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ISBN : 2258133815
Éditeur : Les Presses De La Cite (16/03/2017)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Au cours de l'été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield. Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu'elle considère comme sa mère. Mais, lors d'incidents raciaux, la domestique est tuée. Mary Jacob, choquée, oubliera tout de cette période de sa vie.
Des décennies plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale. Par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  23 mai 2018
Roman choral, le refuge des souvenirs nous parle de Mary Jacob qui, dans les années 90, retourne dans la maison de son enfance où son père se meurt. Les souvenirs sont effacés, même si affleurent à la surface de vieilles rancoeurs. Parallèlement, Billy Ray, ex-star sur le déclin traine ses souvenirs de gloire passée. Jusqu'au jour où sa tournée l'emmène vers sa ville natale, Murpheysfield, et cherche à prendre contact avec Mary Jacob… Billy Ray n'est autre que le fils de Lavina, la domestique noire de la famille à qui Mary Jacob était très attachée, et qui fut tuée lors d'incidents raciaux en 1963… Qu'est-ce qui lie ces deux personnages ? Comment Lavina a-t-elle été tuée ? Pourquoi cette mémoire évaporée ? Trente ans après, Mary Jacob et Billy Ray vont-ils éclairer leur passé commun ?...
Je dois avouer que toute la première partie du livre j'ai cru halluciner. En effet, les personnages m'ont semblé vraiment caricaturaux et l'écriture déstabilisante. On passe du « je » au « il », on emploie un vocabulaire et un phrasé différents selon le personnage alors que la narration est extérieure… et le tout, contenu comme forme, m'a semblé poussif.
Heureusement est venue la deuxième partie et avec elle, le personnage de Lavina. Brave et attachante Lavina. Lavina, domestique, cinquantenaire et noire, fatiguée par une vie faite de labeur et de privations. Lavina, tendre et pleine de bonté.
Pour tout dire, le livre m'a semblé ne valoir la peine d'être lu que pour ce personnage. Je me languissais des chapitres où elle s'exprimait. Pour le reste, je n'ai pas accroché à l'histoire qui m'a semblé tirée par les cheveux. Billy Ray m'a paru totalement inintéressant (à part parler de groove et de nourriture… et son opposition aux mouvements pour les droits civiques je ne l'ai pas du tout comprise). Mary Jacob est gentillette sans plus. Quant aux protagonistes secondaires, j'ai trouvé qu'ils étaient sans subtilité.
Donc, vous l'aurez compris ce livre a plutôt été une déception pour moi, même si j'ai été ravie de « faire la connaissance » de Lavina.
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Autantenemportentleslivres
  03 mai 2017
Mon avis:
La ségrégation raciale est un sujet qui m'a toujours passionné et que j'adore retrouver en littérature, car aujourd'hui encore malgré tous les livres que j'ai lu sur ce conflit je ne parviens pas à comprendre comment de telles pensées, de tels actes ont pu être commis envers des êtres humains à cause d'une simple couleur de peau. Je remercie ainsi beaucoup les Editions Presses de la cité pour l'envoi de ce titre.
J'avais lu quelques chroniques mitigées concernant ce roman dans lesquelles les lecteurs expliquaient qu'ils avaient été déçus. Pour ma part le refuge des souvenirs a été un véritable coup de coeur. J'ai lu il y a maintenant deux ans La couleur des sentiments et j'ai complètement retrouvé tout ce qui m'avait charmé à l'époque dans le roman de Kathryn Stockett, à savoir la complicité et l'amour inconditionnel entre une servante de couleur et la petite fille de ses maîtres dans un climat de tensions raciales permanentes, ainsi que le soulèvement progressif des noires contre les brimades dont ils sont victimes. Ce livre est une pépite que j'ai savouré pages après pages, qui m'a énormément ému mais qui m'a aussi fait énormément réfléchir sur les conflits qui gagnaient peu à peu à cette époque le Sud des Etats-Unis. On sent d'ailleurs que l'autrice connaît bien son sujet puisqu'elle-même étant enfant elle a été élevée en Louisiane par la femme de ménage noire de sa mère.
Pourtant le roman au début nous laisse dans l'expectative car pendant la première partie qui fait un peu plus de cent pages le lecteur se trouve au moment présent en 1990. Mary Jacob une femme quadragénaire revient à Murpheysfield la petite ville si étroite d'esprit dans laquelle elle a grandi. Revoir sa maison d'enfance, son père raciste aujourd'hui mourant, mais surtout Billy Ray le fils de Lavinia également revenu en ville pour un concert font petit à petit remonter à la surface des souvenirs douloureux que son esprit avait préféré oublier. Comme une sorte de choc post- traumatique Mary a tout oublié des quelques années qu'elle a passé en Louisiane élevée par Lavinia l'adorable domestique de ses parents et notamment concernant le drame terrible dont elle a été témoin. Je me suis demandée au tout début si l'autrice avait choisi de rester constamment au présent, si le lecteur allait être condamné à revivre ce qu'il s'était passé uniquement à travers leurs souvenirs. Ainsi j'avais un peu peur que l'intrigue manque de rythme, et que l'auteure reste trop en surface.
Heureusement à partir de la deuxième partie et jusqu'à pratiquement la fin du roman on se retrouve enfin plongé en 1963, trente ans plus-tôt et c'est véritablement là que le roman prend tout son sens. On est alors complètement immergé dans l'ambiance si chaleureuse mais aussi par certains côtés si oppressante du Sud- américain, baigné de soleil, avec sa chaleur, ses champs de coton, son groove, mais aussi malheureusement ses tensions raciales si injustes et révoltantes. Ce sont des sentiments très contradictoires que l'on éprouve en lisant ce livre. On est à la fois en colère face à tant de bêtise humaine, mais aussi attendri face à l'amour que se portent Mary Jacob et Lavinia qui pourtant selon les lois ridicules et aberrantes de l'époque n'étaient pas censées se côtoyer et s'apprécier.
Mary Jacob est une jeune fille qui m'a énormément touché par son innocence, sa candeur et la pureté de son âme. Pour elle peu importe qu'elle soit blanche et Lavinia noire elle la considère comme sa mère, car c'est elle qui l'a élevé, elle qui est toujours là pour elle, et qui la comprend vraiment. Abandonnée par sa mère biologique malade constamment alitée et rejetée par son père qui ne voit en elle que le fils qu'il n'a jamais eu et n'aura jamais, elle grandit seule dans l'indifférence générale. J'ai trouvé que les liens qui unissaient cet enfant à sa nourrice étaient magnifiques, simples, vrais, uniques. Lavinia est une femme forte, courageuse, et qui malgré son faible niveau d'études et ce que tout le monde pense d'elle est extrêmement intelligente. Prise entre deux feux, elle doit faire face au dilemme de rester à sa place en acceptant sa condition aussi injuste soit elle pour protéger son fils Billy Ray, ou alors se battre pour être libre et faire avancer les mentalités. Elle m'a beaucoup fait penser à Aibileen dans La couleur des sentiments pour sa sagesse, sa force tranquille, mais aussi pour sa détermination.
J'ai eu un peu plus de mal à cerner Billy Ray, qui lui est plus dans la colère et le ressentiment, mais pas seulement envers les blancs, aussi envers ceux de son clan. Son désaccord envers les soulèvements progressifs des siens, son choix de fuir plutôt que de se battre m'a laissé parfois perplexe. Si je comprenais sa peur et ses doutes quant à une amélioration possible de leurs conditions, je ne comprenais et ne cautionnais pas par contre sa réaction. Finalement on comprend à travers l'énorme événement qui se déroule dans les dernières pages du livre que l'amour des siens, cette culture partagée, mais aussi ces persécutions endurées communément sont plus fortes que tout. L'unicité dont il fait preuve avec les Louisianais noirs ce jour-là est d'une beauté à couper le souffle et ma vision de Billy Ray est devenu totalement différente de celle que j'avais eu pendant une grande partie du roman.
Si vous aimez ce genre de sujet ou si vous avez envie d'en apprendre tout simplement plus sur les conflits qui ont divisé les noirs et les blancs au cours du 20ème siècle aux Etats-Unis je vous conseille le refuge des souvenirs. Plus qu'une leçon d'Histoire, c'est aussi une belle leçon d'humanité qui nous fait réfléchir sur notre rapport à la différence et sur la tolérance des autres. C'est également une merveilleuse plongée dans la culture noire américaine, une communauté qui n'avait au fond que l'amour de leur famille et la musique pour oublier les injustices quotidiennes dont ils étaient victimes.
Pour conclure:
Un roman magnifique sur la ségrégation raciale dans la même veine que La couleur des sentiments de Kathryn Stockett que je vous conseille de tout coeur. Un roman qui nous plonge dans l'ambiance mythique du Sud-américain des années 60, mais aussi malheureusement dans un contexte plus sombre, celui des injustices perpétrées envers les noirs qui eux aspiraient juste à être traité comme les autres avec respect et considération. Une lutte contre la haine, et un appel au respect et à la liberté de chacun.
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DucalmeLucette
  27 mai 2017
Les romans sur la ségrégation et le racisme me touchent profondément, j'y suis particulièrement sensible. J'aime énormément me cultiver à ce sujet, parce que je trouve qu'il est essentiel de se souvenir du passé afin de préserver le présent et d'essayer de le (et de nous) rendre meilleur. C'est donc avec grand intérêt que j'ai plongé dans ce roman qui m'a rappelé le très bon La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett.
Je me suis attachée à Lavina Davis et Mary Jacob Long, parce que leur relation est touchante, parce que les enfants blancs, qui au temps de la ségrégation en Amérique étaient élevés par des femmes noires, aimaient profondément celles qui remplaçaient leurs propres mères. À leur âge, la couleur n'entrait pas en compte, seuls les sentiments de tendresse et d'amour existaient. Et j'ai retrouvé cette innocence enfantine dans le récit, ce lien si particulier à une époque troublée, mais aussi la bouleversante gentillesse de ces femmes noires pourtant malmenées au quotidien.
« Ses chaussures, elles avaient laissé une traînée sur le lino noir et blanc. On voyait la boue sur les carrés blancs, mais pas sur les noirs. Je me suis demandé si le bon Dieu il nous avait faits foncés pour pas qu'on montre la saleté qu'on nettoyait tout le temps. »
L'alternance du passé et du présent a accentué l'émotion qui découle de cette histoire douloureuse. Ainsi, une bonne partie du roman se déroule dans les années 60 en Louisiane, et l'autre dans les années 90. Nous découvrons la famille Long, ses travers, les non-dits qui gangrènent les liens entre eux, le racisme et la violence qui fait rage, mais aussi la dureté d'un père envers une de ses filles, Mary Jacob, celle-ci même qui ne trouve du réconfort et de l'amour que dans les gestes et les paroles de Lavina, à tel point qu'elle pense à un moment donné que cette dernière est réellement sa mère. La relation entre elles deux est ici largement développée – avec une multitude de souvenirs passés -, tout comme le rejet du père, Jack, envers sa fille. L'ambiance au sein de la famille est souvent pesante, entre dédain, favoritisme et colère. La maladie de la mère alourdit aussi l'atmosphère. Même s'il se lit facilement, le roman aurait pu être édulcoré de quelques pages, j'ai en effet trouvé que l'auteure s'attardait beaucoup sur la description des rapports entre les membres de cette famille alors que ce n'était pas toujours nécessaire.
Puis il y a l'évolution de Billy Ray, le fils de Lavina, plein de colère face à tant d'injustices. Comment ne pas le comprendre… Les chapitres le concernant sont emprunts de familiarité, de revanche, d'énervement mais aussi de groove ; la musique est en effet très présente car il connaîtra le succès et le changement de vie qu'il attendait tant.
Son attitude peut agacer, ce qui n'a pas vraiment été mon cas car j'essayais de me mettre à sa place. Si j'avais vécu ne serait-ce que la moitié de ce que les noirs américains avaient subi, je serai certainement, moi aussi, pleine de rancune, de tristesse et d'animosité. Ces chapitres sont donc à aborder avec la plus grande empathie.
Et vient ce jour brûlant et lancinant d'août 1963 qui va envelopper de violence et de mort Lavina et ses proches. Nul doute que rien ne sera plus comme avant après les incidents raciaux qui ont frappé cette terrible journée. Mary Jacob, du haut de ses douze ans, tiendra pour la première fois tête à son père, même si cela lui vaudra des coups et son envoi en pensionnat. le choc post-traumatique de la mort de celle qu'elle considérait comme sa mère lui fera tout oublier, certainement par instinct de protection envers elle-même. Jusqu'à ce qu'elle doive revenir sur ses terres natales trente ans plus tard, au chevet de son père mourant. Désormais Mary Jacob devra faire face à ses souvenirs mais aussi face au destin qui la fera croiser de nouveau l'impulsif Billy Ray.
J'ai trouvé la fin trop courte comparé à tout le descriptif de l'été 63. Il y a comme un problème de dosage dans le récit, mais cela n'enlève pas le fait que j'ai dévoré ce roman à trois voix qui m'a littéralement transportée en Louisiane au sein des familles Long et Davis. Mary Jacob, Lavina et Billy Ray se succèdent en effet en tant que porte-paroles de cette histoire, avec chacun un ton propre, un style d'écriture et une personnalité différente. Cela apporte un vrai rythme au roman et un intérêt renouvelé chapitre après chapitre.
En bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman. Je me suis vraiment projetée dans cette histoire américaine au temps de la ségrégation. Elle m'a passionnée autant qu'elle m'a émue et révoltée. J'aime quand la lecture engendre un bouleversement émotionnel, un chamboulement et une ouverture de l'esprit, et j'ai retrouvé tout cela dans le Refuge des souvenirs. Alors merci Mary Marcus pour tout ça.
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Sharon
  05 juin 2017
L'action débute dans le présent. Mary Jacob est adulte, mariée, mère, elle a réussi professionnellement. Sportive, elle prend soin de son physique, pour se sentir bien dans son corps plus que pour séduire. Elle se souvient de peu de choses de ses douze premières années, surtout pas ce qui a conduit au décès de Lavinia, la cuisinière qui lui a servi de mère de substitution. Retourner sur les lieux de son enfance, renouer avec son père, avec sa soeur aînée est une manière d'essayer de retrouver ses souvenirs.
Et la jeunesse de Mary Jacob, nous la découvrons dans un récit enchâssé dans le premier, récit où la petite Mary, Lavinia et Billy sont tour à tour les personnages principaux. Mary n'est pas une enfant maltraitée, pas vraiment, elle est une enfant totalement délaissée, dont personne ne prend réellement soin, sauf Lavinia. Elle a une grande soeur, qui pourrait l'aider, eu égard à l'état de santé de leur mère, mais non. On pourrait dire que la différence d'âge explique l'indifférence de l'aînée, mais je ne crois pas que ce soit la seule cause : Mary Jacob, ou plutôt sa naissance, n'est-elle pas tenue pour responsable de l'état de santé de leur mère ? Elle n'est pas le fils tant attendu par son père, elle n'est qu'une fille avec un prénom à demi masculin.
De l'autre côté, nous avons Billy Ray. Il est seul, lui aussi, parce que sa mère travaille constamment, qu'elle travaille loin de leur maison et que lui même travaille déjà - est-il besoin de préciser que c'est pour un salaire de misère ? Pas de père, comme c'est le cas pour presque tous les enfants de son quartier. Billy est jaloux, de l'enfant dont sa mère prend tant de soin. Il est jaloux sans la connaître, il le sera encore plus quand il la verra avec sa mère, à la place que lui devrait occuper si l'ordre des choses était normal. Billy, jeune, se montre très dur avec les femmes de son quartier, avec les hommes qui profitent des femmes, quels qu'ils soient. Il ne comprend pas l'engagement de sa mère en faveur des droits civiques, du pasteur Martin Luther King. Pourtant, il est révolté, du fait de tout ce qu'il a subi.
Et il le sera tout autant étant adulte, lui aussi revenant sur les traces de sa jeunesse. Son parcours est moins emprunt de réussite que celui de Mary Jacob. Il cherche pourtant une forme de rédemption, de renaissance musicale : lui aussi souhaite faire la lumière sur le passé.
Des révélations ? Oui, il y en aura. Des réconciliations ? Pas véritablement. Mary Jacob découvre bien des secrets, y compris ceux qu'on lui a caché pour son bien - les préjugés ont la vie très dure, surtout pour ceux qui ne font rien pour véritablement les combattre. Pas de happy end, donc - le refuge des souvenirs n'est pas un roman à l'eau de rose. Mary Jacob, Billy, ils doivent parcourir leur chemin vers l'acceptation, trouver, éventuellement, un apaisement. D'autres, comme la soeur aînée de Mary, ont des préoccupations beaucoup plus matérielles. La fin reste assez ouverte, malgré tout. Mary Jacob et Lavinia, qu'elle fait revivre à travers ses romans pour la jeunesse, d'une certaine manière, accompagneront longtemps le lecteur.
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BlackKat
  01 mai 2017
Mary Jacob revient dans sa Louisiane natale pour retrouver un père mourant qu'elle n'a pas revu depuis une éternité. Elle a peu de souvenirs Mary Jacob, dénigrée durant son enfance, la seule personne qui l'aimait réellement est décédée tragiquement. Ce drame a éloigné Mary Jacob de Murpheysfield et son cerveau a occulté tout ce pan de vie.
Mais avec ce retour, le passé resurgit...
Ce passé se situe dans les années 60, dans le sud des States, en Louisiane donc. Haut lieu de l'esclavage avec la culture intensive de la canne à sucre, puis de la ségrégation raciale et du racisme. Je ne vais pas vous faire un cours d'histoire, nous avons tous en tête L Histoire des noirs aux États-Unis et ce roman est une chronique familiale mêlant les couleurs.
J'ai adoré ce roman qui est pourtant très triste. Très triste mais tellement émouvant.
C'est un roman à trois voix. Trois visions de la même période de vie, avec trois tons différents, trois personnages attachants.
Mary Jacob est blanche, c'est une jeune ado complexée qui ne se sent ni aimée ni valorisée par sa famille. Elle ne sait pas comment grandir et devenir une femme. Ses seuls amis sont ses livres.
Elle ne comprend pas les "valeurs" qui sont celles de son père et de la majorité des blancs, ce mépris des "nègres" et cette violence aveugle. Surtout quand ces mêmes blancs sont loin d'être purs et droits au sein de leur propre famille.
En fait, elle ne trouve chaleur et affection qu'auprès de Lavina, employée noire qui trime du matin jusqu'au soir pour retrouver son fils, Billy Ray, dans une pauvre masure branlante.
Lavina accepte son sort, avec l'aide de Dieu et de Martin Luther King, avec l'honnêteté et la résignation de ceux qui ont trouvé plus d'obstacles et d'épreuves sur leur chemin que quiconque.
Billy Ray, malgré sa jeunesse, a la faim au ventre et la rage au coeur et seule la musique le transporte vers la joie. Il est en colère, il a la haine de sa condition.
Lavina est le coeur de ce trio. Les deux jeunes gens se disputent à distance son affection. Ils se détestent mais restent liés pour l'amour de cette femme épuisée et généreuse.
Mais Lavina n'est plus et sa voix vient de l'au-delà. Cette voix retrace les derniers jours de savie. Cette voix d'un être quasiment illettré mais qui connaît tellement l'intelligence de l'âme et du coeur. Elle nous touche cette voix, elle nous transperce, elle nous étreint de toute sa douceur!
Quand la voix de Mary Jacob perd de sa naïveté et de sa candeur au fil des événements et que celle de Billy Ray gagne en puissance devant la porte qui s'ouvre devant lui.
Cette chronique familiale est lente comme une marche sous la chaleur écrasante de Louisiane.
Mais par la musique qui habite Billy Ray et le transporte, c'est aussi l'énergie et l'espoir qui nous guident. Mais rien n'est simple à cette époque.
Roman noir (non, aucun jeu de mots lamentable!) sur la vie quotidienne dans le sud des États-Unis dans les années 60 mais surtout un roman d'amour. D'une mère pour son fils, d'un fils en révolte pour sa mère et de l'amour qui unit des personnes au-delà de la couleur et du carcan étouffant et détestable de la société.
Beaucoup de pudeur dans ce récit, et de délicatesse. Aucun jugement partisan. Juste des personnes qui mènent leur existence avec le coeur et le bon sens humain dans un monde de bêtise, de violence et d'intolérance.
C'est une lecture toute en émotions, avec le coeur serré. J'avoue que la fin m'a un peu déçue car trop de non-dits restent dans l'ombre. Mais, après réflexion, elle ne pouvait être autrement...
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PrunillePrunille   01 juin 2017
Les enfants, on les aime aussi, mais il faut tellement s'étirer le coeur pour les aimer qu'on a peur qu'il craque. Mais, non, il craque pas. Il craque jamais, et l'amour qu'est dedans peut pas mourir. Votre coeur, il grandit comme les fleurs et les arbres.
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SharonSharon   18 avril 2017
Jack Long, le roc, faible comme un chaton ? Impensable. Aussi impensable que Dieu ou Lucifer en arrêt maladie.
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BlackKatBlackKat   30 avril 2017
Y a qu’un musicien pour comprendre que le son, c’est dans la tête et dans le cœur. Quand t’es musicien, ton âme se charge de la musique.
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SharonSharon   18 avril 2017
Il avait besoin d'une chanson à succès comme un mec qui crève de faim a besoin d'un bol de soupe.
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