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Rémi Cassaigne (Traducteur)
ISBN : 2757811541
Éditeur : Points (15/01/2009)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 303 notes)
Résumé :
Automne 1914. La Suède, malgré sa neutralité, craint d'être entraînée dans la guerre, car les flottes allemande et russe s'affrontent au large de ses côtes. Le capitaine Lars Tobiasson-Svartman reçoit la mission de sonder les fonds de la mer Baltique et de chercher une route maritime secrète à travers l'archipel d'Östergöland. L'homme est hanté par l'idée de contrôle qu'il exerce en mesurant tout ce qui l'entoure, les masses, le temps, les distances entre les lieux,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  03 juillet 2018
Loin des yeux, loin du coeur.
En 1914, alors que la guerre déploie son ombre jusqu'aux portes de la Suède, Lars Tobiasson-Svartman est hydrographe, officier de marine. Sa mission est de mesurer des distances et de sonder le fond des mers pour établir des routes que les bateaux pourront emprunter. Marié à Kristina, ils n'ont pas d'enfant, leurs rapports sont à l'image du climat du coin.
C'est lors d'une de ces longues missions, sur un îlot désertique, qu'il fera la connaissance de Sara, elle a perdu son mari quelques temps auparavant. Très vite ils vont devenir amants et Lars va déraper de mensonges en mensonges essayant désespérément de contrôler la situation.
C'est un livre de Mankell que je ne connaissais pas, découvert au détour d'un rayon de la nouvelle médiathèque dont je fais partie. Pas de commissaire Wallander dans celui-ci, bien qu'il y ait un nom approchant Welander.
Tout doucement l'auteur nous attire vers le fond, vers les profondeurs, vers une lente dérive de ses personnages. Cette histoire ne se résume pas qu'aux trois principaux, avec Mankell, il y a toujours des événements parallèles qui viennent se greffer apportant de la richesse à la trame principale.
Je suis toujours aussi émerveillé par les talents de conteurs de Mankell. Sa façon de décrire les situations, les rapports entre les gens, les paysages, ça façon d'avancer dans le scénario, tout me transporte, tout me passionne dans ses bouquins.
L'un de mes trois conteurs préférés avec Robin Hoob et désormais Pierre Bordage.
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le_Bison
  19 février 2012
Mes plus belles émotions de Henning Mankell ne me sont pas parvenues par l'intermédiaire de son fameux inspecteur Wallander. Pourtant, je l'aime bien ce flic, un peu solitaire, un peu mélomane. En sa compagnie, j'y ai découvert une Scanie telle qu'aucun office du tourisme n'aurait pu vous la décrire. Il m'a même fait voyager jusqu'à Riga et même au-delà, en Afrique du Sud.
Mais aujourd'hui, je suis plongé, immergé même dans l'eau glaciale de la Suède, aux prémices de la première guerre mondiale. le héros ne s'appelle plus Kurt Wallander, mais le capitaine Lars Tobiasson-Svartman, sondeur des profondeurs de la mer Baltique.
« Profondeurs » est un roman pour les amoureux des bateaux, les amoureux de la mer et de ses profondeurs, les amoureux tout court. Une profonde histoire d'amour et de déchirement sur un ilot de terre, solitaire et abandonné, à l'aube de la première guerre mondiale. Je ne vous cacherai pas que c'est le meilleur Mankell que j'ai lu. La beauté de la mer, la beauté des sentiments, la désolation des lieux... Ce n'est pas un polar comme à son habitude, c'est juste une profonde et émouvante histoire d'amour dans les profondeurs de la mer Baltique !
Le capitaine Lars Tobiasson-Svartman m'a profondément ému, j'ai envie de devenir marin rien que pour vivre une telle aventure, perdu et reclus seul sur un ilot désertique entouré de glace et de vents marins.
« La mer est un rêve qui ne rend pas les armes. »
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Roggy
  17 février 2017
C'est certainement le roman le plus poétique et le plus mélancolique de l'oeuvre de Mankell.
L'écriture très imagée donne la place aux éléments naturels du paysage nordique. La mer est le point d'ancrage, les dialogues sont écrasés dans un silence âcre et il y a comme un voile de crêpe qui entoure le récit dans un brouillard diffus.
Mankell sonde les voies intérieures du coeur et cartographie nos vies, qui peuvent devenir de lents naufrages, entraînant tout et tous sur leur passage. Comment il est simple de vaciller dans le gouffre et partir à la dérive, brisant les branches qui nous retiennent…
C'est triste, c'est noir, c'est sombre, c'est tragique, mais il y a une forme de beauté dévorante de désespoir qui m'a touché en profondeur.
Un roman taiseux à la beauté fragile qui nous traverse de frissons de mélancolie.
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verobleue
  22 septembre 2015
Octobre 1914, première guerre mondiale, la Suède risque de perdre sa neutralité et d'être entraînée dans la guerre à cause des affrontements maritimes entre L’Allemagne et la Russie.
Lars Tobiasson-Svartman, capitaine hydrographe, reçoit la mission de sonder la mer Baltique et de rechercher de nouvelles voies navigables du nord au sud à travers l'archipel d'Ostergötland. Etre étrange, maniaque du contrôle, obsédé par les distances, obnubilé par les profondeurs et les mesures en mer pour tracer ses routes, il prend soin de maintenir entre lui et les autres une certaine distance.
Au cours de ces missions en mer ou sur la glace, le capitaine Lars deviendra l’amant d'une femme ermite qui vit sur l’îlot d’Halskär. Très vite, elle l’obsède et pour la revoir, il invente des missions secrètes, fait des allées et venues fréquentes entre l'île et Stockholm. Ses mensonges font dévier sa raison et l’emportent loin du refuge de certitudes qu’il s’était construit.
Le capitaine commence alors une longue descente aux enfers de la passion jusqu’à la démence.
Le lecteur est prisonnier de cette lente descente, entraîné dans les profondeurs de son côté obscur.
Parallèle évident avec un autre protagoniste de Mankell, Fredrick Welin, le chirurgien solitaire des Chaussures italiennes : deux hommes tourmentés, perdus sur leur île glacée.
« Profondeurs » de Henning Mankell est un roman noir écrasant qui transforme le lecteur en brise-glace, l’obligeant à lire comme il avancerait dans la banquise. Éprouvant.
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christinebeausson
  18 février 2014
Ce livre est une histoire d'errance, comme nous le dit Henning Mankell dans la postface, c'est une fiction, un joyeux mélange de souvenirs, de rêves et de cauchemars.
Un archipel d'îlots bien réels mais un peu mélangés, une période de l'histoire de la Suède difficile avec cette politique de neutralité durant la première guerre mondiale, un homme perdu au milieu de son existence ... Que faire de sa vie, quel amour choisir, de quel style de vie a t on envie ? Vivre, mais pour quoi faire, pour rechercher quoi, qui ?
L'errance d'un jeune homme qui tranquillement "a navigué à la rame dans le brouillard humide de l'archipel de Gryt au début des années ...." Et
"Il en est sorti cette histoire bien des années plus tard, quand le temps s'était éclairci et qu'à la fin tout cela rappelait un rêve singulier."
Nous ressentons tout au long de la lecture, le trouble, le malaise, le vertige lié la notion même de profondeur. Ce besoin inassouvi de chercher une fosse inconnue et de la mesurer. Est ce si important de mettre des chiffres sur des impressions, est ce une façon de se rassurer, cela peut il être un but dans la vie ?
Nous sommes bien heureux de voir, qu'Henning n'a pas choisi le plongeon dans les profondeurs et qu'il a préféré juste nous raconter quelques unes de ces idées qui nous permettent de réfléchir à ce que l'on veut devenir !
Une petite pensée particulière à ce grand monsieur qui doit mener en ce moment même un difficile combat contre l'insidieux crabe qui vient ronger les corps et les âmes !
Bon courage Henning, bats toi....
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Citations et extraits (150) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   30 août 2016
Ma mère avait cent deux ans. Elle est née en 1812, et si elle avait vécu en France, elle aurait pu rencontrer Napoléon. Sa propre mère était née dans les années 1780, je ne me souviens pas de la date exacte, mais c'était avant la Révolution française. Quand je touchais la main de ma mère, je me suis souvent dit que je sentais la peau de quelqu'un qui à son tour avait touché la peau et senti l'haleine de personnes nées au dix-huitième siècle. Dans certaines circonstances, le temps rétrécit à n'y plus rien comprendre... Il est difficile d'avoir de la peine pour une personne de cent deux ans. Ces dix dernières années, elle ne m'a plus reconnu. Parfois elle m'a pris pour son défunt mari, mon propre père, donc... L'extrême vieillesse est pour l'âme un champ de bataille plongé dans de profondes ténèbres. Bataille dont l'issue est une défaite inévitable. Face aux heures sombres et à la déchéance du grand âge, les religions n'ont jamais su apporter la moindre consolation ni donner la moindre explication acceptable... Même pour une personne de cent deux ans, la mort peut venir à l'improviste. Etrange peut-être, mais la mort dérange toujours, quelle que soit son heure. Même plongée dans les ténèbres, ma mère avait gardé une farouche volonté de vivre. Elle ne voulait pas mourir, malgré son grand âge.
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AproposdelivresAproposdelivres   26 septembre 2014
La mémoire lui revient pourtant. Elle jette un regard perdu autour d'elle, parmi les troncs d'arbres. Pourquoi penser ici à son mari? Lui qui détestait les forêts, lui qui était toujours attiré par la mer? Lui qui fut cadet dans la marine, puis hydrographe et capitaine chargé de missions secrètes?

Le brouillard se dissipe, l'air devient transparent.

Elle reste sans bouger. Quelque part, dans un battement d'ailes, un oiseau s'enfuit. Puis à nouveau le silence s'installe.
Mon mari, pense Kristina Tacker. J'avais autrefois un mari, nos vies mêlées formaient un rempart autour de nous. Pourquoi dois-je me souvenir de lui maintenant, alors que j'ai trouvé un trou dans la clôture, que j'ai laissé derrière moi le fauve aux aguets?
Dans sa tête, parmi les arbres, elle cherche une réponse.

Il n'y en a pas. Il n'y a rien.
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BMRBMR   18 avril 2010
[...] Le lendemain, il marcha dix kilomètres sur la glace. Ce qui le conduisit par-delà la fosse de Bockskär jusqu'aux rochers d'Hökbada, où il installa son campement pour la nuit.
À l'origine son intention était de marcher droit sur Halsskär; mais une fissure dans la glace l'avait forcé à faire un détour par le nord. Hökbada n'était qu'un groupe de rochers escarpés et inhabités. Avant la tombée de la nuit, il eu le temps de s'y construire un abri, un toit de branches et de mousse jeté sur une anfractuosité rocheuse. Il fit du feu et ouvrit une conserve de viande. Quand il se glissa dans son sac de couchage, le vent était encore faible. Le froid s'étaita douci pendant la journée. Il estima la température à moins trois degrés. Une fois la nuit tombé et le feu éteint, il tendit l'oreille pour écouter la mer. L'entendait-il se briser contre le bord de la banquise ? la glace tenait-elle jusqu'à Halsskär ? Était-ce la mer ou le silence de ses pensées qu'il percevait ?
À plusieurs reprises il crut entendre des coups de canon, d'abord un grondement lointain, puis une onde de choc qui s'évanouissait dans les ténèbres.
Personne en sait où je suis, pensa-t-il. Au coeur de l'hiver, dans ce monde glacé, j'ai trouvé une cachette que personne ne pourrait même imaginer.
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marina53marina53   11 juin 2012
La plus grande distance à laquelle je dois me mesurer, c'est celle qui me sépare de moi-même.Où que je sois, la boussole pointe de toutes parts vers l'intérieur de moi-même.
Toute ma vie, j'ai usé de faux-fuyants et de détours pour essayer d'éviter de me retrouver face à moi-même.
Je ne sais pas du tout qui je suis, et je ne veux pas le savoir.
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WyomingWyoming   20 avril 2018
Ma mère avait cent deux ans. Elle est née en 1812, et si elle avait vécu en France, elle aurait pu rencontrer Napoléon. sa propre mère était née dans les années 1780, je ne me souviens pas de la date exacte, mais c'était avant la Révolution française. Quand je touchais la main de ma mère, je me suis souvent dit que je touchais la peau de quelqu'un qui à son tour avait touché et senti l'haleine de personnes nées au dix-huitième siècle. Dans certaines circonstances, le temps rétrécit à n'y rien comprendre... Il est difficile d'avoir de la peine pour une personne de cent deux ans. Ces dix dernières années, elle ne m'a plus reconnu. Parfois elle m'a pris pour son défunt mari, mon propre père, donc... L'extrême vieillesse est pour l'âme un champ de bataille plongé dans de profondes ténèbres. Bataille dont l'issue est une défaite inévitable. Face aux heures sombres et à la déchéance du grand âge, les religions n'ont jamais su apporter la moindre consolation ni donner la moindre explication acceptable... Même pour une personne de cent deux ans, la mort peut venir à l'improviste. Etrange peut-être, mais la mort dérange toujours, quelle que soit son heure. Même plongée dans les ténèbres, ma mère avait ga
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