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Françoise Pellan (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070413072
370 pages
Éditeur : Gallimard (15/12/2002)
3.95/5   114 notes
Résumé :
Katherine Mansfield est née en Nouvelle-Zélande, en 1888. Elle est morte à Avon, près de Fontainebleau en 1923. Son œuvre est relativement mince. Quatre recueils de nouvelles, son "journal", sa correspondance, quelques articles critiques.
C'est tout.
Mais c'est immense. Le génie de Katherine Mansfield est tel que son œuvre pèse infiniment plus lourd que tant d'autres, numériquement plus importantes. C'est surtout en France qu'un véritable culte lui est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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sur 114 notes
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oiseaulire
  24 juillet 2019
La force des nouvelles de Katherine Mansfield, c'est qu'en quelques lignes elles renferment tout un univers. "Il n'y a pas d'histoire ", disent certains, "il ne s'y passe rien." Mais les héroïnes y tiennent tout l'univers réfracté dans le miroir minuscule qu'elles tiennent à la main, ou à portée de vue : un banc public, une salle de bal, une cabine de bateau contiennent en germe tous les développements d'une vie future, toute la rémanence d'un passé lointain, toute la fausse douceur d'une société sans merci. Il faut prêter une extrême attention au texte (et au génie de sa traductrice, Marthe Duproix) : chaque terme y est déposé comme par magie, juste où il faut, pour vibrer et s'assembler aux autres, comme sur une toile impressionniste les couleurs se correspondent et créent un ensemble unique de valeurs et de beauté.
C'est sensible, très fort, très précis, chirurgical, mais le scalpel ne se voit pas, le scalpel est un pinceau, une gouge.
On comprend, à la lecture de ces nouvelles, la raison de l'antagonisme amical de leur auteure avec une autre grande contemporaine, Virginia Woolf : elles étaient deux grandes scluptrices de mots et d'instants.
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mumuboc
  28 octobre 2017
Comme on déguste des petites douceurs avec une tasse de thé, j'ai savouré ce recueil de nouvelles de Katherine Mansfield
12 courtes histoires (sauf pour La Baie qui comporte une centaine de pages) tellement pleines d'émotion, de sentiments mais aussi des témoignages sur la vie, les pensées de familles aisées, frivoles :
. La garden-party,  La baie,  Son premier bal 
ou de petites gens :
. La femme de chambre, La vie de la mère Parker
ou sur le couple 
. La leçon de chant, La jeune fille, Mariage à la mode, le voyage, Miss Brill, Mr et Mme Colombe
mais aussi la mort 
. Les filles de feu le colonel, La vie de la mère Parker (sûrement ma préférée, la plus touchante et la plus sensible)
J'aime la littérature anglaise par la minutie de l'écriture, son raffinement, sa façon de mettre en place décor et personnages avec parfois une note d'humour (anglais bien sûr) et la présence de la nature :
Quant aux roses, elles comprenaient, à n'en pas douter que les roses sont les seules fleurs qui impressionnent les gens dans une garden-party, les seules que tout le monde soit sûr de reconnaître. Des centaines, oui, littéralement des centaines de boutons s'étaient ouverts en une seule nuit ; les buissons verts s'inclinaient très bas comme s'ils avaient été visités par des archanges (p103)
L'auteure a connu très tôt des soucis de santé (tuberculose) et est décédée à 34 ans mais aussi une vie sentimentale assez mouvementée. Une urgence de vivre mais aussi d'écrire de courts textes ne se sentant pas la force physique d'écrire un roman. On ressent le travail de recherche du mot exact, de l'observation de moments de vie autour d'elle, imaginant le destin de personnes de son entourage, de scènes de rue ou de campagne. 
C'est une écriture féminine, délicate comme on un nuage de lait dans une tasse de thé. Tout est dit en parfois 4/5 pages, une tranche de vie, un instantané à travers les yeux d'une écrivaine de grand talent.
http://mumudanslebocage.wordpress.com
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Lazlo23
  24 décembre 2015
Publié en 1922, ce recueil de nouvelles de la Néo-Zélandaise Katherine Mansfield est un petit bijou de grâce et de subtilité.
Une baignade dans l’océan, une promenade dominicale, un voyage en bateau, des retrouvailles après une longue absence… autant dire que chez cet auteur, les arguments sont plutôt minces. Ses personnages vivent des choses simples, banales, parfois cocasses, souvent dérisoires, et tout cela est raconté avec les mots de tous les jours, sans jamais hausser le ton.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, la banalité n’est ici qu’un vernis, une manière de dire des choses graves sans en avoir l’air, presque en s’excusant. C’est que, comme chez Tchékhov, dont l’influence sur Katherine Mansfield est manifeste, une indéfinissable nostalgie se dégage de ces pages : celle des occasions manquées, des amours avortées, des vies gâchées, comme celle de cet homme qui s’aperçoit, trop tard, qu’il a passé « toutes les meilleures années de sa vie assis sur un tabouret, de neuf heures à cinq, à gribouiller le registre de quelqu’un d’autre. »
Un très beau livre, donc, à la fois triste et souriant, léger et profond, d’un auteur dont la grande Virginia Woolf écrivait dans son journal : « Je ne voulais pas me l'avouer, mais j'étais jalouse de son écriture, la seule écriture dont j'ai jamais été jalouse. Elle avait la vibration. » Cela donne une idée du niveau de ces textes.
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stcyr04
  28 novembre 2021
Cruels sont les arrêts de la destinée ! Née dans le lointain pays du long nuage blanc, Katherine Mansfield, a achevé sa course terrestre près de Fontainebleau, à l'âge de 34 ans, fauchée par une hémorragie hémoptysique, suite fatale de la tuberculose. Cruels, car l'oeuvre de Mansfield, bien que succincte, est riche de petites merveilles littéraires.  L'étoile filante quelle fut brilla au firmament de la nouvelle, exercice où elle excella, digne émule De Maupassant et de Tchekhov, mais dans un style qui n'est qu'à elle. le présent recueil, dont le titre est tiré d'un des plus remarquables textes du volume, rend parfaitement justice à la femme de lettre  oubliée. On y découvre son talent à tirer le suc de l'apparente insipidité de la vie, sans recours à une intrigue apparente et sans recherche intempestive de l'effet à produire. Tout est joliment dit et l'humour discret de plusieurs de ses nouvelles est vraiment délicieux. 
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missmolko1
  15 mai 2013
Il y a un petit moment que je voulais me lancer dans cette lecture et malheureusement j'ai été déçu.
L'unique chose qui m'a plu dans ce livre sont les descriptions de Katherine Mansfield. En effet, l'auteur nous raconte les moindres petits détails de la nature environnant et on a vraiment l'impression d'y être, de pouvoir toucher les choses.
Mais j'ai trouvé le rythme bien trop lent et surtout le manque d'action a fini par m'ennuyer.
Le début m'a semblé également très confus, j'avais du mal a cerner les personnages et je me perdais un peu.
C'est vraiment dommage car je pense que ces nouvelles sont vraiment bonnes mais sans doute que ce n'était pas le bon moment pour moi de les apprécier a leur juste valeur!
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   24 décembre 2015
La marée était basse : la plage était déserte : paresseusement clapotait le flot tiède. Le soleil frappait, frappait ardent, flamboyant, à coups répétés, le sable fin ; il cuisait les galets gris, les galets bleus, les galets noirs, les galets veinés de blanc. Il aspirait la petite goutte d'eau qui gisait au creux des coquillages arrondis ; il pâlissait les liserons roses qui faisait courir leur feston à travers le sable des dunes. Rien ne semblait bouger que les petites sauterelles. Pitt-pitt-pitt ! elles ne restaient jamais tranquilles. Là-bas, sur les rochers revêtus d'algues, qui, à marée basse, ressemblaient à des des bêtes au long poil descendues au bord de l'eau pour boire, le soleil paraissait tournoyer comme une pièce d'or qui serait tombée dans chacune des petites vasques du rocher. Elles dansaient, elles frissonnaient ; des ondulations minuscules venaient laver les bords poreux. Si on regardait en bas, si on se penchait sur lui, chaque bassin était comme un lac aux rives duquel se pressaient des maisons bleues et roses ; et, oh ! quel vaste pays montagneux par-delà ces maisons ! quels vastes ravins, quelles gorges, quelles dangereuses criques, quels sentiers effroyables conduisant au bord de l'eau ! Sous sa surface ondulait la forêt marine: arbres roses pareils à des fils, anémones veloutées, algues tachetées de fruits orangés. Parfois, une pierre au fond bougeait, oscillait et un noir tentacule se laissait entrevoir ; parfois, une créature effilée passait sinueuse, et disparaissait. Il arrivait quelque chose aux arbres roses et mobiles ; ils changeaient, devenaient d'un bleu froid de clair de lune. Et maintenant, on entendait le plop plus léger. Que faisait ce bruit ? Que se passait-il là-dessous ? Et comme les algues au brûlant soleil avaient une odeur forte et mouillée !... (Sur la baie, in La Garden party)
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Pixie-FlorePixie-Flore   30 octobre 2015
Malgré tout, ses sanglots et balbutiements traduisent son sentiment de la beauté poignante que la vie doit à son ambivalence même. A un jeune écrivain qui l'interrogeait sur la signification de sa nouvelle, Katherine Mansfield répondit quelques mois avant sa mort: "[...] ce que j'ai essayé de rendre dans "La garden-party": la diversité de la vie, et comment nous essayons de tout faire tenir ensemble, y compris la mort. C'est déroutant pour quelqu'un de l'âge de Laura. Il lui semble que cela devrait se passer autrement. D'abord une chose, puis une autre. Mais la vie n'est pas ainsi. Elle ne s'ordonne pas selon notre bon plaisir. Laura dit: 'Mais toutes ces choses ne devraient pas arriver en même temps.' Et la vie répond: 'Pourquoi pas ? Comment les séparer ?' Et c'est bien ainsi que cela se passe, c'est inéluctable. Et il y a, me semble-t-il, une certaine beauté dans cette inéluctabilité."

[p21 Folio bilingue]
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NievaNieva   13 décembre 2014
— Pourquoi oncle William a-t-il été obligé de mourir ? Il n'était pas vieux.
Madame Fairfield commença à compter les mailles par trois.
— C'est arrivé comme ça, dit-elle, d'un ton absorbé.
— Est-ce que tout le monde est obligé de mourir ? demanda Kézia.
— Tout le monde !
— Moi aussi ?
La voix de Kézia avait un accent de terrible incrédulité.
— Quelque jour, ma chérie.
— Mais, grand-maman...
Kézia agita sa jambe gauche et remua les orteils. Elle y sentait du sable.
— Et si je ne veux pas, moi ?
La vieille femme soupira de nouveau et tira un long fil de la pelote.
— On ne nous consulte pas, Kézia, dit-elle tristement. Ca nous arrive à tous, tôt ou tard.
Kézia demeura immobile, réfléchissant à ces choses. Elle n'avait pas envie de mourir. Mourir signifiait qu'il faudrait partir d'ici, tout quitter pour toujours, quitter... quitter sa grand-maman. Elle roula vivement sur elle-même.
— Grand-maman, dit-elle d'une voix surprise et émue.
— Quoi, mon petit chat ?
— Il ne faut pas que tu meures, toi.
Kézia parlait avec décision.
— Ah ! Kézia – sa grand-maman leva les yeux, sourit, hocha la tête – ne parlons pas de cela.
— Mais il ne faut pas. Tu ne pourrais pas me quitter. Tu ne pourrais pas ne pas être là...
Ca, c'était terrible.
— Promets-moi que tu ne feras pas ça, jamais, grand-maman, supplia Kézia.
La vieille femme continua à tricoter.
— Promets-le-moi : Dis jamais !
Mais sa grand-maman restait toujours muette.

(Sur la baie)
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mumubocmumuboc   28 octobre 2017
Quant aux roses, elles comprenaient, à n'en pas douter que les roses sont les seules fleurs qui impressionnent les gens dans une garden-party, les seules que tout le monde soit sûr de reconnaître. Des centaines, oui, littéralement des centaines de boutons s'étaient ouverts en une seule nuit ; les buissons verts s'inclinaient très bas comme s'ils avaient été visités par des archanges (p103)
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Alice_Alice_   07 octobre 2012
Il se baissa, pinça un brin de lavande entre le pouce et l’index, les porta à ses narines et huma leur parfum. Quand Laura vit ce geste, elle en oublia complètement les harakas, émerveillée de découvrir qu’il appréciait des choses comme ça – qu’il appréciait l’odeur de la lavande. Parmi les hommes qu’elle connaissait, combien auraient fait une chose pareille ?
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Videos de Katherine Mansfield (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Katherine Mansfield
Extrait du livre audio "Lettres" de Katherine Mansfield lu par Jane Birkin. Parution CD et numérique le 10 novembre 2021.
https://www.audiolib.fr/livre/lettres-9791035404017/
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