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ISBN : 1718049811
Éditeur : Auto édition (04/08/2018)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Il est un âge, au sortir de l'enfance, où les sentiments, les sensations, les pulsions nous envahissent, où l'on ne possède pas assez d'expérience pour les analyser et les garder à distance. Il est un âge où l'on ressent les problèmes des adultes qui, eux, nous pensant innocents, ne nous épargnent rien. Il est un âge à partir duquel, plus tard, on peut dérouler le fil de son histoire. La mienne débute à neuf ans au bord d'une pelouse interdite.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Aryia
  29 octobre 2018
Généralement, je traite les services presse par ordre de réception : premier arrivé dans la boite aux lettres, premier chroniqué ! Mais, je l'avoue, cette fois-ci, j'ai fait une exception : j'avais terriblement envie de découvrir le nouveau roman de Philippe Mangion, et son devancier était un énorme pavé de fantasy au résumé aguicheur mais qui va probablement m'occuper une bonne semaine … Aussi, ni vue ni connue, j'ai subtilement interchangé leur place dans la pile (et, d'ailleurs, j'ai totalement remanié le planning du publication du blog car je tenais à vous partager mon enthousiasme au plus vite) ! Après tout, l'essentiel, c'est de se faire plaisir, du moment qu'on est dans les temps, non ?! C'est donc avec grande joie que je me suis plongée dans cet ouvrage, dont j'adore la couverture et dont la quatrième de couverture en dévoile suffisamment pour donner envie de lire mais suffisamment peu pour qu'on se demande ce qui se cache dans ce très court roman …
L'histoire commence un jour d'été, lorsque le narrateur, alors âgé de neuf ans, fait la rencontre de Jean et Sophie … Lui est le fils du directeur de la résidence universitaire, eux sont les enfants de l'intendant. Au sein de cette immense cité où logent des milliers d'étudiants et quelques adultes, ils sont les trois seuls enfants : leur amitié leur semblait donc évidente. Chaque jour, les mêmes rituels, inlassablement répétés : le rendez-vous au bord de la pelouse interdite, l'exploration des mondes interdits – escaliers de secours, toits en terrasse, balustrade du quatrième étage du bâtiment B … galeries souterraines du vide sanitaire –, l'espionnage des conversations les plus banales, le gouter … Dans la vie de l'écolier, la routine est plus rassurante que pesante : le cours de piano a beau être d'un ennui mortel, il rythme la semaine au même titre que la séance de catéchisme du dimanche matin ou que l'entrainement au karaté … Mais voilà que, progressivement, cette bulle d'insouciance se fissure : l'enfance ne dure qu'un temps, et il semblerait que chez lui, elle touche doucement à sa fin.
Ce livre, c'est avant tout le portrait d'une enfance, à la fois terriblement banale et affreusement atypique. C'est l'histoire d'une amitié ni n'a rien de fusionnelle ni même de belle : elle s'est nouée par défaut, elle se délitera sans un pleur, sans un heurt. Parce qu'ils sont les seuls enfants de la cité, parce que leurs pères sont collègues, ils étaient voués à se côtoyer et à se fréquenter quotidiennement … Parce que Jean avait besoin d'être suivi, et le narrateur d'être guidé, ils trouvaient l'un et l'autre leur compte dans cette drôle de camaraderie faite d'habitudes et de rituels immuables. C'est l'histoire d'un quotidien bien rodé où chaque semaine ressemble à la précédente et à la suivante, où les longues journées d'école laissent ensuite place aux après-midi passées à déambuler dans la cité, immense terrain de jeux privatif pour ces enfants en quête d'aventure. Bravant tous les interdits, méprisant le danger, les deux garçons ainsi que la jeune Sophie s'inventent un monde à leur image, un monde d'enfants. Vous n'imaginez même pas à quel point j'étais émue en lisant ce roman : cela a fait ressurgir en ma mémoire tous les souvenirs des après-midis passées en compagnie des autres enfants du village, à marauder dans le quartier de l'école, à grimper sur les toits des hangars communaux, à pénétrer dans les jardins pour remplir une course d'obstacle connue de nous seuls … Nous étions insouciants, inconscients mêmes, parfois, mais nous étions heureux, libres et majestueux.
Mais le titre l'annonce bien : nous assistons ici aux dernières heures de l'enfance du narrateur, ces quelques semaines, quelques mois, où cette enfance s'éloigne progressivement mais irrémédiablement pour laisser place à l'adolescence, où l'insouciance s'efface brusquement au profit d'une douloureuse lucidité. C'est l'heure terrible de la désillusion, où ce sentiment de plénitude se fissure pour n'être plus que souffrance : nos certitudes s'effondrent, remplacées par le doute et la révolte face à la trahison et au mensonge. Alors que sa famille est brisée par un drame familial dont il ne saisit pas encore tous les tenants et aboutissants, tandis que les secrets et les tabous s'accumulent et se nouent, son innocence meurt à petit feu. Il se rend compte que ses parents ne sont pas infaillibles, que son ami n'est pas le héros qu'il s'imaginait, que lui-même n'est pas aussi courageux qu'il ne l'espérait. L'un des passages les plus émouvants à mes yeux est assurément celui où il dort quelques temps chez sa soeur ainée, loin des disputes parentales et de la dépression maternelle : alors même qu'il est « dans la maison du bonheur », lui n'aspire qu'à retrouver son univers, sa chambre, son quotidien. Son être tout entier refuse de grandir, car grandir c'est souffrir : il ne veut pas s'inquiéter pour ses parents, car ils peuvent surmonter tous les obstacles de la vie, contrairement à lui qui est encore si petit, et qui veut continuer à l'être.
Ce livre, c'est un véritablement concentré d'émotions : peines, peurs, douleurs, mais aussi joies, curiosité, surprises. Immergé dans les pensées de notre petit narrateur finalement devenu adulte, qui porte sur son « moi du passé » un regard bienveillant et indulgent, le lecteur se laisse entrainer dans cette histoire pleine de nostalgie et de douceur. Comment ne pas être ému par ce petit garçon si sensible, si fragile, si peu préparé à faire face à la terrible réalité ? Face à son désarroi, face à son incompréhension, face à son déni, on a envie de le prendre dans nos bras pour le consoler, pour le protéger de ce monde qui transforme tous les enfants insouciants en adultes désabusés ? On s'attache très vite à cet enfant en proie à un bouleversement interne auquel il n'était pas préparé … Très vite, également, on se laisse happer par la narration, très fluide, très sobre mais très poétique. Au bout de quelques pages à peine, l'ambiance est posée, le don est donné, et le lecteur n'a plus d'autre choix que de se laisser entrainer par les mots qui content sans raconter … Il suffit de fermer les yeux pour visualiser les lieux, les personnages, les scènes : l'immersion est incroyablement facile, ici, car on y croit. On y croit tellement que, du début à la fin, on se questionne : fiction ou non ? Notre petit narrateur n'a pas de prénom : le doute n'en est que plus grand …
En bref, vous l'aurez bien compris, ce fut vraiment une très bonne lecture ! Quel plaisir que de suivre ce petit garçon au cours de ses derniers mois en enfance … et quelle tristesse que de devoir le quitter à la fin du livre ! L'expression « c'est une page qui se tourne » prend tout son sens ici : alors que notre narrateur s'apprête à vivre un nouveau chapitre de l'histoire de sa vie, le lecteur doit le laisser prendre son envol. Nous avons fait un bout de chemin littéraire ensemble, mais il est maintenant temps de reposer le livre dans son étagère, jusqu'à une éventuelle relecture. Parce que c'est un livre que je relirai volontiers un jour ! C'est un très beau livre sur l'enfance, sur les joies et les peines de cet âge où tout semble à la fois si simple et si compliqué, sur les bouleversements de l'adolescence. C'est l'heure du grand changement avec le passage au collège : alors qu'on était « les grands » à l'école primaire, on redevient soudainement « les petits », alors même qu'on attend de nous que l'on quitte définitivement l'enfance … Je conseille fort volontiers ce petit livre émouvant à souhait, cette tranche de vie vibrante de réalisme, cette belle histoire fort joliment racontée … Une pépite littéraire !
Lien : https://lesmotsetaientlivres..
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AudreyMarie
  30 août 2018
Derniers mois en enfance : un titre annonciateur.
Ce livre c'est l'histoire d'un jeune garçon de neuf ans.
Deux thèmes principaux vont alimenter son récit :
- le passage de l'école primaire au collège, et donc de l'enfance à l'adolescence et des changements que cette étape apporte.
- et également le poids des secrets familiaux perçus par une oreille d'enfant... avec les incompréhensions, le déni, et la prise de conscience de tout ce que cela engendre dans une vie en construction.
Des histoires d'amitié et d'amour. La découverte de la sexualité. De la trahison. Des mensonges. Des découvertes. Des joies. Des peines.
Une explosion de sensations et d'émotions.
On comprend en fin de livre, qu'au début de la lecture nous étions face à un cocon sur le point de devenir un papillon avec toutes les métamorphoses et l'énergie que cela demande.
Mais on voit également l'insouciance se transformer doucement en prise de conscience.
Ce que j'aime avec la plume de Philippe Mangion, ce sont les descriptions terriblement efficaces. On s'imprégne des lieux, réellement. On vit l'intrigue.
J'ai eu l'impression ici d'être caméraman et de voir le film défiler sous mes yeux au fil des pages.
Fiction? Réalité? L'illusion est parfaite.
Un roman vraiment réussi. L'impression d'avoir eu entre les mains une oeuvre d'art.
Impression renforcée par la couverture signée Dany Mangion.
Le projet traumaless m'avait déjà beaucoup plu. Derniers mois en enfance ne fait que renforcer ma conviction : La plume de Philippe Mangion est addictive!
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diamelee
  02 novembre 2018
Une enfance somme toute normale. Faite de jeux, de cachotteries, de découvertes. Une enfance qui s'arrête brusquement. Il y aura toujours un avant et un après. Cette enfance qui bascule met fin à l'innocence. La vie routinière a aussi changé. Que se passe t-il? le monde est-il devenu fou? A quel moment le monde de l'enfance a t-il basculé? Pourquoi tant de difficultés dans le monde des adultes?
Derniers mois en enfance nous fait entrer dans la vie d'un enfant qui a mûri trop vite. Et pas de la meilleure manière. Un enfant un peu balloté dans les histoires d'adultes et leurs mystères. Peu à peu, nous découvrons ces énigmes, ces drôles de vie. Tout en douceur. une immersion toute en innocence. le monde des adultes au travers du regard d'un enfant qui ne le sera plus. La lecture est aisée et rendue agréable par des chapitres denses, mais d'une écriture légère. Les mots glissent et s'imprègnent en douceur dans notre subconscient., nous invitant à découvrir une histoire hors norme, pleine de surprises, de rebondissements.
Derniers mois en enfance est un roman riche en non-dits, en secrets. Ce qui en fait un roman agréable à lire. Surtout que cette lecture nous fait découvrir le regard d'un enfant. Un regard intransigeant, sans fards, sur la vie autour de lui. Un très beau roman.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  16 septembre 2018
Philippe MANGION nous offre, avec un immense talent et une grande sensibilité, un beau moment de détente qui nous berce tranquillement sur les rivages poétiques de la vie.
Amateur d'intrigues fracassantes et de rebondissements à répétition, passez votre chemin. Mais si vous avez, dans la lignée de la prose proustienne, un certain penchant pour l'observation de la vie, si vous êtes enclin à sourire face aux multiples interrogations de l'enfance, si enfin vous prenez plaisir à découvrir les épreuves délicates du passage à l'adolescence, cette magnifique fiction est faite pour vous.
Le génie de Philippe MANGION est de faire vivre, littéralement, ses personnages. Il anime avec dextérité et maîtrise son environnement, avec avec force et profondeur, avec un souci des détails qui donne matière à un style trop délaissé. La condition humaine, à l'instar De Balzac ou de Zola est une source inépuisable d'inspiration.
Encore faut-il être doué pour la retranscrire, et c'est bien évidemment le cas de notre auteur.
Pour ma part, c'est le meilleur livre de son oeuvre.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AudreyMarieAudreyMarie   29 août 2018
J'augmentai progressivement la cadence, pour atteindre le tempo le plus rapide dont j'étais capable. Elle relevait le défi de tourner de plus en plus vite jusqu'à ce que des étourdissements la fassent s'écrouler. Nous partions à ce moment-là dans un énorme fou rire. Elle essayait de se lever, titubait sur quelques pas, puis s'affaissait à nouveau comme un pantin désarticulé. Nos rires, alors, redoublaient à tel point qu'on ne savait plus si c'était eux ou les étourdissements qui l'empêchaient de tenir debout.
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AudreyMarieAudreyMarie   29 août 2018
Je faisais volontairement craquer le parquet en déroulant mes pas sur toute la surface de mes semelles. À ma connaissance, c'était la seule maison qui en possédait un. La décoration était vieillotte et la poussière traversait la lumière comme une ceinture d'astéroïdes. Une vitrine exposait une collection d'objets en verre, qui vibraient quand les gammes atteignaient les octaves les plus basses. Le piano droit était placé contre le mur opposé à la grande fenêtre en saillie.
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AudreyMarieAudreyMarie   29 août 2018
Le tabou est un accord des plus solides où, pourtant, personne ne s'engage explicitement. Tout le monde a un intérêt à ce qu'il persiste, et ceux qui le transgressent n'ont d'autre motivation que de le voir exploser, même si ça leur porte préjudice. Les tabous sont brisés par ceux qui n'ont plus rien à perdre, ou qui se fichent de tout perdre. Mais un seul complice défaillant ne suffit pas à faire écrouler un tabou si tous les autres font semblant de ne pas entendre.
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AudreyMarieAudreyMarie   29 août 2018
J'avais la certitude que mes parents pouvaient se remettre de tout, à condition que je ne les laisse pas tout seuls. Si je n'y retournais pas, le pire se produirait. Ma mère pousserait mon père au-delà de la limite, elle l'humilierait pendant des heures et des jours. Les colères de mon père seraient de plus en plus violentes et il finirait par la tuer.
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AudreyMarieAudreyMarie   29 août 2018
Il lui arrivait de me traiter de lâche, usant de la même méchanceté gratuite qu'avec mon père. Dans ces moments-là, son sourire cynique et son visage grimaçant me marquaient. Je craignais la raillerie de ma mère autant que la violence de mon père.
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