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Alexandra Carrasco (Traducteur)
ISBN : 274278506X
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Qu’en est-il de la vérité dans un monde si communément régi par le mensonge ? Telle est la question sur laquelle achoppe l’enquête d’un journaliste français qui s’évertue à éclaircir l’énigme d’une mort inexpliquée : celle du génial écrivain sud-américain Alejandro Bevilacqua, retrouvé gisant au bas de son balcon, à Madrid, au milieu des années 1970. Les quelques témoignages de ceux qui connurent le défunt sont en effet aussi divergents que sujets à caution. Faut-il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Apoapo
  06 février 2016
Mon preux "Albertus Magnus" quitte cette fois la lecture et les bibliothèques et s'essaye au genre pseudo-polar. Comme Orhan Pamuk dans Mon Nom est Rouge, il utilise des voix contradictoires de personnages divers aux styles hétérogènes, y compris celle d'un certain Alberto Manguel et celle d'un mort, qui apportent tour à tour leur témoignage sur un écrivain argentin décédé en exil à Madrid dans les années 70, juste après la parution de son Eloge du mensonge, auquel un avenir de best-seller est promis.
La trame s'installe donc progressivement et par hypothèses, les personnages se révèlent par eux-mêmes; le cadre historique, important et inconnu de moi jusque là, est celui d'un Madrid lieu d'asile de réfugiés d'un régime militaire argentin, écrivains et intellectuels véritables ou apocryphes.
Car le fil rouge du roman, comme l'indique le roman dans le roman, c'est le mensonge, cet universel qui unit tous les personnages et qui les caractérise ontologiquement de façon singulière pour chacun d'entre eux : il est impressionnant que le mensonge puisse être fondateur d'un caractère (d'un personnage de fiction) de manières tellement différentes, que la duplicité puisse créer autant de personnalités par des procédés et des façons différents.
Le suspens semble se distendre vers le dernier quart du roman, pourtant une prouesse qui requiert un peu d'attention au lecteur aussi, un rebondissement ultime jette le rayon de lumière définitif qui résout non une mais deux morts violentes...
[ps: J'hésite cependant et renonce in extremis à insérer cet ouvrage dans la catégorie des policiers : trop atypique.]
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ay_guadalquivir
  09 septembre 2010
Alberto Manguel a écrit tant d'essais brillants sur les livres qu'on en douterait presque a priori de ses talents de romancier. Comme les critiques qui rarement sont de grands écrivains, Manguel romancier serait-il à la hauteur ? Tous les hommes sont menteurs se révèle finalement un objet de lecture étrange, incontestablement roman, mais dont il apparaît (assez vite ou de façon explicite en conclusion) qu'il s'y livre à un écriture quasi théorique sur le pouvoir de la littérature. Les narrations multiformes décrivent successivement les différentes facettes du personnage central, Alejandro Bevilacqua. le récit est haletant, l'intrigue bien tournée. Mais le plus intéressant est bien dans ce projet général de confrontation du lecture à la question de la vérité en littératture. Oui, les hommes sont bien tous des menteurs quand ils écrivent, car autant de récits et de description ne pourront jamais donner une vision de l'entière vérité. Tantôt génie, écrivain raté, amant, traître, brillant ou invisible, Alejandro Bevilacqua oscille entre les vérités partielles de chacun des narrateurs. Mais qui est donc finalement ce Bevilacqua?
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michelekastner
  30 juillet 2012
Un journaliste enquête sur la mort tragique et mystérieuse d'un écrivain argentin à Madrid : Alejandro Bevilacqua. Il recueille les témoignages de ceux qui l'ont connu, chacun va livrer des facettes différentes et contradictoires du personnage. Mais tous délivrent des parts de vérité et d'élucubrations fantaisistes de cet être tourmenté et marqué par les années de détention et de tortures dans les geôles de la dictature argentine qu'il s'évertue à oublier. L'auteur, critique littéraire, délivre un fascinant kaléidoscope des multiples visages que peut renvoyer un homme, selon le point de vue, et dont on ne cernera jamais la véritable version que Bevilacqua lui-même ignorait certainement. L'auteur se met en scène en rajoutant une dimension intéressante et amusante au jeu de l'interview dans une écriture très maîtrisée.
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topocl
  23 septembre 2015
Alberto Manguel propose un petit jeu de type « chacun sa vérité », avec thème et variation sur l'identité et les mystères de l'écriture fictionnelle. La trame réunit des réfugiés de la dictature argentine dans l'Espagne franquiste. Cela aurait pu être brillantissime, mais le résultat n'est sans doute pas à la hauteur de l'ambition : c'est simplement plutôt malin et assez distrayant. le personnage central, un écrivain à succès présenté a posteriori par quatre personnes de son entourage n'arrive pas, de révélation en révélation, à trouver une vraie cohérence. Cela donne un ensemble agréable à lire, mais qui ne laissera pas une trace profonde dans ma mémoire.
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henrihuitre
  09 août 2014
Le journaliste demande de raconter la vie d'Alexandro BEVILACQUA. le narrateur ne démontre aucun intérêt pour cette histoire et contamine le lecteur.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   23 juin 2010
"J'ignore si vous savez ce que signifie tomber amoureux. Entrer dans un état second, dans une cosmographie qui englobe tout. Je ne parle pas de l'illusion de l'amour, cette chose dont on croit qu'elle nous arrivera un jour ou qu'elle est en train de nous arriver malgré nous. Ni de la conviction d'une attraction extérieure, de la justification rationnelle d'un ravissement. Mais d'un état de captivité absolue, esprit et poings liés, d'un état d'abandon inconditionnel, irrévocable. Qaund on se dit tout à coup : Je ne m'appartiens plus, je suis entièrement sien, je vis parce qu'elle vit et ne vit que pour elle. Je compare l'amour à une traduction. Tout moi dans une autre langue, lu à présent à travers sa langue à elle que je dois apprendre dorénavant comme un jour j'ai appris mon alphabet."
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michelekastnermichelekastner   30 juillet 2012
Nous le savons bien, Terradillos. Ecrire est une manière de garder le silence, de ne pas parler, d'empêcher les mots de prendre leur envol, comme disait Vallejo, de les enraciner dans la page. Ecrire est une manière de proférer une menace sans la formuler à voix haute, en s'arrangeant pour que l'ombre des lettres nous tourmente ente les lignes. Je suis trop amatrice de littérature latino-américaine pour ne pas être habituée à l'aphonie, à la réticence, au silence. Me permets-tu un apparté de lectrice ? Depuis le début, sous couvert de décrire de grands espaces et de relater de grandes épopées, les chroniqueurs d'Amérique du Sud n'ont fait que suggérer certaines clés, laisser des traces. ils bâtissent d'énormes drames, c'est vrai, un gros roman après l'autre, mais au bout du compte l'argument principal se résume à quelques mots enfouis sous le fatras d'un paragraphe impétueux que nous lisons à peine, distraits par tant de pages. Ceux-ci sont parfois dissimulés dans un dialogue, dans une note, parfois même dans le titre. Le reste serait de trop s'il ne servait à cacher l'impérissable. Comme le pensent les érudits anglo-saxons, c'est sans doute une littérature de la violence, mais moins politique que métaphysique, moins charnelle qu'intellectuelle. Il ne s'agit pas tant de la violence évidente de l'autre, délibérée, insidieuse. La brutalité derrière le coup, l'offense sous l'insulte, le masque sous un autre masque, celui que tous reconnaissent. Crois-moi, le mensonge : voilà le grand thème des lettres, là-bas.
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michelekastnermichelekastner   30 juillet 2012
Je ne veux pas vous décrire ces horreurs, et ce n'est pas faute d'être au courant. Bevalicqua m'a tout raconté, du moins ce qui pouvait l'être, en somme pas grand chose. Sous la surface de ce que nous sommes capables de mettre en mots gît la masse obscure et profondément enfouie de l'indicible, un océan privé de lumière où nagent des créatures aveugles et inconcevables. Même ça, je l'ai entraperçu lors de nos rencontres répétées, d'un bout à l'autre de sa désolante chronique. Car Bevalicqua m'a déroulé sa vie en sautant des chapitres, en commençant par la conclusion et en revenant au prologue. Il a débuté son récit au paradis, l'a poursuivi en enfer pour le terminer au purgatoire. Et, dans ce purgatoire, ce n'est ni Andrea, ni Quita, ni aucun de ceux qui ont ensuite juré de lui être fidèles, mais moi, qui fus son Virgile
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michelekastnermichelekastner   30 juillet 2012
C'était l'homme le plus triste que j'aie jamais vu. Les trois ou quatre autres nouveaux débarqués qui l'accompagnaient me regardèrent comme des chiens dans une fourrière, mais, par comparaison, ils semblaient simplement fatigués. La mélancolie qui affecte la plupart des Portègnes était patente chez Bevalicqua, des pieds à la tête. Il souffrait, c'était évident, mais d'une manière si viscérale et profonde qu'il ne pouvait le dissimuler : sa peau s'en voyait ternie, ses épaules voûtées, ses traits tirés, et tout son être flétri à tel point qu'il était difficile de lui donner un âge. Si on essayait de le toucher, il se recroquevillait. Au prix de je ne sais quelles manoeuvres diplomatiques, on l'avait sorti de prison à peine deux jours plus tôt et poussé dans un avion avec un petit sac pour tout bagage.
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michelekastnermichelekastner   30 juillet 2012
Je vous disais, cher Terradillos, que la mort d'un proche paraît toujours invraisemblable. certes, mais elle est également concrète, tangible. Les morts qui surviennent là-bas, dans le vaste monde, les centaines de milliers de morts qui nous submergent chaque jour sont irréelles dans leur anonymat. Celle d'un ami nous arrache quelque chose de nous-mêmes, quelque chose à quoi nous appartenons. Je crois l'avoir clairement formulé : je n'aimais guère Bevalicqua. Pourtant, le fait qu'il soit mort là, chez moi, sous mon nez momentanément absent, me faisait souffrir à la manière d'une dent arrachée, d'un doigt coupé. Ma petite routine se voyait privée de cet élément un peu stupide, un peu ennuyeux et agaçant, certes, mais récurrent : l'ombre longiline et grisâtre du plaintig Alejandro Bevalicqua.
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Videos de Alberto Manguel (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Manguel
Exploration virtuelle de 10 des bibliothèques les plus fascinantes au monde, l?exposition La bibliothèque, la nuit est inspirée de l?ouvrage éponyme d?Alberto Manguel, coconcepteur du projet.
Dans son livre, l?écrivain canadien d?origine argentine aborde les dimensions philosophiques, logiques, architecturales ou sociales qui sous-tendent l?existence de toute bibliothèque.
Conçue en partenariat avec la compagnie de création Ex Machina et son metteur en scène, l?artiste multidisciplinaire Robert Lepage, l?exposition La bibliothèque, la nuit propose un fabuleux voyage dans le temps et de par le monde, et fait vivre une aventure immersive et sensorielle faisant appel à l?intelligence et à la mémoire.
La bibliothèque, la nuit trouve sa genèse dans une idée développée à BAnQ. Ce projet hors du commun constitue un des faits saillants des célébrations entourant le 10e anniversaire de la Grande Bibliothèque. Il contribue au rayonnement de ce lieu de beauté, de culture et de savoir qui fait la fierté de tous les citoyens du Québec.
À la Grande Bibliothèque jusqu'au 28 août 2016
Réservations à banq.qc.ca
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