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EAN : 9782356080905
Éditeur : Editions de L'Escampette (13/06/2017)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Asa mort, en juin 2005, la presse rendra à Bernard Manciet un hommage appuyé (Un Homère gascon, dira Jean-Louis Ezine dans Le Nouvel Observateur... ) L'Escampette, en 12 ans, a publié vingt livres de Bernard Manciet, dont trois recueils de nouvelles. Le manuscrit de L'eau mate a été trouvé après la mort de l'auteur. Nous en ignorions l'existence. Il s'agit d'un récit en prose, écrit en français. Un homme affolé, angoissé, fuit et cherche à se fondre dans une nature ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
coco4649
  03 février 2018
 
 
Il s'agit d'une oeuvre posthume retrouvée dans les cartons de l'auteur.
Cette oeuvre se présente comme une suite de 28 proses poétiques
très courtes.
Texte dense, décrivant la déambulation du narrateur hors du
monde, hors du temps, jusqu'à l'effacement de soi.
L'auteur-narrateur marche, jour et nuit, dans une errance méditative
et se laisse peu à peu assimiler jusqu'à devenir une sorte d'être végétal.
Ainsi, en témoigne l'extrait du texte 8. :
« Je finissais par respirer comme les rejets de tilleul, par foisonner
comme les froissements des roseaux. Ma peau me berçait
d'une odeur de foin, jusqu'à m'incommoder.

J'étais devenu ma propre bauge, où je me ruminais. »
Dans les descriptions (arbres, plantes, mares d'eau stagnante,
oiseaux, etc.), la narration va progressivement passer du « je »
au « nous », pour accentuer ce sentiment d'absortion.
Ainsi, l'exprime l'extrait du texte 26. :
« Nous connûmes grands renversements de ramures,

Nous fûmes fatras. Nous fûmes gorgées. Nous fûmes
incroyances, par plongées de paresse vert sombre enche-
vêtrée….».
Belle langue brute sans pose ni artifice, distillant un climat
d'étrangeté poétique.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   04 février 2018
9.


Plus j'écoutais, plus j'en étais sûr, quelqu'un passait assez
proche. Le pas avait beau se faire silencieux, je le sentais
rire. J'allais être découvert. Si je cherchais à fuir, les
froissements de branches étaient à craindre. Je respirai à
très petits coups, comme les acacias par feuilles saccadées.
Je ne reprenais souffle que lentement, sans bruit, autant
que possible, à la façon des menthes. Je me voyais
perdu. Mais à cet instant, dans la torpeur de la forêt,
un arbrisseau, tout seul, se mit à bruire, à s'agiter, sur la
gauche. Puis, au-dessus de moi, un peu contre moi, tout
un érable frémit. Les crépitements et les déchirures des
branches gagnèrent par vagues le dévalement.

p.23
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coco4649coco4649   03 février 2018
25.


Cet après-midi là, nous avons constaté un calme brusque.
Les insectes ne vibraient plus. Il languissait une fadeur
de temps venu des montagnes. Nos sèves avaient pris
une lenteur d'automne. Vers la mer, de longues couches
de nuages se superposaient, plus ou moins opaques.
Depuis assez longtemps, nous ne parlions plus tout
seuls. Écoutions-nous, même ? Oui, sans doute, puisque
la rumeur grégorienne des racines, toute en longueur,
montait, et inondait l'herbe. Puis, au-dessus, un blaisement
continu la haussait, sulfurisée. Au-dessus encore, mais
plus élastique, en soprano, une vigne de chant, souple
comme les lignes des dunes, toujours relancée et régressée,
éternisait des racines aériennes. Depuis longtemps, nous
ne parlions plus qu'au point mort.

p.55
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coco4649coco4649   03 février 2018
7.


À la longue, je me méfiais à mon tour de ces fougères qui
me traçaient un parcours de terre séchée, mais sortaient
d'une vase profonde. Je finis par croire que les chèvre-
feuilles se défiaient aussi de moi. Ils n'embaumaient plus
à mon approche. Puis je compris que les tiges, les racines,
et le moindre brin d’herbe crissaient de la même peur que
moi, une peur légère, assurément, mais très ancienne, et
qui ne s’apaiserait qu’au terme de longues vagues d’an-
nées. Il ne s’agissait en somme que d’une crainte presque
joyeuse. Nous nous retirerions dans la pénombre, aussi loin
que possible du beau temps, atroce, pour une attente qui
n’en finirait pas.

p.19
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coco4649coco4649   08 février 2018
21.


Les nuits allongeaient, mais très lentement, avec des
crépuscules sans couleur. Les couleurs ralentissaient. Les
ciels s'éternisaient. Les fougères se cassaient silencieuse-
ment les unes après les autres. Le bien-être des après-midi
gagnait. Je m'habituais, indifférent à des appels d'alerte
de plus en plus espacés, de plus en plus, me semblait-il,
lointains. La lagune réchauffait, molle, ma torpeur. Je pris
la lassitude des herbes, des nénuphars, faisant la planche
au milieu de leur fatalisme. Je m'étalais sans fin avec eux,
m'éloignais, dérivais d'immobilité. Les nuages aussi, qui
ne s'en rendaient guère compte. Survie à plat.

p.47
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coco4649coco4649   02 février 2018
1.


À chaque pas, je m'enfonçais dans un trou d'eau, plutôt
tiède, entre les poussées de joncs et de molinie. Là
personne ne viendrait me poursuivre. Une fois encore, très
prolongée ce coup-ci, la psalmodie m'avertissait : " plus
loin, enfuis-toi…". Elle venait du fond de la lande, de la
lisière bleue des pins, de la frange lumineuse qui la coupe
des nuages. La journée s'éternisait, grise et bête. J'avais
suivi les ombres douteuses des buissons, harcelé par les
taons, courbé dans la puanteur fade du marécage, mon
marais, sans que jamais un remous ne sanglotât, ne me
trahît. Il ne me restait plus qu'à m'étendre, ou plutôt me
recroqueviller dans une sorte de fossé hirsute, où le soir
finirait bien par m'effacer.

p.7
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Vidéo de Bernard Manciet
Guy Latry vous présente l'ouvrage qu'il a traduit "Romans" de Bernard Manciet aux éditions Editions In8.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2172821/bernard-manciet-romans Note de musique : Audio Library YouTube
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