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EAN : 9782490356140
288 pages
Éditeur : CHEMIN DE FER (31/01/2020)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Aujourd’hui, les lecteurs anglo-saxons ont à leur disposition l’intégralité des nouvelles composées par Katherine Mansfield, c’est-à-dire beaucoup plus que les cinq recueils que les lecteurs français peuvent se procurer.
Le pin, les moineaux, et toi et moi, nouvelles inédites donne à lire les nouvelles publiées en revue du vivant de Katherine Mansfield et jamais traduites en français car non reprises en recueil. Indispensable à la compréhension tant de l’œuvr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Colchik
  13 avril 2020
Je redis ici toute l'admiration que j'ai pour Katherine Mansfield. Ce recueil de nouvelles inédites – le vieux Tar figure cependant dans d'autres éditions – nous permet d'embrasser toute l'étendue de son talent. Mansfield, c'est d'abord l'oeil, le détail qui fait mouche, non pas pour créer un effet, mais pour révéler une situation. C'est aussi un semblant de légèreté, ne pas trop appuyer sur les échecs, sur l'incapacité à s'extraire des convenances sociales, et notamment celles qui gouvernent les relations entre hommes et femmes. L'écrivaine refuse le pathos, la dramatisation de l'instant ; le cours de l'existence est versatile comme l'individu. Enfin, sous sa plume surgit la dérision dont jouent les personnages, une dérision qui s'applique à soi-même avant de se porter sur les autres, pour mettre à distance la cruauté des rapports humains.
Cette publication fort belle des Éditions du Chemin de fer rassemble parfois des textes très courts s'apparentant à des contes (Une histoire de fées), ou à une page arrachée à un journal intime (Étude : la mort d'une Rose ; Silhouettes). L'auteure s'affranchit avec une liberté vivifiante du cadre prédéfini de la nouvelle. Celle-ci doit avoir telle longueur ; eh bien non, elle peut se rassembler en une page. Il lui faut une chute ; peut-être pas si l'écriture veut restituer un tremblement de l'être, un flottement du monde. Le récit peut même céder la place au dialogue pour capter les échanges des protagonistes de l'histoire (La tournée habituelle ; Un pique-nique). Tout ceci concourt à la modernité de Katherine Mansfield, dans cette fusion étroite du style et du sujet qui n'obéit qu'à une seule finalité : transcrire au plus juste la sauvagerie de l'âme se révélant aussi bien dans le désir que dans la joie, dans la souffrance comme dans la perte.
La post-face d'Anne Besnault, érudite mais accessible, fournit un éclairage intéressant sur l'oeuvre de Katherine Mansfield et son contexte.
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EvlyneLeraut
  21 mai 2020
Rester sur le seuil de ce majestueux livre. Admirer la teneur d'une première de couverture incitative et pénétrante. Ce bleu vie, passage et éclaircie, enrobe les pages et retient subrepticement le propice d'une lecture féconde. Nous sommes dans le raffiné, ce délicat de soie et d'attention. Franchir le seuil à pas furtifs. La rencontre est ici, le renom aussi. Dans cet espace octroyé aux nouvelles inédites d'une grande dame Katherine Mansfield. Traduites par Marie-Odile Probst. Lire attentivement la postface érudite d'Anne Besnault. Dans ce siècle passé qui foudroie nos moult et une certitudes de tout savoir par l'enjeu d'une contemporanéité trop affirmée et une soif de l'après. « Au loin, d'au-delà de la rangée des maisons obscures, il y a_ardent _ puissant_ un son comme un appel de la mer d'après l'orage. » le style concis, dans cet entrelac laisse passer les rais de ce juste. Les images loin d'être figées, endormies dans le pastel langoureux délivrent les cinq sens exaltés, la géographie des coeurs. Ces nouvelles sont des écrins d'un quotidien dont chaque mot étonne l'éphémère. On ressent ce paisible des heures importantes dans les attitudes familières. « Et partout cette étrange, indéfinissable senteur. Lorsque je l'inspire, elle semble absorber, devenir partie de moi_ et je suis vieille de l'âge des siècles, forte de la force de la sauvagerie. » Ces heures de lecture semblent des fils de soie, des rides retenues dans cette orée d'un âge qui ne faiblit pas. La littérature est macrocosme. L'inédit est diapason, boucles rares d'un verbe qui comprend les nuances d'un monde sans fioritures. le summum est là. Modeste et humble, sage et posé. « Si ce que vous dites est vrai, alors la pudibonderie est un pas vers l'art réel_quoi ? Car qu'entendons-nous par pudibonderie ? La pudibonderie est de la fausse honte, le négatif de la honte véritable, ce qui de nouveau est, pour ainsi dire, le négatif de la révérence. » Les trois nouvelles écrites par Katherine Mansfield en pages finales entre neuf et onze ans sont fraîches, étonnamment matures. « Son jeune ami » est poignante. Ce livre inestimable, poli en amont par Les éditions du Chemin de Fer est précieux, culte et d'une référence qui ne trompe pas. Les éditions du Chemin de Fer viennent de mettre au monde un recueil de nouvelles qui, bien plus que l'approche d'une plénitude littéraire, ici, dans cet espace c'est l'éclat des mots, la lumière en apogée qui règnent dans un bleu unique. du confirmé, du culte.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ColchikColchik   13 avril 2020
Dans l’avenue, trois petits garçons accroupis sous un arbre fument des cigarettes. Ils sont tout à fait silencieux et bien que terrifiés à l’idée d’être découverts, leur allure est pleine d’un fastueux abandon… Et la fumée grise flotte dans l’air – leur encens, fort et parfumé, au grand Dieu de l’Interdit.
Silhouettes, 1907
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ColchikColchik   12 avril 2020
Oh, je n’aurais pas pu supporter cela un instant de plus, et vous ? Les hommes ne sont-ils pas extraordinaires ? En ont-ils jamais fini avec ce genre de choses ? Non, jamais. Ils ont une faim insatiable de pourchasser quelque chose que neuf femmes sur dix auraient saisi sans se donner la peine de lever un doigt. Trop absurde ! Ils me font penser à ces gros chiens laineux qui adorent faire semblant de perdre l’os que vous avez jeté juste sous leur nez, se lancent à sa poursuite en aboyant et font mine de le déterrer. Qu’est-ce qui, diable, les pousse à agir ainsi ? La vanité, ma chère, et la délectation masculine à s’exhiber. Ne pouvez-vous les voir dans une heure de temps environ en train de donner des grands coups de queue et se lécher les babines et dire d’une voix plus ou moins forte : « Eh bien, nous avons eu une discussion plutôt ardue ! » Qu’ils sont ennuyeux ! Oublions-les.
En confiance. In confidence, 1917
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MedullaMedulla   11 mars 2020
A la lumière blanche, crue de la lune, un champ de choux bleus à ma droite miroite telle une mer froide. Face à moi, et autour de moi, les hêtres s’élèvent, vigoureux, noirs, envoûtants. Si je me penche un peu plus, et écoute attentivement, je discerne le marmonnement des ténèbres, la respiration çà demi étouffée de la nuit d’été. C’est la lourde, indolente rivière qui sinue rêveusement au travers des grands prés, et le bruissement lascif des doux roseaux entrelacés.
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MedullaMedulla   11 mars 2020
C’était un grand, un auguste pin. Si grand, vraiment si grand, que lorsqu’on se tenait dessous et regardait tout droit en l’air à travers les branches, on n’en voyait pas le sommet. Comme tu aimais ce pin !
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MedullaMedulla   11 mars 2020
Dans la forêt, dans la forêt, le silence avait jeté un sort sur toutes choses. Elle cueillit un grand bouquet de jonquilles et de perce-neige, et tendrement les tint contre elle, et tendrement embrassa leurs frais visages printaniers.
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Videos de Katherine Mansfield (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Katherine Mansfield
« Félicité », c'est l'entrée de la Nouvelle-Zélande dans les belles lettres enfin mondialement reconnue. Électron libre qui a gravité un temps autour du Bloomsbury Group, Katherine Mansfield a quitté son Océanie natale pour vivre en Angleterre, fuir en Allemagne, se reposer et mourir en France. Trop pressée pour s'éterniser, elle excelle dans la forme courte, à l'image de sa vie, fauchée en pleine jeunesse.
Pour la première fois en français, Anne Consigny donne voix au recueil de nouvelles qui a fait la renommée de Katherine Mansfield.
Déjà disponible en téléchargement et en streaming, le livre audio sortira en librairie le 11 mars 2021 en CD MP3.
Musique : « Sonate pour violoncelle seul », opus 28, d’Eugène Ysaÿe, joué par Ole-Eirik Ree, une production Naxos.
Le texte français, traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par J.-G. Delamain en 1932, est disponible dans le recueil « Les nouvelles » paru en 2006 aux éditions Stock.
Directrice artistique : Francesca Isidori.
Ce livre audio a été conçu avec le soutien de la SCPP.
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