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EAN : 9782266272612
800 pages
Éditeur : Pocket (01/06/2017)
3.55/5   20 notes
Résumé :
1791. La Révolution a fait voler en éclats la société française. Tout a changé : le régime, les lois, le système éducatif… Mais la situation politique du pays reste profondément instable. A Paris et en province, les luttes de pouvoir, les conspirations, l’intransigeance des nouveaux élus, la menace d’une guerre qui anéantirait une France déjà exsangue instaurent un climat délétère. Après avoir oeuvré pour la Révolution et occupé le devant de la scène, Danton et Cami... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
talou61
  23 juin 2020
Ouf ! Enfin ingurgité !
Un roman (2e tome) de plus de 790 pages pour ... RIEN !
Un style trop contemporain, des dialogues vulgaires, un amas de tous les personnages (malheur à ceux qui ne connaissent pas assez cette période... Malgré un rappel des personnages en début d'ouvrage), une vision furétienne de la Révolution française, dépassée avec les nouvelles recherches, saupoudrée de méconnaissances certaines : vous obtiendrez un potage indigeste, sans intérêt.
Par exemple :
- députés de gauche : cette notion n'existe pas. Les votes se font en fonction des projets proposés ou des vagues successives de majorité, instillées par le Marais.
- Couthon : paraplégique. Non, il souffrait de douleurs articulaires depuis l'enfance. Et c'est réducteur de le qualifier ainsi...
- les dialogues de Danton à la première personne du singulier ne sont pas convaincants
- Des conversations enserrées par des rappels historiques pesants.
Vite oublié après une lecture laborieuse.
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Arakasi
  29 août 2016
En 1791, on rêve encore de jours meilleurs. La reine et le roi ont été applaudis en public, Louis XVI a accepté la nouvelle constitution et fait serment de la respecter. Une alliance entre la monarchie et le peuple serait donc possible ? Mais tous ne l'entendent pas de cette oreille. Quoi, tant de sacrifices, tant de gains sociaux ne seraient récompensés que par une démocratie tronquée ? Quoi, on s'arrêterait si tôt alors que la république est à portée de main ? Fer de lance de l'aile progressiste de l'assemblée, Danton, Robespierre et Desmoulins s'allient pour faire progresser la cause sacrée de la liberté – Faudrait-il pour cela enchaîner coup d'état sur coup d'état, noyer la France dans le sang et aller même jusqu'au sacrifice suprême, celui de la royauté. Tombent les têtes couronnées, le clergé, la noblesse, toutes les valeurs qui ont fait de la France ce qu'elle a été jusqu'à aujourd'hui ! Mais dans les rangs de l'assemblée et des comités, la paranoïa règne. Soupçons, complots, procès et condamnations arbitraires fleurissent comme des marguerites au printemps et viendra vite le temps où les amis d'hier se transformeront en les plus féroces des ennemis et où la Révolution, telle une lionne dénaturée, dévorera ses petits…
Après une petite pause digestive, j'ai enchaîné sur le deuxième tome de la duologie révolutionnaire de Hillary Mantel, en espérant qu'il se révélerait aussi passionnant et enlevé que le premier. Pari gagné ! Avec « Les désordres », Mantel signe une suite de très bonne facture, très voire un peu trop touffue, mais la période l'est également alors on aurait mauvaise grâce à le lui reprocher. Avec le recul que lui apporte probablement son statut d'étrangère, la romancière parvient à faire un portrait équilibré de la Révolution, nous faisant partager tour à tour l'exaltation ou la terreur propres à ces temps troublés et magnifiques. Elle parvient surtout à en humaniser les différents protagonistes, donnant vie aux images d'Epinal figées que l'on a l'habitude d'admirer dans les livres d'Histoire. C'est particulièrement Danton qui sort son épingle du lot, colosse charismatique dont la voix sonore semble dominer tout le récit puis idole aux pieds d'argile, fragile dans ses affections et ses phases dépressives. La portraitisation de Robespierre est également surprenante – souvent plus vélléitaire que fanatique – mais finalement assez juste si je me fie à la biographie de Jean-Clément lue il y a peu de temps. Les personnages secondaires sont nombreux, mais finement caractérisés, avec un petit bémol pour Saint-Just assez monofacial.
Un bon roman, un peu ardu d'accès pour les néophytes mais qui a le mérite de se pencher sur un sujet peu abordé par nos écrivains contemporains. Toujours trop polémique peut-être ? Pourtant, tout cela devrait être digéré depuis longtemps, mais allez parler de Robespierre à un dantoniste… Gare à votre nez, alors, vous vous le ferez bouffer !
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Allantvers
  24 septembre 2018
Autant j'avais mis du temps à entrer dans le premier tome, autant cette deuxième partie est passionnante de bout en bout, et la lecture addictive.
Le temps exaltant de la conquête de la liberté est passé, il s'agit maintenant de consolider la révolution sur des bases encore bien instables et de survivre à l'exercice du pouvoir.
Le parti pris d'Hilary Mantel de raconter la révolution française à hauteur d'homme en se concentrant sur les personnages de Danton, Desmoulins et Robespierre, trouve ici toute sa force : en tant que lecteur, on se sent au coeur des événements et de la tension croissante, avec une sensation de réel d'autant plus grande qu'aucun des personnages n'est monolithique : avec un Desmoulins tantôt dépassé par sa propre portée historique tantôt surconfiant dans son immunité, un Danton truculent confondant allègrement intérêt national et satisfactions personnel les et un Robespierre qui se raidit dans l'intransigeance à mesure que ses handicaps sociaux se révèlent indépassables, c'est une réalité trouble que nous sommes conviés à percevoir, un théâtre d'ombres dans lequel s'effacent tous les principes iconiques de la révolution.
"Révolution" est une saga formidable qui nous offre le luxe décalé d'un pas de coté sur un grand moment d'Histoire, des bancs de la Convention au prétoire de Fouquier Tinville, de la mise à mort des Capet à celle de nos héros.
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Bibliozonard
  02 octobre 2017
Déception
Grazia dit :
« Excellant dans le sarcasme, le dialogue vif, Hilary Mantel enchaîne un chaos trépidant de courtes scènes claquantes, de décisions ou de compromis, où les femmes jouent un rôle inédit ».
Libération dit :
« Hilary Mantel, auteur démiurge, conçoit son oeuvre en présentant ses personnages comme des acteurs sur le point d'entrer en scène. »
Je confirme que « les femmes jouent un rôle inédit », elles sont « sur le point d'entrer en scène. »
« Toute sa vie, elle n'a fait que regarder le monde, confinée dans un rôle de spectatrice qui ne lui a rien apporté, pas même les bienfaits du détachement philosophique. Que ne lui ont point apporté non plus l'étude, ni l'analyse de soi, ni même, songea-t-elle avec ironie, le jardinage… Je ne suis pas passive face à la vie, je ne crois pas que je le serais jamais. » (P20-21)
Manon Roland veut la liberté d'action de pensée dans sa vie de tous les jours, dans la politique, voire l'émancipation de la femme intelligente et combative, elle veut la fin de l'aristocratie.
La curiosité provoque le lecteur, mais Manon (et Lucile) reste entre parenthèses. Alors qu'il s'attend à une entrée en scène « mémorable », à la révélation des prémices d'une marche féministe qui en impose ! rien, du vent, plus rien.

« chaos trépidant de courtes scènes claquantes »

Il y a des moments comme le débat tout en finesse sur l'État moralisateur entre Desmoulin et le juge qui frappe ! .( p39-40) ce n'est pas le seul, certes.
Ce qui est dommage, c'est la majeure partie du texte qui n'apporte pas l'extase promise à plusieurs reprises, dans les 2 tomes, un ramassis de bons — insuffisants et moyens passages – abondants : le pouvoir (l'Assemblée…) est si morcelé — c'est la que le défit de rendre les événements grandioses est manqué pour l'auteur — la complexité est restée quasi imbuvable ; les commérages dominent les moments de grandiloquence devenu secondaire, des actions devenues mirages.
Le lecteur aurait pu être témoin d'un aboutissement romanesque d'une opération délicate, de la violente chute théâtrale de la monarchie, de la tragédie d'un peuple poussé par une folie sanguinaire irréversible ! le lecteur aurait pu être ce témoin.
« Démiurge », oui, mais.
Manque de scénario, choix scénaristique faible, pas d'aération, trop factuel : fait introduit en plein milieu d'une action comme un raccourci pour passer d'une information à une autre casse le rythme. Il y avait de la matière à surprendre, j'ai senti la créatrice trop sur la défensive avec un manque de coup de poing percutant. Je ne pense pas que le sujet soit trop vaste pour l'auteur. Hilary Mantel bien qu'impressionnante, c'est évident, fut plutôt victime d'un mélange de timidité et d'impatience. Dommage.
Sans avoir lu et sans savoir si la trilogie historique consacrée à Cromwell : le Conseiller est plus aboutie - ce qui est fort probable ; dans le même genre, fluides et efficaces, les ouvrages de Ken Follet devraient vous séduire.
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brumaire
  02 mars 2018
J'ai calé à la 200e page. Aimant l'histoire et plus particulièrement celle de la "Grande" Révolution , j'avais emprunté ce livre à la médiathèque où je vais habituellement me fournir. Il y a dans ce livre quelque chose de rédhibitoire : les dialogues, et en second lieu l'agencement, le plan, la manière qu'a Hillary Mantel de raconter. Il y a beaucoup de dialogues et le problème c'est que l'auteure fait parler les personnages (Danton, Camille Desmoulins, leurs femmes et maîtresses...), avec le langage de notre époque. Ce n'est bien sûr pas la seule, dans beaucoup de romans dits "historiques" les héros parlent la langue de l'époque de l'auteur mais nous n'y trouvons rien à redire car leur talent transcende les propos . Ici les dialogues paraissent tellement "artificiels" que je me suis cru parfois a ONPC chez Ruquier, ou au "Théatre ce soir" ! car qu'est-ce-que ça "vanne" chez les Citoyens Sans-culotte ! au plus fort des Massacres de septembre , les bons mots fusent chez les Danton ! Ah il y a de la répartie ! Et si encore le lecteur pouvait suivre ! En effet cette accumulation de dialogues "brillants" est souvent au détriment de la compréhension élémentaire de l'action. Hillary s'est certainement très bien documentée sur l'époque, et l'on peut dire qu'elle ne s'est pas fourvoyée dans la relation chronologique des évènements. Tout y est. Mais l'on est très souvent perdu tant les dialogues sont envahissants : "Qui parle ?" le lecteur perd pied et est obligé de remonter quelques lignes plus avant.
Et s'il n'y avait que ça ! la façon qu'a l'auteure de poursuivre son dessein (raconter la Terreur, son début, sa fin...par le truchement des intervenants historiques auxquels elle attribue des propos "qu'ils auraient pu avoir" ) m' a déstabilisé. Elle insère , à la fin d'un chapitre souvent, des compte-rendus , des phrases, des lettres, dont l'historicité est avérée (les souvenirs du jardinier écossais de Louis XVI) , ce genre de procédé étant sensé clore d'un cachet "historique" la narration romanesque de l'auteure.
Quant à la vision qu' a Hillary Mantel de notre Révolution , à la lecture des 200 premières pages (il y en a 600 ! ) , j'ai pu constater que c'était le seul point avec lequel j'étais en accord avec la britannique ! (ça doit être pour cette raison que je mets quand même une étoile...).
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers   21 septembre 2018
Maximilien Robespierre, carnets intimes :

Quel est notre but?
La mise en application de la Constitution pour le bien du peuple.
Qui est susceptible de s'opposer à nous?
Les riches et les corrompus.
A quelles méthodes auront-ils recours?
La diffamation et l'hypocrisie.
Quels facteurs encourageront l'usage de tels moyens?
L'ignorance des gens ordinaires.
Quand le peuple pourra-t-il être éduqué?
Quand il aura à manger en suffisance, quand les riches et le gouvernement cesseront de le tromper en achetant des langues et des plumes mensongères; quand leurs intérêts s'identifieront aux siens.
Et quand cela sera-t-il accompli?
Jamais.
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cecilitcecilit   15 juin 2017
Autrefois,le bourreau faisait dire une messe spéciale pour l'âme des condamnés, aujourd'hui, il n'en est plus question. Les pauvres bougres ne sont plus que des numéros sur une liste. A une époque, cette mort avait de la distinction ; pour les clients, il s'agissait d'une fin spéciale, individualisée. C'était pour eux qu'on s'était levé de bonne heure, qu'on avait revêtu une tenue écarlate, qu'on s'était composé un visage marmoréen et qu'on avait mis une fleur à la boutonnière. Mais aujourd'hui, ils arrivent par charrettes entières, comme des veaux, la langue pendante, l'oeil éteint, apathiques et stupéfiės par la vitesse à laquelle ils passent en troupeaux de leur condamnation à leur mort ; le métier n'est plus un art, il tient de l'abattage.
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cecilitcecilit   16 juin 2017
Loi des suspects. Est suspecte toute personne qui, de quelque manière que ce soit, a favorisé la tyrannie (tyrannie royaliste, tyrannie des brissotins...) ; qui ne peut prouver qu'elle a rempli ses devoirs civiques ; qui ne se meurt pas de faim alors qu'elle n'a pas de moyens de subsistance clairement visibles ; qui s'est vu refuser un certificat de civisme par sa section ; qui a été exclue de la fonction publique par la Convention ou ses représentants ; qui appartient à une famille aristocratique et n'a pas fourni de preuve de son exceptionnelle ferveur révolutionnaire ; ou qui a émigré.
Par la suite, on avancera (en la personne du citoyen Desmoulins) que deux cent mille personnes sont détenues en vertu de cette loi. Le comité de surveillance de chaque section est chargé de dresser des listes de suspects, de priver ces derniers de leurs papiers et de les emprisonner dans un lieu sūr.
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ArakasiArakasi   25 août 2016
- Tu es infirme, dit enfin Danton, d’une voix lasse et sans timbre. Ce n’est pas Couthon, l’infirme, c’est toi. Est-ce que tu sais, Robespierre, est-ce que tu sais qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez toi ? T’es-tu jamais posé la question de savoir ce que Dieu avait oublié quand il t’a fait ? Dans le temps, je plaisantais à tes dépens, je disais que tu étais impuissant, mais ce ne sont pas seulement des couilles qui te manquent. Je me demande parfois si tu es bien réel ; j’ai beau te voir marcher, parler, je ne vois aucune vie en toi.
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cecilitcecilit   11 juin 2017
'Je me demande ce que Robespierre pense réellement de moi, dit Danton à Camille.
- Oh, il te trouve merveilleux, s'empressa Camille en souriant de son mieux, dans l'état de confusion et de nervosité qui était le sien. Il n'a pas assez de mots pour te couvrir d'éloges."

"Je donnerais cher pour savoir quelle opinion Danton a de moi, dit Robespierre.
- Oh, il n'a pas assez de mots pour te couvrir d'éloges, dit Camille avec un sourire contraint. Il te trouve merveilleux."
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Videos de Hilary Mantel (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hilary Mantel
Bande annonce de la série Wolf Hall, adaptation des romans Wolf Hall (titre français : Dans l’ombre des Tudors) et Bring Up the Bodies (titre français : Le Pouvoir) de Hilary Mantel.
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