AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Geneviève Bianquis (Traducteur)
EAN : 9782253063193
852 pages
Le Livre de Poche (01/01/1993)
4.31/5   422 notes
Résumé :
Trente ans après sa parution, Les Buddenbrook figure au nombre des livres brûlés dans les autodafés. Les chemises brunes hurlent sous les fenêtres de Thomas Mann qu'une " famille allemande, une famille de la race élue ne peut jamais déchoir ". (...) Les Buddenbrook est le roman du déclin, le livre de l'essoufflement. Thomas Mann traque dans cette dynastie marchande les prodromes du désastre. L'observation de soi-même est le premier pas vers le déclin. Car s'observer... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
4,31

sur 422 notes
5
25 avis
4
17 avis
3
7 avis
2
0 avis
1
0 avis

Kittiwake
  24 mai 2021
Parcourir quarante années d'existence d'une famille allemande, de son apogée à son déclin, est un exercice plutôt plaisant.
D'abord pour l' « effet saga », cette impression de s'immiscer en hôte invisible dans l'intimité de ce que cachent les murs des maisons privées, et à chaque reprise de lecture, de retrouver la lecture en cours comme on se glisse dans une bonne paire de vieux chaussons, confortables par habitude.
Nous sommes donc en Allemagne au milieu du dix-neuvième siècle, les affaires sont prospères pour la famille Buddenbrook, dont l'activité de négociants habiles fait la renommée, au point de s'enorgueillir pour le pater familias du titre de consul. le patriarche règne sur ses descendants et tout est sous contrôle.
Pourtant, on perçoit déjà prémisses d'une chute future, dans la conduite fantasque de l'un des héritiers, et quelques choix trop hasardeux d'unions maritales qui auraient dû contribué à consolider l'image de marque de la famille amorcent le déclin. de tout petits grains de sable dans les rouages, dans un contexte global instable sur le plan économique et politique à haut risque.
Nous avons donc une galerie de portraits, les parents, les enfants mais aussi la famille proche et les pièces rapportées, de personnages nombreux dont l'auteur dresse avec subtilité les portraits, de telle sorte que jamais le lecteur ne sera perdu : une particularité physique, un sourcil blond un peu plus haut que l'autre, une lèvre charnue ou des jambes torses viendront à chaque fois rappeler au lecteur à qui il a affaire. Et ces indices ne manquent pas d'humour.
Le récit est de temps à autre évoqué dans son contexte politique, mais l'accent est mis avant tout sur la psychologie des personnages.
Si le déclin annoncé poursuit inexorablement son travail de sape sur la dynastie Buddenbrook, l'auteur n'accable pas un personnage ou un contexte, c'est le résultat d'une convergence de circonstances, de malchances et parfois d'erreurs. Déclin d'une famille mais aussi déclin d'un modèle économique qui n'en finit pas d'agoniser.
J'ai beaucoup aimé les allusions à la médecine si démunie de cette époque, qui voit se succéder deux praticiens, d'habilité très différente, mais aussi inefficaces l'un que l'autre, tant le manque de moyens thérapeutiques est criant. La description clinique de la typhoïde est un morceau d'anthologie.

Plus de 800 cent pages, mais une lecture plaisante, portrait d'une époque révolue.
Lecture commune de la Caverne des Lecteurs

Lien : https://kittylamouette.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          895
LambertValerie
  26 juillet 2022
Tout comme la Montagne magique que j'ai découvert, il y a quelques mois, les Buddenbrook lu aujourd'hui, ces deux romans sont exceptionnels et leur longueur n'en sont pas effrayantes. Bien au contraire, on aimerait tant que cela n'en finisse pas.
C'est en allant, il y a quelques années à Lübeck, où j'ai visité la maison Buddenbrook, transformé en musée que j'ai eu envie de lire l'histoire de cette famille hors pair que constitue les Buddenbrook.
L'histoire se déroule sur quatre générations mais elle est surtout centrée sur la troisième avec quatre enfants. Les deux frères : Thomas et Cristian, deux soeurs dont l'éclatante Antonie.
Cette famille s'inscrit dans la bourgeoisie, de très riches négociants en grains exerçant dans la ville de Lübeck que Thomas Mann parvient à nous décrire de façon si parfaite, décrivant les moeurs, les codes sociaux de cet type de société bourgeoise.
Les premières, à qui cette bourgeoisie de commerçantsfait offense, ce sont les femmes.
Qu'ont-elles à faire de leur vie sinon à se marier et engendrer des descendants mâles poursuivant la lignée de leurs pères ?
D'où mon attachement sans doute à Antonie, surnommée Tony, jeune, ravissante, elle aspire à une vie pleine de douceurs, peut-être même visant l'aristocratie, malheureusement, son destin est dicté par l'intérêt bourgeois et mercantile de la famille.
Elle se voit " contrainte" d'épouser un commerçant cupide qui fera faillite, ne sauvant son honneur qu'en divorcant et retournant chez les siens. Une deuxième tentative de mariage avec un Munichois échouera lamentablement, c'en est fini d'être " une oie" et toutes ses illusions s'enfoncent dans la morne vie d'une ville qui la rejette.
Que dire des deux frères ? Thomas, l'aîné reprend le flambeau du commerce familial, gagne les honneurs de cette société en devenant consul puis sénateur.
Son frère Cristian lui est tout de suite le vilain petit canard, celui qui ne "fait qu'écouter ses états d'âme".
Thomas Mann reste un grand maître dans l'art de disséquer les coeurs et sonder le tréfonds des âmes. On est fasciné par cette écriture qui cisaille les coeurs de nos héros. Personne ne peut échapper à ce qui vous tiraille, vous pénetre. Même Thomas qui jette l'opprobre sur son frère cadet, est lui aussi atteint du même mal qui les rongent.Celui de ne pas être à sa place, vivre dans les faux-semblants, de ne pas se comprendre.
Thomas Mann nous conduit par le biais de ses personnages à une introspection qui donne à réfléchir sur des thèmes qui lui sont chers.
Une place particulière dans le roman est faite à la musique, par la femme de Thomas qu'elle transmet à son fils Hanno. Thomas Mann nous guide dans cet univers musical qui transforme les coeurs et peut porter au sublime.
Lire l'oeuvre de Thomas Mann, c'est une joie sans faille, une sensibilité exacerbée, un pur moment de bonheur.
Et, j'ai bien de la chance car d'autres titres m'attendent encore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          618
afadeau
  31 août 2021
Volontairement je ne mentionne le nombre de pages... Oui, c'est un pavé qui m'a effrayé un moment. Et pourtant, une fois les premières pages passées, le plaisir de lecture était au rendez-vous ainsi que l'envie de passer très rapidement à la page suivante Un bon choix finalement d'avoir découvert cet auteur à travers une oeuvre très brève telle que Tonio Kröger puis, après avoir apprécié le style et le contenu de ce roman, de passer au plat principal. La chronologie voudrait l'inverse, de commencer par Les Buddenbrook écrit deux ans avant Tonio Kröger et présentant l'histoire plus ancienne de cette famille bourgeoise allemande dans laquelle l'auteur raconte beaucoup de lui-même.
Paru en 1901, voici une oeuvre classique que je suis ravi d'avoir découvert. Il y a tant de thèmes dans le récit de ces vies successives. Superbe performance de l'auteur de tisser ainsi le fil de ces générations sans perdre le lecteur en route. Les personnages du roman sont très nombreux et je suis admiratif du talent de l'auteur pour ne jamais lasser son lecteur. La division du livre en onze parties et ensuite en petits chapitres à l'intérieur de chaque partie facilite la lecture. C'est une sorte de tourbillon, l'impression d'une succession de nouvelles avec une présentation attirant la curiosité, puis un développement aux descriptions précises, à l'étude psychologique fine, avant une chute surprenant le lecteur à chaque fin de chapitre.
Le style est musical, fait de retours, de leitmotivs. On ne s'ennuie pas à lire cet énorme livre (oui je vais le dire maintenant : 758 pages ...) tant l'auteur trouve d'humour, de dérision, de tournures pour décrire des situations parfois heureuses mais le plus souvent tragiques. Il force le trait, quelquefois jusqu'à une certaine férocité et maintient le lecteur dans cet état de spectateur ébahi, comme au spectacle de théâtre que Christian Buddenbrook puis le jeune Hanno aiment tant. Tout cela dans des contrées où il semble pleuvoir ou neiger continuellement, renforçant l'intensité dramatique.
Naissances, mariages, décès se succèdent, agrémentés par les mesquineries, les jalousies telles que la vie des hommes regorgent bien souvent. Certains passages sont d'une virtuosité absolue et se détachent encore de l'ensemble. La demande en mariage de M. Grünlich à Antonie Buddenbrook, le retour à la maison du fier consul Kröger après « la révolution », la perfidie de Grünlich pour s'enrichir aux dépends de tous, la passion de Hanno Buddenbrook pour la musique, la charge des responsabilités économiques et politiques de Thomas Bruddenbrook, la somptueuse fête de Noël dans un temps révolu, la classe puis l'improvisation au piano de Hanno, les effets de la typhoïde et les moyens médiocres des médecins à cette époque dans les années 1850-1900 face à la maladie. L'énergie dégagée par ces ancêtres, appartenant à une riche bourgeoisie, est colossale et les efforts pour maintenir ce rang tout aussi prodigieux. Et pourtant, tout échappe, tout change dans un avenir de plus en plus imprévisible.
Pourquoi lire 120 ans après sa publication un roman sur l'histoire du déclin d'une famille allemande au dix-neuvième siècle ? Pour plein de raisons dont bien sûr le plaisir de lire une oeuvre magistrale dans sa composition et sa rédaction. Mais pas seulement ! On a là un témoignage historique puissant, d'un auteur qui est issu de cette bourgeoisie ayant connu ce déclin. Il dresse le tableau d'un capitalisme bourgeois cherchant une issue à la concurrence effrénée existant déjà à cette époque, voyant monter les revendications ouvrières, et dont l'issue sera malheureusement, pour résumer en quelques mots, deux épouvantables guerres mondiales et l'enfer du nazisme.
On a pu visiter cet été des châteaux, des maisons bourgeoises, s'imprégner des atmosphères d'époque. Ici, dans ces pages merveilleuses, Thomas Mann donne vie à l'intérieur de ces maisons et fait s'agencer les évènements familiaux, l'histoire et les idées qui ont façonné cette séquence de temps. Toutes raisons qui font qu'ouvrir ce livre peut être une belle et bonne idée. Après avoir terminé, sans beaucoup de pauses, cette saga racontant le déclin d'une famille allemande sur quatre générations, subsistera l'émerveillement de découvrir un peu plus, un écrivain allemand rivalisant de virtuosité littéraire avec des auteurs tels que Balzac ou Zola.
Thomas Mann (1875 – 1955) a mis dans ce roman beaucoup d'éléments de sa jeunesse à Lübeck. Il avait lui-même séjourné à Munich, à 17 ans, à la mort de son père en 1891, un riche négociant en grains dont il devait prendre la suite – Dans Les Buddenbrook, c'est Tony la bouillante soeur de Thomas Buddenbrook qui suit son mari dans ce sud aux coutumes bien différentes de celles de Lübeck –. Au départ, il a écrit sur son milieu, la bourgeoisie allemande, puis sur l'Europe avant que l'histoire ne l'incite à aller plus loin dans l'engagement. Sont exprimées avec force dans ce récit les tensions en rapport avec un père allemand appartenant à l'élite commerçante et politique, et une mère germano-brésilienne plutôt mondaine et artiste. Il a eu le prix Nobel en 1929 pour ce roman ayant connu un grand succès. Exilé aux États-Unis en 1938, il a été la voix au plus haut niveau, avec ses enfants Klaus et Erika, d'une Allemagne refusant le nazisme.
******
Retrouvez cette chronique sur mon site Bibliofeel afin de lire en écoutant L'adagio de la sonate N.5 op.24 de Beethoven avec au piano Iyad Sughayer et la merveilleuse Esther Abrami au violon. Version tout à fait en accord pour moi avec un des très beau moment du livre (parmi une multitude d'autres...). P 747 : "On dînait à quatre heure. Gerda Buddenbrook, le petit Johan et Mlle Clémentine étaient seuls. Plus tard, Hanno disposa tout au salon pour y faire de la musique et attendit sa mère au piano. Ils jouèrent la sonate op. 24 de Beethoven. A l'adagio, le violon chantait d'une voix d'ange, mais Gerda éloigna le violon de son menton, le posa d'un air mécontent, le regarda avec méfiance et déclara qu'il était mal accordé. Elle ne voulut plus jouer et monta se reposer."
La belle couverture de cette édition est aussi présentée dans une composition personnelle réalisée au festival des jardins à Chaumont sur Loire...
Lien : https://clesbibliofeel.blog
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          492
Allantvers
  21 août 2015
Fin de siècle, fin de race : telle est la prémonition qui traverse cette grande saga crépusculaire, publiée en 1900.
Bien qu'assez austère, à l'image de cette famille de bourgeois trop affairés dans le commerce et la tenue de son rang social pour perdre son temps à cultiver sa richesse d'esprit ou de coeur - cette occupation de manants et de dégénérés - , « les Buddenbrock » est un roman captivant de bout en bout, tant Thomas Mann réussit à transcrire de l'intérieur, en s'appuyant sur son propre vécu, les signaux faibles qui conduiront inéluctablement au déclin.
Sous sa plume sensible et rythmée, on assiste, tout au long de ces 850 pages, à la lente chute de cette famille sur quatre générations, de l'aïeul bâtisseur Johann, solidement ancré dans les valeurs traditionnelles de la bourgeoisie allemande du début du 19ème siècle dans lesquelles son fils le consul continuera de s'inscrire, à son petit-fils Thomas qui poursuivra l'oeuvre familiale mais qui, prenant conscience à l'aube de la cinquantaine qu'il tourne à vide sur des valeurs qui ne sont pas les siennes et engendrera le déclin, jusqu'au dernier né Hanno, l'artiste répugnant aux affaires du monde, indifférent à la déchéance de sa lignée.
Un classique magnifique et instructif.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
MELANYA
  12 mai 2022
Ecrivain allemand, Thomas Mann (le Prix Nobel de littérature), qui écrivait déjà très jeune, a publié en 1900, son premier roman : « Les Buddenbrook : le déclin d'une famille» («Buddenbrooks: Verfall einer Familie »).
On pourrait dire en résumé : » Quand tout à peu se désagrège et se meurt » et cela donnerait le thème de cette saga devenue un grand classique de la littérature allemande. Trente ans plus tard, ce livre a fait partie de ceux brûlés par les nazis.
L'histoire est celle d'une famille, une grande famille bourgeoise du nord de l'Allemagne, de Johann, le solide fondateur de la dynastie et de l'entreprise familiale, à Hanno, le frêle musicien qui s'éteint quarante ans plus tard dans un pavillon de banlieue. Quatre générations de bourgeois riches, prospères et fiers d'eux-mêmes.
Fiers et aveugles : tandis que peu à peu leur vie se désagrège, ils continuent - se goinfrent - se félicitent- ils portent le masque du bonheur et de la complétion, et y croient eux-mêmes. Chaque personnage portait en lui les promesses d'un bel avenir, et tous passent à côté en finissant décrépis et asséchés.
Il y a d'abord Toni, la belle jeune fille boudeuse, si prometteuse, qui sacrifie son amour pour que son « papa » soit « content ». Ses échecs maritaux s'additionnant, elle devient aigrie et radote. Elle qui représentait au début le romantisme, la jeunesse, la beauté, la spontanéité, n'est plus qu'un vulgaire bourgeoise exaspérante. Cet amour qu'elle a laissé, sans que jamais elle songe à le retrouver, elle ne cesse de l'évoquer, comme un baume. Sa vie est un grand ratage, mais elle est trop bête pour s'en rendre compte. Elle ne comprend rien.
Il y a son grand frère aussi, Christian, l'artiste raté, fasciné par le théâtre, toujours en train de se donner en spectacle, mais qui jamais ne réussit à s'assumer, à passer le cap, à monter sur les planches, qui reste toujours à la limite, trop bourgeois et pas assez courageux, et qui avec les années devient de plus en plus ennuyeux et de moins en moins drôle.
Il y a surtout Thomas, l'aîné, l'inoubliable Thomas Buddenbrook, le seul clairvoyant. C'est une âme supérieure, le noble dans cette famille de bourgeois, extrêmement fin et intelligent ; il a tout sacrifié pour l'entreprise familiale reçue en héritage, il s'efforce d'en être digne et de la faire prospérer, mais il n'est pas fait pour cette vie, il voulait autre chose, mieux, plus beau, plus haut. Il s'en rend compte, et c'est ce qui est terrible chez lui, c'est ce qui est si poignant : il sent que ses forces s'épuisent, que son coeur s'assèche, que sa jeunesse l'abandonne, que son amour s'éteint, il regarde autour de lui et il voit tout, la banalité, la fadeur de ce qui l'entoure, et pourtant il continue, jusqu'au bout, comme un soldat qui aurait la gangrène et qui continuerait de marcher.
Et enfin Hanno, qui ne vit que par et pour la musique, qui y est né, qui y meurt. L'artiste, le vrai, mais une plante pareille ne peut pas fleurir dans ce champ stérile qu'est la haute bourgeoisie allemande.
Le tour de force de Thomas Mann est d'avoir amené lentement ses personnages à la fin sans que jamais rien ne se passe, sans que jamais ils ne se disent : je chute.
Dans cette famille, on n'élève pas le ton - on fait régner la paix - on s'arrange et on continue à se laisser porter par la vie, par le long fleuve tranquille qu'est la vie bourgeoise des riches commerçants. On s'achète des nouvelles maisons - on fait des aménagements - on se marie - on enfante : tout est toujours pour le mieux, et cela semble devoir continuer jusqu'à l'infini, dans une lente répétition de chaque jour et de chaque moment. Les pleurs, les joies, tout passe et s'efface, rien ne porte jamais à conséquence. Pas De révolte, pas de cris. On se parle mais on ne communique pas, chacun reste à part soit, sans personne pour apporter du réconfort, parce que personne ne se comprend et que tout le monde joue un rôle qui n'est pas le sien. Et la vie toujours continue. Et tout à l'air d'aller bien, même lorsque tout est perdu.
« A travers quatre générations d'hommes et de femmes, » Les Buddenbrook « conte une histoire ordinaire et fabuleuse : la grandeur et la décadence d'une dynastie bourgeoisie dans l'Allemagne du XIXème siècle.
Qu'on le compare aux Rougon-Macquart » de Zola ou à la « Saga des Forsyte » de Galsworthy, le roman de Thomas Mann est un mythe. Et un des sommets de la littérature moderne. » (quatrième de couverture de mon édition).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          342

Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   15 octobre 2012
[...] te rappelles-tu, tu m'as dit :"Il me semble qu'une ère toute nouvelle va s'ouvrir!" C'est comme si je t'entendais encore, et les évènements ont paru te donner raison, car aux élections au Sénat la fortune m'a souri, et, ici, la maison s'élevait à vue d'oeil. Mais la dignité de sénateur et la maison ne sont qu'apparences, et je sais,moi, une chose à laquelle tu n'as pas encore songé; je la tiens de la vie et de l'histoire. Je sais que, souvent, au moment même où éclatent les signes extérieurs, visibles et tangibles, les symptômes de bonheur et de l'essor, tout déjà s'achemine en réalité vers le déclin. L'apparition de ces signes extérieurs demande du temps, comme la clarté d'une de ces étoiles dont ne nous savons pas si elle n'est pas déjà sur le point de s'éteindre, si elle n'est pas déjà éteinte, alors qu'elle rayonne avec le plus de splendeur....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
PilingPiling   12 novembre 2010
C'est ainsi que les choses se passent dans la fièvre typhoïde. Jusque dans les lointains rêves de la fièvre, dans l'égarement brûlant du malade, la vie jette son appel d'une voix réconfortante que l'on reconnaît infailliblement. Cette voix rude et fraîche atteint l'esprit sur le chemin étrange et torride où il avance et qui mène à l'ombre, à la fraîcheur, à la paix. L'homme, s'il prête l'oreille, entendra cette voix claire, gaie, un peu railleuse, qui l'exhorte à revenir sur ses pas, qui vient à lui de cette région qu'il a laissée, si loin derrière lui et déjà oubliée. Si un émoi s'éveille en lui, comme un sentiment d'avoir lâchement failli à son devoir, un sentiment de honte, un renouveau d'énergie, de courage et de joie, d'amour et d'attachement envers cette agitation décevante, bigarrée et brutale qu'il a laissée derrière lui, alors, si loin qu'il se sera aventuré sur le sentier étrange et brûlant, il fera demi-tour et vivra. Mais s'il tressaille de peur et d'aversion en entendant la voix de la vie, si, en ce moment, à cet appel jovial et provocant, il secoue la tête négativement et étend le bras derrière lui comme pour se défendre, et s'élance en avant sur le chemin qui s'est offert à lui comme un refuge… alors il est bien clair qu'il mourra.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
LambertValerieLambertValerie   26 juillet 2022
L'absence de tout intérêt profond et vif, l'appauvrissement et le délabrement de son âme __délabrement qui se faisait sentir presque continuellement comme un chagrin obscur et pesant, un sentiment de nécessité inexorable et la résolution tenace de sauvegarder à tout prix sa dignité, de dissimuler sa déchéance par tous les moyens et de sauver les apparences, avait ainsi transformé son existence, l'avait rendue artificielle, consciente, contrainte au point que tout mouvement, toute parole, la moindre de ses actions parmi les hommes était devenue une comédie fatiguante et épuisante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
eliott18eliott18   22 décembre 2019
-Ces grandes vagues, dit Thomas Buddenbrooks... Regarde-les approcher et se briser, revenir et se briser, l'une après l'autre, sans but, désolées, folles. Et, cependant, c'est un spectacle calmant et consolant, comme tout ce qui est simple et nécessaire. J'ai appris à aimer la mer de plus en plus. Si j'ai autrefois préféré la montagne, c'est peut-être tout simplement parce qu'elle est plus éloignée. A présent, je n'ai plus envie d'y aller. Elle me ferait peur et honte. Les montagnes sont trop fantastiques, trop humilié devant elles. Mais de quelle trempe sont les hommes qui préfèrent la montagne à la mer ? Il me semble que ce sont eux qui ont trop longtemps observé la complication des choses intérieures pour ne pas exiger des choses extérieures une qualité à tout le moins : la simplicité. Peu importe que l'on gravisse vaillamment les montagnes ou que l'on demeure tranquillement couché sur la grève, au bord de la mer. Mais je connais le regard dont on admire les unes et celui que l'on accorde à l'autre. Les yeux assurés, présomptueux, heureux, plein d'esprit d'entreprise, de fermeté, du courage de vivre, errent de cime en cime ; mais pour rêver devant la vaste étendue marine qui roule ses flots avec un fatalisme mystique et gourd, il faut le regard d'un homme désillusionné et averti qui a au moins une fois plongé la tristesse des complications inextricables ; c'est toute la différence entre la santé et la maladie. On grimpe hardiment parmi la merveilleuse diversité des formes accidentées, hérissées, ravinées, pour mettre à l'épreuve sa force vitale encore intacte. Mais on aime à se reposer devant la vaste uniformité du monde extérieur quand on est las de toutes les complications intérieurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
LambertValerieLambertValerie   17 juillet 2022
Tous deux regardaient les glauques murailles des vagues enchevêtrées d'herbes marines, qui s'avançaient menaçantes et se fracassaient sur le bloc de pierre dressé contre elles... dans ce tumulte confus, éternel, qui stupéfie, vous laisse sans voix et supprime jusqu'au sentiment de la durée.
Commenter  J’apprécie          260

Video de Thomas Mann (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Mann
« Toute lecture digne de ce nom se doit d'être absorbante et voluptueuse. Nous devons dévorer le livre que nous faisons, être captivés par lui, arrachés à nous-mêmes, et puis sortir de là l'esprit en feu, incapable de dormir ou de rassembler ses idées, emporté dans un tourbillon d'images animées, comme brassées dans un kaléidoscope. » Cette citation de Robert Louis Stevenson, l'auteur de L'Île au Trésor, est le début d'un texte qui célèbre l'art du roman épique, et que l'on peut retrouver dans une série d'Essais sur l'art de la fiction, passionnante somme de réflexions sur la littérature d'aventures. Un genre dans lequel excelle notre invité du jour, Pierre Lemaitre, que nous avons eu la chance de recevoir à Dialogues à l'occasion de la parution de son roman le Grand Monde. Au fil de notre échange, il nous fait entrer dans son atelier d'écrivain, évoque la façon dont se construisent ses romans, et nous livre même quelques conseils de lectures ! Et pour terminer cet épisode, nous partons à la rencontre de nos libraires, qui nous parlent de quelques romans d'aventures inoubliables à avoir absolument dans sa bibliothèque.
Bibliographie :
- le Grand Monde, de Pierre Lemaitre (éd. Calmann-Lévy) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20145088-le-grand-monde-pierre-lemaitre-calmann-levy
- Les Rougon-Macquart, d'Émile Zola (éd. Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/247912-les-rougon-macquart-1-le-ventre-de-paris-his--emile-zola-gallimard
- Les Buddenbrook, de Thomas Mann (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/288802-les-buddenbrook-le-declin-d-une-famille-le-d--thomas-mann-le-livre-de-poche
- U.S.A., de John Dos Passos (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/15821178-1-usa-42e-parallele-trilogie-u-s-a-i-john-dos-passos-folio
- Blackwater, de Michael Mc Dowell (éd. Monsieur Toussaint Louverture) https://www.librairiedialogues.fr/serie/blackwater/84979/
- Les Misérables, de Victor Hugo (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/11354695-les-miserables-victor-hugo-folio
- Les Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/60125-les-trois-mousquetaires-alexandre-dumas-gallimard
- Vingt ans après, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/133400-vingt-ans-apres-alexandre-dumas-folio
- le Vicomte de Bragelonne, d'Alexandre Dumas (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/502953-1-le-vicomte-de-bragelonne-alexandre-dumas-folio
- Ce qu'il advint du sauvage blanc, de François Garde (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/4134896-ce-qu-il-advint-du-sauvage-blanc-francois-garde-folio
- Les Cormorans, d'Édouard Jousselin (éd. Rivages) https://www.librairiedialogues.fr/livre/16461698-les-cormorans-edouard-jousselin-rivages
- Méridien de sang, de Cormac McCarthy (éd. de l'Olivier) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18431135-meridien-de-sang-ou-le-rougeoiement-du-soir-dan--cormac-mccarthy-editions-de-l-olivier
- Michel Strogoff, de Jules Verne (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/476214-michel-strogoff-jules-verne-le-livre-de-poche
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
autres livres classés : littérature allemandeVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Thomas Mann

Thomas Mann a eu le Prix Nobel

vrai
faux

10 questions
37 lecteurs ont répondu
Thème : Thomas MannCréer un quiz sur ce livre