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Félix Bertaux (Traducteur)Charles Sigwalt (Traducteur)Geneviève Maury (Traducteur)
ISBN : 2253002690
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1978)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Tonio Kröger est un jeune écrivain d'origine bourgeoise et bohème de nature. Esprit tourmenté, il mène une vie solitaire et comme séparée de celle des autres hommes. Il ne peut vivre sans constamment s'interroger sur soi-même, sur l’œuvre qu'il crée, sans se regarder vivre, alors qu'il n'aspire qu'à vivre comme ceux qui vivent sans y réfléchir, qui ne s'analysent pas, qui ne rêvent pas, qui se contentent de s'abandonner simplement à leurs instincts sociaux.
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
25 juin 2017
Bref, intense et sublime à la fois. Telles sont les qualités d'une bonne nouvelle littéraire et, assurément, Thomas Mann les maitrise à merveille. Il faut admettre que ce grand auteur n'a pas son égal – ou si peu – pour sonder l'âme humaine, mais pas nous en montrer les noirs tréfonds, non ! Plutôt la beauté des esprits tourmentés, comment les élans brisés du coeur, l'envie, l'égoïsme, la passion retenue et le sentiment d'incompréhension peuvent se développer artistiquement. Avec sa nouvelle «Tonio Kröger», il nous le prouve encore. Pas besoin d'une saga de grande envergure, seulement la vie en condensé !
Le héros éponyme est un être à part, la dualité incarnée. Fils d'un banquier allemand, au tempérament nordique, austère, raisonnable, et d'une artiste espagnole, au tempéramment latin, aimant jouer du piano et de la mandoline. Évidemment, il ne pouvait que tenir davantage de sa mère plutôt que de son père. « Mais, sous le bonnet de fourrure rond de Tonio, dans un visage brun aux traits d'une finesse toute méridionale, s'ouvraient deux yeux sombres, délicatement ombragés, aux paupières trop lourdes, à l'expression rêveuse et un peu hésitante… » (p. 12) Même son prénom, Antonio, lui rappelle qu'il est tout le contraire de ses amis. En particulier le blondinet Hans Hansen, qui respire la santé, la force, la vigueur. Âme sensible, il en souffre beaucoup.
À ce point de l'histoire, je me demandais où l'auteur Thomas Mann voulait amener ses lecteurs. Quand Hans glisse son bras sous celui de Tonio tout en lui jetant un regard à la dérobée, et que ce dernier se sentit subitement des dispositions très tendres à son endroit, je me suis dit que c'était le début d'une amitié masculine très… exclusive. Surtout que Tonio pense aux vers qu'il a écrit, à son âme sensible et son tempérament d'artiste... Bon, ça fait un peu macho, j'en conviens. Ceci dit, j'étais dans l'erreur. Hans s'en va, laissant le jeune homme dans une perplexité désarmante.
Et moi encore plus ! Au chapitre suivant, Tonio est en extase devant la jolie Ingeborg Holm, aux yeux bleus et aux cheveux blonds. Décidément, c'est une idée fixe. Et il en devient torumenté, hanté. Malheureusement, sa mère puis son père meurent, le laissant seul, et il doit quitter sa ville natale, travailler un peu dans le commerce avant de s'abandonner à l'art en Italie. Mais tout ne tourne pas comme prévue et il est difficile de se défaire d'une éducation, même son amie Lisaveta le lui dit : « Vous êtes un bourgeois engagé sur une fausse route, Tonio Kröger, un bourgeois fourvoyé. » (p. 69) On revient à cette dualité, à ces antipodes qui constituent son tempérament : le bourgeois contre l'artiste. Alors le jeune homme la prend au mot et part retrouver une partie de lui-même au Danemark, sur les traces de Hamlet…
C'est du romantisme par excellence ! « Mais dans la mesure où sa santé s'affaiblissait, son sens artistique s'affinait, devenait difficile, délicat, exquis, fin, irritable à l'égard de la banalité et extrêmement susceptible dans les questions de tact et de goût. » (p. 45) Tout cela alors qu'une soif de pureté et d'honnêteté le travaille. Ma foi, c'est un héros digne de Goethe, Musset ou Hugo ! Surtout avec ce questionnement sur la vie d'artiste, de poète, incompris de ses pairs et de ses contemporains, qui ne trouve sa place nulle part.
Je ne vais en faire un résumé interminable. Il suffit de dire que Kröger voyagera beaucoup en peu de temps et vivra plusieurs péripéties. Mais partout, ce qu'il cherchera en vain (même s'il n'en était pas conscient d'abord), c'est l'image de cette jeune fille aux cheveux blonds. Il s'en rend compte à la toute fin et l'écrit à son amie Lisaveta. J'ai été assez surpris de voir l'histoire se terminer ainsi. C'est très convenable. Seulement je n'avais aucune idée qu'il s'agissait d'une nouvelle. Je n'étais rendu qu'à la moitié du bouquin ! À peine une centaine de pages !
Les autres nouvelles sont intéressantes mais pas autant que la première. Je retiens un peu celle intitulée «Le petit Monsieur Friedmann», encore une histoire d'amour impossible et qui finit dramatiquement. Peut-il en être autrement pour un jeune homme tourmenté ? Certains diront certainement qu'elle se termine mal, ça dépend des goûts. Moi, je trouvais cette fin étrange mais tout de même appropriée. Pour ce qui est des autres nouvelles… Bof ! Elles sont beaucoup plus courtes (à peine une dizaine de pages), ce qui fait qu'on a moins le temps de s'attacher aux personnages. Ou pas du tout ! Elles se confondent un peu dans ma mémoire, déjà leur souvenir s'estompe. Il y a court et trop court, Thomas Mann m'a un peu déçu avec ces dernières nouvelles.
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peloignon
01 mars 2013
L'auteur nous présente avec brio, dans ce très court roman, quelques moments idéaux typiques de la croissance existentiale d'un artiste bourgeois nommé Tonio Kröger.
Ce dernier, ballotté par les vents et marées où baigne la barque de son existence, fait face à son angoisse en préservant de son mieux l'équilibre instable de son âme sensible.
Il prend au sérieux aussi bien la réflexion que l'immédiateté, persistant presque héroïquement à les garder toutes deux en tension existentielle, au lieu de les unifier en une fadeur confortable.
Cette conscience malheureuse destinale de l'exception, état de conscience récurrent chez les personnages de Mann, me semble provenir d'un regard pathologiquement conscient d'une transcendance...un temple érigé à un Dieu inconnu...
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PiertyM
15 février 2017
Une jolie nouvelle sur une personnalité particulière, celle de Tonio Kröger, déjà enfant tout acte ou tout geste accompli sous ses yeux mérite une grande réflexion, s'interroger est une nature qui peu à peu le fera comprendre qu'il n'était pas comme les autres, il n'arrive pas à partager avec ses amis l'enthousiasme de son gout pour la lecture...hé oui, lui Tonio Kröger, est un futur écrivain mais déjà là la solitude le guette...
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Tallula
10 novembre 2012
J'avais lu pas mal d'avis négatifs sur Tonio Kröger. Un livre "ennuyeux", où "il ne se passe rien"... Ce n'est pas du tout ce que j'en pense après l'avoir fini.
C'est un roman que je recommande, et même si c'est une traduction, j'ai vraiment beaucoup aimé le style d'écriture.
Nous suivons ici l'évolution d'un poète, Tonio Kröger, de son adolescence à l'âge adulte. Et ce qui frappe c'est son sentiment d'être incompris, à part, alors qu'il n'a que 14 ans... Parce qu'il lit plus que les autres, parce que, fils de consul, il n'a pas le même langage que ses camarades de classe, il est véritablement prisonnier de ses pensées.
En grandissant, nous pourrions croire qu'il a enfin trouvé sa place en ce monde en même temps que le succès, mais non.
Ce roman se termine par la même scène : 13 ans après, l'histoire se répète, ce qui ajoute au sentiment d'enfermement. le poète serait donc trop en décalage avec le monde pour y trouver son bonheur, parce qu'il a un regard supérieur, aiguisé. Il voit au delà de ce que le commun des mortels voit. En cela, peut il trouver sa place en ce monde ? Sa renommée et son talent sont-ils, finalement, aussi enviable que l'on pourrait le penser au premier abord ? Ne dit-on pas "Heureux les simples d'esprit" ?
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Snarkk
04 novembre 2014
Ce roman est très court mais particulièrement intense : tout à fait le genre à être lu d'une traite et sans remords. On y retrouve deux personnages principaux : Tonio Kröger, un écrivain bourgeois, est le premier. le second ? Ce sont les états d'âme de cet écrivain...

Rarement un livre n'aura accordé autant de place aux questionnements et aux sentiments d'un être qui se sent à part, déconnecté du fonctionnement normal de son époque. de nombreuses réflexions sillonnent l'ouvrage, effleurant l'intelligence, l'égoïsme, la capacité artistique, l'amour, etc...

J'étais particulièrement impressionné par le fait que le roman débute tambour battant. Je me suis laissé happé par la personnalité de Tonio Kröger, dans ce qu'elle a de plus magnifique mais aussi de plus détestable. Néanmoins, il y a une essoufflement qui se ressent au fur et à mesure de la lecture, et je dois avouer que la fin choisie par Thomas Mann n'est pas à mon goût. Baste, ça n'en reste pas moins un excellent roman, très court qui plus est.
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
AthenapanAthenapan19 septembre 2017
Alors vint, avec le tourment et l'orgueil de la connaissance, la solitude, parce qu'il lui était impossible de demeurer dans la société des gens candides, à l'âme insouciante et obscure, et que le signe qu'il portait sur son front les troublait. Par contre, il trouvait une joie de plus en plus douce dans la poursuite du mot et de la forme, car il avait coutume de dire (et il l'avait aussi noté) que la connaissance de l'âme mènerait infailliblement à la mélancolie, si le plaisir que donne la recherche et l'expression ne nous maintenait alerte et gai.
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SachenkaSachenka21 juin 2017
- Ne me parlez pas de vocation, Lisaveta Iwanowa! La littérature n'est pas une vocation, mais une malédiction, sachez-le. Quand cette malédiction commence-t-elle à se faire sentir? Tôt, terriblement tôt ; à une période de la vie où l'on devrait encore avoir le droit de vivre en paix et en harmonie avec Dieu et avec l'univers. Vous commencer à vous sentir à part, en incompréhensible opposition avec les autres êtres, les gens habituels et comme il faut ; l'abîme d'ironie, de doute, de contradictions, de connaissances, de sentiments qui vous sépare des hommes se creuse de plus en plus, vous êtes solitaire et désormais il n'y a plus d'entente possible. Quelle destinée!
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TallulaTallula11 novembre 2012
L'expérience l'avertissait que ce qu'il éprouvait là était l'amour. Mais, quoi qu'il sût parfaitement que l'amour lui apporterait beaucoup de souffrances, de tourments et d'humiliations, qu'il détruisait la paix de l'âme et remplissait le cœur de mélodies, sans qu'il fût possible de leur donner une forme harmonieuse et créer dans le calme une œuvre achevée, il l'accueillit tout de même avec joie, s'abandonna tout entier à lui, et le nourrit avec toutes les forces de son âme, car il savait que l'amour rend riche et vivant, et il aspirait à être riche et vivant plutôt qu'à créer dans le calme une œuvre achevée.
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zoharzohar05 février 2011
Il se livra tout entier à la puissance qui lui apparaissait comme la plus élevée sur terre, au service de laquelle il se sentait appelé: la puissance de l'esprit et du verbe qui règne en souriant à la vie inconsciente et muette. Il se donna à elle avec sa juvénile passion.
Elle aiguisa son regard (...), elle lui ouvrit l'âme des autres et la sienne propre, le rendit clairvoyant, lui montra l'intérieur du monde, et ce qui se trouve tout au fond, sous les actions et les paroles.
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WilkinsonWilkinson05 mai 2012
"Si vous tenez trop à ce que vous avez à dire, si votre coeur bat trop vite pour votre sujet, vous pouvez être sûr d'un fiasco complet. Vous serez pathétique, vous serez sentimental, vous produirez une oeuvre lourde, gauche, austère, dénuée de maîtrise, d'ironie et de sel, ennuyeuse, banale, et le résultat final sera l'indifférence chez le public, et pour vous la déception et le chagrin..."
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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