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ISBN : 2756402893
Éditeur : Pygmalion-Gérard Watelet (03/03/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Voici une histoire critique de la diversité des destins, rôles et comportements des femmes durant les deux derniers grands conflits mondiaux en Europe et aux États- Unis. Celles-ci y ont endossé tous les rôles pour le meilleur et pour le pire: militaires, espionnes, agents, munitionettes, résistantes, gardiennes de camps, mères de famille, infirmières dans des villes assiégées, bombardées ou occupées, de Londres à Leningrad, en passant par Paris et Berlin. Dans le m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lechristophe
  23 décembre 2015
Formidable essai sur les femmes lors et entre les deux guerres mondiales, écrit par une sociologue franco-britannique à partir de témoignages, journaux intimes, presse féminine de l'époque. Elle aborde tous les aspects (vie quotidienne, mode, cuisine, sexualité...) et les rôles tenus par les femmes (ouvrières, prostituées, militaires, infirmières, résistantes, déportées, gardiennes de camp, « machines à enfanter »...) lors de ces terribles trente années.
Elle part du constat que les femmes ont été exclues de la vie publique par la société bourgeoise du XIXe siècle. Elles l'ont regagné peu à peu lors de la Première Guerre mondiale en occupant les places laissées vacantes par les hommes partis combattre : elles ont travaillé dans les usines et les champs et, bien qu'exploitées par les hommes, elles ont regagné une timide liberté qu'a accompagné la montée du féminisme et l'acquisition de certains droits sociaux.
Cette liberté s'est concrétisée dans l'entre-deux-guerres, par exemple, à Paris avec les années Folles, les zazous et la création artistique (peinture, sculpture...) ou la mode. Mais elle s'est vite heurtée au désir des États de contrôler la sexualité féminine et de replacer les femmes dans leur rôle de mère avec la pénalisation et l'interdiction de la contraception et de l'avortement. Cette politique s'est emballée dans les états totalitaires naissants et s'est accompagnée d'un eugénisme effroyable surtout en Allemagne hitlérienne dont Carol Mann décrit les mécanismes dans une (courte, 35 pages) troisième partie intitulée « L'utérus nationalisé ».
Enfin, dans une dernière partie consacrée à la Seconde Guerre mondiale, l'auteure explicite, d'une part, la multitude de rôles tenus par les femmes (ceux déjà tenus lors du précédent conflit mais elles furent également quelque fois combattantes, souvent résistantes, toujours victimes civiles...), et d'autre part, leur survie dans les camps de concentration.
Un très bon ouvrage, clair, bien écrit, dans un style compréhensible, avec de nombreuses pages fortes sur la folie nazie ou la vie dans les camps de concentration, mais quelque peu terni, à mon avis, par un féminisme trop exacerbé par moment (on pourrait croire que seules les femmes ont été résistantes parmi une poignée d'hommes).
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
lechristophelechristophe   21 décembre 2015
Cependant les conditions de travail sont effrayantes, la sécurité inexistante, en Angleterre comme en France. Les ouvrières se retrouvent souvent brûlées par la poudre et les substances toxiques, les mains mutilées, leurs chevelures longues souvent arrachées par les machines, les jupons pris dans les rouages. L'expérience du travail en usine d'armement aura une influence décisive sur la simplification de la mode dans les années 1920, qui rejette l'entrave des jupes et des cheveux longs, ainsi que l'asservissement impliqué par leur entretien.
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lechristophelechristophe   22 décembre 2015
Le choc de la réalité du front, l'acte de tuer bouleversent à vie : J'ai été mêlée à des corps à corps. C'était atroce, ce n'est pas pour un être humain... On frappe, on plonge sa baïonnette dans un ventre, dans les yeux, on se prend mutuellement à la gorge pour s'étrangler. On brise des os. D'abord un hurlement, puis un cri... une plainte... Et ce craquement... Ce craquement... Ce craquement ! Impossible de l'oublier... C'est la chose la plus cauchemardesque de la guerre. Il n'y a rien d'humain là-dedans... Ma vie ne suffira pas à surmonter tout ce que j'ai vu à la guerre. Ma vie entière n'y suffira pas... Parfois je voudrais pleurer, mais je n'y arrive pas.
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lechristophelechristophe   21 décembre 2015
Comme compensation très partielle, le rôle social féminin est reconnu dans le domaine de la santé et de l'éducation, une reprise des aires jusqu'ici contrôlées par les religieux. La laïcisation de ces responsabilités n'implique pas la reconnaissance d'un travail méritant salaire. Au contraire, elle sous-entend une approche philanthropique fondée sur la charité religieuse et le don de soi - d'où le célibat tacitement convenu des enseignantes et des premières infirmières intégrant les groupes bénévoles, non rémunérés. Ce n'est pas le cas des médecins et chefs d'établissement, généralement des pères de famille grassement payés, ce qui contribue largement à leur statut social élevé.
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lechristophelechristophe   21 décembre 2015
Der Untermensch est le titre d'une brochure illustrée publiée vers 1942 en quatorze langues : Le sous-homme a une apparence biologique semblable à une créature naturelle. Il a des pieds, des mains, des yeux et quelque chose qui ressemble à une cervelle ; mais c'est bien sûr une créature différente, effroyable, très éloignée de l'homme, même si ses traits sont semblables à ces derniers...
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lechristophelechristophe   21 décembre 2015
Au front, toujours animée de cette volonté de contrôler et centraliser la sexualité des soldats, l'armée française installe les BMC (Bordels militaires de campagne) dans les cantonnements, en mars 1918. Les autorités fournissent les lieux, le personnel (sans leur accorder le moindre statut), impose le contrôle médical aux prostituées comme à leur clientèle. L'abattage y est effrayant, les malheureuses pensionnaires doivent chacune soulager jusqu'à cent militaires par jour.
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