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EAN : 9782330133870
256 pages
Actes Sud (30/11/-1)
3.18/5   14 notes
Résumé :
Une invitation aussi magistrale que délectable à retrouver les plus légendaires personnages de la littérature mondiale : du Petit Chaperon rouge à Dracula en passant par Alice au pays des merveilles, Faust, la Belle au bois dormant, Don Juan, Robinson Crusoé, Superman, Quasimodo, Sindbad-le-marin, Frankenstein et le capitaine Nemo. Ou comment ces personnages inoubliables débordent de leurs livres pour nous guider sur le chemin de la vie, par l’un des plus éminents b... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

C'est certain, cet essai s'adresse avant tout à de gros lecteurs. Si on n'a pas lu les livres en question ou si on ne les situe pas un minimum, l'entreprise peu perdre de son intérêt. En revanche, pour les amateurs éclairés, c'est une manne et Alberto Manguel donne envie de (re)lire toutes les oeuvres dont il est question ici. Car, comme les précédents, son nouveau livre est avant tout l'irrésistible carnet d'inspiration d'un passionné.

L'article complet sur Touchez mon blog, Monseigneur...


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Livre sans grand intérêt dans lequel l'auteur évoque quelques considérations assez plates sur des personnages (secondaires ou héros) de livre. Chaque personnage est accompagné d'une petite illustration également sans grand intérêt. le gros problème est que je ne connais pas les trois quarts des personnages cités (et pourtant je suis un grand lecteur : entre 2 et 6 livres par mois !). du coup, cet essai n'a aucun intérêt puisque les lecteurs ne connaîtront pas les personnages décrits. Et puis franchement, Actes Sud exagère : 22€ pour ça…

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Lectrices et lecteurs le savent bien, certains personnages nous marquent à vie et peuplent un petit coin de notre esprit. Qu'on les ai aimés ou détestés, ces personnages vivent en nous, ils nous ont forgés, accompagnés, guidés et instruits.

Alberto Manguel, que l'on pourrait qualifier de lecteur professionnel, consacre ce livre à ceux qu'il nomme ses amis littéraires. Personnages de contes ou de la pop culture, héros bibliques ou légendaires, figures littéraires de premier plan ou moins connues, Alberto Manguel dresse de chacun d'eux un portrait érudit, entre histoire de la littérature et autobiographie, mêlant réflexions philosophiques et littéraires.

Si certains de ces personnages sont très connus des lecteurs et du grand public (Dracula, Spiderman, Alice,…), d'autres le sont nettement moins (Qeeqeg, Casaubon, Wakefield). Il faut avoir une solide culture littéraire pour le suivre dans chacun de ces portraits et je reconnais humblement que ce n'est pas mon cas !

Et vous, qui sont vos amis littéraires ?


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En empruntant, Dracula, le roman graphique de Georges Bess, j'avais aussi vu cet ouvrage en passant à la bibliothèque. Je me suis dit que c'était l'occasion de confronter un autre point de vue. L'auteur y développe les portraits de personnages littéraires dont Dracula. En fait, j'ai été déçue, les quelques chapitres/personnages que j'ai lu n'étaient que descriptifs, courts, je n'y ai vu ni point de vue ni réflexion de l'auteur. Je n'ai pas été plus loin…


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Citations et extraits (5) Ajouter une citation

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M. Bovary

Des deux, il est le second violon, le plus prosaïque, le moins impulsif, celui qui s'est résigné à son bienséant anonymat, celui que Flaubert n'identifie pas. Il est celui qui offre à Emma une excuse pour son infidélité, même s'il n'a jamais exigé qu'elle lui soit fidèle. Celui qui mène une vie laborieuse, honnête et régulière, sans autre ambition qu'une satisfaction paisible, sans surprises. Il manque de charme, c'est vrai. Personne n'éprouve pour lui une passion dévastatrice, personne ne l'imagine escaladant des balcons dans la nuit ou se battant en duel dans un vallon couvert de neige. Et pourtant, Monsieur Bovary est un personnage absolument indispensable. Rappelons-nous que Madame Bovary commence et s'achève avec lui, pas avec Emma. Sans lui, Emma ne signifierait rien, elle ne deviendrait jamais une héroïne romantique, elle n'aurait jamais connu ni passion ni béatitude extatique. Soyons clairs : Monsieur Bovary n'existe qu'afin que Madame puisse accomplir son destin tragique.

La vérité, c'est que Charles Bovary est dépourvu d'imagination. Son comportement plutôt flegmatique est le fruit d'une vie terne tracée en noir et blanc. Dès l'enfance, il est un peu ballot. Dans les premières pages du roman, Flaubert le décrit comme un adolescent maladroit et timoré, à peine capable de prononcer son nom en réponse à la question du maître. Il n'inspire ni confiance ni tendresse. Le premier jour d'école, le maître lui fait copier vingt fois : « Je suis ridicule ». Le garçon ne se plaint pas. Plus tard, c'est son père qui décide qu'il fera des études de médecine et sa mère qui lui trouve une chambre où loger. Charles, devenu désormais Monsieur Bovary, laisse les autres prendre toutes les décisions pour lui.

La vérité artistique est étrangère à son esprit. La fiction sentimentale (« les romans de femmes », dit-il) dans laquelle Emma trouve tous ses modèles, n'a aucun sens pour lui. Pour Monsieur Bovary, la fiction n'existe pas. Au théâtre, où il assiste avec Emma à une représentation de Lucia di Lammermmoor, voyant la passion avec laquelle Edgar déclare son amour à l'héroïne, il s'étonne : « Pourquoi donc, demande-t-il, ce seigneur est-il à la persécuter ? ― Mais non, répond Emma, impatiente, c'est son amant ... » Charles ne comprend toujours pas. « Tais-toi ! », lui dit-elle. Innocemment, il se défend : « C'est que j'aime à me rendre compte, tu sais bien. » Emma n'arrive pas à lui faire voir que, exactement comme lorsqu'on assiste à un opéra, la passion amoureuse dans la vraie vie ne peut s'expliquer : soit on la comprend dans ses tripes, soit on en est exclu à jamais. En telles manières, c'est principalement Monsieur Bovary qui n'est pas dans le coup.

La tragique histoire de Lucia et la musique de Donizetti rappellent à Emma le jour de son mariage. Comparée à la passion extatique vécue sur scène par les acteurs, la joie de ces heures lointaines lui fait l'effet d'un « mensonge imaginé par le désespoir de tout désir ». Voilà une curieuse observation : Emma conçoit la création artistique comme provenant, non de nos désirs, mais de notre manque de désir. Que nous dit-elle de Flaubert lui-même, qui a passé sa vie à satisfaire (ou tenter de satisfaire) ses fantasmes érotiques ? S'il avait la conviction qu'il prête à Emma, que devrions-nous croire, nous, ses lecteurs ? Ses désirs personnels, ou son art ? Après tout, « Madame Bovary, c'est moi ! » est la phrase la plus connue de Flaubert.

Les époux littéraires n'ont pas tous tendance à s'effacer. Andromaque, Clytemnestre, Lady Macbeth ont leurs rôles à jouer, aussi vigoureux et mémorables que ceux de leurs partenaires conjugaux. Il est vrai qu'Acerbe (mari de Didon), dona Ximena (épouse du Cid), Alexi Alexandrovich Karenine (mari d'Anna) sont quelque peu plus vagues, mais rares, à mon avis, ceux qui ont l'effet simultanément discret et nécessaire de Charles Bovary.

Passion, talent imaginatif, originalité, charme ― de tout cela, Monsieur Bovary peut-être dépourvu, mais pas d'amour. Monsieur Bovary aime sa femme. Après sa mort, il s'efforce de ne pas l'oublier et cependant, jour après jour, son image aimée semble disparaître peu à peu et le pauvre Monsieur Bovary en reste inconsolable. C'est dans ses rêves seulement qu'il parvient à la faire revenir telle qu'elle était : chaque nuit, il la voit, et il va vers elle mais, lorsqu'il tente de l'embrasser, Emma se désintègre en une masse de chair pourrissante.

Après la mort d'Emma, comme en exemple d'impartialité littéraire, Monsieur Bovary meurt assis sur le même banc de son jardin sur lequel Emma avait mené son aventure amoureuse. Avant de mourir, il pardonne à l'amant de sa femme, l'assure qu'il ne lui veut pas de mal et déclare à haute voix : « C'est la faute de la fatalité ! » Ce sont ses derniers mots. Malicieusement, comme une sorte d'insulte posthume, Flaubert prête au pauvre homme un cliché dont se seraient régalés ses futurs clowns, Bouvard et Pécuchet.

Mais il y a là un paradoxe. Cette littérature romanesque et triviale que Flaubert méprisait si manifestement, dont Emma se fait de tels délices et qui, sans nul doute, contribue à son malheur, offre à Monsieur Bovary une épitaphe appropriée. Les mots sur la tombe d'Emma sont « Amabilem conjugem calcas ! », « Vous marchez sur une épouse aimée ! » ― ce qui n'est ni sentimental ni comique, simplement grotesque. Et cependant, affirmer que le destin est, au bout du compte, responsable du genre de vie, tragique ou heureux, que nous avons mené, même si c'est indiscutablement un cliché, n'en est pas moins une vérité : immuable, littéraire, et ― pourquoi pas ne pas le dire ― courageuse.

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Sans doute l'un des principaux charmes de ces monstres fabuleux tient-il à leurs identités multiples et changeantes. Enracinés dans leur histoire personnelle, les personnages de fiction ne peuvent être encagés entre les couvertures de leur livre, si bref ou si vaste qu'en puisse être l'espace. [...]

À la différence de leurs lecteurs, qui vieillessent et jamais ne redeviendront jeunes, les personnages de fiction sont, en même temps, ceux qu'ils étaient quand nous avons lu leurs histoires pour la première fois, et ceux qu' ils sont devenus au fil de nos lectures successives.

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La biologie nous dit que nous descendons de créatures de chair et de sang mais nous avons la conscience intime d'être les fils et les filles de fantômes d'encre et de papier.

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Peut-être pourrait-on définir les pays grâce aux personnages les plus aimés de leurs livres d’enfant. On verrait l'Angleterre comme Alice, sans cesse confrontée à des règles sociales et à des préjugés absurdes, l'Italie comme un Pinocchio rebelle et joyeux, qui veut devenir un "vrai garçon", la Suisse comme Heidi la petite fille bien sage, le Canada comme Anne, la survivaliste intelligente et concernée des Pignons verts. Peut-être les Etats-Unis se verraient-ils reflétés par Dorothée, une héroïne qui finira par découvrir que la cité d'Emeraude doit sa merveilleuse couleur aux lunettes teintées de vert que ses citoyens sont obligés de porter, et que la magicien qui la gouverne n'est qu'un imposteur dont le succès réside dans le fait qu'il donne aux gens se qu'ils croient vouloir sous le coup de brèves crises émotionnelles.

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L'expérience du monde - l'amour, la mort, l'amitié, la perte, la gratitude, la confusion, l'angoisse, la peur -, toutes ces choses et ayssi ma propre identité changeante, je les ai apprises des personnages imaginaires rencontrés au fil de mes lectures, bien plus que de mon visage indistinct dans le miroir ou de mon reflet dans les yeux d'autrui.

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Vidéo de Alberto Manguel
Leçon inaugurale d'Alberto Manguel prononcée le 30 septembre 2021. Alberto Manguel est professeur invité sur la chaire annuelle "L'invention de l'Europe par les langues et les cultures" (2021-2022), chaire créée en partenariat avec le ministère de la Culture (Délégation générale à la langue française et aux langues de France).
Accéder à ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/alberto-manguel/
Au commencement, il y a le mythe. Zeus s'éprit d'Europa, la fille du roi africain Agénor, et, métamorphosé en taureau, l'emporta en Crète où elle lui donna deux fils. Agénor envoya les deux frères d'Europa à sa poursuite, leur interdisant de réapparaître chez lui sans l'avoir retrouvée. Ils ne revinrent jamais. le mythe est, au sens essentiel, un déplacement, une métaphore, une traduction, une « parole » (Barthes) qui signifie : « emporté d'un lieu à un autre ».
Les mythes sont transformés, altérés, renouvelés pour correspondre aux besoins d'un temps et d'un lieu. Mais ils restent eux-mêmes pour l'essentiel, car ils ne sont pas créés en tant que fabrications de l'imagination humaine, mais (sans vouloir tomber dans un universalisme facile) comme des manifestations concrètes de certaines intuitions primordiales. Au Moyen Âge, Lactantius proposa de banaliser le mythe grec en prétendant que le taureau était simplement le nom d'un bateau. Mais le mythe perdura et en fit lever d'autres dérivés de l'histoire initiale : mythes de souveraineté (Europa, une princesse), de féminité (la bien-aimée de Zeus), de prééminence culturelle (ses frères envoyés à sa recherche) et aussi, plus mystérieusement, d'immigration et d'établissement (Europa, une résidente étrangère). le contenu de ces mythes constitue peut-être la pierre de touche qui prête aux peuples de l'Europe une identité commune intuitive.
Toute définition (celle du mythe, par exemple) nécessite tant une limitation qu'une invention. Une limitation de ce que nous croyons que l'objet de la définition n'est pas, et une invention de ce que nous imaginons susceptible de constituer quelque chose que nous connaissons déjà, puisque nous ne pouvons définir ce que nous n'avons pas encore imaginé. le mythe d'Europa reflète cette double nécessité.
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