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ISBN : 2251447814
Éditeur : Les Belles Lettres (09/02/2018)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 12 notes)
Résumé :
« Ce livre parle avant tout d’amour : le grec ancien a été l’histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie.
Peu importe que vous connaissiez le grec ou non.
Si c’est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d’apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons.
Si ce n’est pas le cas, c’est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Philwitz
  30 mars 2018
Lors de ma dernière visite au relais H, au rayon des livres qui veulent notre bien, entre six ouvrages qui ont le mot « cerveau » dans le titre, deux livres concurrents sur les danois qui détiennent le secret du bonheur, ceux qui vous exhortent à être généreux et celui qui vous exhorte à être narcissique, et les autres trucs habituels, un livre sur le grec ancien. de quoi piquer la curiosité.
Je l'ai pris rapidement et me suis éloigné vers la caisse, pressé par mon détecteur automatique de bullshit, en surcharge, qui commençait à dégager une fumée noire et faisait klonk klonk.
Un livre d'amour sur le grec ancien ! Je précise que je n'ai jamais étudié le grec ancien. Je crois qu'il résonnera différemment auprès de personnes qui en ont fait dans leur parcours scolaire, peut-être comme une sorte de révélation qui donne du sens à ce qui a été appris. Livre à conseiller plus à ces gens-là.
Ce livre est d'ailleurs aussi une critique des méthodes d'enseignement du grec ancien. Il me donne l'impression, peut-être erronée, que le Grec classique est plus enseigné en Italie qu'en France. L'auteure est italienne, où son livre a eu du succès, et elle a pris le soin de l'adapter pour l'édition française.
C'est une déclaration d'amour. le vrai amour ne se discute pas, il est inconditionnel. Je ne le discuterai donc pas. C'est ce qui fait son charme.
Mais il y a pas mal de choses qui m'ont déplu.
Pour trouver une langue avec des aspects (seulement deux), trois genres et six cas, même pas besoin d'aller à Hawaï, il y a le russe, par exemple. Je ne sais pas si on peut attribuer aux Russes le même type de supériorité conceptuelle qu'on attribue aux Hellènes anciens.
L'existence de l'Indo-européen est une hypothèse. Rien ne prouve qu'il ait jamais existé en tant que langue unique, ni en tant que peuple.
Le syndrome vieux-con-tout-fout-le-camp, on se parle plus que par émoticônes, etc., mouais. le discours du Déclin Universel Linguistique (et autres si affinités) amorcé par Alexandre le Grand, qui trouve son aboutissement grammatical dans facebook, bof pour ma part. Question de tempérament. Les Grecs avaient l'aoriste, nous on a le droit de vote des femmes. Chacun son truc.
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zenzibar
  19 mars 2018
Un livre plein de surprises, à commencer par son titre. le lecteur attend un argumentaire en neuf points passionnants, le lyrisme des neuf muses filles de Zeus appelées à la rescousse pour chanter le logos. J'ai cherché en vain…
Je m'attendais à un « antimanuel » de grec ancien, ce livre est beaucoup plus que cela, un essai sur l'agonie des mots et peut-être leur réincarnation par celles et ceux qui les font vivre.
Je m'empresse de préciser que dans ma période lycéenne et universitaire erratiques je n'ai suivi aucun enseignement de latin ou de grec ancien. Disons le d'emblée, malgré la promesse de la quatrième de couverture, pas toujours facile de suivre le propos de l'auteure pour le lecteur qui ne dispose d'aucun point de repère académique en grec voire en linguistique. A cet égard, pour le vocabulaire technique un glossaire aurait été le bienvenu.
Naturellement, la lecture de cet essai apporte d'autant plus de plaisir si les univers de Platon, Sophocle … ne sont pas totalement inconnus, mais on imagine que celle ou celui qui ouvrira ce livre a déjà quelque affinité et plus avec « l'été grec » pour reprendre le titre du magnifique livre de Jacques Laccarière.
Abstraction faite de l'écueil susévoqué, affleurement de récifs égéens dans l'azur des cyclades, on se laisse emporter par la fougue, la passion, la drôlerie de l'auteure.
Assurément, pas besoin d'être docteur es études homériques pour percevoir le legs du grec à la langue française, ces lieux philosophiques légendaires « l'académie » de Platon, le « lycée » d'Aristote si différents aujourd'hui et bien sur cette richesse étymologique qui donne sens au mot à commencer par « philosophe », qui aime la sagesse et non pas le sage, ce n'est pas tout à fait pareil cela peut même être très différent.
Andrea Marcolongo chante les subtilités de cette « langue morte », rien de dénigrant dans mon propos, le français est devenu à maints égards une langue morte, immolé sur l'autel de la pensée moderne binaire utilitaire et son affreux appendice la novlangue.
Parmi ces subtilités j'ai notamment fait connaissance avec ce mode optatif. L'optatif exprime le désir, le souhait, l'espérance, dans les interstices du « réel », ainsi que le rappelle l'auteure, « la frontière qui sépare un désir réalisable d'un désir impossible est aussi subtile, délicate » (P. 112)
Cette langue qui ignore l'univers carcéral du temps tronçonné en passé, présent, futur… le plus important était le « comment » plus que le « quand » ; apprécier le début, le déroulement, la conclusion
« Difficile de penser sans le temps, mais le temps n'existe pas, ce qui existe c'est une fin pour chaque commencement, et un commencement pour chaque fin (…) difficile pour nous mais non pour le grec ancien cette langue qui percevait non le temps mas le processus et qui grace à l'aspect du verbe, exprimait la qualité des choses qui semblent toujours nous échapper – quand la question que nous nous posons toujours sans jamais percevoir comment. » (p. 14)
Autre délicatesse du grec ancien, le « duel », qui s'ajoute au singulier et au pluriel ; le duel par lequel, on ne comptabilise pas, la somme un plus un, mais l'alliance et l'exclusion, un petit air de yin & yang si j'ai bien suivi le propos.
Deux éléments contraires mais qui ne sont pas contradictoires, la terre et le ciel, l'homme et la femme…., l'un ne se dissous pas dans l'autre ou dans une transcendance aliénante
Ce n'est pas naturellement le premier ouvrage de cette nature, les « petites leçons sur le grec ancien » de Jacqueline de Romilly et Monique Trédé (2008) suit un fil d'Ariane assez proche et ambitionne aussi d'être simple et pédagogique mais quelle différence dans le souffle ! Dans ce second ouvrage, la sensation de lire une démonstration de patinage artistique avec les figures imposées exposées parfaitement mais un cours d'amphithéâtre in vitro, pas l'amphithéâtre de la vie, in vivo, celui de la comédie (« kômôdia ») et de la tragédie (« tragôdia »).
Le grec ancien est victime d'une politique culturelle étriquée et aussi de l'évolution des préférences de la « démocratie de l'usage », (démocratie encore un mot grec,...) qui plébiscite l'expression sms et se moque de Montaigne.
L'auteure constate avec raison « Quoiqu'on dise aujourd'hui à l'ère de twitter et de whatsapp, ce sont eux qui changent avant que la langue change et non l'inverse. » (p. 126)
Tragédie du grec ancien mais aussi des « humanités » que l'on laisse agoniser à petit feu dans les établissements d'enseignement
Un livre pétillant pour danser et rire avec les mots dans le tragique
Contribution faite dans le cadre de masse critique.Un grand merci à babelio et aux éditions « Les belles lettres »
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Bouteyalamer
  09 juin 2018
Surprise, Andrea (prénom masculin) est le prénom d'une « jeune ambassadrice italienne du grec ancien », blonde aux yeux clairs (autodescription p 73 avec photo à l'appui sur le bandeau du livre). le titre et l'image font vendre, et tant mieux si cela augmente la diffusion du livre.
C'est déjà un best-seller, et pourtant le texte n'est pas facile. Il traite de l'aspect au sens linguistique (trait grammatical associé à un prédicat exprimant le point de vue de son développement), des accents et des esprits dont nous étions jadis dispensés dans les thèmes, du neutre et du duel, de la beauté de l'aoriste, des trois sortes d'optatifs, etc. le thème profond n'est pas la pensée ou la littérature grecques mais l'histoire linguistique, cette simplification progressive de l'indo-européen vers le grec classique puis vers la koinè, le créole antique. Je ne suis pas sûr que les 200 000 lecteurs aient tout goûté, mais le texte est rafraîchi par l'usage de la première personne, par des aveux, des anecdotes et des parenthèses. Plus discutables à mes yeux sont les encarts nombreux, comme dans un guide touristique, sans lien nécessaire avec le passage en cours (« les siècles obscurs » de l'encart p 24 sont repris dans le chapitre sur « le grec avant le grec » p 167) et même avec le grec lui-même (l'encart sur les tabous linguistiques p 98 mentionne des langues exotiques et non « la langue géniale »). Néanmoins de nombreux passages parleront à ceux qui « ont fait du grec » et en gardent la nostalgie : « Sa manière de s'exprimer foudroyante, synthétique, ironique, franche, dont nous éprouvons, soyons sincère, une nostalgie inconsciente » p 6), « Toutes les langues étrangères se traduisent. le latin et le grec se tournent, c'est-à-dire qu'elles font l'objet de versions » (p 130), même s'ils ne le pratiquent plus (« Pour la plupart, le moment de l'oubli se situe exactement une minute après avoir rendu sa version de grec au bac » [p 16]).
Question pour la fin : Qui a fait le décompte des 9 bonnes raisons d'aimer le grec ?

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Nadael
  22 mars 2018
Ce livre n'est pas un manuel de grec ancien et n'est pas particulièrement adressé aux hellénistes. L'auteure, chercheuse et enseignante en lettres classiques partage avec le lecteur son amour pour la langue d'Homère et de Platon, qu'elle qualifie de « géniale » – relevant du génie, de l'admiration de tous -. Dès les premières lignes – elle cite Virginia Woolf et sa fascination pour le grec -, on perçoit l'enthousiasme dans son écriture enlevée, spirituelle et non dénuée d'humour. Cette langue morte n'a jamais paru si vivante sous la plume passionnée d'Andrea Marcolongo. On se laisse porter par sa ferveur.
Au-delà des caractéristiques grammaticales et les singularités du grec ancien, elle en dévoile la beauté et livre une compréhension du monde. « L'étude du grec contribue à développer l'aptitude à vivre, à aimer, au goût de l'effort, à choisir et à assumer la responsabilité de ses succès et de ses échecs », dit-elle haut et fort. En outre, l'ouvrage est parsemé d'anecdotes personnelles, d'instants choisis de son propre apprentissage de la langue au lycée, d'encarts informatifs culturels et ludiques – le vin grec, l'écriture, les particules, les couleurs des grecs, l'alpha privatif, les siècles obscurs… -.
Andrea Marcolongo expose donc les « étrangetés » du grec anciens : l'aspect, l'aoriste, les accents, les esprits, le neutre, l'ordre des mots dans la phrase, le duel, les cas, l'optatif… N'étant pas helléniste, – quelques années de latin tout de même – je concède n'avoir pas tout compris, mais j'ai intégré, je pense, l'essentiel.
Un essai singulier captivant communicatif et pédagogique.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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mariedoc
  11 mars 2018
J'avais choisi ce livre, présenté comme une histoire du grec ancien, dans une opération Masse critique car je suis très intéressée par l'étymologie et l'histoire des langues. J'ai appris des choses passionnante à la lecture de cet ouvrage. Entre autre une analyse des genres dans le grec ancien qui me permet de mieux comprendre les genres dans d'autres langues comme en allemand. Ou encore le système de comptage des grecs, un ,deux et plus de deux qui induit en grammaire le singulier, le pluriel et .....le duel! Et bien évidemment les déclinaisons. La complexité de la langue française m'apparait sous un jour nouveau. Mais, contrairement à ce qu'écrit l'auteure dans sa préface "Peu importe que vous connaissiez le grec ou non", cet ouvrage est à la fois très technique et très littéraire. Et pour un-e néophyte en grec ancien comme c'est mon cas, la lecture de ce livre est très ardue. J'avoue humblement m'être parfois un peu perdue dans les considérations très littéraires voire philosophiques de l'analyse de cette langue qu'en fait l'auteure. Un excellent ouvrage d'un très haut niveau de compréhension.
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critiques presse (1)
LeMonde   16 février 2018
La Langue géniale est en effet un livre très austère dans le fond, et très charmant dans la forme. C’est une longue lettre d’amour à la grammaire, témoignant d’une passion obstinée et fiévreuse, intelligente et communicative, pour les tournures linguistiques des Grecs antiques.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   26 février 2018
Voir mon premier livre traduit en français est pour moi un pur émerveillement. Parce que La langue géniale est le récit d'une langue, le grec ancien, qui n'a jamais cessé de séduire les hommes et les femmes de toutes les époques et de toute provenance, par sa grâce, son élégance, et surtout son étrangeté.

Traduire signifie, selon le latin, prendre le lecteur par la main, l'accompagner au-delà de sa façon de penser par le biais d'une langue inconnue afin de dévoiler la magie, lever le voile sur le sortilège des mots et les faire devenir une réalité surprenante, une passion.
C'est pourquoi voir mes propres mots nés dans une langue, l'italien, pour raconter une autre langue - ce grec que Virginia Woolf appelait en 1905 The magic Language -, accoster dans un nouveau port, celui de la langue française, tient pour moi de la véritable magie !
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FreioFreio   17 février 2018
Surtout, il n'arrive jamais qu'un ordre déterminé des mots serve à exprimer une fonction syntaxique : chaque mot grec que nous lisons aujourd'hui dans les textes se trouve précisément là - et non ailleurs - par la volonté d'expression spécifique de celui qui écrit. Une volonté par conséquent entièrement individuelle et un choix entièrement irremplaçable. Et cela est bel et bien dû à l'usage singulier que fait le grec de son système de cas. Une anarchie organisée de mots. Une liberté sans égale du sens de l'expression, dissocié de toute fonction strictement syntaxique ou logique.
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NadaelNadael   22 mars 2018
« Le grec ancien se préoccupait peu, voire pas du tout, du temps. Les Grecs s’exprimaient en prenant en considération l’effet des actions sur le locuteur. Eux, qui étaient libres, se demandaient toujours comment. Nous, qui sommes prisonniers, nous nous demandons toujours quand. »
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Aemilia_MagistraAemilia_Magistra   10 février 2018
Ceux qui ont connu la rare grâce d'aimer vraiment sauront toujours distinguer la différence d"intensité et de respect qu'il y a entre penser "nous deux" et penser "nous" ; mais ils ne savent plus le dire. Pour le dire, en effet, il leur faudrait le duel du grec ancien.
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Aemilia_MagistraAemilia_Magistra   10 février 2018
Les langues venues après n'ont fait que dissiper l'héritage accumulé dans les greniers linguistiques et intellectuels de l'indo-européen, en pensant faire des économies - le principe d'économie, c'est précisément ainsi que l'on appelle en linguistique la simplification et donc la banalisation de la langue.
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Videos de Andrea Marcolongo (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Marcolongo
https://www.librairiedialogues.fr/livre/13049337-la-langue-geniale-9-bonnes-raisons-d-aimer-le--andrea-marcolongo-les-belles-lettres Andrea Marcolongo nous parle de son livre "La langue géniale, 9 bonnes raisons d'aimer le grec" (éditions Les Belles Lettres), dans l'émission Dialogues littéraires, réalisation : Ronan Loup. Interview par Laurence Bellon.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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