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Philippe Bouquet (Traducteur)
ISBN : 2020555549
Éditeur : Seuil (09/03/2004)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 856 notes)
Résumé :
En pleine campagne, près de la petite ville d'Ystad, au sud de la Suède, un fermier découvre le corps sans vie de son voisin, atrocement massacré.
La femme du malheureux ne vaut guère mieux: étranglée par un curieux nœud coulant, elle n'aura que le temps de murmurer "étrangers," avant de décéder à son tour à l'hôpital. Qui peut bien avoir commis pareille horreur et dans quel but ?
Et pourquoi le ou les assassins ont-ils nourri la jument du vieux coup... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  28 novembre 2016
Se plonger dans un bouquin de Henning Mankell, c'est comme rentrer le soir après une journée de boulot, se mettre en tenue de combat (non pas celle de la guerre, celle pour glander), se servir un café et se glisser dans un fauteuil confortable avec en ligne de mire la cheminée qui crépite et la porte fenêtre en guise de télévision. Votre chat vient se blottir sur vos genoux, manque plus que la pipe (mais bon je ne fume pas), faudra que je trouve autre chose ... Bref le temps s'arrête et le nectar coule à flot. La paix, la sérénité et le bonheur sont là.
Près Ystad au sud de la Suède, un habitant d'un petit hameau se réveille bien avant l'aube. Bizarrement il n'a pas entendu le cheval de ses voisins. Il se lève et avec sa femme constatent qu'un des carreaux de la maison voisine a été fracassé. A reculons il ira vérifier si tout va bien : l'homme est mort, la femme ne vaut guère mieux.
Henning Mankell se sert de son anti-héro, Kurt Wallander, pour exposer la dérive de ses contemporains vers un racisme de plus en plus ordinaire. Une enquête ou l'on découvre un Wallander entouré de sa famille qui lui échappe complètement :
- Sa femme vient de le quitter, fait qu'il ne supporte pas ;
- Son père peint inlassablement le même tableau, et devient de plus en plus sénile et irascible ;
- Sa fille, se dérobe constamment.
A ceux qui n'ont pas le polar dans les veines, je conseille celui-ci. Vous avez juste à lire le premier chapitre, Soit vous accrochez, faisant de vous un converti, soit vous n'accrochez pas, vous pourrez le refermer en attendant un autre moment et un autre auteur pour vous conquérir.
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marina53
  01 septembre 2012
Première enquête de Kurt Wallander.
Dans la froide campagne Scanienne, un couple de fermiers est sauvagement assassiné, démentant ainsi l'adage "L'amour est dans le pré". Un seul mot prononcé par la femme sur son lit de mort suffira à cristalliser les pulsions racistes et xénophobes de toute une population.
Mankell se veut encore accusateur de la société suédoise décadente, à travers une enquête menée de main de maître par Wallander.
Dans celui-ci, il nous fait découvrir l'univers de certains demandeurs d'asile et le sentiment de rejet à leur égard de certaines organisations nationalistes suédoises.
On découvre un héros attachant, en proie à ses démons, qui lance magistralement une série policière transcendante.
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Bibliolibra
  31 mai 2012
Un mois de janvier frigorifiant, le charme froid d'une Suède des années 90 le tout saupoudré d'un double homicide glaçant...
Voici l'un des premiers plateaux repas de ce cher Kurt Wallander, personnage principal de ce deuxième opus de la série. A noter que le premier roman de la série Pyramiden apparemment composé de cinq nouvelles policières n'a pas été traduit en version française (dixit Wikipedia).
Expérimenté et intuitif, Kurt Wallander est un personnage plutôt classique. En instance de divorce, il ne voit plus sa femme ni sa fille. Limite dépressif et alcolo, Wallander est un policier comme il en existe des milliers. Avec Wallander, Mankell crée un personnage à la mesure de la réalité, il ne possède pas ce sixième sens ultra-développé à la Hercule Poirot, n'a pas de flash "médiumnique" à la Allison Dubois et ne dresse pas le portrait complet d'une personne rien qu'en interprétant ses mimiques (je vous laisse deviner le personnage).
L'enquête est menée comme il se doit, des hauts des bas, on court après un tueur (des tueurs). Analyse des faits, réunion d'équipe... Tout le protocole rebattu maintes et maintes fois par les séries grassement servies à la télévision qu'au final on finit par connaître même si elles ne nous intéressent pas plus que cela!
Mais qu'est ce que j'ai aimé!
Mankell réussit haut la main ce défi de renouveler un genre qui à force d'être exploité laisse peu de place à la surprise et au suspense.
Sa plume, qui m'avait fait frémir dans le Chinois, son imagination et son univers contrebalancent toutes ces surdoses de policiers.
Il les balance d'une belle poigne ferme et dure pour imposer son style franc et froid. Jusqu'aux dernières pages je ne me suis pas doutée de qui pouvait être le meurtrier. Bon peut être quelques soupçons... Cependant, son dénouement dépasse mes espérances quelque peu blasées d'expériences policières ratées et répétées.
Il est bien difficile de nos jours de se démarquer de cette masse d'auteurs et ce quelque soit les styles. Ainsi, trouver un auteur qui sait attirer votre attention d'un simple geste reste un réel plaisir. Allé Hop! aux Chiens des Riga à présent...

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petch
  18 juin 2015
« Un visage de meurtrier, ça n'existe pas. On s'imagine toujours le contraire, on pense à un certain profil, une certaine dentition, une certaine ligne de cheveux. Mais non, ça ne colle jamais » (p.367).
Cet extrait de fin d'ouvrage résume parfaitement la trame de fond de la première enquête du commissaire Wallander, et la surprise apparaîtra au bout de l'intrigue. H. Mankell frappe fort dans ce premier opus, nous promenant de fausses pistes en rebondissements, sur fond d'immigration et de racisme ordinaire. Il décrit avec froideur et efficacité le basculement de la société suédoise du début des années 90 (mais pourrait-on dire de la société européenne dans son intégralité tant les thèmes abordés sont universels), réputée ouverte, tolérante, socialement avancée, vers le repli, la misère et la xénophobie. C'est un roman noir précurseur et au final politiquement incorrect, et l'auteur y saisit avec 25 ans d'avance les graves problèmes sociétaux liés aux politiques d'immigration auxquels le monde occidental d'aujourd'hui se trouve confronté.
Le récit est par ailleurs plus resserré que ceux d'autres titres de la série, qui parfois peuvent agacer par leur lenteur. Certes, H.Mankell aime profondément décrire le quotidien des policiers d'Ystad, leurs doutes, leurs erreurs et leurs errements. Mais ça tient la route et c'est terriblement efficace. En conclusion, voilà un excellent roman à lire pour l'intrigue, pour le positionnement des personnages de la série, puis à relire pour les thèmes sociétaux abordés, terriblement d'actualité.
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bvb09
  15 juillet 2014
Un Wallander qui ne décevra pas ceux qui apprécient ce non-héros comme je ne me souviens pas en avoir rencontré ailleurs… que dans la vie courante.
Par le prisme d'une enquête, comme d'habitude, beaucoup de sujets politiques, sociaux, privés sont abordés sans effets de manche.
Comme d'habitude l'enquête est plus un fil rouge qu'un motif qui nous fait tourner la page suivante.
J'ai enfin fait la connaissance de Rydberg, son collègue très estimé, auquel il fait référence dans d'autres enquêtes. On assiste aux derniers soubresauts de son mariage annulé, à une approche d'une collègue pour fuir une solitude affective, au constat qu' une amitié de jeunesse n'est pas forcément éternelle.
C'est une vraie tranche de vie, d'un Monsieur Toulemonde suédois à la quelle on assiste, dont les problèmes parleront forcément aux quarantenaires et plus, qui au détour d'une phrase, d'une expression, d'une attitude se reconnaitront.
Oui, je crois que c'est cela : lire un Wallander, déclenche chez le lecteur qui l'apprécie, un véritable phénomène de réalité augmentée qui laisse toujours l'impression d'avoir gagné en expérience ou en analyse de parties de sa propre vie.
...
Bref, ce Wallander m'a plu, c'est un fait,
les raisons de cet engouements ne sont que des hypothèses.
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   03 février 2016
"Un procureur doit être obstiné. Sinon, que deviendrait la justice de ce pays ?
- C'est une question que pourrait également poser le dernier des membres de la police judiciaire, dit-il. Il y eut un temps où je pensais que la police était là pour assurer la sécurité des personnes et des biens de tous, sans distinction. Et je le pense toujours, en fait. Mais j'ai également vu la justice se dégrader. J'ai vu plus ou moins encourager des jeunes ayant commis des délits à continuer. Personne n'intervient. Personne ne se soucie de ce que deviennent les victimes d'une violence qui ne fait que croître. Ca va mal en pis. Je suis peut-être conservateur. Mais je n'en démords pas. Je dois dire qu'il y a des fois où je comprends que les gens prennent eux-mêmes les choses en main.
- Tu irais peut-être même jusqu'à comprendre que des cerveaux un peu fragiles tuent un réfugié innocent ?
- Oui et non. L'insécurité ne fait qu'augmenter, dans ce pays. Les gens ont peur. Surtout à la campagne, comme dans cette région. Tu ne vas pas tarder à t'apercevoir qu'il y a un grand héros, en ce moment, par ici. Un homme qu'on approuve en secret, derrières les rideaux tirés. Celui qui a pris l'initiative d'un référendum communal interdisant aux réfugiés de venir s'installer dans la localité de Sjöbo.
- Qu'est-ce qui se passerait si on se plaçait au-dessus des lois votées par le Parlement ? Nous avons une certaine politique, sur le chapitre des réfugiés, et il importe de l'appliquer.
- C'est faux. C'est au contraire l'absence d'une véritable politique, sur ce point, qui est à l'origine de ce chaos. En ce moment, nous vivons dans un pays où n'importe qui peut pénétrer n'importe où, n'importe quand, de n'importe quelle façon et pour n'importe quelle raison. Il n'y a plus de contrôles aux frontières. Les douanes sont paralysées. Il existe tout un tas de petits aérodromes non surveillés sur lesquels on débarque chaque nuit des immigrants en situation irrégulière ainsi que de la drogue.
Il sentait qu'il commençait à s'emporter. Le meurtre de ce Somalien était un crime qui était loin de revêtir un seul aspect.
- Rune Bergman doit naturellement se voir appliquer la peine la plus sévère possible. Mais le service de l'Immigration et le gouvernement doivent également assumer leur part de responsabilités.
- Cesse de dire des bêtises.
- Vraiment ? Alors laisse-moi te dire qu'en ce moment il y a des gens qui ont appartenu aux services de sécurité fascistes de Roumanie qui commencent à demander l'asile ici. Tu es d'avis qu'il faut le leur accorder ?
- Le principe du droit d'asile ne doit pas être remis en question.
- Vraiment ? Jamais ? Même quand il n'est pas justifié ?
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AproposdelivresAproposdelivres   17 janvier 2011
Il a oublié quelque chose, il le sait avec certitude en se réveillant. Il a rêvé de quelque chose au cours de la nuit. Il faut qu'il se souvienne de quelque chose.
Il tente de se rappeler. mais le sommeil ressemble à un trou noir. Un puits qui ne révèle rien de ce qu'il contient.
Je n'ai pourtant pas rêvé des taureaux, se dit-il. Dans ce cas-là, je serais en sueur, comme si j'avais eu pendant la nuit un accès de fièvre se traduisant par des douleurs. Cette nuit, les taureaux m'ont laissé en paix.
Il reste couché dans l'obscurité, sans bouger, et tend l'oreille. La respiration de sa femme est si faible, à côté de lui, qu'il la perçoit à peine.
Un matin, je la retrouverai morte près de moi sans que je m'en sois aperçu, se dit-il. Ou bien l'inverse. Il faudra bien que l'un de nous meure avant l'autre. Un jour, l'aube impliquera que l'un des deux est désormais seul.
Il regarde le réveil posé sur la table, près du lit. Ses aiguilles phosphorescentes indiquent cinq heures moins le quart.
Pourquoi me suis-je réveillé ? se demande-t-il. D'habitude, je dors jusqu'à six heures et demie. Ça fait plus de quarante ans que c'est ainsi. Pourquoi est-ce que je suis réveillé à cette heure-là ?
Il tend l'oreille dans le noir et soudain il est parfaitement conscient.
Il y a quelque chose qui a changé. Quelque chose n'est plus comme d'habitude.
Il étend prudemment la main jusqu'à toucher le visage de sa femme. Du bout des doigts, il sent la chaleur de son corps. Ce n'est donc pas elle qui est morte. Aucun des deux n'a encore laissé l'autre seul.
Il tend l'oreille dans le noir.
La jument, se dit-il. Elle ne hennit pas. C'est pour cette raison que je me suis réveillé. D'habitude, elle pousse des cris, pendant la nuit. Je l'entends sans me réveiller et, dans mon subconscient, je sais que je peux continuer à dormir.
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LittleMary226LittleMary226   08 février 2015
Kurt Wallander se fit de nouveau la réflexion que quelque chose d'important était en train de se passer en Suède. Il eut même fugitivement l'occasion de constater qu'il nourrissait personnellement des opinions parfois bien contradictoires quant à certains arguments hostiles aux immigrés qui furent agités dans la presse ou dans le débat public au moment du procès. Le gouvernement et le service de l'Immigration étaient-ils vraiment bien informés quant à l'identité des gens qui arrivaient en Suède ? Qui méritait d'être qualifié de réfugié et qui n'était qu'un aventurier ? Était-il même possible de faire vraiment la différence ?

Combien de temps pourrait-on continuer à pratiquer une politique libérale en matière de droit d'asile sans risquer d'abouti au chaos ? Existait-il une limite à ne pas dépasser ? Kurt Wallander effectua diverses tentatives assez peu convaincantes en vue de s'informer sur ces questions. Il comprit alors qu'il nourrissait les mêmes inquiétudes diffuses que tant d'autres gens envers l'étranger, envers ce qu'il ne connaissait pas.
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lyokolyoko   14 janvier 2015
"- C'est faux. c'est au contraire l'absence d'une véritable politique, sur ce point, qui est à l'origine de ce chaos. en ce moment, nous vivons dans un pays où n'importe qui peut pénétrer n'importe où, n'importe quand, de n'importe quelle façon et pour n'importe quelle raison. Il n'y a plus de contrôles aux frontières. La douane est paralysée. Il existe tout un tas de petits aérodromes non surveillés sur lesquels on débarque chaque nuit des immigrants en situation irrégulière ainsi que de la drogue"
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RoggyRoggy   26 janvier 2016
Chaque fois qu'il pénétrait dans un nouvel appartement, il avait l'impression d'avoir devant les yeux la couverture d'un livre dont il venait de faire l'acquisition. L'appartement lui-même, les meubles, les tableaux, les odeurs, tout cela constituait le titre. Maintenant il allait se mettre à lire. Mais l'appartement d'Ellen Magnuson était dépourvu d'odeurs. Kurt Wallander avait l'impression de se trouver dans un logement inhabité, respirant une sorte de désolation, de résignation de couleur grise.
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Vidéo de Henning Mankell
Swedish crime author Henning Mankell speaking on migration and xenophobia, the creation of Wallander, the problems of Africa and his attitude to death.
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Henning Mankell et Kurt Wallander

Deux hommes sont retrouvés morts sur un canot, exécutés d'une balle dans le cœur. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.

Meurtriers sans visage (1994)
Les Chiens de Riga (2003)
La Lionne blanche (2004)
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La Muraille invisible (2002)
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