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ISBN : 2757800043
Éditeur : Points (04/05/2006)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Entre le débarquement des Alliés et la libération de Paris, deux mois et demi s'écoulent. La SS allemande - le "corps noir" - et la Gestapo française règnent encore. Dans leur sillage, industriels, banquiers et artistes s'enrichissent et mènent une vie de plaisir. Mais les plus perspicaces sentent le vent tourner...
Ce roman peint ceux qui perdent, ceux qui s'en sortent, et ceux qui se retrouvent toujours, quoi qu'il arrive, dans le camp des vainqueurs.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
doublepage
  21 mai 2016
Dominique Manotti nous livre ici un roman très noir dont la toile de fond est Paris à la fin de l'occupation.
Les alliés viennent de débarquer en Normandie, mais certains à Paris continuent à vivre au rythme de la collaboration. On vit au côté de la Gestapo Française, la fameuse Carlingue où malgré la défaite qui s'annonce, beaucoup n'ont qu'un but s'enrichir toujours plus. Les Lafont et consorts n'ont aucuns scrupules à s'en prendre à leurs compatriotes.
Ce roman très bien documenté nous fait vivre la fin de l'occupation allemande. Par instant, je me suis cru dans le film "Paris brûle t'il. Mais ce livre va plus loin, décrivant parfairement les retournements de vestes et autres résistants de la dernière heure.
La victoire face à l'occupant étant bien sur le but recherché, mais on sent se mettre en place un atmosphère plus pernicieux où le relèvement du pays est la priorité, peu importe les acteurs qui vont y participer.


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Patmarob
  10 mai 2018
« le corps noir » explore l'occupation allemande à Paris entre le 6 juin 1944 et la libération de la capitale, le 25 août 1944. A travers l'histoire croisée de collaborateurs et de nazis ( le corps noir des SS), Dominique Manotti décrit cette société qui poursuit impunément les trafics économiques et financiers, les arrestations arbitraires, et les meurtres….. le lecteur assiste à la décomposition de ce monde. Les puissants préparent leur reconversion, cachent leur argent et se rapprochent des prochains vainqueurs. Les secondes mains de la gestapo française ou « carlingue » poursuivent leurs trafics, sévices et assassinats … emportés par l'aveuglement et la violence.
Les personnages du roman évoluent dans un cadre historique reconstitué avec habileté. Ils côtoient les artistes, banquiers, industriels de l'occupation. Leur vie est faite de plaisirs, de réception et de luxe, ils tissent d'indispensables relations de dépendance avec l'occupant. L'auteure n'oublie pas d'exposer la situation quotidienne des parisiens et les choix opérés par les opposants.
Le récit alterne avec la chronologie des avancées des armées alliées (à l'ouest et à l'est). Cette présentation installe un rythme au roman. Elle imprime une nécessaire évolution dans les attitudes et choix des personnages. le lecteur est interpellé par le style qui alterne le discours narratif et le style direct. La violence de l'époque est rendue par les scènes de meurtre, de viols, de sexe… où les expressions crues dégagent une impression de malaise.
Le livre est davantage un roman historique qu'un roman policier, même si le lecteur suit les enquêtes d'un jeune inspecteur, résistant gaulliste, infiltré dans la police. Quelques péripéties paraissent, cependant, rapidement résolues. le lecteur est emporté par le rythme cinématographique du roman. le « décor historique » est bien construit, l' histoire des personnages est tendue par l'accélération de l'Histoire en cet été 1944.
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vieuchamp
  10 septembre 2013
Voilà un sujet très intéressant, peu relaté.
Le débarquement en Normandie vient d'avoir lieu, à Paris, dans les salons, la bourgeoisie, quelques hauts fonctionnaires s'en donnent (encore) à coeur joie à se distraire, à manigancer avec l'énemi allemand. Bien entendu, au vu de la situation, cela ne va pas durer.
J'aurai aimé lire ce livre avec l'intérêt que mérite le sujet, mais je n'ai absolument pas adhéré à l'écriture de l'auteure. C'est franchement dommage, et après quelques tentatives de poursuite de lecture, j'ai abandonné à mi-livre.
Dommage, le sujet m'a plu, le style d'écriture, pas du tout.
Déçu, c'est sur.
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umezzu
  30 janvier 2015
Voici le roman (très) noir des quelques semaines entre le débarquement des Alliés et la libération de Paris. La défaite arrive et ceux qui paradaient en vivant de la collaboration, quitte à en oublier tout scrupule ou trace d'humanité, sentent le vent tourner. La période où les truands de la rue Lauriston faisaient la loi, protégés par l'occupant, va finir. Mais leurs exactions continuent. Il est encore temps pour les profiteurs de second rang de mener d'ultimes contorsions pour faire disparaître le passé et se retrouver l'été fini dans le camp des vainqueurs. Les résistants de la dernière heure finissent par prendre plus de place pendant que ceux d'autres plus engagés continuent d'être les victimes des derniers tenants de la Gestapo française.
Comme habitude avec Dominique Manotti un roman brillant, efficace, mais au combien plus sombre. Aux précédentes magouilles financières qui étaient sous-jacentes dans ses précédents romans succèdent un témoignage sur une période charnière de la seconde guerre mondiale. Sans préjugés, ni facilités.
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MissAlfie
  12 août 2010
[...] "Le corps noir" de Dominique Manotti me semble avant tout le récit d'une période historique charnière à travers le destin d'hommes et de femmes, Allemands ou Français, résistants ou collabos, dont les deux mots clé semblent être arrivisme et opportunisme. [...]
Dès les premières pages, le ton est donné : la Gestapo sera l'un des piliers central du roman. Une Gestapo bien française d'ailleurs, surtout lorsque l'on se rend chez Lafont, rue Lauriston, qui a engagé des petits truands à qui ont été données des cartes de police allemandes et qui s'en donnent à coeur joie pour effectuer les plus basses besognes... L'un des atout de ce roman est de nous entraîner dans le sillage de figures historiques mais aussi derrière de simples quidams inventés par Dominique Manotti mais qui, au final, auraient tout à fait pu exister et vivre ce qu'elle leur faire vivre.
[...] "Le corps noir" n'est pas vraiment un thriller, ni même un roman policier. Des morts, des tortures, des viols, il y en a, pas de doutes là dessus, mais on connait les auteurs au fur et à mesure que les événements arrivent. Pour moi, il s'agit presque d'un roman historique, fort bien documenté, qui, à travers le destin de ses personnages, nous entraîne en plein coeur d'un Paris où les Allemands se savent en sursis, où plus rien d'autre ne semble compter que sauver sa peau...
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Les deux flics descendent à pied de Pigalle vers "les beaux quartiers" autour de l'Etoile. Florence Gould habite et tient salon avenue Malakoff, à deux pas des Champs-Elysées où défilent chaque jour les troupes allemandes, à deux pas de l'avenue Foch où siègent les services de sécurité de la SS, de la rue Lauriston et de la place des Etats-Unis, royaume de Lafont et de sa bande, la redoutable Carlingue, de l'avenue Kléber et du Majestic où sont installés les services administratifs de la Wehrmacht. Les beaux quartiers : grandes avenues rectilignes, immeubles massifs en pierre de taille, à moitié désertés, suant le luxe, et partout des drapeaux nazis, des gardes en armes, des uniformes verts-de-gris ou noirs qui circulent à pied ou en voiture. Ici, les Allemands n'occupent pas, il sont chez eux.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Dans le troisième salon, au fond de l'enfilade, Otto Bauer est installé au piano, et joue du Schubert en dégoulinant de sentimentalisme. Autour de lui, entre le piano et les hautes fenêtres, quelques uns des plus hauts gradés de la SS en France, Knochen, Nosek, Maulaz, une dizaine d'autres, dans leurs uniformes noirs, jeunes, grands, blonds, sportifs, beaux, très beaux, parlant tous le français avec un délicieux accent rauque, la brigade de charme de la SS.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Bauer vient d'interrompre Schubert en plein mouvement, et les officiers noirs se dirigent vers le salon.
- Voilà le bataillon d'élite, dit le rondouillard. Regarde-les. Grands et droits, sans raideur, la démarche énergique et précise, la politesse raffinée sur la force brute, une immense culture et le regard bleu. Ils ont été fabriqués en série, pour nous séduire. Et tu crois que nous aurions pu résister ?
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Moment un peu tendu au retour : en équilibre sur la gouttière, s'assurer que les toilettes sont vides. Puis seul dans la salle des inspecteurs, il relit très vite son rapport, et le dépose sur la pile destinée au patron. Flash : Dora, dans son salon, sa fille, dur d'être la fille d'une ancienne pute. Vaguement envie de vomi. Ou sont-ce les petits-fours qui ne passent pas ? Il rentre directement chez lui.
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MissAlfieMissAlfie   12 août 2010
Mort, peu probable. Il a plutôt viré de bord. Ça m'étonnerait qu'un type comme lui reste dans le bateau jusqu'au naufrage. Trop malin. Et, d'après moi, il a dû préparer sa sortie depuis un moment.
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Videos de Dominique Manotti (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Manotti
Le jeudi 28 juin 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) recevait Mathieu Larnaudie pour un exercice aussi passionnant qu'inhabituel : autour de son dernier ouvrage en date, "Les jeunes gens", il présentait une série d'ouvrages lui faisant écho, ayant pu servir de source ou d'inspiration, ou établissant des parallèles fructueux, nous parlant ainsi de Roland Barthes, de Walter Benjamin, de Bossuet, de Saint-Simon et de Dominique Manotti.
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