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EAN : 9782874895586
236 pages
Éditeur : Weyrich Edition (10/10/2019)
4.36/5   7 notes
Résumé :
C’est l’histoire d’un jeune homme qui vit dans les livres et a décidé une fois pour toutes que l’amour n’existait pas. C’est l’histoire d’une jeune fille qui vient reconstruire sa vie à Liège, loin de son Lisbonne natal, là où elle pourra retrouver la Danseuse du Gai-Moulin. C’est l’histoire d’un vieux monsieur assis sur un banc qui fume la pipe en pestant sur les résultats du Standard, peu soucieux d’afficher sa parfaite ressemblance avec Georges Simenon…
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
latina
  19 février 2020
« Vous n'imaginez pas ce qu'on trouve sous la littérature quand on la soulève »

Vous n'imaginez pas ce qu'on trouve dans ce roman de Nicolas Marchal quand on l'ouvre.
Un vieil homme suisse, sosie de Simenon, devenu clochard par passion.
Un jeune homme belge, passionné par l'Histoire.
Une jeune femme portugaise, fuyant ses propres démons, passionnée par Simenon.
Et puis Liège ! Liège omniprésente, tortueuse, liquide, haute et basse, aux escaliers infinis, aux égouts profonds. Liège historique, de Charles « dit » le Téméraire, de Jean d'Outremeuse, des V1 et V2. Liège du Standard Champion mené par Raymond Goethals. Liège de la fête avec son quartier du Carré où « on se frotte de si près qu'on est comme habillé des autres. Ils sont là, les personnages de Simenon, si l'on parvient à repérer les frontières entre les corps ».

La passion règne dans ces lignes pleines de pièges. La passion, mais aussi la déraison. Et Simenon, dont l'ombre plane et rigole.
Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? Les livres recèlent-ils la vérité ? La littérature n'est-elle qu'artifice ?
Nicolas Marchal s'amuse. Il mêle l'histoire de ses 3 personnages à l'histoire de Liège, et à notre propre histoire, finalement. Car on s'y retrouve toujours. Et on sourit. On acquiesce. Il faut dire que le narrateur nous prend à partie, nous interpelle, nous force à le suivre. Il nous convainc presque que nous sommes les auteurs des « Faux Simenon ».

Mais pourquoi pas ? Où se trouve la frontière entre la littérature et la vie ?
Nicolas Marchal, l'auteur belge aux 5 romans atypiques et au style faussement relâché, vraiment maitrisé, adore jouer.
Et moi, j'adore ses livres.

Alors, voulez-vous jouer ? Voulez-vous soulever la couverture des faux Simenon ? Je vous y invite !
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daniel_dz
  04 février 2020
Liège. Trois personnages entremêlent les fils de leurs vies : Serge, solitaire, termine ses études d'histoire, Pilar, fraîche et pétillante, arrive de Lisbonne pour découvrir la ville de Simenon, Jean-Luc, vieux clochard sosie de Simenon, lit son journal sur un banc en pensant à son amoureuse qu'il a laissée en Suisse. de la légèreté, mais tout en finesse et en harmonie. le style est enlevé, la langue est remarquable. C'est bon, c'est belge ! Que du bonheur !
Je remercie les éditions Weyrich de m'avoir fait découvrir le talent de mon compatriote Nicolas Marchal, dans le cadre d'une Masse critique de Babelio. Il m'arrive souvent, Dieu merci, qu'un texte me procure un agréable moment de plaisir de lecture. Mais il n'est pas si fréquent que, comme pour ce livre-ci, je perçoive le plaisir d'écriture qu'il a procuré à son auteur !
L'ambiance est jeune et dynamique, les personnages sont extrêmement attachants. Pilar est une aventurière à sa manière. Elle ne manque aucune minute de bonheur que le hasard dépose sur sa route. Elle touche le coeur de Serge, qu'elle attire hors de la solitude dans laquelle il s'était emmuré pour travailler sur son mémoire de fin d'études (et aussi parce qu'il est naturellement solitaire). Comme elle ressemble à l'amoureuse qu'il a abandonnée en Suisse, elle touche aussi le coeur de Jean-Luc, qu'elle remarque sur son banc parce qu'il est le sosie de Simenon, qui motive sa visite à Liège. Tous ces personnages attirent la sympathie parce qu'ils vivent véritablement la vie qu'ils se sont choisie, même si ces choix sont parfois douloureux. À leur manière, ils sont libres ! Leurs portraits sont dressés avec finesse.
Le récit m'a mis de bonne humeur. Par lui-même mais aussi parce qu'il m'a évoqué des petites touches de bonne humeur que j'avais rencontrées ailleurs : Serge m'a rappelé les historiens «  évangélistes » de Fred Vargas, Pilar et l'escalier de Buren m'ont rappelé Amélie Poulain et les escaliers de Montmartre, le libraire qui emploie Serge m'a rappelé les personnages de conte d'un beau roman de Yôko Ogawa qui m'a ravi très récemment... La dernière partie est plus « dramatique »; le changement de rythme est appréciable, mais j'avoue avoir un peu (un tout petit peu) moins accroché à cette partie-là.
Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié la langue du récit. L'auteur, dirais-je comme un compliment, atteint l'excellence de la langue populaire. J'entends par là qu'il produit un texte d'une finesse remarquable en utilisant un vocabulaire et des constructions du français contemporain courant. Il se rend sympathique au lecteur en lui donnant l'impression que, lui aussi, pourrait se mettre à écrire (bon, ce n'est pas si simple, mais ça fait du bien d'y croire, le temps d'une lecture). Et puis il se rend encore sympathique en s'adressant au lecteur de temps en temps au fil du texte, tel un conteur à la veillée.
Je saluerai enfin Nicolas Marchal de s'être fait éditer en Belgique. de bons auteurs aident à la promotion de nos éditeurs, et le cercle est vertueux. Chez Weyrich, je me suis déjà régalé de «  Sept histoires pas très catholiques » d'Armel Job et de «  La grande fugue » de Ziska Larouge; je les avais commentés sur Babelio. Là-dessus, je m'en vais déposer d'autres livres de Nicolas Marchal et feuilleter le catalogue de Weyrich. Vous l'aurez compris : je vous recommande d'en faire de même !
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Francedewepion
  01 février 2020
Liège 1983, Serge travaille à son mémoire qui lui permettra d'obtenir son diplôme universitaire en Sciences historiques . Plutôt introverti, ne s'intéressant pas à l'Amour, c'est un intellectuel, rat de bibliothèque. Il veut prouver à sa mère qu'il peut réussir ses études. Il a aussi un petit job pour payer son loyer . Il époussette les livres et documents anciens (rares pour la plupart) dans une librairie spécialisée dont le patron disparaît mystérieusement dans sa cave avec interdiction d'y pénétrer.
Pilar, jeune portugaise férue de Simenon débarque de son Lisbonne natal . Elle a envie de voir la ville où il est né et y vient donc faire ses études à la faculté de Lettres. Elle fuit aussi sa sœur jumelle au caractère opposé au sien.
Jean-Luc , sosie suisse de Simenon est assis sur un banc de la montagne de Bueren. Comme chaque matin, il lit les pages sportives du journal abandonné par un quidam afin de connaître les résultats du Standard, le club de foot de la ville. C'est aussi sur ce banc-là qu'il passe toutes ses nuits comme un SDF depuis qu'il refuse de rentrer en Suisse.
Ces trois protagonistes ne vont pas tarder à se rencontrer : Pilar et Serge logent au même endroit ainsi que 3 autres étudiants. Pour la belle Pilar, Serge va sortir de sa coquille afin de la conquérir. Quant à Jean-Luc dont le banc se situe non loin de l'immeuble des étudiants, il croit voir en Pilar, son amour de toujours qui vient de décéder.
Nous sommes entraînés tambour battant dans les coins et recoins de Liège des étudiants, dans le Liège de Simenon et dans le Liège de Jean d'Outremeuse , chroniqueur liégeois du 14e siècle; une ville toujours en éveil.
La plume de Nicolas Marchal est vive, pleine d'émotions. Il dépeint avec finesse et par petites touches chaque personnage. J'ai beaucoup aimé cette belle écriture avec un vocabulaire et des constructions de phrases, un brin désuètes, devenues rares dans la littérature contemporaine. L'auteur prend aussi le lecteur à parti. Difficile de lâcher le livre une fois commencé.
Il n'y a pas une intrigue mais trois qui se croisent et s'entrecroisent autour d'un fil rouge : Liège d'hier et d'aujourd'hui .
Si comme moi vous aimez la belle littérature, belge de surcroît, dont l'histoire se passe dans une ville appréciée, ne vous privez pas de ce roman.
Un énorme merci à Babelio - Masse Critique et aux Editions Weyrich qui ne m'ont jamais déçue et sont toujours à la hauteur de mes espoirs.
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FifilolotteBrindacier
  03 mars 2020
En cette année 1983, plusieurs personnages se croisent en Cité Ardente : il y a d'abord Serge, étudiant en histoire et spécialiste de Jean d'Outremeuse, la belle Pilar qui vient d'arriver du Portugal et qui a appris le français par le biais des romans de Simenon, Jean-Luc, clochard suisse, sosie de Simenon et puis il y a Liège, son Carré, son club de foot, ses impasses, son histoire et dans ce roman, Nicolas Marchal entremêle joyeusement sa trame narrative et des évènements historiques. Il interpelle le lecteur aussi ce qui n'est pas désagréable mais il m'a parfois perdu dans des digressions que j'ai trouvé un rien inutile et verbeuse.
Merci à Masse critique et aux éditions Weyrich pour la découverte de cette plume.
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marieclairec
  24 novembre 2019
Découvert par son livre "Le grand cerf", Nicolas Marchal a une écriture qui m'enchante et une façon tellement originale de développer son sujet ! Un régal littéraire !!!
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
daniel_dzdaniel_dz   02 février 2020
[Pilar arrive chez sa logeuse, qui venait de commencer la cuisson d’un oeuf.]
Pilar pose son bagage, enfin. La logeuse ouvre la bouche et s’apprête à commencer son discours d’introduction, quand dans son dos un infect bruit strident déchire l’atmosphère empesée du corridor. Le minuteur. Alors, sous les yeux admiratifs de Pilar, la logeuse explose et hurle à son mari qu’il pourrait tout de même lever son derrière de sa chaise et aller se cuire un oeuf, Pilar jurerait que cet aboiement ne dure qu’un instant et qu’au cours de celui-ci les traits de sa logeuse se multiplient par trois, que ses cheveux se dressent littéralement sur sa tête, que tout son être grandit de vingt bons centimètres, déployant des ondes et de l’électricité autour de son crâne, que sa voix n’a plus rien de la voix d’une septuagénaire, et, immédiatement après ce cri, elle redevient elle-même et entame fermement mais paisiblement son explication des règles de la maison.
Pilar aime ça, les femmes qui en ont.
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daniel_dzdaniel_dz   04 février 2020
Pilar sent soudain sur elle s’abattre le poids des heures. Sans se déshabiller, ce qui chagrinera le lecteur en mal de descriptions salaces mais conservera la haute teneur morale de ce récit, elle s’effondre sur son lit. Tout de même. Cette fille est un être humain, après tout.
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daniel_dzdaniel_dz   05 février 2020
Jean-Luc, sur son banc, tous les matins depuis le 13 février 1983, lit et relit les pages sportives du journal abandonné. Personne ne fait attention à lui, et personne ne vient le déranger. C’est le privilège des vieux clochards. Ils sentent. Ils font vaguement peur. On leur fout la paix. On ne les voit pas. On ne les approche pas.
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daniel_dzdaniel_dz   03 février 2020
Donc, nous sommes en septembre 1983. Une nouvelle année académique commence. Le soleil, généreux comme souvent en Belgique au mois de septembre, se laisse mollement choir sur la ville et, dans une heure ou deux, il sera accoudé sur les rebords des toits d’ardoises, pour une ultime conversation. Sous les parasols, les dactylos, fumant nerveusement la cigarette de la condamnée à mort, se laissent offrir des kirs par leur patron, ou leur demi-patron - le cadre moyen se distinguant du supérieur par sa peur de suer et son incertitude de ramener cette petite gourde de Chantal dans son lit.
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marieclairecmarieclairec   25 novembre 2019
... ah si tous les devoirs scolaires avaient des mobiles aussi puissants, si dominer une matière à fond pouvait nous faire espérer des lendemains faits de lobes et de lèvres qui se frôlent dans la nuit, mon Dieu nous serions tous prix Nobel d'astrophysique pour le moins.
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