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Rémi Cassaigne (Traducteur)
EAN : 9782020865647
400 pages
Seuil (22/01/2009)
3.33/5   425 notes
Résumé :
Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik ?
Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l'énergie du désespoir et une obstination d'archéologue, elle va tenter de reconstituer fragment par fragment les dernières années d'une vie brutalement interrompue.
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
3,33

sur 425 notes

Roggy
  12 janvier 2021
La pluie d'étoiles qui tombe d'ordinaire pour Mankell ne sera pas de sortie cette fois-ci.
Un roman en demi-teinte, mi-figue mi-raisin, que j'aurai certainement abandonné s'il ne s'était agit d'un Mankell.
Le rythme ne parvient jamais à s'installer véritablement oscillant entre quelques répétitions, du sur place dans un huis clos à l'air vicié de manque d'épaisseur.
Quelques petites accélérations nous font espérer un tournant où finalement on pourrait se laisser embarquer, mais seulement pour mieux retomber dans une histoire sans profondeur avec des personnages dépourvus de charisme.
On ressent l'envie de l'auteur de se fondre dans le réel afin d'aller explorer les caniveaux et les fosses d'aisance de la société et dénoncer des rapports de pouvoir qui gangrènent l'Afrique, mais cette fois-ci cela ne prend pas…
Fausses pistes, suspense et frustration…
C'est également dommage que le sujet qui a inspiré le titre soit à peine ébauché, pas approfondi et surtout pas vraiment mis en parallèle avec l'intrigue.
Nous avions été habitués à du beaucoup mieux dans le règne Mankellien !!!
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Sachenka
  24 mai 2016
J'ai moyennement aimé. Je dois admettre que je suis un fan inconditionnel des enquêtes de Wallander alors je suis toujours un peu déçu quand Mankell met de côté son personnage fétiche. Dans certains cas, ce fut très concluant, dans d'autres, moins. le cerveau Kennedy me laisse mitigé. D'abord, son héroïne est assez atypée (une femme dans la cinquantaine). Ensuite, il y a enquête, oui, mais pas policière. Il s'agit davantage d'un mystère à élucider. Et ce titre, plutôt énigmatique, approprié mais en même temps, pas beaucoup.
Louise Cantor découvre le cadavre de son fils de vingt-cinq ans, apparemment mort suicidé dans son lit. Mais elle ne croit pas à cette hypothèse et commence à creuser dans le passé d'Henryk, un passé dont elle ne soupçonnait pas l'étendu et le mystère. de Stockholm à l'Australie (où vit reclus depuis longtemps Aron, son ex-mari) à Barcelone puis enfin le Mozambique. Partout, cette présence qui rôde, entoure, fait peur. À plusieurs endroits dans le roman, je me suis surpris à ressentir de l'anxiété, à anticiper la suite avec appréhension. le suspense fonctionnait à merveille.
Louise Cantor est une archéologue de métier. Son travail consiste à fouiller à la recherche d'indices du passé mais, habituellement, il s'agit de traces qui ne la concernent pas directement. Dans ce cas-ci, elle est émotivement affectée. Ses découvertes la trouble profondément. D'autant plus qu'elle a une histoire trouble (la mort de sa mère, alors qu'elle était toute petite). Mankell s'est trouvé une protagoniste peu conventionnelle et c'est tout à son honneur : peu d'auteurs ont l'audace (ou simplement l'idée) de mettre vedette une quinquagénaire.
Louise Cantor est peut-être une femme de tête, n'empêche qu'elle n'est pas dans on élément. Elle s'est sans doute lancée dans une aventure qui la dépassait. Déjà, après la disparition d'Aron, elle commence à avoir peur. Mais elle ne lâche pas prise. Quand elle se retrouve seule au Mozambique et que ses contacts meurent ou agissent de façon étrange (pour ne pas dire menaçante), elle fléchit un peu. Mais son désir d'aller jusqu'au l'emporte. Elle est seule et fragile mais en même temps courageuse, déterminée.
Louise Cantor est tout ça, certes. Mais la détermination n'est pas toujours suffisante. En tous cas, pas dans le cas du Cerveau Kennedy. Même si la fin de ce roman est tout à fait appropriée, elle ne m'a pas vraiment plu. Il restait beaucoup de mystère que j'aurais aimé voir éclaircis mais je suppose que c'est aussi ça, la vie : des questions qui restent sans réponses. du Mankell, quoi ! Il a l'habitude de nous faire réfléchir sur un tas de sujets et il réussit encore. Ombres du passé, SIDA, préoccupations sociales, Afrique noire, etc. Tout y passe.
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carre
  07 décembre 2013
Un Mankell avec seulement trois étoiles ! Et oui comme quoi tout peut arriver. Pourtant « Le cerveau de Kennedy » avait de sacrés arguments en sa faveur : le sida, une Afrique qui crève à petits feux sous le regard indifférent des occidentaux, tandis la machine à faire du fric se gave grassement, la quête, l'enquête que Louise Cantor mène pour comprendre la mort de son fils Henrik et qui l'emmène sur des rivages d'une effroyable vérité.
La colère de Mankell est sincère, nécessaire même. Son intérêt pour ce continent louable. Pourtant le roman ne m'a jamais emporté comme je le pensait. La faute peut-être au personnage même de Louise Cantor qui m'a rarement ému. Trop de questions aussi qui me paraissent sans réponses. Pas inintéressant mais sur mode alternatif.
Alors pourquoi trois étoiles, me direz-vous ? Et bien parce que c'est Mankell, pardi !
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Crossroads
  11 mars 2012
- Bonjour Dr Knock ! Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment mais j'éprouve l'irrépréssible besoin de lire du sombre , du glauque , du cafardeux tout en voyageant à moindre cout...C'est grave Docteur , hein , dis ?
- Cherchez pas mon p'tit Monsieur - ça fera 30 euros - , cas ultra classique de Mankellite aigue - ça fera 35 euros- , le plus simple est d'y succomber ! Ah oui , je ne vous l'ai pas dit , ça fera 40 euros , en vous remerciant...
Tout d'abord , l'énorme coup de gueule : COUP DE GUEULE ! Marre de ces quatrieme de couv' qui vous gachent le plaisir en vous balançant tranquillement les trois quart de la moitié de l'intrigue au carré ! A boycotter !
Le Cerveau de Kennedy divise , à juste titre . Un theme fort au méchant gout d'inachevé .
Louise Cantor , quinquagénaire , suspend ses fouilles archéologiques dans le Péloponese pour rejoindre son p'tit poussin de 24 ans , Henrik , à Stockolm . Hum , hum , si l'on remplace le n de Cantor par un s , on obtient Castor ! Hasard , coincidence , je ne crois pas non ! Quel rapport me direz-vous ? Aucun ! On a le droit d'aimer les animals quand meme ! Aie , pas la tete....
La compagnie aerienne Mortu Air assure comme d'hab' . le retour en Suede est prometteur , n'était ce leger petit tracas de retrouver son unique enfant mort dans son appartement ! Suicide d'apres les experts ELLEAYPIDI , AMI-AMI , VERPEPERS...assassinat selon Louise ! Ni une ni deux , le temps de verser trois larmichettes et d'écluser autant de remontants et la voila lancée sur les traces de son défunt fils histoire de la conforter dans ses macabres supputations !
Mankell doit etre un fan absolu de Desireless et de son mythique ( et seul recensé à ce jour ) tube : voyaaaage , voyaaaage . Grece , Suede , Australie , Espagne et Afrique ! Autant de pays survolés en avion que descriptivement parlant . Etonnant de la part d'un gars habituellement capable de vous faire chopper un rhume carabiné à la seule lecture de ses magistrales évocations hivernales . Des paysages faisant généralement partie intégrante du récit et qui se retrouvent , une fois n'est pas coutume , relégués au second plan à défaut d'etre caricaturaux au possible quand ce n'est pas totalement inexistants . Dommage .
Là , on se dit que Mankell a mis le paquet sur la psychologie des personnages . Si , si , j'y crois encooooore ( Lara Fabian ! Aaaah , tu m'as fait rever Lara , rever de strangulation , allez savoir pourquoi...) ! Ouin , ouin , ouin , ouin...Bis répétita , Mankell nous offre quelques rares personnages se partageant le triste privilege d'etre soit lache , soit passif , soit transparent quand ce n'est pas les trois à la fois ! Aron , ex-mari solitaire , fantomatique et itinérant ne parvient pas à susciter le moindre interet . Henrik , fiston suicidé de 12 balles dans le corps ( nan , je l'ai pas dit ) apparait comme totalement étranger à sa mere pourtant supposée proche . Que chacun ait ses petits secrets , rien de plus normal . Mais de là à vouloir maladivement cacher sa véritable nature aux yeux de ses proches , abracra , abracardra , excessivement extravagant ! Aucune empathie ressentie à la découverte de ce jeune homme pourtant en quete d'un monde meilleur .
Et Louise alors ? Intrépide , courageuse et fonceuse ? Ben non...Louise se laisse porter par les flots au gré des multiples révélations glanées ici ou là dans un bouquin sponsorisé par le guide du routard . Une mere avide d'authenticité et de vengeance qui semble avoir fait de la fatalité son maitre mot ! J'exagere , il lui est arrivé d'influencer le récit mais jamais à moins de 5 grammes . En effet , une nouvelle passion a mettre au crédit de cette mere dévastée : l'alcool à profusion , seul remontant capable de la faire réagir plutot que subir . Vous avez dit caricatural ?
Mais que vient foutre ce Kennedy dans l'histoire ? Il semblerait que son cerveau , enfin ce qu'il en restait , ait disparu des archives Américaines afin qu'il ne révele de compromettantes vérités . Il s'agit donc d'une métaphore portant sur ce que l'on cache au public afin de le laisser dans l'ignorance la plus totale .
Le sujet promettait un roman autrement plus enlevé . le sida , fléau gangrénant un continent deja exsangue , et les enjeux pharmaceutiques qu'il génere méritaient une histoire beaucoup plus construite et cohérente . La trame suscite un engouement plutot relatif . Les personnages la desservent dans leur grande majorité . L'on feuillette un véritable catalogue de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus sombre . Menteur , violent , manipulateur , opportuniste , pervers...l'homme dans toute sa splendeur . N'en jetez plus , la coupe est pleine...
Alors pourquoi mettre trois étoiles ? Primo , je fais ce que je veux ;) Deuxiemo , si l'enthousiasme généré par un tel auteur s'avere modéré , le Cerveau de Kennedy n'est pas un mauvais roman . Il se lit facilement mais laisse un prégnant gout d'amertume au regard du talent habituel de l'auteur...qui n'est jamais aussi bon , dans le polar , qu'assisté de son fidele et attachant Wallander !
Le Cerveau de Kennedy ne mettra pas , hélas , le votre en ébullition...
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zabeth55
  10 février 2022
Louise Cantor, archéologue, quitte son chantier en Grèce pour rejoindre son fils en Suède.
Or en arrivant à l'appartement de celui-ci, elle le trouve mort dans son lit.
Suicide dira la police.
Mais Louise est convaincue que son fils a été tué.
Elle se lance alors sur les traces de ses dernières années pour tenter de comprendre.
Cela la mènera en Australie, à Barcelone, au Mozambique.
Morceau par morceau, comme dans ses recherches archéologiques, elle veut tout reconstituer de la vie de son fils et du pourquoi de sa disparition.
Ce n'est pas un policier, c'est l'investigation d'une mère désespérée.
C'est surtout pour l'auteur l'occasion d'exprimer sa révolte et sa colère sur ce qui se passe, ou s'est passé en Afrique.
Car Louise finira par découvrir ce qu'avait découvert son fils, un trafic de la population africaine où le sida sévit.
Pour les blancs haut-placés qui travaillent en Afrique, l'exploitation des habitants est un business des plus lucratifs.
Les bénéfices exorbitants des laboratoires pharmaceutiques en est un entre autres.
C'est étrange d'avoir lu ce livre en cette période de « pandémie »
Ça interpelle.
Fait amusant, un des médecins s'appelle le docteur Raut.
Je pense que ce livre a été très important pour Henning Mankell.
Je l'ai lu avec intérêt et plaisir, le talent d''écriture est bien présent.
On sent la patte de l'écrivain de polars, le suspens est là aussi.
Quelques questions sont pourtant restées sans réponses et on ne sait pas vraiment comment est mort Henrich.
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   25 avril 2016
- [...] Je ne pense pas qu'on puisse tirer son origine de l'avenir. On ne peut aller au-devant de l'inconnu sans savoir à chaque instant ce qu'il y avait avant.
- C'est justement pour cette raison que j'ai été archéologue toute ma vie. Sans les fragments et les murmures du passé, il n'y a pas de présent, pas d'avenir, rien. Peut-être qu'au fond nous avons plus de points communs que vous ne pensez.
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Nastie92Nastie92   04 octobre 2013
Que savait-elle, au fond, du continent noir ? Quelle place l'Afrique occupait-elle dans sa conscience ? Pendant ses études à Uppsala, la lutte contre l'Apartheid en Afrique du Sud avait mobilisé un important mouvement de solidarité. Elle avait participé à quelques manifestations, mais sans s'engager vraiment. Nelson Mandela était pour elle un personnage mystérieux aux pouvoirs quasiment surhumains, comme les philosophes grecs de ses manuels. Au fond, l'Afrique n'existait pas. C'était un continent d'images floues, souvent insoutenables. Des morts, des corps gonflés, un continent croulant sous des monceaux de cadavres. Des mouches couvrant les yeux d'enfants affamés, des femmes apathiques aux poitrines taries. Elle se souvenait des images d'Idi Amin Dada et de son fils, habillés comme des soldats de plomb dans leurs uniformes grotesques. Elle avait toujours cru voir de la haine dans le regard des Africains. Mais n'était-ce pas plutôt sa propre peur qu'elle découvrait dans ces sombres miroirs ?
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fanfan50fanfan50   14 novembre 2016
Il l'avait réveillée très tôt, et, sans lui permettre de protester, lui avait dit de s'habiller pour sortir en forêt. Ils avaient traversé le fleuve en silence et avaient roulé vers le nord, en suivant la route des montagnes. Le sol crissait sous les pneus dans la forêt immobile. Il s'était arrêté sur le chemin forestier et avait passé le bras autour de son épaule. Des sentiers à peine visibles serpentaient à travers les arbres. Il en choisit un et ils avancèrent dans le grand silence, jusqu'à une zone où des pins poussaient sur un sol inégal. C'était sa galerie. Ses sculptures les entouraient. Sur les troncs apparaissaient des visages, des corps qui tentaient de se libérer du bois dur. Sur certains arbres plusieurs corps s'entremêlaient, sur d'autres il n'y avait qu'un petit visage, quelques mètres au-dessus du sol. Il sculptait ses oeuvres soit à genoux, soit juché sur des échelles sommaires qu'il assemblait lui-même. Quelques sculptures étaient très anciennes. Taillées voilà plus de quarante ans, quand il était jeune. La croissance des arbres avait brisé les images, transformé les corps et les visages, de la même façon que les hommes changent avec l'âge. Certains arbres s'étaient fendus, des têtes avaient éclaté, comme écrasées ou décapitées. Parfois, la nuit, des gens venaient couper et emporter certaines de ses oeuvres. Une nuit même, tout avait disparu. Mais peu lui importait, il possédait vingt hectares de forêt, et en avait suffisamment pour remplir plusieurs vies. Personne ne parviendrait à voler tout ce qu'il sculptait pour lui-même et ses visiteurs.
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AifelleAifelle   05 novembre 2015
Il était mort à présent. Et elle aussi était morte. Elle pleurait par vagues, par bourrasques de pluie qui se déversaient puis se retiraient très vite. Le temps n'avait plus aucune signification. Elle ne savait pas depuis quand elle attendait. Juste avant l'arrivée d'Artur, elle pensa que jamais Henrik ne lui aurait infligé volontairement la pire des souffrances, quelles qu'aient été ses difficultés : jamais il n'aurait lui même attenté à sa vie, elle en était la garantie
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SachenkaSachenka   03 mai 2016
- Le cynisme est une défense de façade. Un filtre qui rend la réalité un peu plus douce. Sans cela, ce serait facile de perdre pied et de tout laisser tomber.
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Rafale de propositions de lectures estivales. Des séries déjà classiques et d'autres très récentes. En particulier celle du norvégien Jørn Lier Horst, nouvelle gâchette du polar scandinave, héritier d'Henning Mankell. le dernier épisode des enquêtes de son héros, William Wisting, inspecteur au commissariat de Larvik, au sud d'Oslo, a le charme entêtant des suspenses à infusion lente. "Le disparu de Larvik" de Jørn Lier Horst, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, "Série noire", Gallimard.
Une émission animée par Michel Abescat et Christine Ferniot. Réalisation : Pierrick Allain
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