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Christine Le Boeuf (Traducteur)
EAN : 9782330134228
527 pages
Éditeur : Actes Sud (21/02/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
La curiosité a de tout temps été considérée à la fois comme le moteur de notre désir de connaissance et comme un “vilain défaut” susceptible de conduire tout un chacun à s’aventurer dans des zones aussi dangereuses que parfois interdites. La grande question du “Pourquoi ?” n’a cessé, tout au long de l’histoire de l’humanité, de se décliner dans les contextes les plus différents et sous une grande variété de formes : Pourquoi le mal existe-t-il ? Mais aussi : Qu’est-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
maylibel
  03 mars 2016
La curiosité, c'est ce qui nous pousse à nous questionner, à se demander quoi, pourquoi, comment. Qui suis-je ? Qu'est-ce qui est vrai ? Comment mettre les choses en ordre ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre Alberto Manguel dans cet essai très personnel, qui oscille entre la réflexion philosophique, le commentaire littéraire, le récit autobiographique et bien d'autres choses encore. Pour cela, il suit tout au long du livre le parcours d'un de ses livres (et de ses auteurs) préférés, La Divine Comédie.
De la curiosité n'est pas un livre toujours facile à suivre. Son auteur a tendance à butiner d'un sujet à l'autre, au risque de se perdre en digressions et d'égarer son lecteur en route, car le fil directeur de l'ouvrage est assez mince.
Mais c'est un essai documenté, passionné, et un bel hommage aux livres et à la lecture.
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lilianelafond
  06 janvier 2016
« Tout commence par un voyage », affirme l'écrivain-lecteur Alberto Manguel, né argentin, citoyen canadien, élevé en allemand, écrivant en anglais, parlant français, italien, espagnol, portugais, un peu latin. Tout commence, donc, par la curiosité, ce mouvement irrépressible qui projette tout homme dès sa naissance vers l'inconnu. Nomade par excellence, elle est ce « pourquoi ? » enfantin qui le mènera vers d'autres « pourquoi ? » et des « comment ? », des « qu'est-ce que ? », des « que sais-je ? », des « qui suis-je ? »… Parfois, la curiosité égare, conduit aux eaux troubles du mystère, de l'interdit, de la folie. Il suffit alors de suivre le conseil du Roi de coeur au Lapin blanc (dans Alice au pays des merveilles) : « Commencez par le commencement, et continuez jusqu'à ce que vous arriviez à la fin ; alors, arrêtez-vous. » Ou alors, lorsqu'on est, tel Dante au début de sa Divine Comédie, exilé et perdu dans une profonde forêt, de lui emboîter le pas comme lui-même suit Virgile de l'Enfer au Paradis.
C'est ce que fait ici Alberto Manguel pour qui La Divine Comédie est ce livre inépuisable que cherche tout grand lecteur et qui concentre, à un moment de sa vie, « l'exploration de soi-même et du monde ». Avec Dante pour guide, il nous fait partager sa traversée de l'humanité, des livres, de la connaissance, du langage. de la curiosité devient, le livre du livre de tous les livres : l'autobiographie d'un lecteur.
Chaque station s'enroule autour d'une question : que voulons-nous savoir ? Qu'est-ce que le langage ? Quelle est notre place ? L'itinéraire commence avec l'histoire du point d'interrogation et s'achève en questionnant la vérité de l'imaginaire. On y croise Socrate, Hume, Thomas d'Aquin, Primo Levi, Oppenheimer, le Talmud et la Bible, le poète sanskrit Bhartrihari, le mystique andalou Aboulafia et l'écriture des quipu incas, l'histoire des sophistes et des représentations de la mort… l'époustouflante érudition se donnant à lire comme un immense conte.
On a raconté un jour à Alberto Manguel que, lors du décès d'un apiculteur, quelqu'un doit aller en avertir ses abeilles. Il souhaite depuis lors qu'à sa propre mort, quelqu'un « prévienne [s]es livres qu['il] ne reviendr[a] plus ».

Lien : http://www.philomag.com/les-..
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roussel48
  08 mai 2019
C'est un livre exigeant, dense qui nous emmène à la suite de Dante dans la Divine Comédie. L'auteur évoque, en écho à l'expérience de Dante, des évènements de sa propre vie pour introduire les différents chapitres.
Il aborde des sujets variés, philosophiques et littéraires.
C'est une lecture qui demande de la concentration et qui s'avère très complexe par moments mais elle nous permet de voyager dans le temps et dans notre imaginaire nous incitant à développer notre curiosité.
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Nikoz
  07 novembre 2019
Excellent essai/méditation/voyage. Exigeant et accessible.
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critiques presse (1)
LaPresse   12 février 2016
Le livre est parfois intense à parcourir, mais permet de prendre conscience de la chance qui nous a été donnée de lire.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
lilianelafondlilianelafond   16 mars 2016
« J’ai eu deux chiens dans ma vie (bien que le verbe "avoir", qui implique la possession, relève de l’impair épistémologique). Le premier [...] était un bâtard intelligent, fougueux, joueur et vigilant, et faisant montre, dans notre parc, à Toronto, d’une sociabilité enthousiaste vis-à-vis de ses semblables. La seconde, Lucie, est une intelligente, douce et affectueuse chienne des montagnes bernoises, qui vit avec nous en France. Ces deux chiens m’ont changé: leur présence m’a obligé à me considérer moi-même en dehors des limites de mon univers intérieur sans tomber dans les rituels sociaux exigés par les rapports humains. Des rituels existent, bien sûr, mais ils ne sont que de surface, se contentant de déguiser l’espèce de nudité que je ressens quand je suis avec ma chienne. En sa présence, j’éprouve une obligation de sincérité envers moi-même, comme si le chien qui me regarde dans les yeux était un miroir révélateur de quelque mémoire instinctuelle enfouie. "Les Indiens Bella Coola [écrit Barry Lopez dans Of Wolves and Men] croyaient que quelqu’un avait un jour essayé de changer tous les animaux en hommes mais n’avait réussi à rendre humains que les yeux du loup." [...]

Lucie sait écouter. Elle reste assise sagement quand je lui fais la lecture du livre, quel qu’il soit, dans lequel je suis plongé à ce moment-là, et je me demande ce qui retient son attention quand elle entend ce flot verbal: La tonalité de ma voix ? Le rythme des phrases ? L’ombre d’une signification au-delà des quelques mots qu’elle comprend ? "Autoriser le mystère, se dire : Il pourrait y avoir plus, il pourrait y avoir des choses que nous ne comprenons pas, dit Lopez, ce n’est pas condamner le savoir." »
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maylibelmaylibel   03 mars 2016
Ma bibliothèque, en dépit de son organisation thématique et alphabétique, est moins un lieu d’ordre qu’un chaos bienveillant, semblable à l’un de ces marchés aux puces enchantés où l’on trouve des trésors que l’on est seul à pouvoir reconnaître. Tout ce dont on a besoin se trouve là, mais on ne saura ce que c’est qu’en le voyant.
(p. 101)
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maylibelmaylibel   03 mars 2016
Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s’enrhument aisément ? »
(Le Marquis de Condorcet, cité p. 222)
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maylibelmaylibel   03 mars 2016
Si un homme commence par des certitudes, affirmait [Francis Bacon], il finira dans les doutes ; mais s’il se contente de commencer par les doutes, il finira avec des certitudes.
(p. 104)
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roussel48roussel48   26 mars 2019
Nous scrutons les écrans de nos gadgets électroniques avec l'intensité et la constance d'un Narcisse contemplant l'eau de la mare, nous attendant à nous retrouver restaurés ou affirmés dans notre identité, non par le monde qui nous entoure, non par les rouages de notre vie intérieure, mais par les messages souvent ineptes de tiers qui admettent virtuellement notre existence tandis que nous admettons virtuellement la leur.
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Videos de Alberto Manguel (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Manguel
Alberto Manguel Je remballe ma bibliothèque
Rencontre animée par Sophie Joubert
Alberto Manguel s'engage ici dans un voyage émotionnel qui parcourt son existence et son histoire, revisite les pays qu'il a connus et évoque ses nombreux déménagements, lesquels furent toujours liés à la recherche d'un endroit où enn héberger ses livres, sans lesquels il lui est impossible de travailler… et sans doute même de vivre.
La passion d'Alberto Manguel pour les livres et les bibliothèques rencontre ici une situation personnelle à l'origine de la réexion menée par cet illustre penseur de la lecture. Une oeuvre généreuse qui exalte le rôle du livre comme l'un des plus puissants antidotes contre les ares de l'exil.
Dans le cadre de la Nuit de la Lecture.
À lire – Alberto Manguel, Je remballe ma bibliothèque – une élégie & quelques digressions, trad. de l'anglais (Canada) par Christine le Boeuf, Actes Sud, 2018.
Le vendredi 18 janvier 2019 - 19H00
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