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EAN : 9782757800041
288 pages
Éditeur : Points (04/05/2006)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Entre le débarquement des Alliés et la libération de Paris, deux mois et demi s'écoulent. La SS allemande - le "corps noir" - et la Gestapo française règnent encore. Dans leur sillage, industriels, banquiers et artistes s'enrichissent et mènent une vie de plaisir. Mais les plus perspicaces sentent le vent tourner...
Ce roman peint ceux qui perdent, ceux qui s'en sortent, et ceux qui se retrouvent toujours, quoi qu'il arrive, dans le camp des vainqueurs.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
doublepage
  21 mai 2016
Dominique Manotti nous livre ici un roman très noir dont la toile de fond est Paris à la fin de l'occupation.
Les alliés viennent de débarquer en Normandie, mais certains à Paris continuent à vivre au rythme de la collaboration. On vit au côté de la Gestapo Française, la fameuse Carlingue où malgré la défaite qui s'annonce, beaucoup n'ont qu'un but s'enrichir toujours plus. Les Lafont et consorts n'ont aucuns scrupules à s'en prendre à leurs compatriotes.
Ce roman très bien documenté nous fait vivre la fin de l'occupation allemande. Par instant, je me suis cru dans le film "Paris brûle t'il. Mais ce livre va plus loin, décrivant parfairement les retournements de vestes et autres résistants de la dernière heure.
La victoire face à l'occupant étant bien sur le but recherché, mais on sent se mettre en place un atmosphère plus pernicieux où le relèvement du pays est la priorité, peu importe les acteurs qui vont y participer.


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Patmarob
  10 mai 2018
« le corps noir » explore l'occupation allemande à Paris entre le 6 juin 1944 et la libération de la capitale, le 25 août 1944. A travers l'histoire croisée de collaborateurs et de nazis ( le corps noir des SS), Dominique Manotti décrit cette société qui poursuit impunément les trafics économiques et financiers, les arrestations arbitraires, et les meurtres….. le lecteur assiste à la décomposition de ce monde. Les puissants préparent leur reconversion, cachent leur argent et se rapprochent des prochains vainqueurs. Les secondes mains de la gestapo française ou « carlingue » poursuivent leurs trafics, sévices et assassinats … emportés par l'aveuglement et la violence.
Les personnages du roman évoluent dans un cadre historique reconstitué avec habileté. Ils côtoient les artistes, banquiers, industriels de l'occupation. Leur vie est faite de plaisirs, de réception et de luxe, ils tissent d'indispensables relations de dépendance avec l'occupant. L'auteure n'oublie pas d'exposer la situation quotidienne des parisiens et les choix opérés par les opposants.
Le récit alterne avec la chronologie des avancées des armées alliées (à l'ouest et à l'est). Cette présentation installe un rythme au roman. Elle imprime une nécessaire évolution dans les attitudes et choix des personnages. le lecteur est interpellé par le style qui alterne le discours narratif et le style direct. La violence de l'époque est rendue par les scènes de meurtre, de viols, de sexe… où les expressions crues dégagent une impression de malaise.
Le livre est davantage un roman historique qu'un roman policier, même si le lecteur suit les enquêtes d'un jeune inspecteur, résistant gaulliste, infiltré dans la police. Quelques péripéties paraissent, cependant, rapidement résolues. le lecteur est emporté par le rythme cinématographique du roman. le « décor historique » est bien construit, l' histoire des personnages est tendue par l'accélération de l'Histoire en cet été 1944.
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Commenter  J’apprécie          40
umezzu
  30 janvier 2015
Voici le roman (très) noir des quelques semaines entre le débarquement des Alliés et la libération de Paris. La défaite arrive et ceux qui paradaient en vivant de la collaboration, quitte à en oublier tout scrupule ou trace d'humanité, sentent le vent tourner. La période où les truands de la rue Lauriston faisaient la loi, protégés par l'occupant, va finir. Mais leurs exactions continuent. Il est encore temps pour les profiteurs de second rang de mener d'ultimes contorsions pour faire disparaître le passé et se retrouver l'été fini dans le camp des vainqueurs. Les résistants de la dernière heure finissent par prendre plus de place pendant que ceux d'autres plus engagés continuent d'être les victimes des derniers tenants de la Gestapo française.
Comme habitude avec Dominique Manotti un roman brillant, efficace, mais au combien plus sombre. Aux précédentes magouilles financières qui étaient sous-jacentes dans ses précédents romans succèdent un témoignage sur une période charnière de la seconde guerre mondiale. Sans préjugés, ni facilités.
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vieuchamp
  10 septembre 2013
Voilà un sujet très intéressant, peu relaté.
Le débarquement en Normandie vient d'avoir lieu, à Paris, dans les salons, la bourgeoisie, quelques hauts fonctionnaires s'en donnent (encore) à coeur joie à se distraire, à manigancer avec l'énemi allemand. Bien entendu, au vu de la situation, cela ne va pas durer.
J'aurai aimé lire ce livre avec l'intérêt que mérite le sujet, mais je n'ai absolument pas adhéré à l'écriture de l'auteure. C'est franchement dommage, et après quelques tentatives de poursuite de lecture, j'ai abandonné à mi-livre.
Dommage, le sujet m'a plu, le style d'écriture, pas du tout.
Déçu, c'est sur.
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1001histoires
  29 mars 2020
Le corps noir : l'action se situe presque exclusivement à Paris, entre le 6 juin et le 25 août 1944. A chaque date, l'auteure fait référence à l'actualité du jour. le 6 juin 1944 les alliés débarquent en Normandie. le 25 août la 2e DB pénètre dans Paris libéré.
Entre ces deux dates, Paris était occupée. Dominique Manotti raconte les ultimes semaines noires vécues par la capitale. Il y avait la Wehrmacht ( l'armée allemande ). Reconnaissables à leur uniforme noir, il y avait la SS et son service de sécurité la Gestapo. La Gestapo employait de nombreux auxiliaires français. Les parisiens tentaient de survivre.
Début 1944 marque le déclin des groupes gestapistes français. Il y avait celui de René Deslauriers qui officiait au 180 de rue de la Pompe. Il y avait celui d'Henri Lafont qui était appelé la Carlingue et qui officiait au 93 de la rue Lauriston. Il y en avait d'autres et entre eux c'était un peu la guerre des gangs ... Il y avait de l'argent à se faire à cette époque, beaucoup d'argent. Les actions anti-terroristes n'étaient qu'un prétexte à voler tout ce qui pouvait être revendu au marché noir ou servait à honorer les commandes d'oeuvres d'art passées par les officiers allemands.
Ce roman de Dominique Manotti, outre l'aspect historique insiste sur l'état d'esprit de ces officines gestapistes alors que leur fin de règne approche. Leurs membres ont compris, la guerre est perdue. Doivent-ils fuir, se faire oublier pendant les règlements de compte, avant de ressortir de leur trou avec les fortunes accumulées ? Doivent-ils rester, il n'est peut-être pas trop tard pour s'acheter une nouvelle vie, il faudra bien reconstruire le pays et la France pourrait avoir besoin d'eux ?
Il y avait aussi une vie festive dans le Paris occupé. le champagne coulait à flots la nuit dans les cabarets sous l'oeil complaisant de la Mondaine. On dansait la nuit à Paris et dans les mêmes rues le jour on torturait. le monde de la nuit pouvait-il ignorer ce qui se passait le jour ? Viviane Romance, Jean Marais, Sacha Guitry, Cocteau ...
Domecq est un modeste inspecteur du 36. le lecteur suit ses pas, incertains et prudents mais il le devine aussi habile. Il a ses entrées et des connaissances. Que cache-t-il ?
La 2ème DB arrive sur Paris précédée des barricades et de l'insurrection. Des ados à peine sortis de l'enfance prennent les armes. La jeunesse avenir de la France est le seul rayon de lumière dans ce roman noir qui retrace l'atmosphère de la fin de l'occupation à Paris. Si de cette époque, le rationnement et les privations ont été maintes fois présentés, Dominique Manotti en s'appuyant sur une documentation sans faille insiste sur la face cachée de la collaboration, celle des odieux profiteurs et celle de ceux qui sont devenus résistants de la dernière heure pour apparaître en toute impunité lors de la reconstruction de la France.

Lien : http://mille-et-une-feuilles..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Les deux flics descendent à pied de Pigalle vers "les beaux quartiers" autour de l'Etoile. Florence Gould habite et tient salon avenue Malakoff, à deux pas des Champs-Elysées où défilent chaque jour les troupes allemandes, à deux pas de l'avenue Foch où siègent les services de sécurité de la SS, de la rue Lauriston et de la place des Etats-Unis, royaume de Lafont et de sa bande, la redoutable Carlingue, de l'avenue Kléber et du Majestic où sont installés les services administratifs de la Wehrmacht. Les beaux quartiers : grandes avenues rectilignes, immeubles massifs en pierre de taille, à moitié désertés, suant le luxe, et partout des drapeaux nazis, des gardes en armes, des uniformes verts-de-gris ou noirs qui circulent à pied ou en voiture. Ici, les Allemands n'occupent pas, il sont chez eux.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Dans le troisième salon, au fond de l'enfilade, Otto Bauer est installé au piano, et joue du Schubert en dégoulinant de sentimentalisme. Autour de lui, entre le piano et les hautes fenêtres, quelques uns des plus hauts gradés de la SS en France, Knochen, Nosek, Maulaz, une dizaine d'autres, dans leurs uniformes noirs, jeunes, grands, blonds, sportifs, beaux, très beaux, parlant tous le français avec un délicieux accent rauque, la brigade de charme de la SS.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Bauer vient d'interrompre Schubert en plein mouvement, et les officiers noirs se dirigent vers le salon.
- Voilà le bataillon d'élite, dit le rondouillard. Regarde-les. Grands et droits, sans raideur, la démarche énergique et précise, la politesse raffinée sur la force brute, une immense culture et le regard bleu. Ils ont été fabriqués en série, pour nous séduire. Et tu crois que nous aurions pu résister ?
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Moment un peu tendu au retour : en équilibre sur la gouttière, s'assurer que les toilettes sont vides. Puis seul dans la salle des inspecteurs, il relit très vite son rapport, et le dépose sur la pile destinée au patron. Flash : Dora, dans son salon, sa fille, dur d'être la fille d'une ancienne pute. Vaguement envie de vomi. Ou sont-ce les petits-fours qui ne passent pas ? Il rentre directement chez lui.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Les carottes sont cuites, René, à peu près comme celles de Gégène. Les Fritz sont finis, tu le comprends pas, un gars aussi intelligent que toi ? T'as toujours été plus intelligent que moi, René. Tu le vois pas qu'on a misé tous les deux sur le mauvais cheval, et perdu ? Et bientôt, va falloir passer à la caisse.
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Videos de Dominique Manotti (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Manotti
"Raconter, c'est résister", cette formule de Luis Sepulveda, Dominique Manotti l'a faite sienne. Historienne, romancière, elle revient dans son nouveau roman sur une série de crimes commis en particulier à Marseille, en 1973, contre des immigrés maghrébins. Passé colonial mal digéré, déni des violences policières et du racisme, son livre, passionnant, résonne étrangement avec l'actualité.
"Marseille 73" de Dominique Manotti, éd. Les Arènes, collection Equinox. UNE ÉMISSION ANIMÉE PAR Michel Abescat Christine Ferniot RÉALISATION Pierrick Allain TÉLÉRAMA - JUIN 2020
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