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EAN : 9791023500257
264 pages
Éditeur : Seuil (25/10/2013)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Joël vit seul avec son père bûcheron dans le nord de la Suède. Et, à 14 ans, sa vie lui paraît horriblement étriquée.
Alors, quand les premières neiges tombent, marquant le début de l'hiver, Joël prend trois résolutions pour pimenter son existence: s'endurcir afin de vivre jusqu'à 100 ans; gagner assez d'argent pour permettre à son père, ancien marin, de retourner vivre au bord de la mer; et voir une femme nue pour la première fois.
Mais Joël a beau av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Syl
  23 décembre 2018
1958,
Dans le nord de la Suède, Joël Gustafsson, un garçon de treize ans, vit avec son père Samuel, un bûcheron qui travaille dans les forêts de sapins. Ancien marin, il a tout quitté pour s'occuper de lui, le jour où sa femme les a laissés pour mener une vie moins modeste et plus exaltante dans une grande ville.
Joël et Samuel partagent le goût des rêves, des horizons lointains et du silence. Leur complicité se retrouve dans le quotidien, dans toutes les petites tâches ménagères qu'ils accomplissent chacun à tour de rôle, et dans les sollicitudes les plus anodines. L'évasion par le rêve, Joël s'y plonge depuis l'enfance, et depuis son accident où il a failli mourir écrasé par un bus, il croit aussi aux miracles.
A l'approche de la première neige, il pense que le temps passe très vite. Hier, il était un petit garçon et à présent, il se sent grandir et devenir un peu plus homme. Un hiver, un printemps, un été, et l'automne se fond rapidement dans l'hiver ; les couleurs changent et le givre devient neige. L'enchaînement des saisons se fait en accéléré et Joël prend conscience en voyant son père se voûter un peu plus chaque jour, que les années sur lui ne sont pas miséricordieuses. Un travail difficile, des peines et des regrets pèsent lourd sur l'esprit et le corps qu'il néglige.
Pour ne pas ressembler à son père, et pour pouvoir vivre longtemps jusqu'à cent ans, Joël décide de s'endurcir et surveille sa transformation. Parmi ses trois résolutions pour la prochaine année, entre devenir riche pour aller vivre près de la mer et voir une femme nue, il veut pousser son corps dans ses limites en allant dormir sous la neige. L'endurance doit se faire petit à petit et les nuits de Joël s'en trouvent bien animées…
Une jeune vendeuse chez l'épicier fait son apparition. Belle et tentatrice, elle nourrit ses émois. Et sa camarade de classe qu'il trouvait stupide, trop puérile dans ses ricanements, suscite son attention. du coup, sa meilleure amie Gertrude dégringole dans la hiérarchie de ses préférences. Il faut dire qu'il aurait préféré qu'elle soit de son âge et pas dix ans de plus, moins originale et qu'elle ait un nez. Gertrude a un trou à la place du nez, un trou qu'elle cache avec un mouchoir ou un nez rouge de clown, tout dépend des jours, tout dépend de son désespoir, et il en a un peu honte. Puis, l'institutrice se montre plus sévère, plus inquisitrice, les femmes du village, vieilles, grosses, plus commères, et la petite amie de son père moins amoureuse, ce qui pousse son père à se réfugier dans l'alcool. le mystère des femmes reste entier et il en est perturbé.
La naïveté de Joël s'émousse et son caractère s'affirme en même temps que ses hormones. Plus dans l'action et le jugement, il en arrive aussi à avoir envers son père des poussés querelleuses qui vont bousculer leur existence et redéfinir leurs vies.
Les rêves, les résolutions, font place à l'action et Joël promet sur la tombe d'un enfant de quatorze ans qu'il mettra tout en oeuvre pour les accomplir. Un jour, il sera rocker comme Elvis Presley, et un jour, il emmènera son père sur l'Île de Pitcairn, sur les traces des mutins du Bounty.
Le roman commence avec les rêves d'un jeune enfant mais au fil des pages, ses divagations s'ancrent un peu plus dans le concret et moins dans son imaginaire. Mélancolique, douce, fougueuse, pleine de promesses, d'espoir et de chagrin, l'auteur a bien su traduire son histoire et les phases de son adolescence à l'aube des années 60. Joël est un héros pas ordinaire. Il a une force et une intelligence singulière pour un enfant de son âge, car tout jeune il a été confronté à des responsabilités, à l'abandon de sa mère et à l'alcoolisme de son père.
La lecture nous mène dans un paysage beau et rude sous la neige, paisible et ouaté, nous fait rencontrer des âmes abimées, solitaires et taiseuses et nous donne un sentiment ou une sensation de grande liberté et d'indépendance. Elle séduira à coup sûr les jeunes lecteurs en quête d'un récit initiatique, plein de poésie, d'innocence et d'amour.
Je vous le recommande…
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Commenter  J’apprécie          44
Takalirsa
  17 janvier 2018
Un roman initiatique au pays du froid, autour d'un garçon attendrissant.
Plus tout à fait un enfant mais pas encore un adulte, Joël s'interroge et se cherche. "Une partie de lui a changé", "ce n'est plus aussi facile de s'évader dans ses rêves", surtout avec "toutes ces pensées qui tourbillonnent dans sa tête." Il faut dire que sa situation familiale n'est pas facile : sa mère les a abandonnés son père et lui voilà des années et depuis, Samuel ne s'en ait jamais vraiment remis. Surmené par son travail de bûcheron, il trouve bien trop souvent refuge dans l'alcool... du coup, Joël qui, "aussi loin qu'il se souvienne, a toujours été sa propre mère", à s'occuper des courses et des repas, à se débrouiller seul, doit maintenant "être le père de son propre père"... Car plus le temps passe, plus il doit, le soir, l'arracher à ses copains de boisson.
Si jusque là l'adolescent a toujours réussi à entretenir l'espoir d'une vie meilleure par ses rêves d'évasion, il commence à comprendre que son père, lui, y a renoncé : "Grandir, c'est se poser des questions, mais devenir adulte, c'est oublier peu à peu toutes les questions qu'on se posait quand on était enfant.". Ainsi, "Samuel est incapable de voyager dans la réalité", préférant s'enfoncer dans un quotidien sordide. Or Joël a aussi ses préoccupations d'adolescent, "cette sensation étrange qu'il n'arrive pas à comprendre" quand il voit la jolie vendeuse de l'épicerie, ou au contraire son dégoût nouveau pour son amie Gertrude, sans compter ses pensées "si difficiles à maîtriser" qui lui donnent le sentiment, "à certains moments, de comprendre les choses de la vie" et à d'autres au contraire, l'angoisse de ne rien savoir. Joël est en effet très réfléchi pour son âge, trop peut-être, il se sent incompris des autres (camarades comme adultes) et peu à peu ce mélange de frustration, de tristesse et de lassitude de ne plus pouvoir "se permettre d'être un enfant" le pousse à des accès de colère et de violence. Il voudrait "que son père paie pour ce qu'il est en train de lui faire vivre", qu'on puisse le jeter "dans la poubelle des adultes incapables".
Pour autant l'ambiance n'est pas pesante, mais plutôt réflexive à la manière d'un conte philosophique. On apprécie l'atmosphère calme et enneigée de ce petit village suédois. On suit avec attendrissement et sourire ce garçon qui évolue sous nos yeux, comprenant au contact de ses amis qu'il n'est pas aussi seul qu'il le pensait : "Il est aussi important d'avoir des secrets que de les partager". Qui tente de pérenniser ses résolutions d'enfant dans un monde qui le pousse trop tôt à devenir adulte. Mais pourquoi devrait-on renoncer à ce qui nous portait plus jeune ? S'il semble improbable que Joël devienne le futur "Elvis des Neiges" (!), rien ne l'empêche, un jour, de prendre la mer avec son père... parce que "la vie sera toujours comme ça. Sur un fil."
Lien : https://www.takalirsa.fr/le-..
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christinebeausson
  25 janvier 2016
Henning Mankell a écrit des romans, des romans policiers et plus discrètement pour le public français des romans pour la jeunesse.
"Le garçon qui dormait sous la neige" est un de ceux là.
Ce n'est pas un livre qui fait peur, il ne nous emmène pas dans une intrigue policière.
Nous assistons au passage de l'enfance à l'adolescence de Joël avec ses malheurs, ses joies, ses espoirs et ses désespoirs.
Henning a dû fermer ses yeux et se rappeler ce qu'il a ressenti entre 12 et 14 ans, quand ses centres d'intérêt sont devenus différents, quand son regard s'est fait plus inquisiteur, plus curieux, plus insistant, plus inquiet, ....
Il y a des similitudes entre la vie de Henning et de Joël, deux garçons vivant dans un coin reculé de la Suède, avec une mère qui un jour a fait sa valise, les laissant affronter seul un paternel plutôt embarrassé.
J'ai découvert l'existence des îles Pitcairn dans l'océan pacifique, peuplées à l'origine par les révoltés du Bounty avant d'être annexées par la Grande Bretagne.
J'espère, que le 5 octobre 2015 quand Henning est enfin arrivé sur les iles Pitcaim, qu'une femme habillée de voiles transparents est venue l'accueillir sur la plage !
C'est tout le bonheur que je lui souhaite, avoir satisfait ses rêves d'enfant !
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Nadouch
  05 décembre 2013
J'ai toujours un peu peur quand un écrivain à succès et qu'en plus j'apprécie, se lance dans le roman jeunesse, surtout le roman pour adolescents. Qui plus est dans le créneau "roman initiatique", dans lequel foisonnent les parutions qui noient les quelques perles marquantes...
Bon ben voilà, ça n'a pas loupé. Certes, ce roman n'est pas mal : personnage principal attachant (narrateur de 12 ans, dont la mère a quitté le papa, dont du coup il faut bien qu'il s'occupe, ce petit ! sans compter qu'il picole, le papa, bien sûr...), décor de rêve (la Suède en plein hiver, faut aimer les tempêtes de neige), écriture assez fluide (c'est déjà ça !), idée de départ originale et accrocheuse (Joël, le petit narrateur, veut vivre 100 ans, donc pour cela doit s'endurcir en... dormant sous la neige. D'où le titre du bouquin. Ah là là, y a de l'idée.)
Mais à coté de ça : pas grand-chose. Malheureusement, tout ceci est fort convenu et schématique, avec des rencontres et des personnages peu crédibles, peu de finesse psychologique. Et pourquoi diantre a-t-il choisi de placer cette histoire dans les années 50 ? Ça n'apporte rien au roman !
Honnêtement, je pense être sévère car vu l'auteur je plaçais la barre haut (j'avais adoré "Les chaussures italiennes" et j'aime assez ses polars), donc voilà, il m'avait vendu du rêve, alors je le saque. Et pan, c'est comme ça !
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lirado
  21 décembre 2013
Le Garçon qui dormait sous la neige c'est donc l'histoire de Joël. Il vient d'avoir 14 ans, sa mère est partie il y a plusieurs années sans laisser d'adresse et depuis son père est un peu dévasté. Joël a aussi une imagination débordante et des rêves plein la tête. Son plus grand rêve se serait de partir avec son père, ancien marin, au bord de la mer, mais ils sont bien trop pauvres pour cela...Alors Joël reste dans cette Suède des années 50, à rêver une vie, à s'imaginer son avenir.
Henning Mankell nous plonge à merveille dans les pensées de son jeune héros et nous nous attachons rapidement à lui. Il est un héros fantastique et merveilleux qu'on rêverait de rencontrer et de devenir ami avec lui. Un personnage candide et innocent qui nous fait penser à un enfant émerveillé alors qu'il est déjà un adolescent de quatorze ans.
Avec ce personnage, on découvre une Suède innatendue, un pays dont j'ignore tout mais dont on imagine, au travers cette histoire, des villes enneigées, froides mais très belles. le quotidien de Joël, entre les cours, les petites aventures de la vie, sa relation avec son père et son amour pour la nouvelle serveuse de la boulangerie-patisserie du coin, nous passionne autant qu'un film d'action.
Mais surtout, le Garçon qui dormait sous la neige, fait partie de ces romans dont le style d'écriture de l'auteur contribue pour beaucoup à nous attacher aux personnages et à nous laisser embarquer par les mots. Les descriptions, ces petits riens qui deviennent beaucoup, cette histoire bien racontée nous plonge dans l'ambiance particulière de ce roman, où le bonheur, la joie, la tristesse, l'amour, le rêve et l'espoir cohabitent à merveille. Un vrai coup de coeur !
Lien : http://www.lirado.fr/garcon-..
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critiques presse (2)
Ricochet   13 mars 2014
On est très loin des romans noirs terrifiants de Mankell, le maître du suspense. Mais ici, malgré l'apparente simplicité de la construction linéaire et du langage, l'atmosphère et les images s'installent dans la tête du lecteur et ont de la peine à en sortir. Ce roman d’atmosphère plus que d'aventures doit être dégusté plus que dévoré !
Lire la critique sur le site : Ricochet
Ricochet   13 mars 2014
On est très loin des romans noirs terrifiants de Mankell, le maître du suspense. Mais ici, malgré l'apparente simplicité de la construction linéaire et du langage, l'atmosphère et les images s'installent dans la tête du lecteur et ont de la peine à en sortir. Ce roman d’atmosphère plus que d'aventures doit être dégusté plus que dévoré !
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 avril 2016
Donc, il a l'intention de vivre jusqu'à cent ans. Jusqu'en 2045. Mais pour réussir à atteindre cet âge, il doit s'endurcir. Le problème, c'est que dans le monde dans lequel il vit, il n'existe aucun géant contre lequel se battre afin de mesurer sa force.
Commenter  J’apprécie          240
christinebeaussonchristinebeausson   21 janvier 2016
Grandir, c'est se poser des questions, mais devenir adulte, c'est oublier peu à peu toutes les questions qu'on se posait quand on était enfant.
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christinebeaussonchristinebeausson   23 janvier 2016
Otto n'a toujours pas compris pourquoi les hommes ont deux oreilles et une seule bouche : pour écouter plus et parler moins.
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christinebeaussonchristinebeausson   22 janvier 2016
Il ne faut pas caresser la mort comme on caresserait un chaton. Il faut plutôt s'en méfier comme on se méfie des lions dans la jungle.
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TakalirsaTakalirsa   14 janvier 2018
L'hiver s'immisce toujours sans bruit, quand on s'y attend le moins.
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Rafale de propositions de lectures estivales. Des séries déjà classiques et d'autres très récentes. En particulier celle du norvégien Jørn Lier Horst, nouvelle gâchette du polar scandinave, héritier d'Henning Mankell. le dernier épisode des enquêtes de son héros, William Wisting, inspecteur au commissariat de Larvik, au sud d'Oslo, a le charme entêtant des suspenses à infusion lente. "Le disparu de Larvik" de Jørn Lier Horst, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, "Série noire", Gallimard.
Une émission animée par Michel Abescat et Christine Ferniot. Réalisation : Pierrick Allain
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