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ISBN : 2266272608
Éditeur : Pocket (27/04/2017)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Trois jeunes avocats ambitieux sont venus à Paris dans l’intention d’y faire carrière. Criblé de dettes, Jacques Danton rêve de gloire et de fortune. Malgré sa disgrâce physique, il dégage un puissant magnétisme érotique. Maximilien de Robespierre est un jeune homme brillant, frêle et appliqué, que la violence effraie. Sensible et épris de liberté, il souhaite ardemment changer le système inégalitaire de la France. Camille Desmoulins est un pamphlétaire de génie. Fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  17 mai 2016
La Révolution française vue par une romancière anglaise... Voici un programme digne de faire frissonner les plus braves, surtout si l'on se rappelle le très francophobe « Mouron Rouge » de la baronne Orczy. Et pourtant, et pourtant… Peut-être fallait-il un point de vue étranger pour décrire cette période si controversée et plonger un regard objectif dans ce torrent de passions, de haines et d'idéologies contradictoires qui a secoué la France de 1789 à 1799 – date à laquelle un petit corse bien connu est venu poser ses fesses audacieuses de parvenu sur le trône des Bourbons. Avec sa jolie plume si vive et son regard résolument moderne, Hilary Mantel réussit un petit miracle : écrire un roman qui ne soit ni à charge, ni panégyrique, un récit plein de bruit et de fureur qui parvient à trouver l'équilibre parfait entre exaltation et terreur.
Pour se faire, nous emboiterons le pas à trois jeunes gens dont les noms – vénérés ou décriés – résonneront bientôt dans toute l'Europe et donneront des siècles plus tard des sueurs froides à plein de petits écoliers français : Maximilien Robespierre, Georges Danton et Camille Desmoulins. Tous trois sont jeunes, très jeunes, terriblement jeunes (j'ai eu un petit choc en réalisant que tous ces grands révolutionnaires étaient morts avant d'avoir quarante ans). Tous trois sont brillants, libéraux et ambitieux.
A ceci près ils ne se ressemblent guère. Danton est une force de la Nature, un géant à la voix de stentor dont le physique impressionnant et les colères tonitruantes dissimulent une nature pragmatique et calculatrice, toujours enclin à faire passer ses priorités avant celles des autres. Pourtant, c'est peut-être le plus sympathique des trois car il possède des qualités que l'on admire et des vices que l'on pardonne volontiers – au fond, n'avons-nous pas tous les mêmes ? Camille, jeune exalté au coeur généreux et la plume vénéneuse, brûle les années de sa jeunesse avec autant d'enthousiaste que d'autres en mettent à les faire fructifier. Reste Robespierre, le plus énigmatique et le plus controversé des trois, troublant toujours car apparaissant comme un peu moins ou un peu plus qu'humain selon l'oeil avec lequel on le regarde.
Si les événements du premier tome de la duologie révolutionnaire de Mantel gravitent autour de ces trois hommes, nombreux sont les personnages secondaires qui le jalonnent : le redoutable Marat, le marquis De La Fayette, Mirabeau, Saint-Just… Et, bien entendu, « Louis Capet » et son autrichienne d'épouse ! Tous sont généralement mis en scène avec nuance, subtilité et surtout un grand sens du dialogue. On les suit autant dans leurs vies personnelles que dans leurs vies politiques, les deux forts bien remplies et passionnantes. A noter que les personnages féminins sont bien mis en valeur, détail qu'il faut applaudir au vu du contexte. Enorme travail de recherche également. Tant dans les rendus des caractères que dans la narration des événements, Hilary Mantel fait preuve d'une grande érudition au risque parfois d'assommer un peu son lecteur sous les détails : j'avoue avoir parfois décroché un peu de l'intrigue, le temps de consulter l'imposante liste des personnages ou de jeter un oeil sur Wikipédia (oui, oui, je sais, honte sur moi…), mes connaissances sur la période laissant à désirer. La densité du récit entraîne parfois quelques longueurs, heureusement compensées par la virtuosité avec laquelle Mantel décrit les mouvements de foule et les pics d'action.
Les romans un tant soit peu objectifs sur la Révolution Française sont assez rares et celui-là mérite largement d'attirer l'attention. Il est aussi de ceux qui incitent à se procurer pleins d'ouvrages historique sur la période concernée, histoire de démêler la réalité de la licence poétique (je suis particulièrement curieuse de découvrir la biographie de Robespierre de Jean-Clément Martin qui – une fois n'est pas coutume – semble se dispenser de casser du sucre sur le dos de « l'incorruptible »). En conclusion, un roman historique un peu dense mais brillant dont j'attends avec impatience la suite, « Les Désordres ». Miam, miam !
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Allantvers
  10 septembre 2018
Démarrage un peu poussif pour cette lecture, attendue sur le pur registre du roman historique alors que c'est avant tout un roman. Mais une fois accepté ce parti pris littéraire, une fois passée également la longue période initiale centrée sur l'enfance des protagonistes dans laquelle, toute éclairante qu'elle soit, je me suis un peu embourbée, le charme agit et on se laisse emporter par le grand vent de l'Histoire.
Même si j'ai rencontré une difficulté toute personnelle à adhérer à la patte stylistique d'Hilary Mantel, il faut reconnaître que l'approche tout à la fois intime et distanciée de cette auteure multi-primée en Grande-Bretagne offre un regard original et permet une immersion totale dans la grande histoire de la Révolution française.
Une révolution racontée à hauteur d'hommes, et pas n'importe lesquels : Camille Desmoulin, dépeint sous les traits d'un ardent bipolaire projeté presque contre son gré au coeur des événements; Danton, mâle alpha dont les motivations véritables restent troubles ou en tout cas multiples; et Robespierre, le besogneux imperturbable présenté sous un jour presque sympathique.
A ces trois figures principales qui figurent le principe essentiel de la révolution, une multitude d'acteurs non moins majeurs apportent au récit toute la complexité de la période qui en ressort bien moins linéaire que dans nos livres d'école : les époux royaux bien sur, mais encore un Lafayette auréolé de sa gloire américaine mais qui choisit le mauvais camp, et surtout le cynique Mirabeau qui à lui seul représente tous les opportunismes des temps troublés; le peuple enfin, éternel second rôle grassement manipulé.
Ce premier tome s'achève sur un Danton en fuite, un Desmoulin décidé à se jeter dans la gueule du loup et un Robespierre prêt à jouer sa partition majeure : vivement la suite!
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LeaTouchBook
  01 mai 2016
Chronique de Grybouille (Chroniqueur chez Léa Touch Book) :
Tous les manuels d'Histoire devraient être comme ce roman historique.
Je vous en ai déjà fait découvrir, celui-ci est de la même veine. Avec ce genre vous donnez envie aux lecteurs (trices) d'atteindre la Connaissance et ensuite libre à chacun de basculer vers des productions plus « techniques ». En attendant à travers cette lecture vous pourrez réviser, ou découvrir, une page importante de l'histoire de France.
Cette particularité qui a fédéré nos anciens autour d'une idée, vivre avec en point de mire ce triptyque humaniste « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Le manuel de rattrapage est édité. Son auteur, Hilary Mantel.
Alors c'est vrai que ces pages arrivent à un moment où l'histoire nous fait un hoquet comme elle en a l'habitude, avec le mouvement « Nuit Debout » et la mobilisation contre la reforme du code du travail.
Rayon des lumières face à un avenir que les « puissants » nous laissent devenir bien gris, mais pour ceux qui suivent les chroniques de Grybouille vous le savez déjà le hasard n'existant pas.. .
« Oups, dis-donc Scarlett O. tu laisses ce livre tranquille. J'ai dis, non ! le Mantel, il est pour le p'tit Duc et puis c'est tout. Non mais dis donc ! »
Incroyable, bientôt il faudra mettre sa PAL dans un coffre fermé à double tour. Grrrrrrrrrrrrrr !
Bon je m'y remets,
C'est un livre révolutionnaire tellement moderne avec ses passes d'armes politiciennes. Sans trop forcer on peut voir que les « choses » n'ont pas changé, le pouvoir est difficile à partager et les richesses sont des biens corrupteurs.
« …Ah ! ça ira, ça ira, ça ira!
Les aristocrates à la lanterne,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira!
Les aristocrates, on les pendra!
Et quand on les aura tous pendus,
On leur fich'ra la pelle au cul… »
Les profiteurs aussi…

Ce n'est pas incroyable, alors oui, nos grands révolutionnaires ont été enfants et même des polissons.. . Pour certains, et non des moindres ils étaient provinciaux, même s'ils ont fait leurs études en plein quartier Latin au « Louis Legrand ». le quartier Latin, déjà, sans rire.. .
C'étaient donc des jeunes-hommes et adultes instruits, en majorité avocats qui voulaient faire changer les choses mais pas forcément abolir la royauté. Car il faut prendre en compte qu'ils n'avaient connu que ce modèle de société, donc leur révolution avait un cadre et ce qui arriva ensuite ressemble plus à des concours de circonstances.
Pour expliquer ce à quoi les contemporains de l'époque étaient confrontés, voici quelques données de 1785 à 1789 :
La France est en faillite, le Roi mène grand train, l'espérance de vie est de 29 ans, les élus n'existent pas, charges, positions, privilèges tout s'achète.
Le blé a augmenté de 66%, le seigle de 71%, la viande de 67% et le bois de chauffage de 91%...
Un peu plus que lors du passage à l'Euro, non ?
Les pauvres sont en mode survie.
Les bourgeois rêvent de se fondre dans la noblesse, d'ailleurs Danton devient d'Anton, cela fait plus sérieux pour ce jeune avocat.
Des nobles souhaitent prendre la place du Roi, d'autres retrouver des positions dont ils ont été déchus.
Vous le comprenez la frustration est un puissant moteur et l'époque n'échappe pas à la règle.
« Pour ma part, je trouve qu'il est bon de s'efforcer de sortir de soi. » Maximilien Robespierre.
Dans ce premier tome intitulé « L'idéal », vous allez suivre nos personnages de l'enfance jusqu'au premier « Clash » entre les différents mouvements révolutionnaires.
Contraint par les événements le Roi, Louis XVI, convoque les « Etats généraux ».
Mais il faudra attendre la création de l'assemblée nationale, pour que le peuple y soit un peu plus démocratiquement représenté, mais même là il existe les pro-royalistes et les républicains mais pour ceux qui assistent à leurs réunions, déjà ils pensent que : « Ils passent leur temps à bavarder entre eux du collage du vin et de l'engraissement des porcs. »
Le 6 juin 1789 à 3h00 de l'après-midi, Robespierre prend la parole, certains diront que tout commence là :
« Sommes-nous condamnés à vivre toute notre vie à genoux ? Quand trouverons-nous le bonheur que nous cherchons ? … »
Très vite la Liberté rime avec liberté de la presse, les journaux fleurissent et souvent, la peur au ventre les imprimeurs voient arriver tous ces nouveaux pamphlets qui risquent de les faire embastiller.
Camille Desmoulins y excelle, peur de rien !
Le Duc Philippe d'Orléans et le Comte de Mirabeau font partie de l'aventure au coté des réformateurs, mais comme le dit Honoré-Gabriel : « Nous vivons une époque de grands événements et de petits hommes.»
Les femmes ne sont pas oubliées, certains parlent déjà du « Droit de vote.»
« Derrière chaque grand homme se cache une femme », là plus qu'ailleurs.
Nous sommes aux premières loges pour assister à cette grande valse des intrigues, jusqu'à l'irréparable sur le Champ de Mars lors de la fête de la prise de la Bastille et l'intervention de la garde nationale, l'outil du Marquis de la Fayette.
Les personnages qui émailleront votre lecture :
Jean-Paul Marat, médecin,
Georges Jacques Danton, avocat, un passage en d'Anton, une carrure de livreur de charbon, un visage que l'on n'oublie pas, patron du district des « Cordeliers »,
Gabrielle Danton, épouse, mère,
Camille Desmoulins, avocat, bégaiement prononcé, hautain, « pauvre petite créature »,
Maximilien Robespierre, avocat, un enfant de l'amour, orphelin de mère, abandonné par le père,
Pierre Choderlos de Laclos, écrivain,
Jacques Pierre Brissot, écrivain,
Jérôme Pétion de Villeneuve, avocat,
Félicité de Genlis, maitresse du Duc d'Orléans,
Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt, politicienne, amazone révolutionnaire,
Claude-Étienne Laridon Duplessis, premier commis du Contrôle général des finances, marié à Annette et père de Lucile (épouse de Desmoulins) et d'Adèle (amoureuse de Robespierre),
Louis XVI, la reine dit de lui : «Le pauvre homme.»
Marie Antoinette, l'Autrichienne,
Maitre Perrin, premier employeur de Camille,
Et puis, Les aristocrates, les nantis, Les curés, les maitresses, les amants, les soldats, les artisans, les familles, les professeurs, les royalistes, les premiers républicains, l'alcool, les nuits à refaire le monde, le peuple, nous.. .
Les petites phrases :
Laclos, « Peut-on faire la révolution sans verser le sang ? »
Au sujet de Mirabeau : « …en aristocrate mal élevé qui ne s'abaissait jamais à demander pardon quoi qu'il fit. »
Danton à Desmoulins : « Est-ce là ta dernière folie ? Ou bien as-tu d'autres en réserve ? »
Desmoulins, c'est : « …une manière assez spéciale de regarder le monde, le point de vue salutaire de celui qui en a assez de se faire marcher sur les pieds. »
Mais aussi : « On croit que gagner sa liberté, c'est comme grandir : Cela ne va pas sans souffrance. »
Le peuple : «…peut-être que pour avoir du pain, il faut nécessairement répandre le sang. »
Desmoulins parlant du Prince de Condé : « …l'image d'un homme d'une rigidité glaciale, d'une raideur et d'une rectitude qui le rendent pratiquement inabordable. »
Danton, la philosophie de la Révolution c'est : « Emparez-vous de tout ce qui vous tombe sous la main avant que les choses se gâtent. »
Le style de notre auteur, plaisant, solide, et très très documenté. Personnellement, j'ai adoré parcourir les 495 pages de pur plaisir livresque. Pour tout dire j'attends la suite avec beaucoup d'impatience. Nous connaissons tous la fin mais le récit est tellement bien travaillé que c'est une découverte à chaque ligne.
Hilary Mantel, une découverte, un bonheur.. .

Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Phoenicia
  22 mai 2018
Enfin achevé! 600 pages longues, mais longues. Et surtout quelle déception!
Je me revois, furetant dans les rayons du Furet du Nord et tombant sur cette fiction historique si prometteuse qui m'a fait de l'oeil plusieurs mois avant que je daigne l'acheter. La Révolution française contée par une Anglaise? Qu'à cela ne tienne, essayons!
Bien mal m'en a pris vu que seulement le dernier tiers du livre m'a réellement séduite. Avec un tel livre, on s'attend à revivre les moments de la Révolution. Que dire du Serment du Jeu de Paume qui fait 5 lignes? de la prise de la Bastille qui fait une page? Quasiment rien sur l'abolition des privilèges et la DDHC,... des anecdotes comme l'année 1789 en général. Quant à nos personnages, Danton, Robespierre, Camille Desmoulins, ils sont bien là. Mais leurs idéaux très peu (si ce n'est là encore dans les 200 dernières pages). Il semblerait que leurs convictions politiques aient été sacrifiées pour la prétendue histoire de coeur de Camille Desmoulins pour la mère de sa future femme... On s'en serait passé. Et ne parlons pas de la première partie sur leur enfance longuette au possible. J'aime les fictions historiques. J'aime que les auteurs donnent vie à leur personnage en nous montrant leur personnalité. Mais, là, en l'occurrence on ne voit rien de leurs cheminements politiques si ce n'est sur la fin. Cela ne devrait-il pas être le principal? Quant à la narration, je n'ai pas compris le parti-pris de chapitres longs avec des paragraphes très courts qui change de point de vue narratif mais surtout de style narraitf : un coup une narration interne, une autre fois une narration externe. Et les paragraphes m'ont semblé commencé de manière abrupte. Personnellement, je me suis perdue devant cette prose hermétique.
Je vais tout de même rapporter quelques points positifs, car il y en a, mais essentiellement sur le dernier tiers selon moi. Premièrement, sur cette partie, la narration m'a semblé plus fluide et moins ennuyeuse. Ou alors je me suis habituée?
Les événements d'à partir 1790 se sont enchaînés vite. Deuxièmement, j'ai été agréablement surprise de constater que des trois personnages, c'est la personnalité de Robespierre (conçue par Hilary Mantel) qui m'a le plus plu. J'aurais pensé Camille Desmoulins, en voilà pour mon compte. Enfin, la fin appelle clairement une suite. Mais ce sera sûrement sans moi. Vous l'aurez compris, cette lecture ne m'a pas ravie.
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Nelja
  01 août 2013
Une longue biographie romancée de Camille Desmoulins. Danton et Robespierre sont aussi très présents, ainsi que Lucile Desmoulins, bien sûr, et une foule d'autres personnages, sans compter la révolution elle-même, dont on sent le souffle épique et tragique, noble ou horrible, tout le long.
Le livre est principalement écrit à la troisième personne, mais de temps en temps, on a des passages à la première personne, des extraits de journaux, de rapports, réels ou inventés, des petites scènes écrites en mode théâtral, ce qui forme un bric-à-brac qui en théorie ne devrait pas être recommandé comme mode d'écriture, mais qui, en l'occurence, marche excessivement bien.
Ce en quoi Hilary Mantel est très douée et qui fait marcher son texte : les répliques ou autres remarques sarcastiques, dans les dialogues ou la narration. C'est souvent de l'humour noir, mais j'ai pouffé régulièrement. L'ironie dramatique. Les relations interpersonnelles intenses et complexes, qui ne rentrent jamais dans des moules, qu'on ressent à travers les dialogues et les actes plutôt que les analyses externes. La description des compromis, des refus de compromis, et de leurs conséquences. La description des mouvements de foule. On peut imaginer à quel point chacun de ces talents est précieux pour le sujet en question ! Elle sait utiliser les personnages féminins, ce qui n'est pas toujours évident, avec un tel thème. Elle a aussi fait une très, très grande quantité de recherche et maîtrise parfaitement son sujet.
En fait, cela en devient presque frustrant. Je me retrouve à lire de très longs passages en me disant, wow, elle sait parfaitement l'histoire et comment la rendre, elle sait comment rendre l'ambiance, les personnalités de Danton, de Robespierre, de Mirabeau, de Marat, de Madame Roland, sont parfaites, et... he, mais ça, cette conspiration, cette relation personnelle, ce n'est pas historique, ce n'est jamais arrivé ! Puis je me reprends, je suis bête, c'est un roman historique, bien sûr, elle a le droit et presque le devoir de s'éloigner de l'histoire, mais elle me l'avait fait oublier un instant. Ca ne veut pas dire qu'elle pense que c'est arrivé, ou qu'elle veut le faire croire.
Dans les divergences très intéressantes : sa version de Camille et du ménage Desmoulins ne correspond pas du tout à ce que j'imagine, beaucoup plus débauché, en premier (elle utilise dans son roman des histoires qui, à mon avis, sont des rumeurs sans fondement, et néglige explicitement les journaux de Lucile comme pieux mensonges ne contenant que des pensées élevées pour la postérité) mais Camille est tellement bien écrit, infiniment charismatique et charmant et irresponsable, toujours cohérent avec sa figure publique, que vraiment, comment s'en plaindre ? La dynamique entre eux est excellente - et la romance touchante, même si ça a bien mal commencé, genre, Camille qui l'a demandé en mariage pour avoir un prétexte pour essayer de séduire sa mère. Oh, et la tension sexuelle lourde entre Danton et Lucile d'une part, Danton et Camille d'autre part, est très bien écrite.
Dans les divergences qui m'ont gênée : une insistance à mettre les hébertistes en méchants sans nuances, et - c'est plus personnel - une insistance, pour l'effet tragique, à écrire toutes les amitiés de Robespierre autres que Camille comme toxiques ou insignifiantes. Je comprends qu'on écrive Saint-Just comme très déplaisant, voire en pur méchant, dans un tel cadre, mais il l'est de façon qui lui va mal dans la moitié de ses apparitions. Et surtout l'auteur est très injuste avec les Duplay et ça m'attriste de penser que certains lecteurs n'auront que cette image d'eux, surtout quand elle a tant de personnages secondaires écrits de façon beaucoup plus nuancée à côté.
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critiques presse (2)
Sceneario   03 mai 2017
Un roman que je vous recommande sans hésiter un instant !
Lire la critique sur le site : Sceneario
LePoint   11 juillet 2016
À la voir passer de Hampton Court Palace aux cafés parisiens, des knickers d'Henri VIII aux sans-culottes, on subodore un French bashing à peine déguisé...
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi   10 mai 2016
« Ce que tu dis après, là, je suis d’accord. A toute autre époque, il aurait fallu des années de guerre civile pour que le peuple se débarrasse d’ennemis comme Foullon. Et une guerre, c’est des milliers de morts, non ? Les lynchages sont donc tout à fait justifiés. Ils représentent la solution la plus humaine. […] Vois-tu, ce qu’il nous faut faire, Camille, c’est couper des têtes. Plus nous attendrons, plus il nous faudra décapiter. Ecris-le, ça. Il est impératif de tuer des gens, et de leur trancher la tête. »

(Marat à Desmoulins)
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NeljaNelja   04 août 2013
"So here are the clothes, Dr Marat." François Robert said. "M. Danton hopes they fit."
"Well, I don't know," Marat said. "I was hoping to make my escape by balloon. I've wanted for such a long time to ascend in a balloon."
"We couldn't get one. Not in the time we had."
"I bet you didn't try." Marat said.
After he had washed, shaved, dressed in a frock-coat, combed his hair, François Robert said, "Amazing."
"One was always well-dressed," Marat said, "in one's days in high society."
"What happened?"
Marat glowered. "I became the People's Friend."
"But you could still dress normally, couldn't you? For instance, you mention Deputy Robespierre as a patriot, and he is always wonderfully turned-out."
"There is perhaps a strain of frivolity in M. Robespierre," Marat said drily. "For myself, I have no time for the luxuries, I think of the Revolution for twenty-four hours of the day. If you wish to prosper, you will do the same. Now," he said, "I aw going to walk outside, through the cordon, and through Lafayette's troops. I am going to smile, which I admit you do not often see, and affecting a jaunty air I am going to swing that elegant walking-cane with which M. Danton has so thoughtfully provided me. It's like a story-book, isn't it? And then I am off to England, just until the fuss dies down. Which will be a relief to you all, I know."
+ Lire la suite
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AllantversAllantvers   09 septembre 2018
- J'ai demandé à l'ami de Camille (Desmoulin), Robespierre, de venir pour la journée. Mais il ne peut pas quitter l'Assemblée, ne serait-ce qu'un moment. Vraiment très consciencieux, cet homme.
- Le pauvre garçon! dit Angélique. Je n'arrive pas à imaginer de quel genre de famille il vient. Je lui ai dit : "Mon cher, vous n'avez pas le mal du pays? Les vôtres ne vous manquent pas?" A quoi il a répondu, avec le plus grand sérieux: "Eh bien si, Madame Charpentier, je regrette mon chien."
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cecilitcecilit   21 mai 2017
'Très chère, dit Dillon, je vous présente le procureur de la Lanterne.
-Qui donc ? demanda Laure, quelque peu irritée d'être dérangée.
-L'homme qui a déclenché les émeutes juste avant la prise de la Bastille.Celui qui fait pendre les gens, leur fait couper la tête, et j'en passe.
-Ah', dit Laure en levant les yeux. Les anneaux en argent de ses boucles d'oreilles tremblèrent dans la lumière. Ses yeux magnifiques glissèrent sur lui. 'Mignon, dit-elle pour tout commentaire.
-Pas très portée sur la politique, ma femme", dit Arthur avec un petit rire.

(Présentation de Camille Desmoulins à l'épouse du Général de Dillon, membre de l'assemblée de la Martinique)
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ladymiladymi   28 juin 2016
Quand venait le moment d'écrire et qu'il s'emparait de sa plume, pas un instant il ne songeait aux conséquences, s'attachant uniquement au style. Je me demande pourquoi j'ai jamais été préoccupé par le sexe, se disait-il, il n'y a rien de plus gratifiant en ce bas monde qu'un point-virgule correctement placé. Une fois encore et papier à portée de main, il devenait imperméable à tout appel à ses bons sentiments, à toute tentative visant à lui expliquer qu'il détruisait des réputations, anéantissait des vies. Une sorte de venin douceâtre coulait dans ses veines, plus fluide que le meilleur cognac et plus prompt à monter à la tête. De même que certains n'aspirent qu'à l'opium, lui n'aspire qu'à exercer son art subtil de la raillerie, de la récrimination et de l'insulte ; il se peut que le landanum apaise les sens, mais un bon éditorial vous coupe le souffle et stoppe les battements de votre coeur l'espace d'un instant. Écrire, c'est dévaler une pente en courant : le voudrait-on qu'on ne pourrait s'arrêter.
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Videos de Hilary Mantel (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hilary Mantel
Rencontre (en anglais) avec Hilary Mantel pour "Anne Boleyn".
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