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EAN : 9782356870995
256 pages
Éditeur : Le Bord de l'eau (18/03/2011)
4.25/5   6 notes
Résumé :
Stan, un lycéen, apprend que son grand père était agent secret au Congo. Voilà de quoi impressionner les filles…
Dans cette histoire, quatre personnages tournent autour d’un livre : Stan, son prof d’histoire au lycée, sa grand mère. Le passé colonial devient pour ces trois-là un moyen d’impressionner les autres. Quant au quatrième, un vieillard échappé d’un hospice, il n’a qu’un but : brûler la bibliothèque où dorment les derniers exemplaires du livre central... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
latina
  25 janvier 2013
Critique réalisée du tac au tac après la lecture du roman de l'énergumène hurluberlu belge : « La tactique katangaise », de Nicolas Marchal.
C'est avec jubilation que j'ai parcouru, non pas le Katanga, comme on pourrait le croire, mais les arcanes de l'âme humaine.
Oui ! Nicolas Marchal a l'art et la tactique de puiser aux tréfonds du cerveau et du coeur tout ce que l'homme, qu'il ait 17 ans ou qu'il soit très âgé, que ce soit une vieille dame ou un prof d'histoire, a refoulé : toutes ses petites manies, tous ses petits renoncements, ses espoirs déçus, ses fautes inavouées, ses pauvres rêves de grandeur et de gloire…« Les hommes ne sont plus ce qu'ils étaient, il est bien fini le temps des gentlemen, le temps où les hommes ressemblaient à des héros de romans. Aujourd'hui même les héros de romans se mettent à ressembler à des hommes. »
4 narrateurs tournent autour d'1 seul livre : « La tactique katangaise » qui raconte sous forme romancée la décolonisation belge du Congo. Ces 4 narrateurs n'en finissent pas d'y revenir, à ce roman. Ils ont tous une très bonne raison …
En effet, l'auteur du livre s'en veut de l'avoir écrit et veut à tout prix détruire le Musée africain qui a baptisé de son propre nom une de ses ailes ! le prof d'Histoire un peu timbré en a fait son livre de chevet, son Modèle et veut en faire profiter son élève Stan qui lui a déclaré que son grand-père avait été un agent des Services Secrets au temps de la décolonisation du Congo, dixit sa grand-mère, romantique à souhait et voulant léguer à son petit-fils un souvenir héroïque du grand-père, s'abreuvant donc des informations données dans le roman...
Donc, vous l'aurez bien compris, un imbroglio règne dans ces pages : les narrateurs passent du coq à l'âne (tout à fait normal ! Quand vous pensez, c'est structuré, vous ? ) et c'est ça qui est hilarant. Il faut être extrêmement attentif à tous les mots qui défilent, souvent dans des phrases interminables. Attentive, je l'ai été, et même trop parfois, car j'ai remarqué beaucoup de « coquilles » et c'est dommage. Dommage aussi, au début du roman, le long, trop long monologue autour d'un étron…Cette rumination scatologique m'a quelque peu semblé…indigeste.
Mais passons outre, car Nicolas Marchal m'a emmenée là où il voulait, c'est-à-dire là où je voulais…Chaque lecteur peut, je pense, s'y retrouver. Chacun peut retrouver la folie qui l'habite, la tendresse aussi, car il y a beaucoup de tendresse sous ces airs de « je me fous de tout », et l'intense plaisir de sortir des sentiers battus.
Nicolas Marchal, le nouveau Belge, quel remarquable tacticien ! Après « Les conquêtes véritables », « La tactique katangaise »…Et il paraît que son 3e roman est en route. Chouette !
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Ancolie
  05 février 2013
Quel lien y a-t-il entre un ado boutonneux qui apprend avec jubilation que feu son grand-père était agent secret au Congo, entre un professeur un peu parano adepte de la théorie du complot, entre un écrivain coincé dans une maison de repos qui regrette d'avoir écrit le roman qui l'a fait connaître et entre une grand-mère qui vient de perdre son mari et revit son amour en l'enjolivant ? Ce lien est un livre intitulé la tactique katangaise. Non, pas celui que je tiens entre mes mains, mais celui qui est au coeur de ce roman pas comme les autres.
L'auteur croque avec succès ses personnages, qui ont tous droit à la parole, et n'hésite pas à épingler leurs défauts, quitte à ce qu'on s'y retrouve parfois. Ne rêvons-nous pas tous des agents secrets, de l'aventure avec un grand A ? L'auteur joue habilement avec ce fantasme et ne manque pas de dérision pour en parler. C'est drôle et intelligent. Un bon roman d'un jeune auteur belge que je conseille à ceux qui ne sont pas imperméable à ce qu'on appelle la «belgitude», ce concept mêlant autodérision et surréalisme.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
latinalatina   21 janvier 2013
(le narrateur parle, en pensée, à son opticien incapable de redresser les branches de ses lunettes correctement)

Vous savez ce que ça peut coûter à quelqu'un de ma profession d'avoir les lunettes de travers? Non, monsieur, vous vous en foutez bien des graves conséquences de votre incurie, mais c'est que je suis enseignant, moi, monsieur, et que d'une part, prenez note je vous prie, je me dois d'avoir un regard acéré sur tous ces vandales d'élèves, un regard pour ainsi dire panoramique, repérant sans retard leurs tentatives de graffitis sur les tables, leurs échanges de notes diverses, leurs habituelles mastications de pâtes à chiquer ; d'autre part je ne puis tolérer d'être ridicule, ma fonction, bien qu'essentiellement cérébrale, est également, je le déplore souvent, publique, et si mes crétins d'élèves trouvent un motif, fut-il léger (surtout s'il est léger), de me railler, le message de mon cours lui-même en souffrira, pouvez-vous comprendre cela espèce de sous-colporteur de lentilles décoratives? Dois-je vraiment intenter une action en justice contre votre établissement? Est-ce trop vous demander de corriger l'axe des branches de ma monture, ou tenez-vous absolument à contribuer à la baisse, inexorable il faut bien le dire, du niveau intellectuel des jeunes d'aujourd'hui ? Voilà. Bien envoyé. S'il ne comprend pas, je change de boutique.
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latinalatina   22 janvier 2013
A l'enterrement de papy, il y avait trop de discours. Si on avait voulu lui rendre hommage comme il faut, on aurait dû fermer nos gueules pendant deux heures dans l'église. Parce qu'il ne disait pas grand-chose, mon grand-père. C'est mon principal souvenir de lui. La seule chose qui me paraissait solide. Parce que le reste. Un sourire fragile. Des cheveux blancs qu'on aurait dit des faux, comme de l'ouate. Et ses yeux bleus, très clairs, presque transparents. Il semblait ne pas habiter ses chemises. Il passait toujours inaperçu. Quand j'étais petit, je mettais plus d'une demi-heure à voir qu'il était dans la même pièce que moi. On a appris un mot au cours de français l'autre jour : pléonasme. Celui-là, le prof de français, avec ses trucs qui servent à rien. Enfin, donc, pléonasme. Et bien, quand mon grand-père s'en allait quelque part, c'était comme un pléonasme.
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AncolieAncolie   05 février 2013
Ce type n'attend personne. C'est triste un type qui n'attend personne. C'est peut-être aussi ça rater sa vie. Ca, et n'être attendu par personne.
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