AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782226398994
544 pages
Albin Michel (07/04/2021)
4.27/5   177 notes
Résumé :
L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

1915, non loin d’Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
4,27

sur 177 notes
5
38 avis
4
16 avis
3
3 avis
2
2 avis
1
0 avis

Fandol
  25 juillet 2021
Ian Manook, Patrick Manoukian, que j'avais adoré lire dans sa trilogie de polars - Yeruldelgger, Les Temps sauvages et La mort nomade – est un fameux romancier.
Cette fois, il s'est lancé un grand défi : raconter l'histoire de ses grands-parents en s'inspirant de ce que lui racontait sa grand-mère. de 1915 à 1939, d'Erzeroum aux rives du lac Baïkal, je me suis laissé prendre par L'oiseau bleu d'Erzeroum, cette ville d'Arménie occidentale, située dans le nord-est de la Turquie, à 1945 mètres d'altitude, là où tout commence.
Araxie et Haïganouch, sont deux soeurs âgées de dix et six ans. Elles vivent avec leur mère, Gaïanée, seule depuis que Vartan, son mari, est parti à la guerre. À la campagne, pas loin d'Erzeroum, la vie est paisible quand arrivent trois cavaliers turcs, des tchété, supplétifs de l'armée turque, des pillards. Et c'est la première scène de violence qui me plonge d'emblée dans l'épuration, l'élimination programmée des Arméniens, leur génocide.
Ayant de peu échappé à la mort, Araxie et Haïganouch sont recueillies par des cousins, à Erzeroum, dans le quartier arménien situé hors les murs car la citadelle leur est interdite. Hélas, au cours de l'agression ôtant tragiquement la vie de sa mère, Haïganouch a perdu la vue. Araxie veille donc sur elle, heureusement, à chaque instant.
Leur oncle, Krikor Karakozian, sait que 55 000 personnes ont déjà été suppliciées et égorgées à Aykestan et à van et que bien d'autres horreurs ont été commises. Soudain, c'est sur leur communauté d'Erzeroum que s'abat le malheur. Obligés de partir très vite, de tout abandonner, de payer même une taxe, et déjà les premiers massacres, les premiers blessés.
C'est ainsi que, dans cette année 1915, Ian Manook m'emmène sur les chemins de la déportation décidée par la nouvelle République turque. Talaat pacha, le ministre de l'Intérieur, est le grand théoricien de l'épuration et l'ordonnateur de l'extermination des chrétiens. Il est soutenu par Enver pacha, le ministre de la guerre alors que le docteur Nazim a tout planifié pour faire disparaître les cadavres et déporter les survivants dans le grand désert de Deir-ez-Zor où ils ne pourront que crever de faim et de soif.
C'est vrai que dans cette première partie, il faut s'accrocher. J'ai beau avoir entendu parler de ce génocide, ce que raconte Ian Manook est atroce. Ce serait incroyable si tout n'était pas prouvé, avéré.
Des gendarmes encadrent la colonne puis on trie, séparant hommes et garçons de plus de douze ans des femmes et des enfants. Des Kurdes à cheval et d'autres supplétifs se chargent de faire obéir et abattent sans sommation homme, femme ou enfant qui traîne ou tente de résister. Tous les hommes sont tués puis, un peu plus loin, c'est un véritable abattoir humain qui est mis en place près d'une rivière.
C'est justement dans cette rivière que se baigne Hilde von Blitsch, la fille du consul d'Allemagne à Erzeroum, accompagnée d'un jeune citoyen américain, Christopher Patterson. Si Hilde perd la raison devant tous ces cadavres déversés par le courant, Christopher photographie cette abomination qui donne raison à toutes les rumeurs qu'il a entendues.
Pendant ce temps, Araxie et Haïganouch sont arrivées à Diarbekir bien aidées par Chakée, une femme qui les a prises sous son aile. C'est là qu'elles sont vendues comme esclaves auprès d'Assina qui va devenir la seconde épouse d'un riche propriétaire, à Alep.
Lorsqu'elles arrivent dans cette nouvelle résidence, leurs prénoms sont changés et on leur tatoue un petit oiseau bleu entre le pouce et l'index pour marquer leur appartenance à la maison. Araxie dit alors à sa soeur que c'est L'oiseau bleu d'Erzeroum.
Bien des aventures suivent, des événements le plus souvent dramatiques, rarement heureux. Deux jeunes gens hardis et courageux interviennent : Haïgaz et Agop. Ils sont Arméniens et tentent de venger leurs frères lâchement massacrés.
D'Istamboul à Smyrne qui deviendra Izmir suite à l'intervention brutale des troupes de Mustapha Kemal, en 1922, de Berlin à Beyrouth, d'Erevan à Moscou mais aussi de Pont-de-Chéruy à Meudon, l'auteur m'a fait beaucoup voyager et vivre d'importants moments d'Histoire. J'ai croisé des personnages importants pour la suite de l'Histoire et c'est passionnant de bout en bout.
L'attitude des pays européens et des États-Unis d'Amérique devant cet immense massacre d'un peuple est d'une lâcheté immense mais nous savons que cela s'est déjà produit et se reproduira hélas ensuite avec, entre autres, la Shoah et le Rwanda.
Toute cette histoire est bien racontée, réservant des moments de bonheur, de plaisir simple, de délices gastronomiques subtilement détaillés. Impossible de cacher que les grands-parents de l'auteur se retrouveront en France, à Pont-de-Chéruy (Isère) d'abord, puis à Meudon (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine aujourd'hui) où le racisme, la haine des étrangers est bien réelle.
Heureusement, la diaspora arménienne agit et obtient des résultats pour aider les survivants des massacres à refaire leur vie.
Si la Seconde guerre mondiale se profile juste après que le Front Populaire ait obtenu les congés payés et fait reconnaître les droits des travailleurs, en Union soviétique dont fait partie l'Arménie et sa capitale, Erevan, la terreur stalinienne fait des ravages et Ian Manook le détaille très bien.
L'oiseau bleu d'Erzeroum aura-t-il réussi à réunir ces deux soeurs séparées brusquement alors qu'elles étaient encore à Alep ? Pour savoir et vivre intensément comme je l'ai vécu dans ce roman historique et familial, il faut lire L'oiseau bleu d'Erzeroum.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1282
SamDLit
  20 avril 2021
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
La femme est l'avenir de l'homme
et qu'en fait-il ?
des guerres, toujours et encore des guerres,
de combats de coqs en marquages de territoires
de massacres en génocides, d'éliminations en exterminations,
au nom de la religion, au nom du profit économique, au nom de l'agrandissement du royaume, au nom de la politique, au nom de l'idéologie.
Tant et tant de aux noms que l'homme en perd le sien et sa raison.
Les 47 chapitres de ce roman sont comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde et son Histoire de 1915 (Erzeroum, Arménie turque) à 1939 - provisoirement avec ce tome 1, quelque part sur la terre.
Nous y traversons d'est en ouest, de l'Orient à l'Occident, mers, océans, peuples, religions, traditions, champs de bataille, charniers, morts, d'une guerre à l'autre, d'un massacre à un autre, quand l'un finit commence un nouveau ou s'annoncent les prémisses du suivant.
Un immense sentiment de découragement et d'accablement face à cette photographie du monde et de notre histoire à tous, au-delà même de celle du peuple arménien. Répétitions, générale, première, représentations et attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, cela va (re) commencer.
Reprendre respiration avec les mots de l'auteur qui souhaite simplement:
"Aux enfants de toutes les diasporas, qui enrichissent de leur culture celle qui les accueille. Que leurs différences s'ajoutent plutôt que de s'exclure."
L'enfant est l'avenir du monde. Une évidence
- Ah si c'était si simple. La terre tournerait rond et nous arrêterions de nous cogner à ses arêtes. - tais-toi mauvaise langue ou nous te la couperons -
L'oiseau bleu d'Erzeroum est une fresque historique riche et très bien documentée (enjeux politiques, économiques, sociétaux, sociaux, religieux, en Orient, en Occident, USA, URSS, Europe), une saga romanesque, un roman dense en émotions et en couleurs intenses.
L'auteur a eu l'épicurienne inspiration de parsemer son roman de textes (via Haïganouch et différents poètes arméniens et russes), de plats aux saveurs de là-bas, de paysages et de femmes belles comme le soleil ou comme les étoiles, les oiseaux, ---- les chants, les murmures ---

- Elle sourit dans le noir, ils ne peuvent la voir.
Une autre guerre, ma soeur. Une autre guerre.
Où que tu sois, prends soin de toI.
Je demande à la lune ---
- Elle reste longtemps silencieuse, dans la fraîcheur d'une nuit qu'elle devine immense et étoilée au-dessus du Baïkal.
Une autre guerre, ma soeur. Une autre guerre
Où que tu sois, prends soin de toi.
Je demande à la lune ---
La pléiade de personnages, de continents, de coutumes, de religions, d'océans, de traditions, de couleurs, de senteurs, de saveurs, de poésies souvent (merci auteur(s)), de guimauve un peu loukoum par moments sont ici autant de respirations bienvenues et nécessaires pour nous permettre de digérer (parfois) toutes les atrocités endurées par le peuple arménien dont la population fut massacrée à plusieurs reprises, méthodiquement, systématiquement et qui n'eut comme solution que de se battre pour certains (Fedaïs), de mourir pour beaucoup, de se faire secourir pour quelques uns, de s'enfuir pour les plus 'chanceux' et d'essaimer à travers le monde en espérant s'y reconstruire une vie où Eros serait à nouveau présent et Thanatos renvoyé aux enfers dont ils s'étaient sortis.
Retrouvons-nous en 1939 pour le second volet de cette trilogie.
Enfin, je crois moi que j'y serai à ce rendez vous bleu entre le pouce et l'index pour le voir encore l'oiseau --
Alors. Trinquons à ces retrouvailles
Guenatz !
- Guenatz !
La lecture de ce roman m'a pris du temps comme j'aime parfois en prendre autant qu'apprendre. Il est rare qu'un auteur interpelle autant sur un sujet, ici ses interpellations étaient tellement nombreuses et diverses que si je le connaissais personnellement, je lui chuchoterais au creux de l'oreille: Auteur, pourrais-tu joindre à ton roman une quatrième partie reprenant les textes, les poésies, les recettes, les paysages comme autant d'hommages à ton peuple et au mien et au sien, ...

Scénario original:
1915, non loin d'Erzeroum, en Arménie turque.
Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs.
Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve. Jusqu'à ce que L Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente.
Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?
C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale.
L'odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.
L'oiseau bleu d'Erzeroum, T 1, est sorti le 7 avril 2021 chez Albin Michel.
'Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne'
L'auteur:
Bourlingueur, journaliste, patron d'une société de communication... On ne compte plus les métiers exercés par Ian Manook. Pas plus que les nombreux prix (Polar SNCF, Elle Polar, Quais du polar....) qui ont couronné sa trilogie de « thrillers mongols » : Yeruldelgger, Les temps sauvages et La mort nomade (Albin Michel), traduits dans près de 10 langues... plus ceux publiés sous le pseudo de Roy Braverman.
- Roman acheté le 9 avril 2021 -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7228
PetiteBichette
  13 juin 2022
L'oiseau m'a emportée sur son dos à tire d'aile, il a viré à droite, à gauche, a fait des piqués. Ce bel oiseau bleu m'a fait voyager des contrées lointaines d'Arménie, à la Sibérie, l'Allemagne, puis j'ai vu ma maison en passant au-dessus de Clamart, Issy-les-Moulineaux, Boulogne-Billancourt, Meudon, l'hôpital militaire de Percy…
Des noms de villes familiers aux oreilles de nombreux arméniens, ainsi qu'aux miennes. Missakian, Manoukian (le véritable nom de Ian ManookManook Ian), … ces personnes avec un nom de famille en -ian, j'en connais plusieurs, croisés pour beaucoup sur les bancs de l'école.
Mais de leur histoire, celle de leur famille, je ne savais rien, si ce n'est qu'ils étaient nombreux à posséder des entreprises de textile et de tricots, et qu'ils avaient réussi à organiser une filière économique florissante dans les années 1980. Las, aujourd'hui, de tout cela, il ne reste plus qu'un seul tricoteur qui vivote en attendant de tirer sa révérence, l'âge d'or n'est plus, tout se passe en Chine désormais. Mais, nulle amertume, les Arméniens ont envoyé leurs enfants à l'école, à l'université et se sont insérés en France, brillement pour la plupart.
Quel chemin parcouru pour ce peuple de revenants, avec une résilience à toute épreuve face au nombre incroyable d'atrocités subies, et qui m'a fait penser, la technologie en moins, à ce que subissent à leur tour aujourd'hui les civils Ukrainiens et plus particulièrement les femmes qui payent toujours de lourds tributs dans ces conflits.
J'ai été saisie par l'horreur de la scène inaugurale du livre, d'une violence inouïe, mais à la suite de laquelle Ian Manook nous replonge dans un autre bain de terreur sans même nous laisser le temps d'une petite respiration.
L'auteur s'est inspiré de la vie de sa grand-mère Araxie, et de celle d'autres Arméniens qu'il a connus pour bâtir son récit. Il révèle avoir, à la demande de son éditeur, supprimé deux scènes du fait de leur extrême violence, alors que les faits rapportés étaient pourtant véridiques.
Ian Manook dénonce avec talent la violence extrême subie par le peuple Arménien lors de ce génocide et les actes barbares et haineux d'un peuple envers un autre (d'ailleurs y compris par les Turcs envers ceux de leur propre communauté qui auront l'audace de porter secours aux Arméniens), qui se répètent inlassablement d'une époque à l'autre, d'un pays à l'autre…
La partie la plus marquante du livre est la première, elle me laissera un souvenir indélébile, elle concerne tous les évènements se déroulant en Arménie du temps de l'enfance d'Araxie et de sa petite soeur devenue aveugle Haïganouch. Araxie et Haïganouch, vendues comme esclaves à une famille turque, ce qui leur évitera une agonie certaine dans le désert de Deir-er-Zor, dans lequel des milliers de déportés arméniens mourront de faim et de soif sous l'oeil au mieux indifférent ou cruel de l'armée turque.
La seconde partie avec l'installation en France puis en région parisienne, si elle nous apprend plein de faits historiques très instructifs et intéressants, perd en intensité et en tension. Les multiples et récurrents personnages entre lesquels on navigue sans cesse ont moins capté mon attention, et j'ai trouvé certaines invraisemblances dans le fait que trop de personnages ont des liens entre eux sans le savoir. Ian Manook peine un peu à trouver des rebondissements dans cette partie du récit qui aurait gagné à être un peu plus condensé.
Un livre très dur, mais salutaire qui permet de découvrir l'Histoire du peuple arménien.
Je serai bien sûr au rendez-vous de la suite, le chant d'Haïganouch, à paraître en septembre 2022.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          687
Giraud_mm
  18 mai 2021
Araxie, 10 ans, prend soin de sa petite soeur aveugle, Haïganouch. Leurs parents arméniens sont morts, le père à la guerre, la mère massacrée par les turcs dans sa ferme. Tous les membres de la proche famille chez laquelle elles s'étaient réfugiées à Erzeroum décédent au cours de la déportation massive des chrétiens d'Arménie.
Dans la colonne de déportés, les deux fillettes sont prises en charge par Chakée, une vieille femme qui ne manque pas de ressources. Lorsqu'elles arrivent à la forteresse de Diarbekir, Chakée organise, avec l'aide d'un officier turc, la vente des deux fillettes comme esclave d'Assina, 15 ans, la fille d'un médecin local. Cette dernière doit bientôt épouser, mariage arrangé, un riche notable d'Alep.
La vielle femme espère ainsi sauver les deux petites filles...
Ian Manook abandonne (temporairement ?) le polar pour le roman historique ; un roman inspiré par l'histoire de sa grand-mère, réfugiée arménienne. Un changement de genre littéraire particulièrement bien réussi !
L'auteur met ses talents de conteur et de journaliste touristique, ainsi que son passé de grand voyageur, au service d'une véritable épopée en deux parties :
- La première est la lutte pour la survie de fillettes et adolescentes au coeur du massacre des arméniens par les turcs et les kurdes au milieu des années 1910, puis des violences qui accompagnent la décomposition de l'empire ottoman après la guerre perdue de 14-18 ;
- La seconde est le début de la reconstruction personnelle et familiale des jeunes femmes qu'elles sont devenues, avec son lot d'espoir et de réussite, mais aussi de restes de violence.
Le récit est dur, malgré la suppression de certaines scènes de massacre, et poignant, mais il est porté par un espoir : survivre puis se reconstruire et vivre pleinement sa vie.
L'écriture est celle de l'auteur de polar : simple et directe, sans trop de fioritures, mais taillant les scènes au cordeau. Si l'on doit arrêter de temps en temps la lecture, ce n'est pas pour assimiler la complexité du texte, mais pour laisser passer l'émotion ou pour accepter l'idée que oui, des hommes ont été capables de faire ça...
Le roman se termine à l'aube de la seconde guerre mondiale, et appelle donc une suite...
Lien : http://michelgiraud.fr/2021/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          733
dannso
  24 juin 2022
J'ai découvert ce livre, il y a un moment, grâce à la magnifique critique de mon amie Sam (SamDLit) , Si bien que je l'avais offert à maman lors de son anniversaire en Septembre dernier. Elle en est sortie enthousiasmée et m'en a beaucoup parlé.
J'ai eu l'impression en le lisant de remettre mes pas dans les siens. Cela a ajouté encore à l'émotion dégagée par ce livre.
Le génocide des arméniens, on en a tous entendu parler. Ce livre, via la vie romancée de la grand-mère de l'auteur, nous en dévoile toute l'horreur, dans une première partie qui relate l'exode des arméniens et les sévices qu'ils ont subis. J'ai été bouleversée par la lecture de ces pages, parfois insoutenables, parfois pleines d'humanité et de personnages inoubliables.
Le livre raconte en en parallèle l'histoire de deux soeurs, dont l'ainée deviendra la grand-mère de Ian Manook, et celles de deux jeunes garçons, dont l'histoire viendra se mêler à celle des soeurs, pour notre plus grand plaisir, puisque l'un des deux deviendra le grand-père de l'auteur. Sans cette rencontre, point d'écrivain et point de plaisir de lecture, pour nous pauvres lecteurs.
Je ne vais pas revenir sur les détails de leurs épopées, puisqu'évoquées à de nombreuses reprises dans beaucoup de critiques. Sachez seulement que l'on ira de Turquie en France, en passant par les États-Unis et la Russie. J'ai aimé ce livre, par ses personnages, auxquels on s'attache rapidement, par les aventures souvent tragiques, mais aussi entrecoupées de moments de bonheur, par la façon dont l'auteur mêle histoire intime et Histoire avec un grand H. A coté des évènements touchant les personnages, il évoque en parallèle de nombreux aspects tant politiques que religieux, mais aussi la poésie et la cuisine.
J'ai aimé la façon dont l'auteur nous permet de redécouvrir cette histoire via la vie de ses personnages. J'ai aimé me mettre à leur place et découvrir tous ces évènements en oubliant ce qui allait suivre, comme si j'étais née en même temps qu'eux. J'ai appris des détails que j'ignorais. L'histoire est plus vivante quand incarnée dans des personnages de roman.
Il m'a fallu du temps pour aborder ce livre. le grand avantage, c'est que j'aurai moins longtemps à attendre pour lire la suite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6622


critiques presse (1)
LaCroix   25 juin 2021
Un envoûtant roman consacré au destin de deux orphelines rescapées du génocide de 1915.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (162) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   15 août 2022
Il pointe sur la carte le grand désert de Deir-ez-Zor. Talaat pacha l'observe en silence, puis regarde la carte à nouveau.
_ Et après ?
_ Et après, rien. Qu'ils crèvent là. Tous. De faim ou de soif,de chaleur, peu importe, du moment qu'on ne puisse pas dire qu'ils sont morts de notre main.
_ Crois-tu que Nazim l'a compris ?
_ Nazim ne comprend rien. Lui s'acharne à détruire une race, alors que nous, nous construisons un empire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
FandolFandol   28 août 2021
De la victoire, aucun des Alliés n’attendait la paix. La Russie ne voulait que le contrôle d’Istamboul et des détroits pour ouvrir son commerce à la Méditerranée. L’Angleterre s’était réservé, dès le début du conflit, l’Arabie et les lieux saints musulmans pour assurer la sécurité de sa route des Indes. La France, elle, s’était octroyé par avance de grands territoires avec une façade sur la Méditerranée dans l’espoir de fructueuses concessions commerciales. Mais dans leur précipitation à se partager l’Empire turc, les Alliés avaient négligé deux choses : consulter leurs autres alliés méditerranéens grecs et italiens, et surtout désarmer l’armée vaincue. Ce qui permit à un géant blond aux yeux clairs de reprendre le flambeau nationaliste. Oublié des Alliés, Mustapha Kemal repartit aussitôt au combat. Une fois massacrés les derniers Arméniens du Caucase sous les yeux des nouveaux Russes, puis ceux de Cilicie sous les yeux des Français hypocrites, il ne lui resta plus qu’à se débarrasser de ceux qui, à l’ouest, soutenaient l’invasion grecque.
(pages 264-265)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
FandolFandol   23 août 2021
À l’approche de la côte, ils s’accoudent au bastingage, émerveillés par la découverte du golfe de Smyrne qu’ils remontent encore pendant deux heures. Quand la ville apparaît au pied du mont Pagos, étageant en amphithéâtre ses maisons claires aux tuiles orangées, l’émotion les saisit face à tant de beauté harmonieuse. Entre les bâtiments se devinent des jardins ombragés aux rondes canopées épaisses et verdoyantes, que percent les minarets bleus des cyprès. C’est une ville grecque de cœur. Blanche et lumineuse comme n’en ont encore jamais vu les trois garçons.
(page 230)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
mcd30mcd30   27 juillet 2022
Quand Heinrich von Blitsch sort du consulat, la foule, par réflexe, élargit son cercle d'un bon pas prudent. Même s'il ne veut rien en laisser paraître le vieil officier à la retraite reçoit l'élégance de cette automobile française comme une offense à toute la rationnelle puissance de l'industrie allemande.
_ Ce n'est donc que ça, lâche-t-il désabusé. Ça me rappelle un peu les motoscafi de Venise quand j'y étais en poste.
_ Excusez-moi, Votre Honneur, mais il ne s'agit pas ici de simple bois verni. La coque de l'habitacle est faite de trois couches d'acajou croisées sur une ossature en cœur de frêne et le tout est solidarisé par dix mille rivets en cuivre.
Von Blischt raidit sa nuque pour marquer son indifférence. Plus encore que les voitures françaises, il méprise l'arrogance infantile et matérialiste des Américains.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
FandolFandol   06 septembre 2021
Il a déjà vu avec inquiétude Beria devenir premier secrétaire du Parti en Géorgie. Puis celui du Parti en Transcaucasie. Puis entrer au Comité central. La presse rappelle qu’en 1924 sa « bravoure bolchevique » a conduit à l’exécution de dix mille nationalistes géorgiens. Tout le monde sait qu’il organise les grandes purges en Transcaucasie pour lesquelles personne n’ose donner de bilan tant il semble monstrueux. Cet homme est allé jusqu’à faire assassiner celui qui avait aidé sa propre mère à financer ses études, histoire de se réinventer un passé plus glorieux et sans témoin.
(pages 482-483)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240

Videos de Ian Manook (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian Manook
1915, Araxie, 10 ans, et sa petite soeur Haiganouche, 6 ans, échappent par miracle aux terribles massacres des Arméniens par les Turcs. La veille d'être abandonnées dans le sinistre désert de Deir-ez-Zor, après des mois de déportation à pied, elles sont vendues comme esclaves à un notable d'Alep. Un esclavage qui leur vole leur liberté, mais leur laisse la vie. Séparées par les aléas de l'histoire, l'une va poursuivre son destin en France où elle rencontrera Haigaz, un jeune arménien révolutionnaire qu'elle épousera, tandis que l'autre deviendra poétesse au coeur d'une Russie en proie à un totalitarisme sanguinaire. Ian Manook, qui s'inspire librement de son histoire familiale, relate avec un talent de conteur le destin de la diaspora arménienne dispersée aux quatre coins du monde par le désordre des guerres, les révolutions, mais aussi les histoires d'amour. Ses deux petites héroïnes, devenues de jeunes femmes pétillantes et intrépides, traversent les turbulences de l'histoire, entre horreur et humanité, jusqu'à cette veille de 1939, où la grande Histoire meurtrière va rattraper le continent européen.
Découvrir le livre: https://www.albin-michel.fr/ouvrages/loiseau-bleu-derzeroum-tome-1-9782226398994
Activez la cloche pour être informé des nouvelles vidéos et abonnez vous : https://fanlink.to/AlbinMichel-YT
Nous suivre sur les réseaux sociaux : Instagram : https://www.instagram.com/editionsalbinmichel/ Facebook : https://www.facebook.com/editionsAlbinMichel Twitter : https://twitter.com/AlbinMichel Linkedin : https://www.linkedin.com/company/albin-michel
+ Lire la suite
autres livres classés : arménieVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2638 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre