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EAN : 9782246457510
271 pages
Grasset (27/05/1993)
3.24/5   17 notes
Résumé :
La Danse pieuse, publiée en 1926 alors que Klaus Mann n'avait que dix-neuf ans, fut considérée comme le premier roman ouvertement homosexuel de la littérature allemande et déclencha un scandale. Le jeune peintre Andreas ambitionne de peindre Dieu en personne, entouré d'une ronde d'enfants ; mais déprimé, il part vivre à Berlin. Il y rencontre Franziska, jeune fille très masculine, avec laquelle il court les bars homosexuels dans les bas quartiers de Berlin et de Ham... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Voici un grand écrivain, un homme intransigeant et fragile. Il ne fait pas de doute que Klaus Mann, ignoré de son vivant, acquiert une notoriété qui rejoint celle de son père. Vivre à l'ombre d'une montagne magique prénommée Thomas est écrasant mais permet de grandir dans un milieu intellectuel propice à l'épanouissement de l'esprit. Avant le présent roman, ce mauvais élève turbulent avait déjà publié, très jeune, une pièce de théâtre et des nouvelles. Il voue une affection passionnée, presque troublante, pour sa soeur Erika avec laquelle il écrira quatre ouvrages.

La danse pieuse, publié en 1926, est son premier roman, un scandale, le premier récit homosexuel en Allemagne, d'une plume étonnamment mûre. Il n'avait pas vingt ans à l'époque et faisait preuve d'une exceptionnelle facilité de littérateur avec cette histoire qui semble très autobiographique : la petite soeur adorée, la fuite de l'esthète en rébellion, loin de la famille et de la fiancée pour trouver un sens à la vie. Car Klaus Mann fait partie de cette jeunesse désorientée qui avait treize ans à la fin de la Grande Guerre, au moment de la révolution allemande, et son personnage Andreas en est le reflet pathétique. Génération sensible, atone incapable de donner forme à sa propre vie.

Jeune peintre confronté à des problèmes de forme et d'image, Andreas part hanter le Berlin décadent des années vingt peuplé de night-clubs équivoques, de travestis, de débauches. Les enfants s'amusent dans les ordures, les artistes y finissent en bouffons de la bourgeoisie. Après un détour par Hambourg, le jeune homme, amoureux d'un garçon, rejoint Paris et la bohème internationale... Puis le voyage encore, l'exil. Mann affiche ouvertement son homosexualité dans l'ouvrage et son admiration pour des auteurs qui manifestent ce penchant : Wilde, Verlaine, Walt Whitman, Herman Bang,...

"Le trouble de ce temps est grand et puissant, peut-être aucune époque autant que la nôtre n'a eu conscience d'être aussi troublée, d'être à ce point entraînée vers on ne sait où. Ce que nous savons le moins, c'est vers où va nous conduire cette grande danse. [...]. Se mouvoir est être mûr pour le repos. Vivre, c'est être mûr pour la mort. Puisque nous sommes des danseurs sans but, nous célébrons la vie comme une pieuse cérémonie et nous ne pensons pas que nous pourrions aller vers ce qui est bon, vrai, solide. Il faut nous pardonner, il n'est pas facile aujourd'hui de servir un ordre quelconque. Une fête ne doit pas être quelque chose d'étourdi, d'approximatif, ni vide de pensée. Nous gardons dans nos coeurs ce qui est le sens d'une telle fête. Il me semble donc que ce n'est pas une fête frivole, une plaisanterie d'enfant, c'est plutôt un jeu grave, une aventure pieuse."


Le souvenir que m'a laissé le livre, plus que l'histoire sensible et passionnée, hardie pour l'époque, figure dans l'image presque diaphane que renvoie Andreas : il a l'air de passer à travers tout en silence, distant, méditatif, sans émotion, froid, comme un ange cruel et insensible mais en souffrance. Une ombre glacée fascinante. Il a des amis, des amours, est apprécié dans cet univers marginal, mais cela ne s'éprouve pas « viscéralement » par le texte dont l'analyse permettrait sans doute de détecter tous les non-dits, les silences du coeur de ce personnage feutré. La construction, ainsi que certaines mises en écho de passages aux accents oniriques, m'ont paru très habiles, malgré quelques emportements lyriques surfaits.

Le petit film Qui est Klaus Mann ? incitera peut-être à franchir le cap vers cet auteur lucide dont La République des Livres n'a pas manqué de mettre récemment en exergue l'intransigeance et la perspicacité.

(Lu en version numérique)
Lien : http://christianwery.blogspo..
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Lectrice passionnée par Klaus Mann, sa famille, son histoire, son destin, ma chronique ne peut pas être objective. Mais est-ce qu'une chronique se doit de l'être ?
Je me gave de son écriture, et beaucoup moins de l'histoire ou du contenu.
Analyser l'histoire de ce roman prendrait des pages. Pour résumer, il y a une imbrication folle entre la vie de l'auteur et les personnages du livre.
Ce livre ainsi que les personnages choisis pour y vivre, sont flamboyants, désopilants, désarmants, attachants, à n'en plus finir de les suivre à travers cette danse qui n'a pas de fin. Klaus Mann, dans cette oeuvre de jeunesse (cela est redit et redit) aborde tous les thèmes qui seront dans son oeuvre mais aussi dans sa vie... et là on comprend que les deux se sont toujours mêlées. La sororité, l'homosexualité, le rapport au père, l'écriture, l'art, le suicide.
Et cette vie tumultueuse pour un jeune allemand dans Berlin dans les années vingt.
Parfois, quelques pages trainent un peu. Mais les portraits de tous ces personnages bariolés ainsi que leurs émotions sont un délice à lire et à relire.


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Andreas Magnus, jeune peintre et fils d'un médecin réputé, ambitionne de réaliser une toile représentant Dieu en personne, entouré d'une ronde d'enfants. Au lendemain de la Grande Guerre, il cherche un sens à sa vie et décide de quitter le domicile familial pour s'installer à Berlin. Dans la pension qu'il occupe, il se lie d'amitié avec Franziska, une jeune femme à l'allure androgyne, qui lui fait découvrir les bas-fonds de la ville. Andreas commence à se produire dans des cabarets, fréquente des chanteuses, des travestis et les milieux homosexuels. Il s'éprend de Niels, un jeune éphèbe instable et ambigu, dont il suit la trace de Hambourg à Paris. Publié en 1926, La danse pieuse est le premier roman allemand à parler ouvertement d'homosexualité et à se revendiquer de Paul Verlaine, Oscar Wilde ou Herman Bang. Assimilé à son héros, Klaus Mann provoque le scandale, affichant publiquement sa sexualité et le désarroi de sa génération. Hanté par le Berlin décadent de l'entre-deux-guerres, porte-parole d'une jeunesse allemande perdue après défaite de 1918, Andreas Magnus symbolise l'incapacité à donner forme à sa vie et à ses propres désirs, dans une danse effrénée et vaine.
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Dans cette oeuvre de jeunesse, Klaus Mann, avec un style raffiné et mélancolique, nous dresse le tableau de la jeunesse allemande des années 20, qui s'engouffre dans les plaisirs effrénés des bas-fonds berlinois, qui est en manque de repères. Roman prédictif, Klaus Mann avertit dès 1926 d'un cataclysme à venir. La thématique homosexuelle du roman fera scandale. Un livre à lire pour comprendre cette époque de l'histoire allemande.
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Les aventures sentimentales d'un jeune allemand dans les années 20. le roman vaut pour son évocation sans pudeur de l'homosexualité, mais le récit n'est pas non plus passionnant. Je m'attendais à mieux.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
La petite chambre se peuplait alors de personnages. Des chants naissaient dans tous les coins de la pièce, des mélodies puissantes et douces montaient et descendaient. De grandes lamentations se faisaient entendre, la tristesse éternelle de toutes les créatures se dressait, une grande félicité chantait et brillait, l'espoir du repos et de la clarté. Andreas, assis au milieu de toutes ces œuvres, la tête entre les mains, lisait, lisait, lisait.
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Vidéo de Klaus Mann
Homosexuel, toxicomane, citoyen allemand déchu, exilé puis engagé contre l’idéologie nazie, écrivain prolifique et visionnaire, résolument contemporain, il est l’un des plus éminents représentants de la littérature allemande… MAIS QUI EST KLAUS MANN ?
Après "Contre la barbarie" et "Point de rencontre à l'infini", paraîtront le 3 février 2011 aux Éditions Phébus "Aujourd'hui et demain" (http://bit.ly/h0er3J) et "Speed" (http://bit.ly/fMP5tS).
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