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EAN : 9782330056841
432 pages
Actes Sud (04/11/2015)
4.12/5   8 notes
Résumé :
La curiosité a de tout temps été considérée à la fois comme le moteur de notre désir de connaissance et comme un “vilain défaut” susceptible de conduire tout un chacun à s’aventurer dans des zones aussi dangereuses que parfois interdites. La grande question du “Pourquoi ?” n’a cessé, tout au long de l’histoire de l’humanité, de se décliner dans les contextes les plus différents et sous une grande variété de formes : Pourquoi le mal existe-t-il ? Mais aussi : Qu’est-... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

La curiosité, c'est ce qui nous pousse à nous questionner, à se demander quoi, pourquoi, comment. Qui suis-je ? Qu'est-ce qui est vrai ? Comment mettre les choses en ordre ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre Alberto Manguel dans cet essai très personnel, qui oscille entre la réflexion philosophique, le commentaire littéraire, le récit autobiographique et bien d'autres choses encore. Pour cela, il suit tout au long du livre le parcours d'un de ses livres (et de ses auteurs) préférés, La Divine Comédie.

De la curiosité n'est pas un livre toujours facile à suivre. Son auteur a tendance à butiner d'un sujet à l'autre, au risque de se perdre en digressions et d'égarer son lecteur en route, car le fil directeur de l'ouvrage est assez mince.

Mais c'est un essai documenté, passionné, et un bel hommage aux livres et à la lecture.

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Un essai dont le fil conducteur est la lecture par l'auteur de la divine Comédie de Dante. Chaque titre de chapitre est une question, souvent philosophique. Alberto MANGUEL y apporte d'abord une brève réponse, ou un commentaire tiré de son expérience personnelle, puis il tente d'y répondre plus longuement, puisant dans le livre de Dante qu'il cite volontiers, dans sa propre analyse du texte comme dans d'autres exégèses, et surtout commentant en s'appuyant sur d'autres livres, d'autres auteurs, partageant ainsi avec nous son panthéon personnel. Lecteur passionné, Alberto MANGUEL invite par ce texte, à découvrir de nouveaux ouvrages, à en relire d'autres... et à nous laisser entraîner, comme lui, dans le tourbillon enchanté de la lecture.

La lecture est évidemment exigeante, surtout quand on est loin de partager son érudition!

J'ai également apprécié le choix des illustrations du livre, qui participent de la curiosité de l'auteur, et sont donc aussi bien des illustrations de l'ouvrage de Dante qu'une page du Talmud de Bomberg, une reproduction du Lion de Saint Marc, un tableau des noeuds des Incas ou une photographie de Salgado.

La curiosité n'est donc pas un vilain défaut... mais un penchant naturel à cultiver!

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« Tout commence par un voyage », affirme l'écrivain-lecteur Alberto Manguel, né argentin, citoyen canadien, élevé en allemand, écrivant en anglais, parlant français, italien, espagnol, portugais, un peu latin. Tout commence, donc, par la curiosité, ce mouvement irrépressible qui projette tout homme dès sa naissance vers l'inconnu. Nomade par excellence, elle est ce « pourquoi ? » enfantin qui le mènera vers d'autres « pourquoi ? » et des « comment ? », des « qu'est-ce que ? », des « que sais-je ? », des « qui suis-je ? »… Parfois, la curiosité égare, conduit aux eaux troubles du mystère, de l'interdit, de la folie. Il suffit alors de suivre le conseil du Roi de coeur au Lapin blanc (dans Alice au pays des merveilles) : « Commencez par le commencement, et continuez jusqu'à ce que vous arriviez à la fin ; alors, arrêtez-vous. » Ou alors, lorsqu'on est, tel Dante au début de sa Divine Comédie, exilé et perdu dans une profonde forêt, de lui emboîter le pas comme lui-même suit Virgile de l'Enfer au Paradis.

C'est ce que fait ici Alberto Manguel pour qui La Divine Comédie est ce livre inépuisable que cherche tout grand lecteur et qui concentre, à un moment de sa vie, « l'exploration de soi-même et du monde ». Avec Dante pour guide, il nous fait partager sa traversée de l'humanité, des livres, de la connaissance, du langage. de la curiosité devient, le livre du livre de tous les livres : l'autobiographie d'un lecteur.

Chaque station s'enroule autour d'une question : que voulons-nous savoir ? Qu'est-ce que le langage ? Quelle est notre place ? L'itinéraire commence avec l'histoire du point d'interrogation et s'achève en questionnant la vérité de l'imaginaire. On y croise Socrate, Hume, Thomas d'Aquin, Primo Levi, Oppenheimer, le Talmud et la Bible, le poète sanskrit Bhartrihari, le mystique andalou Aboulafia et l'écriture des quipu incas, l'histoire des sophistes et des représentations de la mort… l'époustouflante érudition se donnant à lire comme un immense conte.

On a raconté un jour à Alberto Manguel que, lors du décès d'un apiculteur, quelqu'un doit aller en avertir ses abeilles. Il souhaite depuis lors qu'à sa propre mort, quelqu'un « prévienne [s]es livres qu['il] ne reviendr[a] plus ».


Lien : http://www.philomag.com/les-..
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C'est un livre exigeant, dense qui nous emmène à la suite de Dante dans la Divine Comédie. L'auteur évoque, en écho à l'expérience de Dante, des évènements de sa propre vie pour introduire les différents chapitres.

Il aborde des sujets variés, philosophiques et littéraires.

C'est une lecture qui demande de la concentration et qui s'avère très complexe par moments mais elle nous permet de voyager dans le temps et dans notre imaginaire nous incitant à développer notre curiosité.

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Excellent essai/méditation/voyage. Exigeant et accessible.

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critiques presse (1)
LaPresse
12 février 2016
Le livre est parfois intense à parcourir, mais permet de prendre conscience de la chance qui nous a été donnée de lire.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation

Je suis curieux de la curiosité.

L’un des premiers mots que nous apprenons dans l’enfance est pourquoi. En partie parce que nous désirons en savoir plus sur le monde mystérieux auquel nous avons accédé malgré nous, en partie parce que nous voulons comprendre comment fonctionnent les choses de ce monde et en partie parce que nous ressentons le besoin ancestral d’entrer en relation avec ses autres habitants, après nos premiers babils et gazouillis, nous commençons à demander “Pourquoi ?”. Et nous ne cessons jamais. Nous nous apercevons très tôt que cette curiosité est rarement récompensée par des réponses significatives ou satisfaisantes, mais plutôt par un désir accru de poser d’autres questions et par le plaisir de converser avec autrui. Comme le sait tout questionneur, les affirmations ont tendance à isoler ; les questions, à relier. La curiosité est un moyen de déclarer notre appartenance à la famille humaine.

(INCIPIT)

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Le mode interrogatif comporte l’attente, pas toujours satisfaite, d’une réponse : si incertain soit-il, c’est le premier instrument de la curiosité. La tension entre la curiosité qui mène à la découverte et la curiosité qui mène à la perdition s’insinue dans toutes nos entreprises. La tentation de l’horizon est toujours présente et même s’il est vrai, comme le croyaient les anciens, qu’au-delà du bout du monde un voyageur tomberait dans l’abîme, nous ne nous abstenons pas d’explorer, ainsi qu’Ulysse le dit à Dante dans La Divine Comédie.

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Les œuvres littéraires extraordinaires semblent exiger des récits extraordinaires de leur conception. Des biographies magiques d’un Homère fantôme ont été inventées pour expliquer la puissance de l’Iliade et de l’Odyssée, et on a prêté à Virgile les talents d’un nécromancien, héraut du christianisme, parce que ses lecteurs ne pensaient pas que l’Énéide pût avoir été composée par un homme ordinaire.

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« J’ai eu deux chiens dans ma vie (bien que le verbe "avoir", qui implique la possession, relève de l’impair épistémologique). Le premier [...] était un bâtard intelligent, fougueux, joueur et vigilant, et faisant montre, dans notre parc, à Toronto, d’une sociabilité enthousiaste vis-à-vis de ses semblables. La seconde, Lucie, est une intelligente, douce et affectueuse chienne des montagnes bernoises, qui vit avec nous en France. Ces deux chiens m’ont changé: leur présence m’a obligé à me considérer moi-même en dehors des limites de mon univers intérieur sans tomber dans les rituels sociaux exigés par les rapports humains. Des rituels existent, bien sûr, mais ils ne sont que de surface, se contentant de déguiser l’espèce de nudité que je ressens quand je suis avec ma chienne. En sa présence, j’éprouve une obligation de sincérité envers moi-même, comme si le chien qui me regarde dans les yeux était un miroir révélateur de quelque mémoire instinctuelle enfouie. "Les Indiens Bella Coola [écrit Barry Lopez dans Of Wolves and Men] croyaient que quelqu’un avait un jour essayé de changer tous les animaux en hommes mais n’avait réussi à rendre humains que les yeux du loup." [...]

Lucie sait écouter. Elle reste assise sagement quand je lui fais la lecture du livre, quel qu’il soit, dans lequel je suis plongé à ce moment-là, et je me demande ce qui retient son attention quand elle entend ce flot verbal: La tonalité de ma voix ? Le rythme des phrases ? L’ombre d’une signification au-delà des quelques mots qu’elle comprend ? "Autoriser le mystère, se dire : Il pourrait y avoir plus, il pourrait y avoir des choses que nous ne comprenons pas, dit Lopez, ce n’est pas condamner le savoir." »

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Ma bibliothèque, en dépit de son organisation thématique et alphabétique, est moins un lieu d’ordre qu’un chaos bienveillant, semblable à l’un de ces marchés aux puces enchantés où l’on trouve des trésors que l’on est seul à pouvoir reconnaître. Tout ce dont on a besoin se trouve là, mais on ne saura ce que c’est qu’en le voyant.

(p. 101)

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Videos de Alberto Manguel (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Manguel
Leçon inaugurale d'Alberto Manguel prononcée le 30 septembre 2021. Alberto Manguel est professeur invité sur la chaire annuelle "L'invention de l'Europe par les langues et les cultures" (2021-2022), chaire créée en partenariat avec le ministère de la Culture (Délégation générale à la langue française et aux langues de France).
Accéder à ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/alberto-manguel/
Au commencement, il y a le mythe. Zeus s'éprit d'Europa, la fille du roi africain Agénor, et, métamorphosé en taureau, l'emporta en Crète où elle lui donna deux fils. Agénor envoya les deux frères d'Europa à sa poursuite, leur interdisant de réapparaître chez lui sans l'avoir retrouvée. Ils ne revinrent jamais. le mythe est, au sens essentiel, un déplacement, une métaphore, une traduction, une « parole » (Barthes) qui signifie : « emporté d'un lieu à un autre ».
Les mythes sont transformés, altérés, renouvelés pour correspondre aux besoins d'un temps et d'un lieu. Mais ils restent eux-mêmes pour l'essentiel, car ils ne sont pas créés en tant que fabrications de l'imagination humaine, mais (sans vouloir tomber dans un universalisme facile) comme des manifestations concrètes de certaines intuitions primordiales. Au Moyen Âge, Lactantius proposa de banaliser le mythe grec en prétendant que le taureau était simplement le nom d'un bateau. Mais le mythe perdura et en fit lever d'autres dérivés de l'histoire initiale : mythes de souveraineté (Europa, une princesse), de féminité (la bien-aimée de Zeus), de prééminence culturelle (ses frères envoyés à sa recherche) et aussi, plus mystérieusement, d'immigration et d'établissement (Europa, une résidente étrangère). le contenu de ces mythes constitue peut-être la pierre de touche qui prête aux peuples de l'Europe une identité commune intuitive.
Toute définition (celle du mythe, par exemple) nécessite tant une limitation qu'une invention. Une limitation de ce que nous croyons que l'objet de la définition n'est pas, et une invention de ce que nous imaginons susceptible de constituer quelque chose que nous connaissons déjà, puisque nous ne pouvons définir ce que nous n'avons pas encore imaginé. le mythe d'Europa reflète cette double nécessité.
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