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ISBN : 2021402436
Éditeur : Seuil (16/08/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir.
La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles.
Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  17 septembre 2018
Ce roman se déroule dans l'Oise, de nos jours, dans une région durement touchée par la mondialisation, les délocalisations d'entreprises, le chômage, la misère, le désert culturel....Un cadre qui, hélas , aurait bien pu, lui aussi, être délocalisé sur une grande partie de notre territoire.
Aline et Christophe travaillent tous deux en usine. Si leur vie ne respire pas l'aisance, ils réussissent à payer les crédits, celui de la maison, celui de la voiture, tout ne va pas trop mal pour eux mais l'épée de Damocles pend toujours au-dessus de leur tête. Ils ont deux enfants, Mathis, atteint d'une maladie mal définie et Léa, bonne élève de terminale qui s'apprête à passer son bac ES, un bac qui la conduit à analyser en permanence les théories et pratiques économiques du monde actuel.
Soudain, sans préavis , la catastrophe: Aline perd son emploi et, un malheur ne venant jamais seul, la grève paralyse l'entreprise de Christophe. Commence alors une autre histoire, une histoire dans laquelle Christophe et Aline vont se débattre contre le malheur qui les accable et se lancer dans une lutte dont on aimerait bien qu'ils sortent vainqueurs.....
L'auteur a connu, par ses parents, le monde ouvrier, il sait de quoi il parle quant au contenu, aux descriptions, à l'analyse des peurs, de la colère , de la désespérance. On "plonge, on se débat, on appelle au secours, on se noie , avec ces deux personnages émouvants de dignité.
Et dire que nous connaissons TOUS des gens qui se trouvent dans cette situation désespérée alors que leur seul souhait est de vivre décemment.
Je regrette un peu l'épisode dans lequel on voit évoluer "Bonux and Tide"( je vous laisse découvrir ) un peu "tiré par les cheveux"si je puis m'exprimer ainsi.
J'ai été atterré par certaines méthodes d'embauches et la brutalité des démarchage à domicile...
Ce roman social est sans concession , hélas.. Sans concession car je crois qu'il décrit avec justesse la vie désespérante du monde ouvrier. C'est un livre dur qui devrait nous interpeller sur le monde qui est le nôtre aujourd'hui. Pas vraiment beau, tout ça, pas très encourageant non plus. Et nous sommes au XXIème siècle ,ce livre n'a pas été écrit par Zola,et pourtant...
Il ne faut pas faire l'impasse sur ce livre, pas fermer les yeux, respecter le courage de l'auteur, ne pas baisser les bras...

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fanfanouche24
  20 août 2018
Un roman social qui parle des ouvriers, du déclassement social et des fractures sociales qui s'étendent...partout ! Une chronique sociale dans l'air du temps, me direz-vous ...
mais ce roman a une résonance plus large lorsqu'on prend connaissance des 1ères lignes dédicatoires de l'écrivain, en exergue:
" A mon père, ouvrier gaulliste,
à ses années chez Renault.
A ma mère, ouvrière à 13 ans.
Aux communistes,
qui m'ont fait découvrir les vacances. "
Cette dédicace nous exprime à quel point l'auteur est bien immergé et familier de son sujet...issu lui-même du monde ouvrier...ayant construit ses valeurs, et les fondements de sa vie sur le monde ouvrier où les êtres les plus chers de son milieu familial.., ses parents , ont évolué toute leur existence...
Je connaissais de nom , le photographe, le journaliste et le réalisateur...mais
jusqu'à ce jour, je n'avais jamais eu l'occasion de lire ses écrits...
Lacune à demi réparée et j'en suis très heureuse, car j'ai apprécié grandement la sensibilité et l'oeil acéré de l'auteur sur notre monde, en bouleversement complet et faillites humaines diverses !!..
Je débute cette fiche de lecture en donnant la signification du titre choisi,
qui à lui seul, suggère les thématiques abordées...:
"Le paradoxe d'Anderson est un paradoxe empirique selon lequel l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de son père ne lui assure pas, nécessairement, une position sociale plus élevée."
Dans le Nord de l'Oise... les paysans ont été remplacés par les ouvriers...
Nous sommes dans une famille unie, où les parents, Christophe et Aline, la quarantaine,(issu tous les deux du milieu paysan) travaille chacun dans une usine: le père dans une manufacture de bouteilles,la mère, dans le textile...

Deux enfants, Mathis, le cadet, qui a besoin de toutes les vigilances, ayant une sorte de maladie orpheline, Léa, qui prépare un bac "économique et social"...les parents travaillent beaucoup... sont très soudés et veulent le mieux pour leurs enfants...
Et puis deux cataclysmes surviennent quasiment simultanément: les deux usines de la région licencient...et c'est le drame absolu de ces travailleurs qui ont donné des années au monde de l'usine, contre des salaires minimum...en bataillant en permanence avec les crédits...
Dans leurs luttes, ces parents ont régulièrement à l'esprit un grand-père
modèle de rebellion et de courage, surnommé "Staline", qui se battait
envers et contre tout, contre les injustices immenses faites déjà aux
plus modestes !!...
Christophe et Aline déploient des trésors d'imagination pour protéger leurs
enfants , surtout Léa, qui révise son bac , se trouvant au seuil de sa vie
d'adulte et professionnelle.... Aline l'aide , trouve la pilule amère, en
parcourant les cours d'économie de sa fille... entre les mots et la réalité
sur le terrain, il y a un monde.... impitoyable, entre le travail des ouvriers,
de moins en moins considéré [ et le travail manuel, tout court]...
Les profits qui vont aux mêmes,le capitalisme triomphant qui broie désormais sans vergogne "les classes laborieuses" !!...Les inégalités sociales qui se démultiplient, et se propagent comme une véritable épidémie !!!
les délocalisations, la mondialisation, la course au profit...la crise économique où le travail n'est plus acquis, même en se qualifiant, en poursuivant des études...
Depuis des années , déjà, une période charnière où les anciennes valeurs basculent... et où le monde nouveau émergeant reste précaire, anxiogène...où "Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes"...
On s'attache à cette famille vaillante, combattive, qui se transforme en pieds- Nickelés... pour tenter de rééquilibrer les inégalités criantes...tenter
d'agir...pour ne pas subir les événements...ni baisser les bras. Mais la
machine capitaliste est sans états-d'âme... Je n'en dirai pas plus!!!...
J'ai choisi de transcrire quatre extraits parmi les plus significatifs de ce roman social, éminemment bouleversant...aussi plein d'acuité que d'empathie de l'auteur pour ses "anti-héros"...qui ne veulent surtout pas baisser les bras...
"Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient debout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif." (p. 222)
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"Elle se demande ce que vont devenir tous ceux qui travaillent avec leurs mains. Où vont disparaître leurs gestes, dans quels musées ? Les terrils et les mines sont déjà classés au Patrimoine de l'Unesco. Quel avenir pour toutes ces usines mortes ? Des cars scolaires y emmèneront peut-être les enfants pour observer des des ouvriers faisant semblant de travailler en tournant en rond autour des machines débranchées comme les singes des zoos font semblant de vivre libres." (p. 222)
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"Aline vient de comprendre la mondialisation : c'est lorsque son travail disparaît dans un pays dont on ne connaît rien. Il n'y a pas mieux aujourd'hui pour enseigner la géographie aux enfants que de leur apprendre où sont passées les usines de leurs parents, se dit-elle." (p. 52)
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"Il ne s'agissait pas de faire le casse du siècle, mais, plus modestement, de riposter symboliquement à un manque d'équilibre dans la répartition des richesses. c'était essentiellement ce qu'elle avait retenu de ses révisions avec Léa. le capitalisme avait été une formidable machine à produire du bonheur pendant deux générations, inventant entre autres merveilles (...) les contrats à durée indéterminée, la Sécurité sociale, les congés payés ou l'assurance-chômage (...) Bref, à vouloir mondialiser l'économie pour continuer à accumuler des profits, le capitalisme tel qu'il nous avait rendus heureux s'était euthanasié, sans laisser de testament à la génération censée l'enterrer. "(p. 245)
Une très émouvante lecture... qui laisse inexorablement des masses de points d'interrogation sur l'avenir des enfants de Christophe et d'Aline...parents aimants et combattifs, mais dont l'impuissance grandit.. le système économique les pressurant, les maltraitant avec une
violence glacialement bureaucratique...En dépit du désespoir grandissant des personnages, on ne peut être qu'admiratif devant leur courage, leur ténacité "à rester debout", à redoubler d'efforts pour trouver un moyen de s'en sortir , et de ne pas subir leur sort !
Je vais regarder rapidement et attentivement les thèmes des autres ouvrages de Pascal Manoukian, me précipiterai dans un premier temps à ma médiathèque pour emprunter, si ils les possèdent, " Les Echoués" et " le Diable au creux de la main"...
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Kittiwake
  10 novembre 2018
Une belle claque , qui a le mérite de rendre palpable la détresse humaine qui se cache derrière les trop banals sujets d'actualités que sont les licenciements, délocalisations et mise au chômage d‘équipes à qui l'adversité permet de croire pour un instant au pouvoir d'une fragile solidarité.
Et on les apprécie immédiatement, ces deux parents qui travaillent chacun dans l'une des deux entreprises locales, qui d'historiques et familiales sont devenues des pions sur l'échiquier de l'économie globale. Ils sont attendrissants dans leurs illusions de toujours croire en un avenir meilleur, et de se persuader que le pire est derrière eux. Alors on commence par de petits mensonges, par omission puis par auto-persuasion, pour mettre à l'abri les enfants et leur permettre de rester dans les clous de la société de consommation.
Malgré tout les efforts , les renoncements , qui atteignent plus que la résignation de laisser tomber des désirs futiles, et blessent l'amour-propre tout en activant un sentiment d'injustice. C'est alors que les passages à l'acte deviennent inéluctables.
Le récit met bien en évidence elle cynisme et l'absence de compassion qui animent les responsables de telles absurdités. Même si le ton n'est pas misérabiliste , et que l'humour allège le propos, c'est tout de même noir très noir et désespérant. Car ils ne manquent pas d'air , les prisonniers du système qui terminent leurs missives signifiant le licenciement d'un « cordialement »,
«  Tu parles! Va dire ça aux enfants… »Le patron de maman l'a renvoyée du fond du coeur ». « Il nous abandonne chaleureusement » « Toute l'équipe de direction, vous met dans la merde en toute amitié »
Quelle issue à ses situations tragiques, où le surendettement accentue la condition de proie?
La fin est bouleversante et tellement probable.
Réflexion humaniste sur les aberrations de notre système, version moderne du roman naturaliste, c'est une belle réussite.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ziliz
  09 octobre 2018
Une petite ville de l'Oise, aujourd'hui.
Les représentants d'extrême droite sourient sur les murs en promettant une France meilleure : sans étrangers, sans délocalisations et sans chômage. 60% des votants veulent y croire.
Léa prépare son bac (série Economique et Social). Elle est douée et ambitieuse, elle pourrait aller loin…
Pendant ce temps, dans ces Hauts-de-France, maman et papa sont 'en bas' ♪♫ triment de leurs quatre bras ♪♫ – Aline ouvrière dans le textile, lui dans le verre…
En 1961, le sociologue Anderson a formulé ce paradoxe : l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de ses parents ne lui assure pas nécessairement une position sociale plus élevée.
Ce principe se vérifie, il suffit de regarder autour de soi.
Et de voir tous ces jeunes sur-qualifiés par rapport à l'emploi qu'ils occupent.
La crise économique et le chômage n'arrangent pas les choses.
Pour Aline, qui espère que sa fille sera bachelière (la première de la famille), le handicap des enfants d'ouvriers se résume à cette image : « On leur fait prendre le départ d'un cent mètres avec un sac à dos. »
Voilà pour le paradoxe d'Anderson, si bien illustré par Pascal Manoukian dans ce roman.
Mon paradoxe du jour : j'ai dévoré ce livre, je ne m'y suis pas ennuyée une seconde, j'ai relevé plein de passages qui m'ont touchée. Et pourtant cette lecture m'a agacée, et même de plus en plus.
J'adhère totalement aux idées de l'auteur, à sa vision de la société, des dérives du capitalisme - exploitation, inégalités, précarisation, chômage, frénésie consumériste, malbouffe... Et foutage de gu3ule des politiques de tous bords.
Les situations décrites ici par Manoukian sont criantes de vérité(s), ses observations et analyses très pertinentes – et pourtant…
Aussi intéressant, sordide et révoltant que du Zola, que 'Les Misérables' de Hugo, c'est plus facile à lire.
Mais l'intrigue a beau être crédible (on a même vu pire IRL), trop c'est trop et ça me semble truffé d'invraisemblances...
De cet auteur, j'ai préféré 'Les Echoués' : parcours de trois hommes qui ont espéré des jours meilleurs en s'exilant en France.
Sur les sites industriels économiquement sinistrés du Nord et de l'Est, on peut aussi lire des romans de Pascal Dessaint, Sorj Chalandon, Gérard Mordillat… pour se faire pleurer à s’en arracher la gorge.
• Merci à Babelio et aux éditions du Seuil.
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montmartin
  28 août 2018
Prolétaires : Citoyens de la plus basse classe, dont les enfants sont la seule richesse
Aline habite dans l'Oise, près de Beauvais avec son mari Christophe et leurs deux enfants Matthis et Léa. Mathis, parfois l'air lui manque, il quitte brusquement le monde et il revient chaque fois sans l'ombre d'un souvenir. Léa passe le bac cette année et rêve d'aider le monde à changer, d'en arrondir les angles afin qu'il ne blesse plus personne.
Les communistes ont disparu depuis longtemps et le travail aussi laissant la place à des friches industrielles, la commune ne compte pas d'école, pas de café non plus, il ne reste que des fermes. Les lettres de licenciement, les dettes, les pièces jaunes que l'on compte à la caisse du supermarché, l'huissier. le déjeuner sur l'herbe qui se transforme en radeau de la méduse. Deux bouteilles de Meursault, du foie gras, s'offrir une dernière soirée de riches avant de devenir pauvres. Une seule issue, le seul courage qu'il leur reste : se soustraire à la vie.
Une chronique sociale, un livre militant sur la détresse du monde ouvrier face à la mondialisation et aux délocalisations. « Il n'y a pas mieux aujourd'hui pour enseigner la géographie aux enfants que de leur apprendre où sont passées les usines de leurs parents. » Un roman profondément humain qui m'a beaucoup touché. Des portraits saisissants comme Léon, le grand-père, tout le monde le surnomme Staline à cause de ses colères rouges chaque fois que quelqu'un s'en prend aux ouvriers. Il berce sa petite fille en lui chantant tout bas « l'internationale ». Il est mort à 85 ans, d'une crise cardiaque en voulant en découdre avec un militant du Front national, ses derniers mots avaient été « Va te faire foutre ! », il était mort comme il avait vécu, sans mâcher ses mots.
La langue est vivante, simple comme le sont les ouvriers, l'humour fait oublier la triste condition. Pascal Manoukian peint avec justesse la détresse des ouvriers licenciés, perdus comme des abeilles dont on vient de détruire la ruche. Leur seul rêve la réussite de leurs enfants : « C'est pour ça que l'on fait des enfants, pour les hisser sur ses épaules, le plus haut possible, les aider à atteindre ce que l'on n'a pas pu atteindre soi-même. »
Des passages m'ont mis mal à l'aise comme le cynisme dont fait preuve le responsable du recrutement de vendeurs à domicile auquel Aline participe. « Ma cible, ce sont les pauvres, et c'est pour ça que vous êtes là. Parce qu'il n'y a pas mieux que d'autres pauvres pour leur fourguer des choses dont ils n'ont pas besoin. »
Je regrette cependant que l'auteur transforme peu à peu son livre en une sinistre farce lorsqu'Aline et son mari avec l'aide d'autres pieds nickelés décident de braquer le supermarché. La puissance et l'émotion des premiers chapitres retombent un peu et le récit perd de sa crédibilité. Reste un roman qui nous fait réfléchir sur les dérives de notre société où l'auteur aborde des thèmes auxquels je suis très sensible. Malgré une fin terrible, magnifiquement écrite, il faut garder espoir dans notre jeunesse, la génération 0 qui saura reconstruire un monde plus juste.

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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   08 octobre 2018
Kilian a la silhouette d'un frappeur, petit et trapu. Ils ont eu la même fiancée au collège et échangé quelques coups de poing sur les bancs du lycée. Un perpétuel fouteur de bordel, sympathique mais emmerdeur, même enfant de choeur il s'est débrouillé pour faire grève un dimanche, prétextant être en sous-effectif lors de la grand-messe de Pâques, réclamant assis en aube sur les marches de l'église l'embauche immédiate d'un autre servant d'autel, de préférence une fille pour la parité. Le curé l'a chassé du temple à grands coups de pied dans le derrière, alors Kilian a abandonné la tenue blanche pour le foulard rouge et rejoint les Jeunesses communistes par l'intermédiaire d'une rousse du nom d'Aragone équipée comme un camion de la CGT.
(p. 98)
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JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   15 septembre 2018
Anderson a défini que l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de ses parents ne lui assurait pas nécessairement une position supérieure dans la vie professionnelle.Par exemple,imagine que moi,après trois ans de fac ou cinq ans d'école de commerce,je finisse caissière chez Simply.Ca,c'est le paradoxe d'Anderson.
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fanfanouche24fanfanouche24   18 août 2018
Au téléphone, la jeune femme lui a posé trois questions : "Parlez-vous une ou plusieurs langues étrangères ? Avez-vous fait des études supérieures ? Lisez-vous plus de dix livres par an ? " Elle a répondu non à toutes et décroché un rendez-vous. (...)

-Alors, quelqu'un peut-il commencer par me dire pourquoi j'ai mis au point mon questionnaire ?
Silence.
- Non? Personne ? Il va falloir vous dégourdir les mâchoires si vous voulez aller jusqu'en finale .
(...)
- Parce que je ne veux pas d'intellectuels. Un intellectuel, ça réfléchit, et pour vendre c'est justement ce qu'il faut éviter. (p.146-150)
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fanfanouche24fanfanouche24   20 août 2018
Il ne s'agissait pas de faire le casse du siècle, mais, plus modestement, de riposter symboliquement à un manque d'équilibre dans la répartition des richesses. c'était essentiellement ce qu'elle avait retenu de ses révisions avec Léa. Le capitalisme avait été une formidable machine à produire du bonheur pendant deux générations, inventant entre autres merveilles (...) les contrats à durée indéterminée, la Sécurité sociale, les congés payés ou l'assurance-chômage (...) Bref, à vouloir mondialiser l'économie pour continuer à accumuler des profits, le capitalisme tel qu'il nous avait rendus heureux s'était euthanasié, sans laisser de testament à la génération censée l'enterrer. (p. 245)
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ZilizZiliz   08 octobre 2018
Autour d'elle, un embouteillage d'obèses poussant leurs Caddie.
En une décennie de casse industrielle, de délocalisation, de plans sociaux, la corpulence moyenne des ouvriers du canton touchés par les fermetures d'usines a quadruplé. La faute en partie aux produits bas de gamme et aux mauvais sodas dont les grandes surfaces remplissent leurs rayons pour essayer, au fur et à mesure que la mondialisation fabrique [des pauvres], de [les] garder comme clients. Trop d'acides gras, de E210, de E215, de graisses saturées, d'additifs chimiques, d'exhausteurs de goût, destinés à augmenter l'accoutumance aux marques les moins chères et les plus caloriques. Pour les Hyper et les Super, peu importent le cholestérol et la glycémie, pourvu qu'il y ait l'ivresse d'un flux continu de Caddie aux caisses. Tout est bon à prendre : salaires, indemnités, allocations de fin de droits, minimum vieillesse, tickets restaurant.
(p. 80-81)
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