AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Mario Meunier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080700162
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 356 notes)
Résumé :
On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement ; tel est l'effet qu'elle produit qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes.

Biographie

Marc Aurèle, « qui cultiva pendant toute sa vie la lecture, et l'emporta sur tous les empereurs par la pureté de ses mœurs, était fils d'Annius Vérus, lequel mourut préteur ». (Julius... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  15 novembre 2014
Marc Aurèle, empereur philosophe , règne dans une période d'instabilité et de guerre et aspire cependant au calme et à la méditation, à la concorde universelle.
Marc Aurèle se conforme au principe stoïcien qui enjoint à chacun de s'acquitter au mieux du rôle qui lui a été attribué par la Providence, et se conduit en empereur romain parce que la raison le lui commande.
Ces pensées nous apaisent et nous interrogent.
Comment atteindre le bonheur ? Pour le stoïcisme, cela passe par la sérénité, l'impassibilité, l'absence de trouble face aux événements tristes ou angoissants de la vie. Il faut contempler le monde, et l'aimer, car il s'agit du grand Tout harmonieux duquel nous ne sommes qu'une partie.
Ces pensées sont à lire par petits morceaux. On peut bien sûr s'en inspirer, mais il me parait bien difficile d'atteindre ce niveau de sagesse, : n'est pas philosophe stoïcien qui veut. Chacun a un rôle à jouer dans l'espace de temps très restreint qui lui est imparti, sur ce grain de sable qu'est la Terre.
Il y a de la place pour les bons comme pour les méchants. Chacun vit selon sa propre nature, en harmonie ou non avec la société, la raison, l'intelligence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          762
ibon
  06 juin 2014
A lire ces pensées comment ne pas être étonné par tant de réflexions et de maîtrise de soi de la part d'un des maîtres du monde au II siècle. Même aujourd'hui en cherchant bien je ne trouve pas d'équivalence parmi ceux qui nous gouvernent. Cet homme me paraît bien au-dessus de la mêlée.
Lire ce que pense le plus grand homme de son siècle a donc quelque chose de palpitant. Comme il n'écrit que pour lui-même, on pourrait s'attendre à quelques écarts de langage, des désirs charnels, des espoirs de conquête... Et bien non, les devoirs quant à ses responsabilités selon la Nature et pour un monde meilleur le guident uniquement.
Sa philosophie se base sur le stoïcisme notamment d'Epictète et de Sénèque. Etre parfaitement maître de ses émotions, avis, opinions et jugements est sa ligne de conduite en dépit parfois des honneurs ou des trahisons qui pourraient l'écarter de cette trajectoire.
Et d'ailleurs l'un des nombreux intérêts de cette lecture est de confronter ce qu'il a dit avec ce qu'il a fait - ses actions sont judicieusement évoquées dans les 30 pages de la préface-.
Ce recueil de pensées permet alors de souligner la sincérité de cet homme face à ses lourdes responsabilités et à ses devoirs grâce à leurs mises en pratique.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          534
dancingbrave
  06 novembre 2017
un guide de vie
Comment critiquer un tel ouvrage ? Comment le résumer ? Comment le lire ?
C'est l'ouvrage d'une vie pour Marc-Aurèle, ce peut être l'ouvrage d'une vie pour le lecteur s'il entre en harmonie avec son système de pensée ; L'ouvrage que l'on garde toujours près de soi et dans lequel il fait bon se plonger, au hasard, de temps en temps.
Au risque de paraître iconoclaste ou bien d'être l'inventeur du fil à couper le beurre et d'une façon qui surprendra et fâchera sûrement les lecteurs férus de philosophie, ce que je ne suis pas, je vais donc tenter d'exprimer en quoi cette pensée de Marc Aurèle me touche si profondément.
J'ai abordé Marc Aurèle ne connaissant que l'empereur romain auteur de pensées qui parcoururent 2000 ans pour nous atteindre.
Je me disais alors que ces pensées devaient vraiment être formidables pour avoir parcouru une telle distance.
Alors j'ai attaqué ma lecture :
Première surprise : ces pensées sont des « pensées à moi-même » c'est-à-dire rédigées sans prosélytisme. Bien….
Seconde surprise : le texte est d'une contemporanéité étonnante
Troisième surprise : Marc Aurèle au règne embolisé par des guerres incessantes pour maintenir la paix romaine aux confins de l'empire, contraint à persécuter certains chrétiens, était un philosophe. Bien….
Quatrième surprise : Sa philosophie est dans la lignée de Cicéron, Sénèque, Epictète ; qui succédaient eux-mêmes à Zénon de Cition qui, en 300 avant JC, élabora le Stoïcisme. Bien….
Mais qu'est-ce que le stoïcisme ?
Cinquième surprise pour moi qui suis plus familier de philosophie bouddhique (à ma sauce peut-être) :
Pour tenter de préciser le cheminement de ma pensée en d'autres termes, voici une définition du bouddhisme selon Michel Onfray :
Libération des désirs, des passions, des pulsions.
Purification de soi pour se défaire de ce qui est soumis à l'entropie pour viser une réunion du principe lumineux en nous avec la planète entière qui permet le Nirvana.
Cette espèce de jouissance de la déprise de soi-même.
N'est-ce pas ce que Marc-Aurèle se répète continuellement à lui-même ?
C'est, en tous cas, ce que j'en comprends.
Lorsque l'on sait que le bouddhisme a émergé environ 500 ans avant JC sur le terrain spirituel façonné par l'hindouisme et le yoga on trouve cela intéressant, lorsque l'on sait que des contacts existaient durant l'antiquité entre occident et Inde, que les grecs appelaient les yogis des gymnosophistes, les choses s'allument d'une certaine flamme.
Armé de ces préétablis, je me suis dis que cette lecture allait certainement me parler, et bien sûr je ne me trompais pas.
Si ma plus grande surprise allait venir de ces nombreuses analogies entre bouddhisme et stoïcisme - Similitude de la simplicité des idées et des principes, eux-mêmes - de multiples surprises allaient parcourir ma lecture.

Je vais donc un peu plus loin
Renoncement et détachement :
Le monde est fait de « choses » qui dépendent ou ne dépendent pas de moi.
Lorsqu'elles dépendent de moi, je supporte et je m'abstiens.
Lorsqu'elles ne dépendent pas de moi, je dois les accepter.
(sustine et abstine).
Ces deux conditions font que je vivrai heureux et libre.
Cela a-t-il à voir avec le renoncement bouddhique ?
« Les hommes souhaitent des lieux de retraite à la campagne, sur le rivage de la mer, sur les montagnes or cela n'est pardonnable qu'aux ignorants. N'est-il pas en ton pouvoir de te retirer en dedans de toi ? »
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »
Tempérance :
Le stoïcien s'abstiendra de vices et de passion, il pratiquera tempérance et détachement.
Tient donc….
Pratiques physiques :
Il se livrera à des exercices de préparation aux difficultés et méditera pour entrer en accord avec la Nature et obtenir l'ataraxie.
Je rêve….
Souffle vital :
Il pratiquera l'harmonie du pneuma, ce souffle chaud qui traverse notre être pour le mener vers le mouvement de la vie et de son équilibre avec le destin.
Quoi ?....

Non dualité :
Toutes les choses participent d'un Tout (qu'il nomme parfois L'Un, Dieu, Nature, Substance, Loi, Raison).Nous, les hommes, sommes des parties de ce Tout.
« Pense très souvent à la liaison et à la sympathie que toutes les choses du monde ont entre elles : car elles sont toutes liées et entrelacées, et par cette raison elles ont une mutuelle affection les unes pour les autres ; et celle-ci n'est qu'une suite de celle-là, à cause du mouvement local, de l'accord et de l'union de la matière. »
« Tout ce qui arrive à chacun est utile à l'univers, et cela suffit. »

Nature :
« Nous devons vivre selon la Nature, c'est-à-dire en suivant la Loi de la Nature et celle-ci procède de la Providence, donc tout ce qui arrive est nécessaire et utile au monde universel, dont nous faisons partie ».
« Cela veut dire aussi vivre en conformité avec la Nature de l'homme qui est raisonnable et sociable. Il faut tendre vers ce qui est utile et bien approprié à la communauté ».
« Il faut vivre conformément à la nature le peu de temps qui nous reste ; et, quand l'heure de la retraite sonne, se retirer paisiblement et avec douceur, comme une olive mûre qui en tombant bénit la terre qui l'a portée, et rend grâces à l'arbre qui l'a produite. »
Impermanence :
« La mort fait partie de la Nature, car tout change, tout se transforme, tout, depuis l'éternité, semblablement se produit et se reproduira sous d'autres formes semblables à l'infini ».
« Car la nature est comme un fleuve qui coule toujours.[…] Il n'y presque rien de permanent de tout ce qui est près de toi ; et le passé d'un côté, et l'avenir de l'autre, tout cela est un abyme infini et impénétrable où tout se perd. N'est ce donc pas être fou, que de s'enorgueillir ou de s'affliger pour des choses périssables ? Se plaint-on d'une légère incommodité qui ne doit durer qu'un moment ? »
« Dans un petit moment tu ne seras qu'une poignée de cendres, qu'un squelette et qu'un nom, et non pas même un nom. Cependant qu'est-ce qu'un nom ? Un bruit, un son. Et toutes ces choses dont on fait le plus cas en ce monde, que sont-elle que pourriture et que vanité ? »
« Une chose se hâte d'être, une autre de n'être plus ; et une grande partie de celle qui est, est déjà passée. Ces changements continuels renouvellent incessamment le monde, comme la rapidité du temps, qui ne s'arrête jamais, renouvelle à tout moment les siècles. Dans ce courant continuel, qui voudrait s'attacher à des choses si passagères, et sur lesquelles on ne peut jamais s'arrêter ? C'est comme si quelqu'un mettait son affection à un de ces petits oiseaux qui volent dans l'air, et que nous avons perdu de vue presqu'aussitôt que nous les avons aperçus. »
« Alexandre le Grand et son muletier ont été réduits au même état après leur mort : car ils sont rentrés dans les premiers principes de cet univers, où ils ont été également dissipés en atomes. »

Extinction du moi :
« Ce qui importe c'est le présent, ce n'est ni le futur, ni le passé qui te sont à charge, mais toujours le présent. »
Compassion :
« Accommode-toi aux affaires qui te sont destinées, et accoutume-toi à aimer, mais véritablement, tous les hommes avec lesquels tu vis. »
Voie du juste milieu :
« La vie est courte et il faut profiter du présent en suivant les règles de la raison et de la justice. Sois sobre dans le relâchement que tu donnes à ton corps et à ton esprit. »

Voilà
Je n'ai pas souhaité – sujet trop vaste et complexe - chercher si ce rapprochement que j'ai mené à des fondements ou si je fais preuve d'iconoclastie.
Détrompez-moi ou confortez-moi…
Pour moi, la rencontre d'un homme paradoxal (un homme, quoi...) et d'une pensée inspirée, mais dans une version claire, imagée, abordable et encore tellement contemporaine.
Un livre de chevet.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3114
Fortuna
  22 juillet 2016
Le plus étonnant quand on lit ces maximes pleines de sagesse et d'humilité est de penser qu'elles proviennent d'un empereur romain, personnage symbolisant le pouvoir, la puissance et la gloire par excellence.
En effet Marc Aurèle, empereur romain né en 121, a régné entre 161 et 180, date de sa mort. Son règne est marqué par la recrudescence des guerres et des attaques contre l'Empire. Sa philosophie, considérée comme stoïcienne, est influencée entre autres par Épicure : appartenance à un Tout, importance de l'instant présent, la mort n'est rien, qu'un processus naturel.
Ses pensées sont des réflexions qu'il se faisait à lui-même. Elles nous éclairent sur son sens de la responsabilité en tant qu'homme et chef d'État : l'homme doit faire de bonnes actions, contribuer au bien de la société, mener une vie droite et juste, en conformité avec sa nature. Il doit accepter la vie comme un instant, un passage, la vivre au présent, ne pas s'attacher aux biens matériels, ne pas vouloir plaire mais agir avec droiture dans l'intérêt de tous. Rien n'est insupportable car rien ne dure. Tout se transforme. La mort n'étant rien, il est inutile de la craindre ni de vouloir forcément vivre longtemps ; puisque chaque jour doit être vécu comme s'il était le dernier.
Ce texte a gardé son actualité et nous rappelle que même empereur nous ne sommes là que de passage. Mais Marc-Aurèle pouvait-il se douter que près de 2000 ans plus tard on parlerait encore de lui en méditant ses pensées ? Malgré cet étonnant paradoxe, chacun y puisera de salutaires conseils pour mener une vie meilleure…ou s'engager sur le chemin de la sagesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          422
Alexein
  24 octobre 2015
Nous descendons au plus profond de l'intimité d'un des grands Empereurs romains et nous retrouvons en sa compagnie comme avec un ami qui nous chuchoterait dans le creux de l'oreille. Cet homme, que l'on imagine écrire assis sur un mobilier que l'on voit aujourd'hui dans les musées, avec sa voix que l'on croirait littéralement entendre et qui nous apparaît si vivante et lucide, cet homme avec sa fraîcheur et sa lucidité semble une bougie qui nous guide au milieu du chaos et des ténèbres de notre époque. Cet homme, en atteignant sa simplicité la plus dénudée, a touché à l'universel. Et cette sensibilité si magistralement exprimée abolit d'un coup la vingtaine de siècles qui nous séparent de lui. Les Pensées pour moi-même vous éclairent de l'intérieur. Ce livre fait partie des rares et précieux ouvrages qui ont changé ma vie.
Commenter  J’apprécie          433

critiques presse (1)
Telerama   09 décembre 2015
A méditer en ces temps troublés.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (221) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   18 mai 2019
Qu'il est aisé de repousser et d'abandonner toute pensée déplaisante ou impropre, et d'être aussitôt dans un calme parfait !
Commenter  J’apprécie          71
babounettebabounette   30 juillet 2009
«Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre.»
Commenter  J’apprécie          49614
LuniverLuniver   02 octobre 2012
Juge-toi digne de toute parole et de toute action conformes à la nature. Ne te laisse détourner, ni par la critique des uns, ni par les propos qui peuvent en résulter. Mais, s’il est bien d’agir ou de parler, ne t’en juge pas indigne. Les autres ont leur principe particulier de direction et ont affaire à leur instinct particulier. Quant à toi, ne t’en inquiète pas ; mais poursuis droit ton chemin, en te laissant conduire par ta propre nature et la nature universelle : toutes deux suivent une unique voie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          600
DanieljeanDanieljean   28 octobre 2015
Le temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l'assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu'est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci: à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que le autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n'y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C'est selon la nature ; et rien n'est mal de ce qui se fait selon la nature.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
ibonibon   18 avril 2014
Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est celui qui va selon la nature. Voilà pourquoi il faut agir en tout de la façon la plus naturelle. Une telle ligne de conduite te délivrera de l'emphase, de l'exagération et du style figuré et artificiel.
Commenter  J’apprécie          911
Videos de Marc Aurèle (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Marc Aurèle
Épictète, Marc-Aurèle et le Stoicisme Les Nouveaux chemins de la connaissance, présenté par Raphaël Enthoven, invité Thomas Bénatouïl, maître de conférences à l'Université de Nancy 2. Épictète, Marc-Aurèle et le Stoïci
Dans la catégorie : StoïcismeVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie antique, médiévale, orientale>Stoïcisme (45)
autres livres classés : stoïcismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
287 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre
.. ..