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ISBN : 2021402436
Éditeur : Seuil (16/08/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir.
La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles.
Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  17 septembre 2018
Ce roman se déroule dans l'Oise, de nos jours, dans une région durement touchée par la mondialisation, les délocalisations d'entreprises, le chômage, la misère, le désert culturel....Un cadre qui, hélas , aurait bien pu, lui aussi, être délocalisé sur une grande partie de notre territoire.
Aline et Christophe travaillent tous deux en usine. Si leur vie ne respire pas l'aisance, ils réussissent à payer les crédits, celui de la maison, celui de la voiture, tout ne va pas trop mal pour eux mais l'épée de Damocles pend toujours au-dessus de leur tête. Ils ont deux enfants, Mathis, atteint d'une maladie mal définie et Léa, bonne élève de terminale qui s'apprête à passer son bac ES, un bac qui la conduit à analyser en permanence les théories et pratiques économiques du monde actuel.
Soudain, sans préavis , la catastrophe: Aline perd son emploi et, un malheur ne venant jamais seul, la grève paralyse l'entreprise de Christophe. Commence alors une autre histoire, une histoire dans laquelle Christophe et Aline vont se débattre contre le malheur qui les accable et se lancer dans une lutte dont on aimerait bien qu'ils sortent vainqueurs.....
L'auteur a connu, par ses parents, le monde ouvrier, il sait de quoi il parle quant au contenu, aux descriptions, à l'analyse des peurs, de la colère , de la désespérance. On "plonge, on se débat, on appelle au secours, on se noie , avec ces deux personnages émouvants de dignité.
Et dire que nous connaissons TOUS des gens qui se trouvent dans cette situation désespérée alors que leur seul souhait est de vivre décemment.
Je regrette un peu l'épisode dans lequel on voit évoluer "Bonux and Tide"( je vous laisse découvrir ) un peu "tiré par les cheveux"si je puis m'exprimer ainsi.
J'ai été atterré par certaines méthodes d'embauches et la brutalité des démarchage à domicile...
Ce roman social est sans concession , hélas.. Sans concession car je crois qu'il décrit avec justesse la vie désespérante du monde ouvrier. C'est un livre dur qui devrait nous interpeller sur le monde qui est le nôtre aujourd'hui. Pas vraiment beau, tout ça, pas très encourageant non plus. Et nous sommes au XXIème siècle ,ce livre n'a pas été écrit par Zola,et pourtant...
Il ne faut pas faire l'impasse sur ce livre, pas fermer les yeux, respecter le courage de l'auteur, ne pas baisser les bras...

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fanfanouche24
  20 août 2018
Un roman social qui parle des ouvriers, du déclassement social et des fractures sociales qui s'étendent...partout ! Une chronique sociale dans l'air du temps, me direz-vous ...
mais ce roman a une résonance plus large lorsqu'on prend connaissance des 1ères lignes dédicatoires de l'écrivain, en exergue:
" A mon père, ouvrier gaulliste,
à ses années chez Renault.
A ma mère, ouvrière à 13 ans.
Aux communistes,
qui m'ont fait découvrir les vacances. "
Cette dédicace nous exprime à quel point l'auteur est bien immergé et familier de son sujet...issu lui-même du monde ouvrier...ayant construit ses valeurs, et les fondements de sa vie sur le monde ouvrier où les êtres les plus chers de son milieu familial.., ses parents , ont évolué toute leur existence...
Je connaissais de nom , le photographe, le journaliste et le réalisateur...mais
jusqu'à ce jour, je n'avais jamais eu l'occasion de lire ses écrits...
Lacune à demi réparée et j'en suis très heureuse, car j'ai apprécié grandement la sensibilité et l'oeil acéré de l'auteur sur notre monde, en bouleversement complet et faillites humaines diverses !!..
Je débute cette fiche de lecture en donnant la signification du titre choisi,
qui à lui seul, suggère les thématiques abordées...:
"Le paradoxe d'Anderson est un paradoxe empirique selon lequel l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de son père ne lui assure pas, nécessairement, une position sociale plus élevée."
Dans le Nord de l'Oise... les paysans ont été remplacés par les ouvriers...
Nous sommes dans une famille unie, où les parents, Christophe et Aline, la quarantaine,(issu tous les deux du milieu paysan) travaille chacun dans une usine: le père dans une manufacture de bouteilles,la mère, dans le textile...

Deux enfants, Mathis, le cadet, qui a besoin de toutes les vigilances, ayant une sorte de maladie orpheline, Léa, qui prépare un bac "économique et social"...les parents travaillent beaucoup... sont très soudés et veulent le mieux pour leurs enfants...
Et puis deux cataclysmes surviennent quasiment simultanément: les deux usines de la région licencient...et c'est le drame absolu de ces travailleurs qui ont donné des années au monde de l'usine, contre des salaires minimum...en bataillant en permanence avec les crédits...
Dans leurs luttes, ces parents ont régulièrement à l'esprit un grand-père
modèle de rebellion et de courage, surnommé "Staline", qui se battait
envers et contre tout, contre les injustices immenses faites déjà aux
plus modestes !!...
Christophe et Aline déploient des trésors d'imagination pour protéger leurs
enfants , surtout Léa, qui révise son bac , se trouvant au seuil de sa vie
d'adulte et professionnelle.... Aline l'aide , trouve la pilule amère, en
parcourant les cours d'économie de sa fille... entre les mots et la réalité
sur le terrain, il y a un monde.... impitoyable, entre le travail des ouvriers,
de moins en moins considéré [ et le travail manuel, tout court]...
Les profits qui vont aux mêmes,le capitalisme triomphant qui broie désormais sans vergogne "les classes laborieuses" !!...Les inégalités sociales qui se démultiplient, et se propagent comme une véritable épidémie !!!
les délocalisations, la mondialisation, la course au profit...la crise économique où le travail n'est plus acquis, même en se qualifiant, en poursuivant des études...
Depuis des années , déjà, une période charnière où les anciennes valeurs basculent... et où le monde nouveau émergeant reste précaire, anxiogène...où "Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes"...
On s'attache à cette famille vaillante, combattive, qui se transforme en pieds- Nickelés... pour tenter de rééquilibrer les inégalités criantes...tenter
d'agir...pour ne pas subir les événements...ni baisser les bras. Mais la
machine capitaliste est sans états-d'âme... Je n'en dirai pas plus!!!...
J'ai choisi de transcrire quatre extraits parmi les plus significatifs de ce roman social, éminemment bouleversant...aussi plein d'acuité que d'empathie de l'auteur pour ses "anti-héros"...qui ne veulent surtout pas baisser les bras...
"Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient debout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif." (p. 222)
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"Elle se demande ce que vont devenir tous ceux qui travaillent avec leurs mains. Où vont disparaître leurs gestes, dans quels musées ? Les terrils et les mines sont déjà classés au Patrimoine de l'Unesco. Quel avenir pour toutes ces usines mortes ? Des cars scolaires y emmèneront peut-être les enfants pour observer des des ouvriers faisant semblant de travailler en tournant en rond autour des machines débranchées comme les singes des zoos font semblant de vivre libres." (p. 222)
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"Aline vient de comprendre la mondialisation : c'est lorsque son travail disparaît dans un pays dont on ne connaît rien. Il n'y a pas mieux aujourd'hui pour enseigner la géographie aux enfants que de leur apprendre où sont passées les usines de leurs parents, se dit-elle." (p. 52)
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"Il ne s'agissait pas de faire le casse du siècle, mais, plus modestement, de riposter symboliquement à un manque d'équilibre dans la répartition des richesses. c'était essentiellement ce qu'elle avait retenu de ses révisions avec Léa. le capitalisme avait été une formidable machine à produire du bonheur pendant deux générations, inventant entre autres merveilles (...) les contrats à durée indéterminée, la Sécurité sociale, les congés payés ou l'assurance-chômage (...) Bref, à vouloir mondialiser l'économie pour continuer à accumuler des profits, le capitalisme tel qu'il nous avait rendus heureux s'était euthanasié, sans laisser de testament à la génération censée l'enterrer. "(p. 245)
Une très émouvante lecture... qui laisse inexorablement des masses de points d'interrogation sur l'avenir des enfants de Christophe et d'Aline...parents aimants et combattifs, mais dont l'impuissance grandit.. le système économique les pressurant, les maltraitant avec une
violence glacialement bureaucratique...En dépit du désespoir grandissant des personnages, on ne peut être qu'admiratif devant leur courage, leur ténacité "à rester debout", à redoubler d'efforts pour trouver un moyen de s'en sortir , et de ne pas subir leur sort !
Je vais regarder rapidement et attentivement les thèmes des autres ouvrages de Pascal Manoukian, me précipiterai dans un premier temps à ma médiathèque pour emprunter, si ils les possèdent, " Les Echoués" et " le Diable au creux de la main"...
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montmartin
  28 août 2018
Prolétaires : Citoyens de la plus basse classe, dont les enfants sont la seule richesse
Aline habite dans l'Oise, près de Beauvais avec son mari Christophe et leurs deux enfants Matthis et Léa. Mathis, parfois l'air lui manque, il quitte brusquement le monde et il revient chaque fois sans l'ombre d'un souvenir. Léa passe le bac cette année et rêve d'aider le monde à changer, d'en arrondir les angles afin qu'il ne blesse plus personne.
Les communistes ont disparu depuis longtemps et le travail aussi laissant la place à des friches industrielles, la commune ne compte pas d'école, pas de café non plus, il ne reste que des fermes. Les lettres de licenciement, les dettes, les pièces jaunes que l'on compte à la caisse du supermarché, l'huissier. le déjeuner sur l'herbe qui se transforme en radeau de la méduse. Deux bouteilles de Meursault, du foie gras, s'offrir une dernière soirée de riches avant de devenir pauvres. Une seule issue, le seul courage qu'il leur reste : se soustraire à la vie.
Une chronique sociale, un livre militant sur la détresse du monde ouvrier face à la mondialisation et aux délocalisations. « Il n'y a pas mieux aujourd'hui pour enseigner la géographie aux enfants que de leur apprendre où sont passées les usines de leurs parents. » Un roman profondément humain qui m'a beaucoup touché. Des portraits saisissants comme Léon, le grand-père, tout le monde le surnomme Staline à cause de ses colères rouges chaque fois que quelqu'un s'en prend aux ouvriers. Il berce sa petite fille en lui chantant tout bas « l'internationale ». Il est mort à 85 ans, d'une crise cardiaque en voulant en découdre avec un militant du Front national, ses derniers mots avaient été « Va te faire foutre ! », il était mort comme il avait vécu, sans mâcher ses mots.
La langue est vivante, simple comme le sont les ouvriers, l'humour fait oublier la triste condition. Pascal Manoukian peint avec justesse la détresse des ouvriers licenciés, perdus comme des abeilles dont on vient de détruire la ruche. Leur seul rêve la réussite de leurs enfants : « C'est pour ça que l'on fait des enfants, pour les hisser sur ses épaules, le plus haut possible, les aider à atteindre ce que l'on n'a pas pu atteindre soi-même. »
Des passages m'ont mis mal à l'aise comme le cynisme dont fait preuve le responsable du recrutement de vendeurs à domicile auquel Aline participe. « Ma cible, ce sont les pauvres, et c'est pour ça que vous êtes là. Parce qu'il n'y a pas mieux que d'autres pauvres pour leur fourguer des choses dont ils n'ont pas besoin. »
Je regrette cependant que l'auteur transforme peu à peu son livre en une sinistre farce lorsqu'Aline et son mari avec l'aide d'autres pieds nickelés décident de braquer le supermarché. La puissance et l'émotion des premiers chapitres retombent un peu et le récit perd de sa crédibilité. Reste un roman qui nous fait réfléchir sur les dérives de notre société où l'auteur aborde des thèmes auxquels je suis très sensible. Malgré une fin terrible, magnifiquement écrite, il faut garder espoir dans notre jeunesse, la génération 0 qui saura reconstruire un monde plus juste.

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motspourmots
  20 août 2018
"Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève et les larmes des licenciés. Pourtant, chaque matin Aline y retrouve ses petits bonheurs, le travail bien fait d'abord et le travail tout court surtout, le café à la cantine, l'art du geste précis et maîtrisé, la complicité de classe et cette énergie qui, malgré la fatigue et les douleurs, court les ateliers".
Depuis quelques années, Pascal Manoukian construit une oeuvre littéraire à la fois forte et nécessaire. Des livres qui parlent avant tout des hommes auxquels l'auteur s'efforce de redonner une image, une forme, une existence là où d'autres s'attachent à les oublier derrière des chiffres, des graphiques, des statistiques. Je ne peux m'empêcher de penser que peut-être, si les dirigeants européens lisaient Les échoués, peut-être l'actualité en serait-elle changée (on peut toujours espérer que la littérature change le monde). Avec le paradoxe d'Anderson, il s'attaque à un sujet encore plus proche de nous, un truc qui fait peur à tout le monde : la crise et son corollaire, le déclassement social.
Bien sûr qu'ils y pensent à la crise, Aline et Christophe. Ouvriers tous les deux dans l'Oise, une région qui n'est pas épargnée par les fermetures, délocalisations et donc les licenciements. Aline est chef d'équipe dans une usine de textile, Christophe dans une manufacture de verre. Un beau matin, la ligne que supervise Aline a disparu. Déménagée dans la nuit par les dirigeants. Au même moment, un mouvement de grève est déclenché sur le lieu de travail de Christophe. Tout s'effondre. Aline est licenciée, le revenu de Christophe suspendu pendant la grève. Il faut faire les comptes et "en deux colonnes, ils sont passés de la classe moyenne au surendettement, rejoignant les statistiques et les 9 millions de pauvres qu'ils regardaient avant, sans trop y prêter attention, traverser l'écran de leur salon (...)". Pour l'heure, le plus important est de préserver la tranquillité de Léa, leur fille aînée qui révise pour son Bac ES et celle de Mathis, le benjamin à la santé fragile. Rester positif, s'accrocher, faire en sorte que Léa obtienne le précieux sésame promesse d'une autre vie... Mais comment faire face à la violence d'une société régie par l'économie de marché et qui a oublié la solidarité ?
Bonne idée de mettre en parallèle les grandes théories de l'économie via les révisions de Léa (dont ce fameux paradoxe d'Anderson) et la réalité du terrain. C'est clair, net, implacable. Mais c'est également désespérant d'assister aux ravages d'un rouleau compresseur qui détruit à l'aveugle. de constater le plus terrible : l'impuissance d'individus qui n'ont aucune maitrise des processus, malgré leur courage, leur optimisme et toute leur bonne volonté. Ça prend aux tripes, ça donne envie de faire la révolution ou au moins de se poser la question du monde que nous voulons.
Encore une fois, Pascal Manoukian fait entendre la voix de ceux que l'on ignore avec l'empathie qui le caractérise. Il insuffle à ce roman un rythme qui contribue à la sidération, faisant défiler les mois tout en crescendo. Il nous montre un monde en équilibre précaire entre hier et demain, sans nostalgie mais en rendant hommage à tous ceux qui ont lutté pour tenter de défendre les travailleurs (Oh la belle figure de "Staline", le grand-père !) . Sans grand optimisme même si, au détour d'une phrase, on peut lire un certain appel aux générations à venir :
"Chaque génération doit s'adapter à l'environnement que lui lègue la précédente. Pas étonnant, pense Aline, que celle de Léa, héritière d'un monde d'exclusion, de chômage, de dettes abyssales, de dérèglement climatique, donne le sentiment égoïste de ne vouloir compter que sur elle-même. On lui reproche sa perdition dans les méandres du net, elle y tisse au contraire un immense réseau solidaire ; on la trouve autiste devant ses écrans, elle invente simplement une autre manière de communiquer ; on moque son manque de culture, elle possède pourtant à portée de clic toutes les réponses à toutes les questions du monde (...) ; on prend pour de la paresse son désir de ne plus travailler physiquement sept heures par jour, elle adapte simplement le temps de travail de WhatsApp et de FaceTime. Elle témoigne en fait d'un monde qui naît, mais les responsables de celui qu'il va remplacer refusent de l'admettre, par peur d'en perdre le contrôle. En fait, la génération Z porte bien son nom. Elle marque la fin d'un cycle. La prochaine recommencera à 0, ou plutôt à A, avec devant elle un immense horizon, vierge, incertain, porteur de tous les espoirs et de tous les dangers".
Il faut lire Pascal Manoukian. Il faut profiter de son regard et de sa capacité à nous faire ressentir avec l'acuité de celui qui a beaucoup parcouru le monde, la réalité des individus. Notre réalité. Vous sortirez de ce roman le souffle coupé, avec l'envie de le faire lire à tous ceux que vous croiserez.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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artemisia02
  20 septembre 2018
Pour ma part l'histoire n'a pas grand intérêt, je vois la même, hélas, régulièrement aux infos. Ce n'est pas un livre vers lequel je serai allé et qui ne me laissera pas un grand souvenir.
Ce style de roman qui se veut sociétal, reflétant la réalité des fermetures d'usines dans les campagnes et leur conséquences sur la population locale, n'est pas du tout ma tasse de thé. le tout agrémenté de messages politiques, avec tout le stéréotype des gentils ouvriers et des méchants delocalisateurs, des gentils grévistes et des méchants banquiers.
Et au milieu de tout ça, un couple qui cache le chômage de la mère et la grève du père, pour préserver l'univers familial et leur fille qui passe le bac et qui vit ses premiers émois. Bien sur, cette omission se révèle être une mauvaise idée qui leur reviendra en pleine figure.
Ce genre de sujet n'est pas fait pour moi, je passe mon tour. Petit point positif, je n'ai pas vu arriver la fin.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
natdefnatdef   25 septembre 2018
-Tout est légal contre les sans-dents, s'énerve-t-elle.
Aline déteste cette expression. Elle maudit V.T., son sourice forcé, sa fausse allure, sa poitrine soutenue par une machinerie trop visible. Dans Voici, ils disent qu'elle a déjà vendu 600 000 exemplaires. Se faire autant d'argent sur la misère des autres c'est dégueulasse ! Une ancienne pauvre, en plus ! Depuis que l'ex-première dame s'est répandue en confidences, pointant de sa mauvaise plume ceux qui déjà n'osaient plus sourire, elle en a fait des bêtes de foire, des curiosités, les rebaptisant de ce surnom collant comme un crachat, qu'ils traînent maintenant en plus du reste, de leurs dettes, de leur honte, de leur tristesse et de leur peur de ne jamais savoir qui du voisin ou de l'huissier va sonner le premier.
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Pavi33Pavi33   20 septembre 2018
Elle ne parle plus qu'à des guichets et des hygiaphones, n'appelle plus que des numéros à quatre chiffres, surtout le 3949, ne s'adresse plus qu'à des répondeurs et à des voix numériques, articulant lentement son identifiant à sept chiffres et ses mots de passe, punie, bannie, coupable d'avoir simplement la quarantaine juste à la pliure entre l'économie d'hier et celle de demain.
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Pavi33Pavi33   20 septembre 2018
Elle valait mieux, pourtant. Il y a peu de temps encore on se disputait sa compagnie. Elle encombrait ses journées de rendez-vous inutiles, d'apéros, de déjeuners du week-end, de mèches chez le coiffeur, de sorties ciné/pizza quatre-fromages entre copines au multiplexe de la zone industrielle. Son téléphone sonnait, on comptait sur elle, on lui faisait promettre « à demain » ou « à très vite », elle embrassait, lançait des « ciao » avec la main, textotait des « merci » et des « je t'aime ». Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient de bout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif.
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Pavi33Pavi33   20 septembre 2018
Elle se demande ce que vont devenir tous ceux qui travaillent avec leurs mains. Où vont disparaître leurs gestes, dans quels musées ? Les terrils et les mines sont déjà classés au Patrimoine de l'Unesco. Quel avenir pur toutes ces usines mortes ? Des cars scolaire y emmèneront peut-être les enfants pour observer des ouvriers faisant semblant de travailler en tournant en rond autour de machines débranchées comme les singes des zoos font semblant de vivre libres.
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catoche11catoche11   18 septembre 2018
Elle regarde défiler cette France recroquevillée où les frontistes, comme des dealers, refilent leurs saloperies et leurs idées mortifères. Les villages comptent de plus en plus d'accros. Les permanences du parti sont autant de salles de shoot, où à l'abri des murs et des slogans on autorise ce qui est interdit : la haine de l'autre, le racisme, le négationnisme.
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