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ISBN : 2800154438
Éditeur : Dupuis (22/02/2013)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Aux lendemains de l'Occupation, les coulisses d'un tournage maudit.
Henri-Georges Clouzot, alors jeune cinéaste, travaille d'arrache-pied au film qui, selon lui, doit consacrer sa carrière. Soutenu par son producteur, ancien résistant, envers et contre toutes les accusations de collaboration dont Clouzot fait l'objet, il pousse à bout ses acteurs, et notamment la comédienne Suzy Delair dont il partage la vie. Intransigeant, autoritaire et obsédé par son film,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  31 décembre 2014
Ce tome est le deuxième d'une trilogie qui forme une histoire complète et indépendante de toute autre. Il est initialement paru en 2013, un mois après le premier tome qu'il vaut mieux avoir lu avant. le scénario est de Valérie Mangin, les dessins, l'encrage et la mise en couleurs de Loïc Malnati, avec l'aide de Benoît Picard et Damien Garavagno.
L'action commence en 1946, en septembre. À Paris a lieu la première projection du film "Le mystère Balzac" d'Henri-Georges Clouzot. Il s'agit de l'adaptation d'une partie de la vie De Balzac qui faisait l'objet du premier tome de la présente trilogie Abymes. le réalisateur est absent, il se fait attendre, alors que Charles Barrant-Rondeau effectue un petit discours de présentation, et que Suzy Delair et Bernard Blier sont présents dans la salle.
L'histoire revient quelques mois en arrière alors que Charles Barrant-Rondeau se rend à Bayeux pour y rejoindre l'équipe de tournage qui finit les prises de vue en décor naturel. Il a apporté un petit remontant (sous forme de poudre blanche) à Suzy, puis regarde les derniers rushs avec Clouzot. Ce dernier a la surprise de voir apparaître des images qu'il n'a pas tourné lui-même. À l'extérieur les habitants n'ont pas pardonné au réalisateur ses compromissions avec l'occupant, et par contre sont heureux de voir Barrant, un résistant valeureux.
Cela n'aurait pas grand sens de lire ce tome indépendamment des 2 autres. le lecteur a donc déjà bien assimilé le fil directeur de l'intrigue : un petit malin s'amuse à dévoiler des secrets pas jolis à la populace, aux dépends du créateur (ici un réalisateur de film). En ayant à l'esprit la chute du premier tome, le lecteur connaît également l'identité de ce corbeau dès le début. le mystère n'a donc pas de secret pour lui.
Afin de pouvoir publier les 3 tomes de la trilogie à intervalle rapproché (1 mois entre chaque tome), les auteurs et l'éditeur ont opté pour la solution de confier chaque scénario à un dessinateur différent. D'un point de vue narratif, ce choix fait sens puisque chacune des 3 histoires se déroule à une époque différente, avec des personnages différents. Il n'y a donc pas de nécessité à maintenir une unité graphique, voire 3 approches différentes visuelles donnent plus de relief à chaque époque.
Le contraste entre les dessins de Griffo et ceux de Malnati n'est pas à l'avantage de ce dernier. Griffo avait su procéder à une reconstitution historique vivante et respirant l'authenticité, sans en être l'esclave. La reconstitution de Malnati est à la fois plus académique, et moins précise. Lorsque Barrant prend le train à la gare Saint Lazare, les costumes manquent de détails, et l'architecture de la gare est escamotée en arrière-plan, restant très vaguement esquissée. Les aménagements intérieurs sont plus quelconques. Même la reconstitution du bureau d'Honoré de Balzac manque de personnalité. Une part de responsabilité incombe à la mise en couleurs un peu terne. D'un côté, cela correspond bien à la période de pénurie de l'après-guerre, de l'autre cela rend les planches un peu mornes.
Malnati est un metteur en scène aux qualités professionnelles également inférieures à celles de Griffo. À nouveau le lecteur a le sentiment d'images moins bonnes, moins vivantes. À y regarder de plus près, Malnati évite de trop se reposer sur des cases ne comportant qu'une tête en train de parler. Sa reconstitution historique apparaît solide et honnête, même si elle est moins riche que celle de Griffo. Chaque séquence est immédiatement lisible et il gère avec habilité la profondeur de champ et le placement des personnages.
La vie alternative d'Honoré de Balzac mise en place dans le premier tome sert donc de support au nouveau film (fictif donc) d'Henri-Georges Clouzot. Comme pour Balzac, Valérie Mangin sait de quoi elle parle. L'idée d'un film sur Balzac est un double déformé du film bien réel Le mystère Picasso (1956) de Clouzot. Elle évoque avec pertinence les conséquences de son travail pour Continental Films (une société fondée par Joseph Goebbels) pendant la seconde guerre mondiale, ainsi que l'impact négatif sur l'image de la France de son film Le corbeau (1943).
S'il n'y a pas de suspense quant à l'auteur de ces délations sous forme de rush, la reconstitution historique met bien en scène les tensions persistantes entre français, dans la période de l'après-guerre. le suspense provient d'une autre source : les liens du docteur Petiot avec Clouzot, et peut-être avec la résistance. le dénouement apporte son lot de surprises quant au rôle d'un des personnages du récit.
Comme dans le tome précédent, le titre "Abymes" invite également le lecteur à s'interroger sur le comportement du créateur, à ne pas s'arrêter à la reconstitution historique et au suspense quant au sort et au financement du film en cours de tournage.
Honoré de Balzac incarnait le créateur, sous la forme d'un écrivain que la postérité a encensé. Henri-Georges Clouzot incarne un créateur dans un autre média : le cinéma. Valérie Mangin déballe toutes les turpitudes au sein desquelles se développe le processus créatif. À l'opposé d'une vision idyllique pure et désintéressée, elle montre la tyrannie du créateur, sa façon de n'envisager les autres que comme des figurants dans son grand oeuvre, les bassesses morales et autres compromissions des acteurs, techniciens et autres. Même le preneur de vues compromet son idéal communiste pour pouvoir travailler dans un contexte où il y a peu d'offres d'emploi dans sa spécialité.
À nouveau, le lecteur ne peut pas s'empêcher de transposer cette vision du créateur assujettissant son entourage à sa création, à la Valérie Mangin elle-même créant cette propre bande dessinée, l'idée que l'oeuvre d'art est la rencontre de la vision du créateur avec les réalités pas forcément reluisantes du milieu dans lequel il se développe.
Ce deuxième tome revêt une apparence moins séduisante que le premier. La personnalité de Clouzot est moins flamboyante que celle De Balzac, et tout aussi narcissique. Les dessins de Loïc Malnati n'ont pas la beauté de ceux de Griffo, ni leur panache. Pourtant la reconstitution historique reste convaincante, et les thèmes sous-jacents ne sont pas une simple redite de ceux développés dans le premier tome. En fonction de ses attentes, le lecteur pourra trouver que le dispositif narratif se répète et que le dessinateur aurait pu être mieux choisi, 3 étoiles. Ou alors, il pourra trouver que la réflexion sur l'acte de création est abordée dans un contexte différent (un média collaboratif) et développé dans un axe amenant un autre point de vue. 4 étoiles malgré des dessins peu engageants.
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Belzaran
  22 mai 2016
Après un premier tome consacré à Balzac, Valérie Mangin continue sa série « Abymes » avec Clouzot. le cinéaste, accusé de collaboration, continue malgré tout de tourner. Mais sur quel sujet ? Balzac bien évidemment ! La mise en abyme continue ici avec le cinéma et commence l'imbrication des différents opus. Avec quel succès ? Après Griffo, c'est Loïc Malnati qui passe au dessin pour assurer une sortie en librairie quelques semaines plus tard. le tout est publié chez Dupuis, dans la collection Aire Libre.
L'un des défauts du bouquin est qu'il pourrait être lu indépendamment du premier tome. Il y a certes des rappels (on voit les acteurs jouer quelques scènes de la première BD), mais c'est insuffisant pour nécessiter la lecture du premier tome. On se retrouve plutôt avec un one-shot qui ferait des clins d'oeil vers un autre ouvrage. Pire encore, le fait d'avoir lu le livre consacré à Balzac affadit terriblement celui consacré à Clouzot !
En effet, ce sont exactement les mêmes mécaniques qui sont ici à l'ouvrage. Sans la surprise, on devine sans peine ce qu'il va se passer. Et à la fin du livre, aucune surprise. L'impression de répétition s'installe alors et on se demande bien où Valérie Mangin souhaitait aller avec ce projet… Car si le troisième tome apportera peut-être un plus, ce n'est clairement pas le cas de celui-ci…
Au-delà de la mise en abyme, les auteurs traitent de l'après guerre, avec la chasse aux collabos. Cet aspect est intéressant, même s'il ne va pas très loin au final. Là où il y aurait pu y avoir une véritable machination des communistes, il ne se passe rien. Ils manifestent mais n'empêchent pas le film de se faire. Même ses propres techniciens le quittent à cause de son attitude, pas de son passé. Bref, les auteurs passent un peu à côté du sujet à trop vouloir entrer dans le principe de la mise en abyme.
Concernant le dessin, si j'avais été très séduit par le trait de Griffo, j'ai été très déçu par celui de Malnati. Certes, l'époque change, mais je n'ai pas compris certains aspects techniques. Ainsi, la couverture est clairement pixellisée, on y voit des effets d'escaliers. Je serai curieux de savoir comment travaille le dessinateur, car ses planches présentent un trait grossier, très épais, qui paraît soit pixellisé, soit baveux. L'ensemble paraît figé, pas aidé par des couleurs grisâtres loin de la chaleur du précédent tome. Pour une série à trois dessinateurs, l'ensemble manque de cohérence !
Quelle déception pour cette deuxième partie. Elle n'apporte aucune profondeur au premier tome et répète les mécaniques de ce dernier. Avec un dessin bien moins réussi, on se demande bien à quoi il peut bien servir. Espérons que le troisième tome relève le niveau en donnant une cohérence à l'ensemble.
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jamiK
  13 novembre 2018
Dans ce tome, Henri-Georges Clouzot réalise un film qui est en fait le premier tome de cette série avec Balzac comme personnage principal. Alors si ce tome est un peu moins spectaculaire que le précédent et le suivant, cela reste encore un jeu sur la mise en abyme totalement maitrisé.
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MarquePage
  27 octobre 2018
Un deuxième tome qui reprend la vie de Balzac du tome 1 pour en faire un film. Exactement le même genre de récit, avec pour protagonistes le réalisateur, le producteur et les acteurs de ce film. Une fois de plus les auteurs utilisent des personnes réelles pour leur fiction. On a la aussi on a une narration en abyme, avec la même manipulation, proche de la schizophrénie.
Si la lecture reste sympathique, je n'ai pas été plus emballée que pour le premier tome. Si on voit le fil conducteur se dessiner on se demande si il va y avoir un récit commun, ou un but commun.
J'ai eu du mal à trouver de la sympathie pour les personnages.
J'aime beaucoup moins les dessins que je trouve moins précis. Enfin c'est surtout le style dont je ne suis pas fan. je trouve que ça manque un peu de finesse. Ca ne gâche pas non plus la lecture.
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badpx
  07 septembre 2018
J'imaginais que les différents tomes de cette courte série étaient indépendant les uns des autres : ce n'est pas le cas. Certes le lien est minime, mais il existe, et il vaut mieux les lires dans l'ordre. Coup de chance, car il me semble me souvenir que j'ai un temps pensé les emprunter un peu au hasard.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce récit. Je ne savais rien des débuts de réalisateur de Clouzot, aussi j'étais un peu perdue sur les premières planches. Mais, le procéder de mise en abîmes est toujours le même, aussi il n'y a plus la surprise du premier tome.
Le procédé narratif avec des allers et retour dans le temps m'a un peu déstabiliser aussi.... bref je ne suis pas convaincue.
A suivre sur le dernier tome.
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critiques presse (6)
Bedeo   19 avril 2013
Ce bon rendu de l’univers de la France d’après-guerre est aidé par un style de dessin qui correspond très bien à ces temps troublés. Le style des décors et les tons de couleurs choisies correspondent bien à l’image que l’on peut s’en faire ce qui permet de faciliter l’immersion dans l’histoire.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BDSelection   15 mars 2013
Cette deuxième partie d'Abymes est moins prenante que la première. La répétition de situations assez similaires permet de développer la paranoïa au cœur du scénario, mais installe également un certain flottement.
Lire la critique sur le site : BDSelection
Sceneario   14 mars 2013
Une histoire complète somme toute bien menée, qui met en avant un personnage public dans des circonvolutions dénaturées volontairement et qui ouvre les bans d'une dernière mise en abyme touchant la scénariste elle-même. Le rendez-vous est d'ores et déjà pris.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Lexpress   07 mars 2013
Qu'on soit cinéphile ou pas, ce deuxième chapitre au dessin inspiré tient en suspens.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   04 mars 2013
Plus sombre et moins truculente que la précédente, la deuxième partie d’Abymes livre une intrigue prenante, même s’il est possible de regretter que la mise en abyme souffre cette fois d’une « profondeur » moins marquée.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   25 février 2013
Mangin rassemble deux facettes : le grand souffle romanesque et l’exercice formel. La personnalité d’Henri-Georges Clouzot est remarquablement étudiée. Le lecteur se passionne au fur et à mesure des découvertes du réalisateur qui révèlent un présent plus que dérangeant.
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   04 février 2019
- Et voilà pourquoi nous avons tous sacrifiés notre réputation : un film iconoclaste sur Honoré de Balzac.

-Oui ,et cela en vaut bien la peine !

-Oh ,ne te méprends pas , Charles : moi aussi, je suis assommé par cette histoire et soulagé qu'il ne reste plus que les scènes du procès à filmer .

Mais le scandale finalement, ce n'est que de la publicité .Et toute publicité est la bienvenue !
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IreneAdlerIreneAdler   13 mars 2013
- Je vais engager d'autres gros bras et on va attraper le petit malin qui se moque de nous.
- J'espère bien mais ses "plaisanteries" ont quand même du bon : nous voila aussi paranoïaques que mon Honoré de Balzac.
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LilizLiliz   02 juin 2016
- Nom de Dieu... Ça doit être un de ces satanés manifestants... Eh bien, je ne le laisserai pas faire !... Je vais rester aux studios cette nuit et toutes les autres nuits... Et je dormirai avec mes bobines s'il le faut !
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