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ISBN : 2373050447
Éditeur : Aux forges de Vulcain (19/10/2018)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d'une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d'un bateau qui coule, la phobie d'un père pour les manèges, un matelas pneumatique... On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Nat_85
  11 novembre 2018
Je tiens à remercier les éditions Aux Forges du Vulcain pour la découverte du dernier chef-d'oeuvre de Gilles Marchand !
" Des mirages plein les poches " mais surtout des étoiles plein les yeux pour le lecteur qui referme à regret ce recueil de Gilles Marchand. Rassemblant une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017,  et d'abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, est enfin rassemblées ici grâce à David Meulemans, éditeur des Forges de Vulcain.
Ce sont des nouvelles qui font résonance à ses deux précédents romans " Une bouche sans personne " et " Un funambule sur le sable ". Comment mieux réconcilier les lecteurs avides de littérature contemporaine avec la nouvelle, qu'en lisant ce recueil ? Des nouvelles très courtes, dont il est difficile d'en concevoir un résumé sans spoiler l'intrigue.
Le lecteur part ainsi à la rencontre d'un homme qui souhaite rembobiner le cours de sa vie après en avoir détricoter le fil...
p. 8 : " On ne détricote pas le monde. Même s'il gratte, on ne le détricote pas. Ce n'est pas une affaire de religion, ce n'est pas une question de morale. On ne le fait pas. Point. "
Au détour d'une brocante, un homme retrouve avec nostalgie les meubles de son enfance, riches de souvenirs, comblant un vide...
p. 15 : " Tous parfaitement identiques au mobilier de mon enfance. Combien ? Combien ? Combien ? Je prends. Je prends. Je prends. Tout cela ira parfaitement chez moi. "
Le protagoniste devient un footballeur amoureux, en quête d'exploits...
p. 28 : " Pour moi, le slip était à l'amoureux ce que la chaussure était à l'athlète. "
On croise un père de famille, en lutte contre sa phobie des manèges...
p. 93 : " Je n'oublierai jamais son regard. Il n'avait pas cinq ans et déjà il savait que son père n'était pas un héros. "
Des rencontres, pleines de désillusions, entre mirages et réalité. Parfois métaphoriques, souvent mélancoliques, mais toujours poétiques, le lecteur côtoie le quotidien de personnages par de brèves histoires, particulièrement touchantes. Une sorte de  désenchantement relie chaque nouvelle, de manière cohérente et fluide.
Ce recueil est un grand coup de coeur ! Bravo à Gilles Marchand pour toutes les émotions qu'il a le talent de mettre en forme, des mots pour décrire des maux... Et quelle écriture !
Lien : https://missbook85.wordpress..
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mumuboc
  13 juillet 2019
J'avais besoin de poésie, d'un peu de douceur et d'ailleurs, une envie à la fois non pas d'oublier le quotidien mais de le transformer…… J'ai tout de suite pensé à Gilles Marchand dont j'avais aimé Un funambule sur le sable et Une bouche sans personne comme jurée du Prix du roman Points 2018 qui m'avait particulièrement touchée.
L'auteur vide ses poches avec ce recueil de nouvelles qu'il a publiées ici ou là, les rassemblant comme on classe les photos dans un album de souvenirs et de rêves. Et Gilles Marchand transforme les petits faits de tous les jours en un monde de douceur, de malice et d'humour parfois. Il vous balade dans son monde et celui-ci est plein de musique, de poésie, de sensations et de personnages que vous, vous ne verriez que pour ce qu'ils sont, vous ne les remarqueriez pas, mais lui sait les voir, les écouter, les imaginer mais avec une petite musique bien à lui.
Ne réfléchissez pas, laissez vous porter vous allez découvrir le monde d'une autre façon : cela s'appelle l'art d'embellir la vie avec les petits riens de nos existences.
Prenez le fil d'un pull qui se détricote, il en fait une pelote de souvenirs parfumés d'une odeur de soupe où la musique rappelle les amours d'antan. Mais il a des chaussures qui courent vite, peut-être reçues lors d'un Noël où tout ne s'est pas passé comme prévu.
Ce n'est pas un pêcheur mais il connaît la valeur de deux demi-truites et n'est pas non plus père mais aime d'un amour paternel une lampe dont il a héritée. Il pilote parfois un bateau et se retrouve naufragé. Oui Gilles Marchand est un être à part, il est atteint de syllogomanie et récupère dans les poubelles tout ce qui y est abandonné pour s'imaginer construire une vie à deux, une vie rangée.
Il vit mille vies, s'invente mille aventures et il aime les bars, les gens qu'il y croise, la musique, toutes les musiques, celles qui font du bruit et les petites musiques du coeur et de l'âme comme les souvenirs qui voguent sur des bateaux pneumatiques.
Vous n'avez rien compris et c'est normal ….. Gilles Marchand, que l'on compare souvent à Boris Vian (rien que cela) a son monde à lui, le monde de Gilles Marchand et moi j'aime bien m'y balader dans ce monde rose ou gris, mais qu'il transforme au gré de son humeur, c'est jamais tout rose ni tout gris, mais c'est toujours un moment de plaisir et de dépaysement.
Il vous propose de regarder autour de vous autrement, de transformer votre quotidien, de l'embellir, d'écrire votre histoire différemment. Un petit rien peut devenir une grande aventure, un souvenir se transformer en mirage et pourquoi pas devenir une réalité puis un beau souvenir.
J'ai encore passé, grâce à lui et à ses petites histoires un moment hors du temps, ailleurs, dans le pays où tout vit, s'anime, où le passé redevient présent, cadeaux, où tout prend forme, où les souvenirs deviennent mirages, mirages vous savez ces apparitions dans le désert. Lui il en a plein les poches et tel un magicien il leur donne vie. A quand les prochains ?
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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motspourmots
  26 octobre 2018
Peut-être que ce recueil donnera envie à plus de monde de lire des nouvelles ? Il faut reconnaitre que le format court convient très bien à Gilles Marchand et à son univers qui oscille entre mélancolie, absurde et poésie. Je le dis d'autant plus volontiers que je ne fais pas partie des nombreux lecteurs séduits par ses deux romans précédents. Une bouche sans personne m'avait laissée... embarrassée. Gênée. Sans trop savoir exprimer pourquoi. J'avais néanmoins le sentiment que, dans ce cas précis, le genre de la nouvelle pourrait mieux fonctionner pour moi. Je ne me suis pas trompée.
D'abord, il faut souligner ce beau titre qui traduit parfaitement l'atmosphère du recueil. Ce n'est pas si fréquent. Ensuite, parler de l'unité qui rassemble ces textes pourtant écrits à plusieurs années d'intervalle et, pour la majorité déjà publiés à d'autres occasions. Ce qui donne à l'ensemble une cohérence toute naturelle et fait ressortir une sorte de ligne directrice, celle du ré enchantement. Gilles Marchand parle de la vie avec ce qu'il faut de décalage pour être touchant, drôlement mélancolique ou tristement rigolo.
Au fil des textes, des histoires de vie, défilent des personnages plus ou moins cabossés, mais toujours debout, qui luttent contre l'absurdité de l'existence. Chez Gilles Marchand, certains lieux ont de l'importance, comme les cafés. Les objets ont une âme, il suffit d'un rien pour qu'ils s'animent et assument leur rôle dans chaque histoire. Il est surtout question du pouvoir de l'imagination qui permet de s'inventer des vies ou de combler les trous qui plombent la réalité. C'est tout l'art de l'écrivain que, d'un coup de baguette magique, rhabiller le gris de couleurs tendres, douces, et de faire surgir la petite loupiotte qui scintille au bout du tunnel.
Les mots pour évacuer le mal-être induit par la solitude, le manque d'amour ou une certaine inadaptation face à la violence du monde. Les mots pour dire le besoin de beau, de tendre, d'amour, de reconnaissance dans le regard de l'autre. Mais des mots tout en légèreté, qui même lorsque le propos est grave préfèrent twister le chagrin pour le rendre plus volatil.
Quatorze textes pour s'évader avec élégance, se désaxer avec bienveillance, se décaler avec tendresse.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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MaminouG
  12 novembre 2018
Lire Gilles Marchand c'est se plonger dans une écriture où les mots dansent la sarabande, où le rêve s'acoquine avec la réalité, où la tendresse le dispute à la tristesse, où la poésie fusionne avec la musique, le pragmatique avec le fantastique. Et, son premier recueil de nouvelles, "Des mirages plein les poches", n'y déroge pas. Il démontre que parfois les règles n'ont nul besoin d'exception pour être confirmées.
Un petit fascicule, un peu plus de cent pages et quatorze nouvelles, les unes très courtes et certaines un peu plus longues, et toujours cette mélodie, ce jeu de cache-cache, cette manière de nous faire toucher des yeux des mots, des phrases, des histoires qui s'escamotent, se déforment, se transforment juste au moment de les happer. Je les ai lues le sourire aux lèvres, le rire en bandoulière ou les larmes au fond de la gorge. Gilles Marchand est un magicien des mots.
Que peut-il y avoir de commun entre des chaussures qui courent vite, un homme qui découvre sa vie au fond d'une brocante, un autre qui redonne vie aux objets abandonnés et celui qui parcourt l'Amérique à pied sur son lieu de travail, au fond d'un débarras, "coincé entre un carton d'intercalaires A4 et les archives du courrier resté sans réponse" ? Il y a toute la fantaisie de l'auteur, cette façon bien à lui d'utiliser la magie pour dire la profondeur de l'humain. Il y a cette force du mélange des objets et de l'homme, car dans ses livres chaque objet possède une âme, une belle âme.
La nouvelle qui, forcément, m'a le plus émue, celle que j'ai lue en ayant l'impression moi aussi d'y découvrir une partie de ma vie, c'est l'avant-dernière "Rappel". J'ai cru y lire l'histoire de mon fils, ancien batteur dans un groupe de Heavy Metal : Antarès. Antarès comme l'étoile qui brillait dans ses yeux les soirs de concert, comme celle qui s'est ternie lorsqu'il a dû abandonner pour voguer vers d'autres horizons, celle encore que je vois se rallumer au détour d'une rencontre avec son pote guitariste quand il retrouve sa double pédale, tape sur sa caisse claire et massacre ses baguettes. Mais je l'ai aussi aimée pour avoir cru apercevoir, derrière le narrateur, un rocker au sourire enjôleur se nimber des habits d'un poète maudit.
J'aurais pu tout aussi bien vous parler de "Wish You", un Noël extraordinaire au sens étymologique du terme, un Noël qui contient à la fois la joie et la tristesse, le profond et le superficiel, le sacré et le profane, un Noël qui se voulait heureux mais donne envie de pleurer. Et des autres...
En un mot comme en cent, "Des mirages plein les poches", vous mettra, à n'en pas douter, des étoiles plein les yeux.
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Leraut
  13 novembre 2018
Des myriades d'étoiles plein les poches, des bouquets de mots en solennité sur le coeur, le lecteur dès l'incipit « Je n'ai pas vraiment choisi » reçoit le cadeau de l'estime sur la place des Grands Hommes. Sidéré par la magnificence verbale, mappemonde fascinante et loyale, le lecteur tient les couleurs de la vie en main. Ces nouvelles sont clairvoyantes, lucides, profondes. Du linge frais claquant au vent avéré et spontané. Les lignes puissantes, nobles sont l'épiphanie des émotions justes. La sensibilité de Gille Marchand est un rayon de lumière, une offrande sans attente d'un retour. Il sait, il dit, délivre. Les murs fondateurs de ces morceaux d'architecture sont l'essence même de la vie. Ce qui fait vibrer, fléchir sans mettre le genou à terre, se redresser et regarder infiniment la ligne d'horizon de ce qui est dans le vrai. Elles ne sont pas des quêtes, mais un don de soi. Ce quelque chose qui tend vers le majeur de l'intériorité. La générosité est un cahier du jour. La tendresse, un accueil vers le pur. La différence, une force. L'abîme, le puits et ses ressources en invisibilité. Les larmes peuvent couler, elles sont l'honneur rendu à la prodigalité. Ces nouvelles sont le rythme de ce qui est authentique et vivifiant. le beau fait trembler les lignes. L'humour est un crayon de couleur. Les grincements des échappées imprévisibles et salutaires. Elles sont l'oeuvre d'un maître bâtisseur qui construit le fondamental. Emouvantes, elles font courber les lignes du ciel. le lecteur n'ose plus bouger, puis vacille, épaté par cette fulgurance. Célestes, profonds et si intimes ces écrins existentiels, crépusculaires, sont le digne d'un géant du mot. Primordiales, vitales, cultes ces nouvelles nourricières sont primées par le prestigieux « Prix SGDL du premier recueil de nouvelles 2018 » Publié par Les Editions Aux forges de Vulcain « Des mirages plein les poches » est une fierté de lecture. Il est l'ami. A offrir en multitude et vous verrez le monde redevenir source.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AgillianAgillian   25 février 2019
Je pensais que le monde se divisait en deux catégories : ceux qui traient leur linge avant de faire la lessive et les autres. Je me suis trompé : en fait, la différence est entre ceux qui sont dans les réalités de la vie et ceux qui sont en dehors. Ceux qui sont dans deuxième catégorie y sont enfermés à jamais, ils peuvent lutter pour faire bonnes mesure mais seront toujours démasqués.
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   19 juillet 2019
Je m'avance vers l'océan pour guetter les voles d'un navire. Je m'avance vers l'océan parce que c'est beau l'océan quand on n'a plus rien à regarder. Je m'avance vers l'océan parce qu'il n'y a rien à trouver dans la forêt et que, quitte à jouer les robinsons, autant en profiter pour prendre quelques couleurs."
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dannsodannso   16 août 2019
Ça fait une compagnie qui a le bon goût de ne pas perdre ses poils. La télévision est le chat des solitaires qui n'aiment pas faire le ménage.
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Marech20Marech20   31 octobre 2018
C'était un petit bateau, pas grand-chose en apparence, mais le bout d'un rêve, c'est forcément un grand quelque chose.
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Charybde2Charybde2   17 mars 2019
J’avais un bateau mais le bateau coulait. J’étais sur le pont, réfléchissant aux différentes options qui s’offraient à moi. Le bateau coulait et rien ne pourrait l’en empêcher. Il y avait une fuite, une avarie, un trou dans la coque, que sais-je ? Mais c’était mon bateau et les capitaines n’abandonnent pas leur navire. Je ne savais pas dans quelle mesure j’en étais le capitaine. Après tout, ce n’était qu’un tout petit bateau et je n’avais pas d’équipage, pas de témoin pour dire que j’étais resté jusqu’au bout. Pour me donner du courage, je lançai aux vents un : « Les femmes et les enfants d’abord ! » Il n’y avait ni femme ni enfant et mon bateau coulait toujours. (« Mon bateau »)
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