tireur couché' du même auteur. « Moi je tourne en rond, je tourne en rond » ♪
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HORUSFONCK
  01 mai 2022
Ce Petit bleu de la côte Ouest, Manchette nous le sert saignant et cuit à point tour à tour!
Le pape de néo-polar va faire vivre un enfer inoubliable à son héros des seventies: Georges Gerfaut, cadre aussi aisé que sans histoire. Enfin, sans histoire jusqu'à ce que Georges porte secours à un blessé...
Pour les deux tueurs chargés d'éliminer Gerfaut, cela ne va pas s'avérer être la routine espérée: Il est coriace, voire très coriace, le Georges!
Sur fond de remugles de dictature sud-américaine et de malodorantes magouilles, les 184 pages de cette Série Noire N°1714 sont l'assurance d'un bon moment de lecture hard-boiled en french touch! Un "circuit court" du polar à ne surtout pas dédaigner lorsqu'on le trouve dans l'une ou l'autre édition. Miam.
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torpedo
  05 mars 2020
Ce néo-polar est une petite pépite.Il nous dépeint la société des années 1970 avec en toile de fond une sombre histoire de course-poursuite. Le héros ne trouve d'ailleurs d'autre issue que de revenir à son point de départ, peut-être n'existe-t-il d'ailleurs pas d'autre alternative. Le plus de ce livre : ses références au jazz West Coast, et surtout le style inimitable de Manchette qui ne décrit que des faits. A vous lecteurs de comprendre ce qui n'est pas dit.
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le_Bison
  24 septembre 2021
Georges prend la route, direction la West Coast. Saint-Georges-de-Didonne. La radio branchée fip 514, Dave Brubeck au piano. Les étoiles swinguent, la lune bleue est absente. C'est le noir, cool jazz blue moon. Cadre plus ou moins dynamique, Georges fonce à travers la nuit, le périphérique, l'A10. Et voilà, ce qui devait arriver arriva. le saxophone de Paul Desmond entre en jeu, propre, net. le grand jeu, cool... Ambiance western, entre deux morceaux west-coast. Mais Georges dans tout ça ? Oui on a essayé de le flinguer, façon tontons flingueurs, avec le silencieux qui fait tchouk ! Mais cadre chanceux, il s'en réchappe. Faut toujours se méfier d'un cadre. Il sombre dans la nuit, plaque tout, pour où ? On ne se remet jamais tout à fait d'une virée à Saint-George-de-Didonne.
Donc, Georges Gerfaut... il en est où le Georges ? Il s'est arrêter dans un troquet, fume des gitanes sans filtre, un Ricard peu d'eau au comptoir. Et puis après. Chut ! la chute est encore loin, d'autant plus que Gerry Mulligan entame son solo, au baryton. La nuit n'est pas finie. La nuit, fip 514 distille toujours ses airs mélancoliques au milieu de la nuit, du cool et du jazz pour cadres. C'était d'ailleurs un autre temps, un temps où les affiches de Gitanes s'affichaient sur les panneaux publicitaires des abribus, un temps ancien où les femmes, même jeunes, s'appelaient encore Eliane. Chauffe Gerry, chauffe. Ses mélopées réchaufferaient toutes les culottes des Eliane, même celles qui ont plus de trente ans. C'est la puissance de son gros saxo, elles fondent, elles mouillent, elles rougissent. Moi aussi, Dave Brubeck reprend le tempo. All the things you are.
Le petit bleu de la côte Ouest, c'est du cinéma, des seventies et du jazz. La nuit, la lune. Il swingue, Georges. Il flingue aussi. C'est aussi ça l'esprit West-Coast à Saint-Georges-de-Didonne.
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critiques presse (2)
LeFigaro   05 décembre 2014
Mort il y a bientôt vingt ans, Jean-Patrick Manchette reste cette référence absolue, ce maître du roman noir français des années 1970-1980. Gallimard reprend l'un de ses grands romans, Le Petit Bleu de la côte Ouest.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Reconnu pour sa série «Nestor Burma», Tardi adapte ici un roman policier de Jean-Patrick Manchette, disparu il y a dix ans et désigné comme le chef de file du «néo-polar». Georges Gerfaud, cadre et père de famille mal dans sa peau, est témoin d’une course-poursuite qui finit mal sur une route nationale. Il porte secours au conducteur blessé puis le mène à l’hôpital. Depuis ce jour, deux hommes cherchent à lui trouer la peau. Le climat devient celui d’un thriller… L’album est truffé de références à la musique, au cinéma et à l’actualité des années soixante-dix, ce qui rend la lecture assez ardue. De plus, la tonalité est extrêmement pessimiste. Le héros, même après avoir échappé à la mort, après avoir vécu en retrait et oublié, retrouve son quotidien morne et ne reprend à aucun moment goût à la vie. Ces soixante-dix pages en noir et blanc constituent néanmoins une belle réussite (atmosphère, textes…) à conseiller aux amateurs de policiers et bandes dessinées noires et aux fans de Tardi. Delphine Cressen
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   11 juillet 2013
Gerfaut se rangea sur l’accotement, entre deux arbres, à côté de la portière arrachée. […] Il arrêta le lecteur de cassette.

Peut-être allait-il découvrir des cadavres hideusement mutilés, une fillette aux nattes gluantes de sang, ou bien des blessés retenant leurs tripes à deux mains, on ne peut décemment faire ça en musique.



Ps : Quel humour noir décapant ! Mais, je vous rassure, le conducteur est encore en vie !
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jeranjoujeranjou   06 novembre 2013
- Ta mère est une conne.
- Ma mère est une conne, approuva Béa avec une équanimité désarmante.
Nous déjeunons chez elle et tu me feras le plaisir d’être rasé et poli. […]

- Un de ces jours, dit-il, je vais devenir subitement fou et tu ne t’en apercevras même pas.
- S’il y a une différence, je la verrai.
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le_Bisonle_Bison   04 septembre 2021
Et il arrivait parfois ce qui arrive à présent : Georges Gerfaut est en train de rouler sur le boulevard périphérique extérieur. Il y est entré porte d'Ivry. Il est deux heures et demie ou peut-être trois heures un quart du matin. Une section du périphérique intérieur est fermée pour nettoyage et sur le reste du périphérique intérieur la circulation est quasi nulle. Sur le périphérique extérieur, il y a peut-être deux ou trois ou au maximum quatre véhicules par kilomètre. Quelques-uns sont des camions dont plusieurs sont extrêmement lents. Les autres véhicules sont des voitures particulières qui roulent toutes à grande vitesse, bien au-delà de la limite légale. Plusieurs conducteurs sont ivres. C'est le cas de Georges Gerfaut. Il a bu cinq verres de bourbon 4 Roses. D'autre part il a absorbé, voici environ trois heures de temps, deux comprimés d'un barbiturique puissant. L'ensemble n'a pas provoqué chez lui le sommeil, mais une euphorie tendue qui menace à chaque instant de se changer en colère ou bien en une espèce de mélancolie vaguement tchékovienne et principalement amère qui n'est pas un sentiment très valeureux ni intéressant. Georges Gerfaut roule à 145 km/h.
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AmbagesAmbages   18 novembre 2016
D'une manière générale, même en remontant au début, au contrat Mouzon, on pouvait dire que les affaires passées avec le colonel Taylor avaient marché comme sur des roulettes, jusqu'au moment où ils étaient tombés sur ce con de Georges Gerfaut. Un cadre commercial, pourtant, c'est normalement très facile à tuer. Carlo et Bastien pouvaient faire des comparaisons, car ils avaient exercé leur industrie dans les couches les plus variées de la société. Maintenant ils commençaient à être en colère contre Georges Gerfaut.
Vers 13h30, Gerfaut se tapa des Francfort-frites dans une brasserie.
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torpedotorpedo   05 mars 2020
- Si je vous disais que c'est une trace de balle, tenez, cette touffe blanche.
- Oui, oui, dit Alphonsine. Vous êtes un aventurier.
- Non, vous ne comprenez pas. Non, pas du tout. Je suis le contraire.
- Qu'est ce que c'est, le contraire ?
- Un type qui ne veut pas d'aventures.
- Vous ne voulez pas d'aventures ? Vous êtes heureux, vous ne voulez pas d'aventures? (Elle demeurait rieuse ; ironique, mais sans méchanceté.)
- Une aventure avec vous, dit étourdiment Gerfaut. Excusez-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je suis confus.
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Vidéo de Jean-Patrick Manchette
Gilles Magniont présente "les Lettres du mauvais temps : correspondance 1977-1995" de Jean-Patrick Manchette aux éditions La Table ronde.
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