AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782757875650
192 pages
Éditeur : Points (17/10/2019)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 58 notes)
Résumé :
1911. Oskar Johansson a 23 ans. Dynamiteur, il participe au percement d’un tunnel ferroviaire et manipule des explosifs pour fragmenter la roche. Mutilé à la suite d'un grave accident du travail, il reprendra pourtant son ancien métier, se mariera, aura trois enfants, adhérera aux idéaux socialistes puis communistes. Au soir de sa vie, il partagera son temps entre la ville et un cabanon de fortune sur une île aux confins de l’archipel suédois.

Un myst... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  05 janvier 2019
Dans sa préface rédigée au Mozambique en novembre 1997, Henning Mankell indique avoir débuté l'écriture du Dynamiteur en 1972, au moment où les Américains perdent leur guerre d'agression sans issue au Vietnam. Il faut attendre septembre 2018, trois ans après sa mort, pour que Seuil propose la traduction française de ce premier roman édité par l'auteur.

Depuis ses 14 ans, Oskar est ouvrier dynamiteur. En 1911, alors âgé de 23 ans, il est victime d'un accident du travail qui l'ampute d'un oeil, d'une main, de doigts, d'une moitié de son pénis, liste des dégâts infligés non exhaustive. Qu'il survive à de telles lésions stupéfie les experts en explosifs et la communauté médicale et son cas est jugé « fondamentalement impossible à décrire dans sa totalité ». A l'issue d'une longue hospitalisation agrémentée d'indicibles souffrances, il reprend pourtant son travail jusqu'à sa retraite. Le narrateur est un homme, dont le lecteur ne sait rien de précis, qui rend visite chaque année à Oskar lorsque celui-ci s'installe durant la période estivale dans un ancien sauna sur une petite île. Il recueille ses rares paroles et tente de reconstituer ce qu'il n'a jamais dit.

Ce qui frappe dans ce roman, c'est son austérité et sa concision, la rigueur de sa construction. Chaque phrase ne contient que les mots nécessaires à sa compréhension, tout en restituant des émotions fortes et nuancées. A travers l'histoire d'Oskar, l'auteur dessine une rétrospective de l'histoire ouvrière au début du XXème siècle, de sa douloureuse émancipation, lorsque les partis de travailleurs ont grandi et fait tressaillir le système nerveux de la société.

Le dynamiteur est un beau roman triste, précurseur, qui parle d'Oskar Johansson, ouvrier lambda, mais aussi d'Henning Mankell, de son humanité, de ses convictions d'homme engagé, de sa conscience politique. Une lecture surprenante, atypique, qui ne peut qu'intéresser tous ceux qui aiment Kurt Wallander.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          684
moussk12
  17 janvier 2020
Henning Mankell est un poète de l'âme.
C'est l'histoire d'un homme simple, Oskar Johansson, en paix avec lui-même, pensant d'abord, espérant ensuite, que le monde dans lequel il vit l'est aussi.
Oskar, né en Suède en 1888, est dynamiteur et le restera toute sa vie malgré l'accident qui l'amputera d'un oeil et d'une main. Aux côtés d'Elvira, sa femme, il traversera la première moitié du 20ème siècle. Ils ne se parlent pas beaucoup mais un lien invisible, indéfectible unit ces deux personnes jusqu'à la mort. L'amour peut-être ? Oui, un amour modeste, comme eux, sans vague ni conflit. Pourtant, des conflits, Oskar les connaîtra. A travers la radio, les conflits du monde... la première guerre mondiale, puis la seconde. Il se demandera souvent pourquoi les hommes sont devenus fous.
Issus d'un milieu social défavorisé, Oskar et sa femme se trouvent tout au bas de l'échelle sociale. Leur travail, bien que dur et pénible, ne leur apporte que le strict minimum pour ne pas mourir de faim. C'est alors qu'il prête une oreille aux discours socialistes, qui font miroiter une vie meilleure en Suède, en ce début de siècle. Mais les années passent, les discours sont les mêmes et rien ne change. Faut-il tant de temps pour que les choses bougent ? Alors Oskar se tourne vers le communisme, les meetings et les actions étant plus directes. Qui sait ? Oskar s'interroge, cherche des réponses et continue son petit bonhomme de chemin, sans plus attendre rien de personne.
Oskar et Elvira auront trois enfants qui ne manqueront ni d'amour ni du nécessaire pour réussir dans leur vie, comme on dit. Malgré le fait que, pour la nouvelle génération, le matériel ne fait pas défaut contrairement à leurs parents, Oskar s'interrogera toujours sur le contrepoids de cette amélioration. L'entr'aide entre les gens n'existe plus, le peu qu'ils avaient étaient encore partagé avec l'ami, le voisin. Désormais, les gens sont seuls et ont peur. Peur de perdre ce qu'ils ont acquis et le chacun pour soi pointe le bout de son nez.
C'est l'histoire d'un homme simple, Oskar Johansson, qui toute sa vie se sentira un homme sans importance, parfois un homme important, puis comprendra que tout est réglé pour qu'il reste sans importance.
"Mais je n'ai pas perdu espoir. Je crois que toi, tu seras là pour voir toute cette société partir en fumée comme d'un seul coup de dynamite. Et alors tu leur diras bien le bonjour de ma part."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          339
Tostaky61
  07 juin 2020
Dans ce premier roman, édité en France 45 ans après sa parution (1973), Henning Mankell nous surprend.
Si son personnage est l'esquisse de ceux, Wallander et autres, qui suivront tout au long de sa prolifique production d'écrivain, discret, solitaire et si on y perçoit les prémices de l'oeuvre à suivre, il est bien différent.
Entrons dans la maison d'Oskar.
À la manière d'un inventaire, l'auteur va nous raconter sa vie, ses luttes, ses rencontres, des bouts de vie.
Imaginez.
1969. Oskar vient de mourir. Vous entrez dans sa maison.
Au mur une affiche. Dans les tiroirs, des souvenirs.
En 1911, Oskar à 23 ans, il creuse des tunnels. Pas à la pioche pour s'évader, non, à la dynamite, pour faire passer le train sous la montagne.
Un truc qui cloche, c'est l'accident.
Il se réveille à l'hôpital et constate les dégâts.
Pourtant, malgré ses morceaux de lui qui manquent, il retournera au travail et aura une vie presque normale.
Roman kaléidoscope dans lequel les narrateurs se succèdent, Oskar ou ceux qui le côtoient, mais aussi une mystérieuse voix off.
Mankell nous invite à fouiller la vie de son personnage, et quand on fouille, tout est mélangé, une vie en puzzle qu'on tente de reconstituer. On passe d'une année à l'autre dans le désordre, comme quand on retrouve une boîte de photos ou un paquet de lettres dans le grenier, on essaie d'identifier chacun, de les relier, de les replacer dans le contexte, de deviner leur rôle.
On retrouve même de vieilles publicités qu'on prend plaisir à feuilleter.
On prend garde à laisser la maison silencieuse par respect pour cet homme qui vient de la quitter et que nous avons découvert au fil des pages.
Un Henning Mankell inattendu qui demande une bonne concentration si on veut arriver à suivre...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Bazart
  01 décembre 2019
Henning Mankell , décédé le 5 octobre 2015 est un des maîtres incontestés du roman policier scandinave, mais il s'est également imposé en littérature.
Créateur du commissaire Wallander, on savait le romancier bourré de talent, avec ses derniers romans « Les chaussures italiennes » et « Les bottes suédoises » on avait dit qu'il il atteint le niveau de la très grande littérature mais on s'aperçoit qu'il l'avait en fait atteint dès ses débuts.
En effet, quand, en 1973, il publie "Le dynamiteur, "l'écrivain suédois n'a que 25 ans. Son premier roman est un Germinal à la suédoise" .Un roman resté inédit en français avant 2018 qui n'a pas pris une ride. Bien que située dans la première moitié du XXe siècle, son histoire est atemporelle ;on perçoit déjà les premisses des grandes thématiques qu'il approfondira qu'il explorera dans la suite de son oeuvre.
Un roman enthousiasmant. parfaitement traduit par Rémi Cassaigne
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
Commenter  J’apprécie          291
Peteplume
  05 décembre 2018
C'est bien fait; tellement bien fait qu'on arrive à se mettre dans la peau du dynamiteur Johansson, à vivre sa petite vie, à se contenter avec lui du peu qui lui est offert, à se sentir triste pour lui quand il perd son épouse aimée, à être résilient, fatigué avec lui quand l'âge se fait sentir. On croit au narrateur à ses côtés qui donne au livre un ton documentaire. Les idées sont pertinentes aussi et elles nous interpellent en même temps que le protagoniste. Tout est là pour nous donner un ton d'authenticité qui est la marque d'un grand écrivain. J'en sors cependant avec une déception, celle de n'avoir pas été enthousiasmée par toutes ces bonnes choses. Je crois que la faute en est au pessimisme sous-jacent qui a plombé ma lecture jusqu'à la dernière page; quelque chose de l'ordre du destin auquel non seulement Johansson mais l'humanité toute entière ne pourrait échapper…
Commenter  J’apprécie          150


critiques presse (1)
LeDevoir   26 novembre 2018
Lumineuse, touchante, l’écriture de Mankell nous fait sentir l’héroïsme ordinaire de cet homme du peuple qui est de ceux qui ont construit le « modèle social suédois ». La vie d’Oskar, à l’instar sans doute de celle de ses camarades, fut cependant à peine marquée par tout ce qui a changé le monde entre 1888 et 1969. Dure constatation.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   03 janvier 2019
Oskar croit à la révolution. [...] On peut changer les choses. Il faut évidemment les changer. La situation actuelle est mauvaise et injuste. Et l'inquiétude crée le besoin.
p. 101
Commenter  J’apprécie          260
leonceleonce   03 novembre 2018
PRÉFACE

Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la parution de ce livre, soit un quart de siècle.
..............................
Bien sûr, il s'est passé beaucoup de choses , en vingt-cinq ans. Certains murs
sont tombés, d'autres on été érigés. Un empire s'est écroulé , d'autres se sont affaiblis de l'intérieur, et de nouveaux centres de pouvoir se sont formés. Mais les déshérités et les exploités ont continué à s'appauvrir. Et la Suède est passée d'une tentative de construction d'une société décente à une entreprise de classe sociale.Une distinction de plus en plus claire entre personnes utiles et inutiles. Aujourd'hui, à l'extérieur des villes suédoises, il y a des ghettos. On n'en voyait pas il y a vingt-cinq ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
leonceleonce   03 novembre 2018
1962

Le réveil sonne fort, impitoyable. Il est trois heures et quart, un matin de mi-mai. La pièce est humide et glaciale, le poêle à mazout est éteint. La mer est bleu-noir, immobile. une lourde brume gris-blanc pèse sur une surface étale. La lumière grise déverse ses images dépouillées. Les branches des chênes pointent comme des ruines dans le grisaille.
Quand je marche sur le sentier qui longe la plage, le sable et le varech brun-gris craquent sous mes talons comme des coquilles d'oeufs. Un frémissement traverse la surface de l'eau . Des vagues se déploient et roulent sans bruit . Un bateau est passé, au loin. Un brochet se faufile en silence entre les rochers de l'autre côté de la crique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
moussk12moussk12   15 janvier 2020
Il faudrait écrire plus de livres comme ça. Les gens ont été réduits à murmurer pendant des siècles, mais ce sont quand même eux qui ont pris les coups et ont été battus. Il faudrait écrire davantage sur ce que les gens n'ont pu que murmurer.
Commenter  J’apprécie          100
moussk12moussk12   17 janvier 2020
Ils entendent les voisins du dessus se disputer, et Oskar finit par monter leur emprunter un peu de sucre, sachant qu'il leur fait plaisir à tous les deux en mettant un terme à leur querelle.
Commenter  J’apprécie          130

Videos de Henning Mankell (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henning Mankell
Avec son mari Per Wahllöö, Maj Sjöwall, qui vient de disparaître à l'âge de 84 ans, avait écrit une série policière aujourd'hui reconnue comme un classique du genre. Dix romans publiés entre 1965 et 1975, qui ont inspiré tous les grands auteurs scandinaves, Henning Mankell, Stieg Larsson, Jo Nesbø ou Arnaldur Indridasson. Ces romans, nous les avons relus. Et ça fonctionne toujours aussi bien !
Toute la série est disponible aux éditions Rivages/Noir. Disponible en version numérique.
UNE ÉMISSION ANIMÉE PAR Michel Abescat et Christine Ferniot RÉALISATION Pierrick Allain TÉLÉRAMA - MAI 2020
+ Lire la suite
autres livres classés : accident du travailVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Henning Mankell et Kurt Wallander

Deux hommes sont retrouvés morts sur un canot, exécutés d'une balle dans le cœur. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.

Meurtriers sans visage (1994)
Les Chiens de Riga (2003)
La Lionne blanche (2004)
L'Homme qui souriait (2005)
Le Guerrier solitaire (1999)
La Cinquième Femme (2000)
Les Morts de la Saint-Jean (2001)
La Muraille invisible (2002)
Avant le gel (2005)
L'Homme inquiet (2010)

10 questions
209 lecteurs ont répondu
Thème : Henning MankellCréer un quiz sur ce livre

.. ..