AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020639972
172 pages
Éditeur : Seuil (24/09/2004)
3/5   4 notes
Résumé :
En 1947, la famille de l'anthropologue Fosco Maraini revient en Sicile, après une longue détention dans un camp de concentration japonais. Ce livre de souvenirs d'enfance, Dacia Maraini l'a écrit avant Le Bateau pour Kôbé, mais les événements rapportés lui font suite. Elle y raconte son retour dans un environnement qu'elle ne connaissait pas puisqu'elle avait un an quand elle suivit ses parents au Japon. Elle y trace un très beau portrait de son père, homme pourtant... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
michfred
  27 octobre 2017
Encore un retour aux sources, où les lieux revisités coîncident avec un passé enfantin, un monde perdu..
Mais là s'arrête la comparaison avec les autres retours au paradis de l’enfance perdue..;Bagheria, petite ville sicilienne où les splendeurs des palais baroques retombent en poussière au milieu des constructions nouvelles, absurdes et sans grâce, et où seules demeurent, tenaces, les odeurs ferventes et enivrantes des jasmins en fleur, est une ville aux mains de la Maffia, et surtout une ville où Dacia Maraini retrouve , avec quelques ombres chères malgré tout, des souvenirs de pauvreté, de rejet et de maltraitance.
Pourtant sa mère est la blonde et sémillante descendante d'une grande famille de l'aristocratie sicilienne, son père un beau et farouche ethnologue que sa profession a conduit à partir, très jeune, avec sa femme et ses trois filles, au Japon..mais la guerre, le fascisme, le jeu des alliances entre le Japon et l'Italie mussolinienne a conduit ces jeunes parents à un internement dans un camp de concentration japonais pour avoir refusé de signer leur allégeance à la république de Salo. La prime enfance de Dacia a donc été marquée par la faim, la misère et la crainte. Quand, après la guerre, le couple et ses enfants reviennent en Italie, ils échouent à Bagheria, berceau de la grande famille aristocratique de la mère. Mais ils y arrivent en bannis, en exclus, en misérables..
Ceci - et l'amour fou de Dacia pour son papa qui déjà se détache des siens et va bientôt partir seul pour Rome- explique le regard acidulé, critique et ironique jeté sur la Sicile par l'écrivain -qui fut la compagne de Moravia.
Un récit haut en couleurs, en saveurs et en odeurs, riche de quelques portraits savoureux- la grand- mère sicilienne sombre, cruelle, rebelle, fugueuse, mettant sa vocation de cantatrice au-dessus de tout !- mais que j'ai trouvé pour ma part un peu décousu, tant sur la trame que sur le ton.
Les plus fortes pages sont celles consacrées à la prédation , impénitente et impunie, des mâles adultes sur les petites filles dans cette société sicilienne machiste, terrienne, forte de ses traditions et de ses privilèges, maltraitance que l'auteur de "BUIO" (Ombre) sort précisément de l'ombre et porte au jour avec une âpreté et une crudité décapantes.






+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          303

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   24 octobre 2017
À cette occasion je découvris que la dite " maltraitance sexuelle"des adultes sur les enfants était la chose la plus commune, bien connue de quasiment toutes les petites filles. Lesquelles souvent la taisent pour le reste de leur vie, effrayées par les menaces, les remontrances de ces hommes qui les ont entraînées dans les coins sombres. Se sentant toujours en faute, comme si c' étaient elles qui avaient allongé leurs mains, conçu des pensées interdites, forcé la volonté encore hésitante des hommes, et non le contraire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
michfredmichfred   24 octobre 2017
Si je devais me maintenir en vie pendant quelques jours en attendant la mort, je choisirais les jasmins de Bagheria comme Démocrite choisit le pain frais.
Commenter  J’apprécie          30
michfredmichfred   24 octobre 2017
.La folle arrogance du monde paysan défaisait la nuit ce que les règles de la morale bourgeoise et de la morale catholique reconstituaient de jour.
Commenter  J’apprécie          10
michfredmichfred   24 octobre 2017
Ce pourrait être aussi la vieillesse qui joue ses tours habituels: elle rapproche ce qui est lointain et éloigne ce qui est proche.
Commenter  J’apprécie          10
michfredmichfred   24 octobre 2017
Un corps pourvu d' utérus doit seulement se cacher et se nier. Toute acceptation, fût-ce d'un mot, d'un regard, d'un moment de solitude , est considérée comme un abandon, une reddition inconditionnelle.
Commenter  J’apprécie          00

Video de Dacia Maraini (1) Voir plusAjouter une vidéo

Dacia Maraini : La vie silencieuse de Marianna Ucria
Olivier BARROT présente le livre de Dacia MARAINI, "La vie silencieuse de Marianna UCRIA" publié chez Robert LAFFONT. Il parle de d'MARAINI, compagne d'Alberto MORAVIA, née en Sicile où se situe son roman. L'action se déroule au début du 18ème siècle, Marianna UCRIA est sourde et muette. Ce livre, tout en nuances, retrace son accession à une certaine liberté et prend le parti des femmes.
autres livres classés : Sicile (Italie)Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura