AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 978B087C2V2FT
Éditeur : Sarbacane (17/04/2020)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Depuis que le père d'Hippolyte est parti, tout dans la vie de la jeune fille est déséquilibré. Sa mère s'enferme de longues heures à la cave et refuse de manger en sa présence. Elle lui prépare pourtant d'énormes pièces de viande qu'Hippolyte se force à avaler. Dans la rue où elles habitent, en bordure de forêt, leur voisine a disparu sans laisser de traces...Et puis un soir, la mère d'Hippolyte se jette sur elle et la mord.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
AudreyT
  31 mai 2020
***,*
Hippolyte est une adolescente dont la vie paraît plutôt banale : des parents divorcés, une bande d'amis soudée, une fille qu'elle déteste et qui deviendra sa meilleure amie et la vie au lycée qui l'ennuie Mais un jour, sa mère l'attaque et la mord... Et là, tout devient plus étrange...
C'est grâce à mes premières 68 que 'ai découvert ce premier roman. Un titre plutôt accrocheur, une belle couverture colorée et intrigante, une quatrième de couverture alléchante... Et le tour est joué !!
Aylin Manço a une très belle écriture. Elle nous entraine de manière rythmée, sans tergiverser, dans son univers entre fable et réalité.
On s'attache aux personnages et on se surprend à apprécier la vie aux côtés de H, cette jeune fille perdue que la vie bouscule.
De nombreux thèmes sont abordés dans le roman, sans que l'un prenne le dessus sur un autre. Aucune lassitude, aucune longueur, les rebondissements tombent toujours au bon moment.
Voilà un roman jeunesse à savourer...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2020..
Commenter  J’apprécie          180
hashtagceline
  11 février 2020
Ce roman m'a bousculée. Il m'a heurtée notamment parce qu'il touche à un sujet très sensible et dérangeant : le cannibalisme, comme le titre le laisse présager.
Et Aylin Manço, tant qu'à faire, exploite ce thème au coeur d'une relation mère-fille. Et cela en devient encore plus troublant. Mais Ogresse ne se résume pas qu'à cela. C'est bien plus profond.
On accompagne aussi Hippolyte, l'héroïne qui se débat avec ses tourments adolescents et qui va devoir faire face à quelque chose d'inconcevable. En tant que lecteurs, spectateurs passifs, on a parfois du mal à savoir comment réagir à ce qui se déroule sous nos yeux. Certaines scènes sont douloureuses, insoutenables.
Aylin Manço traite avec justesse les rapports (amicaux, de force, de séduction) et les moqueries entre adolescents. Et elle le fait avec beaucoup d'humour. Il y en a, heureusement. C'est ce qui permet de souffler parmi tout le reste.
J'ai aimé tous les aspects de cette histoire : l'histoire d'amitié avec Kouz et Benji, la relation qu'elle va nouer avec Lola, l'enquête sur la disparition de Madame Munoz, sa voisine mais aussi le rapport compliqué qu'elle entretient avec ses deux parents. Et puis, il y a ce malaise latent dans sa propre maison. Ces repas qu'Hippolyte fait seul sous les yeux de sa mère. Cette viande qu'elle doit mâcher, avaler en se forçant.
"J'en ai coupé un bout, et l'ai mastiqué jusqu'à ce qu'il perde tout son goût. C'était un morceau tout petit. J'ai estimé qu'à ce rythme-là, il me faudrait trente bouchées avant de venir à bout de la viande. Ça me semblait aussi absurde de me forcer à la manger que de pousser de la nourriture dans le gosier d'une poupée de plastique. C'était pas tant que j'avais plus faim, c'était que j'avais oublié ce que ça faisait d'avoir faim."
Et puis ce comportement étrange de cette femme avec qui elle vit et qu'elle ne reconnaît plus. Au départ, on trouve ça un peu étrange, comme Hippolyte. Et puis ça dérape. Sérieusement.
"Alors le noir crache quelque chose de furieux qui me tombe dessus. le salon se renverse ; le sol me heurte dans le dos. J'ouvre la bouche pour hurler mais le choc m'a coupé le souffle.
Elle a les ongles enfoncés dans mes épaules et je sens son haleine sur mon cou. D'instinct, je la repousse d'une bourrade, elle tombe et je me roule en boule.
Est-ce qu'il faut crier, là ?"
Que fait sa mère enfermée dans la cave? Que cache-t-elle? Les questions sont nombreuses. Les réponses, finalement, on les a mais on ne veut pas vraiment y croire. C'est trop...
Alors on angoisse. Et cela ne fait qu'empirer. Car l'amour (quel qu'il soit) rend souvent aveugle et mène à tous les excès et toutes les prises de risque.
Aylin Manço réussit à tout traiter en profondeur sans que l'histoire ne perde son sens ou que nous, lecteurs, nous nous y perdions. On comprend tout ce qui agite la jeune fille. On comprend à quel point la séparation de ses parents a été douloureuse, comment fonctionne ( plutôt mal au début ) son groupe d'amis, comment elle cache ses sentiments envers l'un d'eux. le groupe va évoluer, grandir et accueillir un nouveau membre. Ensemble ils vont faire des expériences plus ou moins légères. Certaines, comme lors du week-end sans les parents de Benji seront drôles...
"Benji me faisait marrer, mais j'étais pas tellement mieux que lui. J'avais l'impression d'avoir basculé dans un tableau impressionniste, et de voir partout autour de moi les minuscules coups de pinceau mouvants qui constituaient la matière. En fait, j'étais moi-même faite de coups de pinceaux. L'artiste me peignait en ce moment même !!"
...d'autres beaucoup moins.
Aylin Manço, comme dans La dernière vague, intègre un élément totalement fantastique inexpliqué qui sert de fil conducteur à son histoire. Elle s'en sert habilement pour construire son récit et exacerber les peurs et sentiments de ses personnages.
Tout ce qui tourne autour de la nourriture aussi est un aspect important du roman. Avec sa mère mais aussi avec ses amis. Il y a de nombreux passages autour des inventions gustatives de Benji comme le "MacMorning ultimate" ou la version améliorée du hot-dog de chez Ikea rebaptisé "meilleur hot-dog du monde".
La nourriture qui fait vivre, qui est un besoin primaire devient ici inquiétante et parfois écoeurante. Cela contribue à rendre l'ambiance du roman encore plus pesante. le texte nous pèse sur le coeur et sur l'estomac...
"Tu peux essayer de nourrir une marionnette, tu peux enfoncer la nourriture dans sa bouche et l'écrabouiller entre les parois de plastique, elle peut même mastiquer si tu lui fais ouvrir et fermer la bouche, mais tu ne peux pas la faire avaler, tu ne peux pas la faire digérer, excréter. La nourriture ne lui sert à rien."
Tout ce qui touche au corps et ses matières est aussi hyper présent. C'est saisissant.
Bref, ce roman porte bien son titre. Ogresse va vous manger tout cru et vous recracher, pantelants, choqués et je l'espère, comme moi, totalement convaincus et soufflés par la puissance de son histoire.
Histoire qui, une fois terminée, quoi que vous en ayez pensé, vous laissera une trace, là, un peu comme celle d'une morsure.
Un GROS GROS COUP DE COEUR pour ce roman définitivement à contre-courant mais génialissime.
Lien : https://www.hashtagceline.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
DreamBookeuse
  08 février 2020
C'est le premier roman d'Aylin Manço que je découvre et je dois dire que j'ai plutôt été très agréablement surprise. En même temps comment ne pas l'être ? La dernière phrase du résumé donne déjà tout le ton au récit : « et puis, un soir, la mère d'Hippolyte se jette sur elle et la mord ». Waouh. Déjà, là, j'étais soufflée !
Mon avis
Ce roman est une petite pépite. On y suit les aventures d'Hippolyte, Hippie pour sa mère, H (comme Hache) pour ses amis. Tout plutôt que Hippo. Elle est jeune et son monde a perdu ses repères. Kouz, son ami depuis l'école primaire a définitivement changé et montre des photos de sa petite copine, Aurélie, seins nus, à son deuxième ami, Benji. Leur équilibre est précaire. Et H n'a aucune envie de faire la morale à son pote, pour ces photos. Encore moins d'écouter la « grosse Lola » la lui faire. Oui elle le laisse dire ce qu'il veut sur les seins d'une pote et alors ? C'est pas la mort. Et puis cette fille n'avait qu'à pas lui envoyer de photos. Ça c'est ce qu'elle dit, ce qu'elle se répète dans sa tête. Et pourtant, il y a son coeur qui tambourine dans sa poitrine, dans sa tête, qui fait même trembler les murs. Elle ment. Pour préserver le peu de stabilité qu'il lui reste.
Il faut dire que H n'a pas la vie facile. Son père est parti, presque du jour au lendemain, sans qu'on ne lui explique rien. Et ses petits sms de mots doux n'y changent rien. Parce qu'il n'est pas là. Ne reste qu'elle, et sa mère. Et H, sa mère, elle l'adore. Elle aide les petites vieilles du quartier, fait leurs courses, leur parle. Et puis elle récolte le sang aussi pour aider les patients, les malades. Sa mère est une héroïne. Alors pourquoi est-ce qu'un jour elle se jette sur elle et la mord ? Pourquoi est-ce qu'elle lui fait manger de la viande, tous les jours, même pas tout à fait cuite ? Et que fait-elle dans la cave, en bas, qu'elle refuse que sa fille voie ?
Ce roman est une tuerie. Je vous le dis, c'est ainsi que je l'ai ressenti, c'est le premier mot qui est venu en le refermant. Il a cet aspect un peu conte de Grimm, un peu enchanteur, avec cette histoire abracadabrante de morsure, de sang et de viande. Un peu dégoûtante et horrifique aussi. Et pourtant c'est un drame familial touchant. Au delà de « l'ogresse », se cache une relation maternelle très belle et aussi immensément réaliste. Tout comme le désir pour les enfants de protéger leurs parents, envers et contre tout, peu importe le mal qu'ils feront. Peu importe ce qu'ils leur feront à eux. C'est à la fois beau et triste. Parce que c'est une réalité que vivent aussi des milliers d'enfants à travers le monde, à travers les coups, les larmes, ou juste la négligence de parents irresponsables. Mais c'est aussi une réalité que vivent des enfants dans des familles tout à fait saines, aimantes, c'est quasi instinctif, à peu près universel. Alors oui, c'est beau et triste, et Ogresse en est une formidable métaphore tantôt joyeuse, tantôt loufoque, tantôt dramatique.
Véritable page turner, le roman n'est pourtant pas exempt de beaucoup de tendresse, de découverte, d'apprentissage. Il montre comment, petit à petit, au contact des autres, on change, on évolue, on regarde le monde différemment. Comment un simple coup à travers un mur peut donner de la force et du courage. Comment une situation peut paraître horrible à première vue mais tout à fait bénigne en y regardant de plus près. C'est aussi l'histoire d'une formidable amitié qui se construit, entre préjugés et honnêteté entre Lola et H. C'est un roman qui t'apprend, à toi, lecteur, que tout vaut mieux que le mensonge, que la douleur, que l'aveuglement. Que, oui, tu peux blesser ton amie pour la faire grandir, pour lui faire voir le monde les yeux grands ouverts, pour la protéger.
En résumé
Ogresse est un roman qui sous ses airs de conte moderne cache bien des secrets plus sombres. Animé par une écriture sensible et poétique, c'est autant une histoire d'adolescence, d'amitiés, d'amour qu'un drame familial. La première page avalée, vous ne pourrez plus le lâcher. Pourtant, la dernière page refermée, pas sûre que vous aurez envie de manger. Vous voici prévenus…
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
mesechappeeslivresques
  14 mai 2020
Comment vous parler de ce roman qui sort incontestablement du lot, de cette lecture que je peux sans aucun doute qualifier d'inclassable?
Et pourtant, les premières pages nous immiscent dans le quotidien tout ce qu'il y a de plus ordinaire d'Hippolyte, une adolescente de 16 ans. Elle prend le bus chaque matin pour aller en cours, retrouve sa bande de potes, tombe amoureuse pour la première fois.
Seulement voilà, depuis la séparation de ses parents, sa vie part peu à peu en vrille. Tous les soirs à la maison, sa mère lui sert d'énormes morceaux de viande au dîner, jusqu'à en faire une véritable obsession. de plus, la vieille dame qui habite juste à côté de chez elle a mystérieusement disparu. Et, c'est sans compter le comportement étrange de sa mère qui s'enferme des heures dans la cave sans aucune explication.
Jusqu'à ce que tout bascule, le jour où cette dernière se jette sur sa fille pour la mordre à pleines dents.
J'ai dévoré ce savoureux roman jeunesse. Une histoire vraiment prenante, étonnant mélange entre récit contemporain et conte. le fantastique s'invite de manière très habile dans cette intrigue très addictive.
Au fil des pages, l'atmosphère est de plus en plus tendue. le lecteur oscille entre fascination et écoeurement. Une lecture troublante, bien plus profonde qu'il n'y parait au premier abord.
Mais c'est aussi une histoire qui fait la part belle à l'amitié, à la relation mère-fille, à l'adolescence que l'auteure belge évoque avec beaucoup de justesse.
Une expérience littéraire et gustative inédite, surprenante, et déstabilisante qui m'a complètement conquise.
Lien : https://mesechappeeslivresqu..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
GeraldineP
  08 mai 2020
Ogresse
Aylin Manço
Sarbacane (Exprim'), 2020
Dans une société où le nombre de végétariens et de vegans est en augmentation constante, Aylin Manço s'attaque à un sujet peu commun et qui peut déranger : le cannibalisme.
Ogresse est l'histoire d'Hippolyte, une adolescente de 16 ans, qui vit avec sa mère, son père ayant quitté le foyer familial. Nous suivons Hippolyte dans son quotidien : que ce soit avec sa mère ou avec ses amis au lycée mais aussi à l'extérieur. Une vie assez classique jusqu'au jour où elle de rend compte que sa mère lui ment sur son travail, et que Mme Munoz, une voisine, assez âgée, qu'elle connaît relativement bien, disparaît. A partir de ces deux évènements marquants pour Hippolyte, son monde va se transformer : relation à sa mère, amitiés, amour...
Difficile d'en dire plus sans divulguer tout le texte, qui nous prend aux tripes jusqu'à la fin. Là où Aylin Manço est particulièrement bonne, c'est qu'au-delà du cannibalisme, elle parle des violences familiales, de la difficulté d'en sortir et de l'importance d'être bien entouré, même si cet entourage ne sait pas comment agir au mieux.
Un texte essentiel dont on ressort grandit car il nous oblige à ne pas fermer les yeux sur certains comportements et à les dénoncer quitte à se mettre à dos un ami.
A lire dés 15 ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LaCabaneDeMesLivresLaCabaneDeMesLivres   02 février 2020
"Il manque un mot dans la langue française, un mot pour qualifier les évènements qui sont impossibles mais qui surviennent tout de même. Quelque chose de tellement inconcevable que, quand ça se produit, c'est comme si l'univers se fendait en deux, et vous vous retrouvez du mauvais côté, dans un monde presque pareil mais tout à fait différent."
"Parfois il vous arrive des trucs monstrueux, et c'est pas votre faute. Parfois c'est la faute de personne."
"C'est en ayant peur qu'on crée les monstres ; on les fait disparaître en fermant les yeux."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
DreamBookeuseDreamBookeuse   08 février 2020
Alors le noir crache quelque chose de furieux qui me tombe dessus. Le salon se renverse ; le sol me heurte dans le dos. J’ouvre la bouche pour hurler mais le choc m’a coupé le souffle.
Elle a les ongles enfoncés dans mes épaules et je sens son haleine sur mon cou. D’instinct, je la repousse d’une bourrade, elle tombe et je me roule en boule.
Est-ce qu’il faut crier, là ?
Commenter  J’apprécie          20
DreamBookeuseDreamBookeuse   08 février 2020
Peut-être qu’un jour, il y a très longtemps, mon père a compris que je ne le choisirais jamais qu’à contrecœur. Peut-être que je l’ai pensé trop fort, trop près de lui. Peut-être que c’est pour ça que ça a été si facile, pour lui, de partir.
Commenter  J’apprécie          20
GeraldinePGeraldineP   08 mai 2020
- Je pense que si elle t'avait fait saigner, tu aurait trouvé autre chose. Tu aurais dit : "OK, mais elle m'a jamais prit de chair". Et si elle t'avait arraché de la chair, un doigt par exemple, ton petit doigt, t'aurais dit : "De toute façon, j'ai pas besoin de ce soir-là, personne n'utilise vraiment son auriculaire gauche".
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Aylin Manço (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aylin Manço
Imaginez... Un soir, votre mère - qui se comporte de plus en plus bizarrement depuis que votre père est partie - s'enferme des heures à la cave et ne cuisine rien sinon de la viande presque crue... cette mère vous mord ! C'est ce qui arrive à Hippolyte...
"Ogresse", conte moderne ? Peut-être. Mais aussi et surtout un récit très contemporain, entre harcèlement et slut shaming. Je vous emmène à la découverte de ce roman d'Aylin Manço, mais aussi de la collection érotique pour ados l'Ardeur chez Thierry Magnier... et d'une ogresse de conte bien souvent oubliée !
autres livres classés : cannibalismeVoir plus
Notre sélection Jeune Adulte Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Aylin Manço (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1865 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
.. ..