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EAN : 9782070410477
217 pages
Gallimard (16/05/2000)
3.72/5   98 notes
Résumé :
Pas marrant, le boulot, quand on s’appelle Tarpon (Eugène, Louis, Marie), qu’on est ancien gendarme et détective privé à Paris, France. Jusqu’au jour où il se met à pleuvoir des aveugles en cavale, des Bretons nazis, des Espagnols de l’armée en déroute et des bonzes déchaussés. Là, le boulot devient drôle. Voire mourant.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Renod
  14 juin 2016
Deuxième – et dernière ! – aventure d'Eugène Tarpon. le privé retrouve certains personnages de « Morgue pleine » : Charlotte Malrakis, la charmante cascadeuse, Jean-Baptiste Haymann, un journaliste retraité, et le commissaire de Police Coccioli. C'est d'ailleurs ce dernier qui conseille à une de ses parentes de s'adresser à Tarpon. Marthe Pigot lui demande de retrouver sa fille Philippine qui a disparu mystérieusement il y a quelques jours. le lendemain, sa cliente est assassinée sous ses yeux en plein coeur de la gare Saint Lazare. L'enquêteur vient de mettre le pied dans un engrenage infernal qui va le mener aux portes d'un secte obscure, la «Communauté des Skoptsys Réformés ». Tarpon qui est la proie de trafiquants de drogue et de policier ripoux, parviendra-t-il à s'en sortir ?
« Morgue pleine » et « Que d'os » sont des parodies des romans de détective "hard-boiled" de Dashiell Hammett et Raymond Chandler. le récit mêle avec brio les péripéties du roman noir (bagarres, kidnapping, fusillades, courses-poursuites) à des situations décalées pleines d'humour. Certaines saillies m'ont fait sourire comme par exemple cette remarque de Coccioli : « Dans ce merdier, a-t-il dit calmement, il ne manquait plus qu'un Breton ».
JP Manchette glisse de nombreuses références au cinéma (Charlotte la cinéphile évoque le réalisateur George Cukor et l'acteur Pierre Richard-Willm) et au jazz (elle passe des disques de Chick Corea et Cecil Taylor). Il adresse aussi quelques uppercuts à la presse d'extrême droite et à la Police Nationale. Tarpon lance par exemple à Coccioli : « Il faut vous documenter sur l'histoire de la collaboration. Dans votre milieu, ça vous sera utile. »
« Que d'os » est un roman, drôle et efficace semblable à ceux de Donald Westlake. Manchette s'amuse et nous amuse en imbriquant une série de personnages patibulaires et hors normes dans des situations les plus improbables. Il nous livre un polar de qualité et très plaisant à lire. Une pause farfelue et grand-guignolesque avant de repartir sur des romans plus axés sur la critique sociale.
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KiriHara
  30 octobre 2016
« Que d'os ! » est un roman de Jean-Patrick Manchette. L'auteur met en scène pour la deuxième fois son personnage détective d'Eugène Tarpon, ancien gendarme qui a quitté la profession après avoir tué accidentellement un jeune lors d'une manif.
« Que d'os ! », qui date de 1976, a été adapté au cinéma en 1981 par Alain Delon sous le titre « Pour la peau d'un flic ».
Je précise ce détail, car il est, je pense, pour partie, dans l'immense plaisir de lecture qu'a été ce roman pour moi.
J'avais déjà lu des romans de Jean-Patrick Manchette, des romans également adaptés au cinéma, mais je n'avais jamais été autant enthousiaste en lisant un de ses livres. Pourtant, ce dernier a révolutionné le polar et a pavé le chemin pris, par la suite, par des auteurs que j'aime beaucoup dont, notamment, J.B. Pouy.
Mais, jusqu'ici, je n'avais jamais été totalement convaincu, ni par le style ni par les personnages de J.P. Manchette.
Avec « Que d'os ! », il en est tout autre. Que ce soit le style, le personnage, l'histoire, tout m'a enthousiasmé. Eugène Tarpon est un personnage totalement à part et alors que je suis en train de lire « Morgue Pleine », la première aventure du détective, je regrette amèrement que Manchette n'ait pas été au bout de son envie de départ en en faisant un personnage récurrent qui s'améliorerait au fil des aventures. Car Tarpon est à la fois débonnaire, maladroit, têtu, persévérant, charmeur, exaspérant, rebelle et drôle.
Eugène Tarpon est donc un ancien gendarme reconverti en détective privé. le moins que l'on puisse dire est que les affaires sont calmes, jusqu'à ce qu'une vieille dame prie Tarpon de retrouver la jeune fille aveugle a disparu. Alors qu'un gus patibulaire tente de le convaincre que cette dernière a fugué avec son ami dont elle est folle amoureuse, Eugène reçoit un coup de téléphone de la mère qui lui donne rendez-vous dans le hall de la gare, car elle pense que Fanch Tanguy a tué sa fille.
Sur place, le détective a tout juste le temps d'apercevoir sa cliente que sa tête explose suite à un coup de feu. Dès lors, Eugène Tarpon va se retrouver mêler à une très étrange affaire dans laquelle il va embarquer une jeune femme avec qui il avait rencard et son ami ancien journaliste.
« Que d'os ! » diffère de la plupart des romans de Manchette par deux points très importants. le premier, un personnage qui n'est pas un anarchiste ou un gauchiste. le second, un humour omniprésent qui est l'atout principal du roman.
Car Jean-Pierre Manchette trempe sa plume dans l'ironie et dans l'humour et met le tout au service d'un personnage léger, mais profond qui, même dans les pires situations, garde suffisamment d'espoir pour conserver son humour. La propension de Tarpon à se prendre souvent les pieds dans le tapis ou à être dépassé par la situation lui confère une aura toute particulière dans la production de Manchette.
Bien sûr, à la lecture, difficile de ne pas repenser à Fanch le siffleur du film de Delon. Par contre, ce n'est pas à Alain Delon que j'aurais pensé pour le rôle de Tarpon.
Au final, « Que d'os ! » est un excellent roman policier dans lequel on plonge avec délectation grâce à un personnage original et sympathique et la plume un peu moins engagée et acerbe qu'à l'accoutumée de Jean-Patrick Manchette.
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carre
  31 janvier 2012
Tarpon Eugène, ancien gendarme et détective privé à Paris, est chargée, sur les recommandations d'un ancien collègue, d'enquêter sur la disparition d'une jeune femme, la trentaine et aveugle dont sa mère n'a plus de nouvelles. Il mène parallèlement une enquête sur un vol.
On retrouve chez Manchette, tout ce qui fait les bons polars, mais dans "Que d'os" il y rajoute beaucoup d'humour. Toujours cynique, amer ces romans sont des merveilles de construction. Et puis, il y à l'écriture formidable, mélangeant les genres de langages avec un plaisir communicatif. Parti trop tôt, Manchette était un grand écrivain même dans des livres à priori mineurs. Découvrez aussi son formidable journal 1967-1974, un régal.
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VALENTYNE
  07 décembre 2019
Genre : roman noir (avec des morceaux de parodie dedans ?)
Je lis un Jean Patrick Manchette sur le conseil d'un ami qui est fan (genre dithyrambique).. je n'ai peut être pas choisi le meilleur...
Le début est intrigant : un détective privé, Eugène Tarpon, reçoit la visite d'une vieille dame qui lui demande de se mettre à la recherche de sa fille, qui a disparu. Celle-ci a une trentaine d'années et est aveugle de naissance. Elle n'est pas rentrée un soir de son travail de secrétaire.
Ensuite tout s'accélère. Tarpon accepte l'enquête, un brin manipulé par un commissaire ambigu, la vieille dame est assassinée sous les yeux d'Eugène
et au détour d'une phrase, un nom fait tilt dans ma tête « Fanch Tanguy » ... Un petit tour sur internet et j'apprends qu'il y a un film "Pour la peau d'un flic" avec Alain Delon. Je n'ai quasiment aucun souvenir de ce film mais tout de suite, Delon, ça pose un livre/film ...
On ne s'ennuie pas du tout mais il me reste tout de même un sentiment mitigé : trop de blessures ? coups de flingues..? pas assez de figures féminines ? Ou plutôt des figures féminines cantonnées dans un rôle très «cliché » ? (Pour situer, le livre est sorti en 1976, le film en 81)
Ou alors cela vieillit mal un Jean Patrick Manchette (ou c'est moi qui vieillit mal :-))
En tout cas, j'ai souri plusieurs fois et ce n'est pas si mal...
Sinon, sans transition, ils ont bien fait de rebaptiser le détective dans le film ...vous trouvez qu'Eugène Tarpon c'est un nom pour Alain Delon ?
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Rodin_Marcel
  29 avril 2021
Manchette Jean-Patrick (1942-1995) – "Que d'os ! une enquête d'Eugène Tarpon " – Gallimard / Folio-policier, 2019 (ISBN 978-2-07-041047-7)
– réédition du roman publié en 1976

Par rapport aux précédents (cf recensions des romans intitulés "La position du tireur couché", "Ô dingos, ô châteaux !", "Nada", "Morgue pleine"), les personnages de ce roman gagnent un peu en épaisseur, ne serait-ce qu'historique : en effet, à plusieurs reprises, l'auteur insère des allusions à un passé remontant à la Seconde guerre mondiale et à l'Occupation nazie (cf p. 91, le camp de déportation à Drancy ; à la page 203, le portrait d'Adolf Hitler jouxte celui de Sigmund Freud, et l'intrigue repose en partie sur les anciennes connexions entre le mouvement autonomiste breton et les nazis).

En ce qui concerne le contexte contemporain de l'action, l'auteur montre la transformation urbanistique et sociale d'un quartier à Clamart (p. 70) ; il cite (cf p. 65) des publications comme "Politique Hebdo" (qui s'en souvient ?), le "Libé" de ces années-là ou encore le "Canard enchaîné" (mais le héros refuse un "scandale mou" - p. 67), sans se refuser une vision quelque peu simpliste du lecteur de "Minute" (cf p. 172).

Tout au long de l'intrigue, l'auteur manifeste sa réprobation face à la drogue (p. 148), qui était partagée par une bonne partie de l'extrême-gauche : c'est un témoignage intéressant, à l'heure où –ai-je découvert avec stupeur – les générations plus jeunes apprennent à l'école que la "libéralisation" de la consommation de drogue viendrait des années soixante-huitardes, ce qui est absolument faux (seuls les hippies disposant de phynances conséquentes pouvaient imiter leurs idoles du genre "beatles" et prendre le chemin de Katmandou).

Dans ce roman, Manchette montre des consommateurs de drogues qui sont les ancêtres directs des bobos actuels.

Un roman intéressant, mais je me demande combien de gens peuvent encore comprendre toutes les allusions qu'il contient – sic transit...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   13 juin 2016
[[ JP Manchette adresse un petit message plein... d'amour à François Brigneau, un écrivain d'extrême droite, éditorialiste de l'hebdomadaire "Minute " ]] =>

""Pour ce qui est de nos oiseaux (...)ils avaient heureusement des opinions d’extrême droite, et leur hésitation était de la variété la plus vulgaire et la plus réactionnaire, comme en témoignait la présence, au coin de leur table, de l’hebdomadaire Minute, qui est vulgaire et réactionnaire. Un moment, les tractations entre mes compagnons et le couple Blondeau ont semblé se trouver dans l’impasse. Mais alors j’ai précisément saisi l’organe petit et malpropre (il y avait du vin dessus) de Brigneau (c’est-à-dire Minute). J’ai affirmé que j’étais heureux de rencontrer un couple à qui l’organe de Brigneau donnait du plaisir. J’ai prétendu qu’il en était de même pour moi. En parlant, je brandissais le petit organe froissé de Brigneau pour donner plus de force à mes paroles. J’ai ainsi établi un climat de confiance. J’ai laissé entendre que la mission secrète dont mes compagnons et moi-même étions investis avait des connotations politiques dont on ne saurait que se réjouir lorsqu’on était homme à se réjouir du contenu de l’organe de Brigneau. Chauffard, entrant dans mon jeu, s’est mis à m’appeler « mon Colonel ». Finalement, lorsque j’ai reposé sur le coin de la table le petit organe triste, malpropre et froissé de Brigneau, et lorsque nous avons quitté la maison du couple Blondeau, j’avais dans ma poche deux petits porte-cartes en moleskine que m’avait remis M. Blondeau, (...)""
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RenodRenod   13 juin 2016
Il y avait des chantiers et des immeubles neufs ; Clamart changeait. C’était naguère un bled de maraîchers, et l’on y célèbre encore une fois l’an la fête des petits pois. Puis les familles ouvrières ont pris sur la gueule, à l’occasion d’un effondrement de terrain, rapport aux champignonnières, les maisonnettes qu’elles avaient acquises en se saignant aux quatre veines. Et puis les retraités meurent un par un. Alors on rase les pavillons et l’on bâtit des immeubles à portes de verre où viennent vivre des cadres rocardistes ou schrébeiriens ou démo-chrétiens, avec des attachés-cases et des lunettes à verres rectangulaires.
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RenodRenod   12 juin 2016
Si j’ai fait enquêteur, ensuite, je crois que c’était en partie pour faire le Bien, comme on m’a conseillé au catéchisme et chez les Louveteaux. Et où est-ce que je me retrouve ? Chez tout-nu. Je traque de pauvres crétins de traîne-latte pour empêcher qu’ils dépossèdent des possédants comme M. Jude. Pendant que des trafiquants de drogue siègent à l’Assemblée Nationale et ailleurs. Et qu’est-ce que j’y peux ?

Bref, je me sentais déprimé.
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doublepagedoublepage   12 décembre 2016
Mon oncle était à Drancy, a dit Haymann d'un ton assez calme. Sa mère est morte pendant qu'il était à Drancy. Il a demandé, Seigneur, c'est vraiment formidable, il a bel et bien demandé qu'on le laisse sortir pour aller à l'enterrement, il promettait sur l'honneur de revenir ensuite, écoutez bien, c'est pas là qu'il faut rire, c'est dans un moment. Tenez vous bien, les types l'ont autorisé à sortir. Tenez vous encore mieux, il a passé trois jours en liberté, et puis il est revenu, il est revenu, il est rentré à Drancy. Les types ont été sciés de le revoir vous savez. Et on l'a envoyé en Allemagne. Et on l'a passé au crématoire, le con. Je préfère les Juifs de la génération suivante, vous voyez. Ceux qui ont des armes automatiques et de l'aviation et des barbelés.
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PaojitoPaojito   10 mai 2017
Je suis revenu à moi et j'ai rigolé. Mes sensations vaguaient. J'étais aboulique. J'avais la langue saburrale comme une wassingue sale et le front halitueux. Mes perceptions étaient laciniées et il me semblait que je baignais dans du galipot. J'étais vachement labile et quand Charlotte m'a eu fait lever, ce n'était ni le pied ni les oaristys, de sorte que j'ai méchamment jaboté et même crié raca sur elle, en titubant comme un ophite. Bref, vous voyez le tableau, et que j'étais camé comme un boeuf.
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Vidéo de Jean-Patrick Manchette
Gilles Magniont présente "les Lettres du mauvais temps : correspondance 1977-1995" de Jean-Patrick Manchette aux éditions La Table ronde.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2406445/jean-patrick-manchette-lettres-du-mauvais-temps-correspondance-1977-1995
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