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ISBN : 2228908452
Éditeur : Payot et Rivages (06/02/2013)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Dans le cercle mondain où gravitent ses parents, Monique Lerbier passe pour originale, sinon même poseuse. En fait, c'est une idéaliste qu'enchantent ses fiançailles avec l'industriel Lucien Vigneret, futur associé de son père. Une déception que rend plus cruelle sa passion pour la franchise et l'honnêteté l'atteint à deux semaines de son mariage. Le choc est rude et la réaction vive. Monique rompt avec un milieu hypocrite qui l’écœure, se fait un nom dans la décora... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  08 novembre 2019
Très beau coup de coeur pour ce roman inattendu !
"La garçonne", paru en 1922 et adapté au cinéma l'année suivante (c'est vous dire son succès) fut jugé tellement scandaleux que sa parution valut la perte de sa légion d'honneur à son auteur.
Années de l'après-guerre, dites les Années Folles - Paris.
Monique est une jeune fille issue de la bourgeoisie parisienne, enfant unique. Née avec le siècle, elle est de cette génération écartelée entre deux ères car la Première Guerre mondiale a tout changé dans les moeurs et le système économique. Les femmes ont assuré pendant quatre ans le labeur des hommes et ont gagné par là leur émancipation.
Fiancée sur la volonté de ses parents, Monique perd brutalement son innocence et ses idéaux d'adolescente au spectacle du comportement des hommes envers les femmes. De fil en aiguille, elle s'isole de la société pour devenir indépendante et frondeuse. Dans le cadre terriblement esthétique des Années Folles, elle fait son chemin, passionnée, devenant pour le lecteur une égérie féministe et une femme libre à la beauté inspirante.
"La garçonne" est un superbe roman sexué qui explore en profondeur la psychologie féminine. A travers Monique, c'est la femme moderne qui se dresse et avance vaille que vaille. Attachante, l'héroïne ne fait pas toujours les bons choix mais elle reste ferme dans sa résolution d'indépendance et de liberté. Touchante, on se prend à l'aimer, on voudrait la consoler dans les heures sombres et rire avec elle dans les heures joyeuses.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un vrai roman érotique et "La garçonne" en est un, au sens noble du terme. Je ne m'étonne pas qu'il ait eu du succès tout comme il ait soulevé l'indignation. Pas de censure pour les nombreuses scènes intimes à une époque où l'on testait aussi bien des hommes que des femmes, en duo ou en clan. Il se dégage du récit, parfaitement écrit, une vraie sensualité et une beauté magnétique.
Merci à Payot d'avoir redonné à ce magnifique roman une place sur nos étagères.

Challenge XXème siècle - Edition 2019
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raton-liseur
  23 juin 2019
J'ai entendu parler de ce livre des années 1920 il y a quelques mois au détour d'une émission de France Culture. Il était question de la façon dont ce livre avait contribué à définir ce qu'était la garçonne, mais aussi du scandale que ce livre avait créé, allant jusqu'à valoir le retrait de sa légion d'honneur à l'auteur, sanction qui n'avait jamais été prise avant cela… Il était précisé que c'était un livre érotique, ce qui n'est guère ma tasse de thé, mais ce livre m'intriguait et, comme il est maintenant dans le domaine public, j'ai profité de l'acquisition de ma nouvelle liseuse pour me plonger dedans.
Il me faut d'abord préciser, avec une lecture près de centa ans après la publication de ce livre, que le qualificatif érotique ne s'applique pas. Beaucoup de choses qui peuvent choquer certes, les relations hors mariage, mais surtout la bissexualité assumée, la domination de la femme dans le couple, mais aucune description explicite, rien de graveleux. Mais Victor Margueritte n'a pas pour autant froid aux yeux. Il décrit une certaine réalité des années folles, concentre sur son personnage toutes les extravagances du moment, et il faut avoir le coeur bien accroché pour la suivre dans toutes ses expériences et expérimentations. Il y a le sexe, mais aussi la frénésie des soirées dansantes, la décadence de la consommation de drogue, tout y passe.
Mais Victor Margueritte donne un sens à tout cela. Monique Lerbier, son héroïne est en fait une femme de principe. D'une morale pure et exigeante, elle refuse les compromissions de la société et c'est parce qu'elle est bafouée qu'elle décide de vivre de façon libre et au grand jour. Mais très vite, Monique Lerbier se retrouve face à une existence vide de sens. Elle cherche alors dans la maternité ce sens qui lui échappe, mais la maternité lui étant refusée, elle se laisse sombrer dans une spirale d'auto-destruction, dont elle ne sortira que grâce à une confiance retrouvée dans les hommes (du moins certains hommes) et dans l'amour.
Et c'est dans ce propos que le livre pêche un peu car au fond, la morale est sauve, tout rentre finalement dans l'ordre et la société bourgeoise sort tout juste un peu égratignée. Certes, Monique Lerbier ne renie pas ses convictions profondes et réussit finalement à trouver un mode de vie qui convient tout autant à la société qu'à elle-même. Si bien que ce roman provoque beaucoup mais ne va pas au-delà. Il ne présente rien de radicalement différent, et finalement Monique Lerbier ne trouve son équilibre qu'en réalisant son rôle de femme, à savoir celui de l'épouse et probablement de la future mère.
Malgré cela, ce livre a été passionnant à lire. D'abord parce qu'il faut le replacer dans son époque, celle de l'entre deux-guerres, ensuite parce qu'il est intéressant de comprendre pourquoi il a en même temps été un grand succès de librairie et a fait scandale. Il met en effet à mal beaucoup des faux semblants de la société de l'époque, les tiraillements qui existent déjà entre la morale sociale et la libération de l'individu, il s'inscrit dans les débuts de l'émancipation des femmes, fruit inévitable des bouleversements de la première guerre mondiale car on ne envisager un simple retour en arrière.
En lisant ce livre, j'ai pensé au Tour du malheur de Kessel pour la période historique et la façon dont on a pu s'enivrer de musique et de danse pour oublier la vacuité de la vie ou bien aux Chemins de Katmandou de Barjavel pour les personnages qui cherchent l'oubli dans la drogue. C'est une lecture parfois déstabilisante, parfois frustrante, mais intéressante pour son caractère historique et pour ce qu'elle dit de la société de l'époque et du chemin que l'on a fait depuis et qu'il reste à faire. Et si ce livre est plein d'imperfections, je crois que l'on peut lui appliquer ce que l'auteur écrit à propos de son personnage : elle a beaucoup tenté, mal peut-être, maladroitement parfois, mais elle a tenté.
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ATOS
  31 janvier 2014
Paris-1922. Les années folles de Montmartre et de Montparnasse au parfum de lilas après les années terribles de Verdun à l'odeur de moutarde.
La leçon reçue avait elle été délivrée par les bons maîtres ?
Les trois points cardinaux de la société : patrie, famille,honneur venaient de dessiner la pyramide sous laquelle on venait d'ensevelir des millions d'êtres au destin à jamais inconnu.
1920-1929- Neuf années durant lesquelles tous les arts déclarent leur liberté. Les points cardinaux s'échappent et s'élancent, ils dansent sur l'ossuaire des mensonges.
Le roman de Victor Margueritte a son histoire de celle qui résonne sous les grandes voutes de l'Histoire.
Il a le parfum de ces années folles , pleine de vie et de d'absolu, mais qui livrées à leur ivresse avaient oublié la prochaine dureté de leurs jours.
La garçonne a coupé court. Elle choisit sa route et invente son propre destin.
La coupe est nette, franche, trop franche pour que le vieux monde qui coule déjà l'acier, le cuivre, le fer de ses prochaines munitions l'accepte de bon ton.
Accepter que se profile la silhouette de cette nouvelle Eve serait ôter de la bouche de ses canons la prochaine moisson du ventre de la Nation.
Le succès du roman fut immense, le scandale qu'il suscita fut à sa mesure.
Victor Margueritte fut radié de l'ordre de la Légion d'honneur pour l'avoir écrit.
Les légionnaires continuaient à hurler leurs ordres.
L'honneur d'une nation vaut bien plus qu'une médaille.
Et d'ailleurs au dos d'une médaille un maître n'inscrit il pas toujours son nom ?
Le déshonneur est très souvent là où l'on accepte de porter certains noms.
Astrid Shriqui Garain
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MissFoxandMrbird
  08 mai 2016
Je n'ai pas besoin de vous en faire un résumé la quatrième de couverture vous dis tout au sujet de l'héroïne Monique. Alors vous me direz pourquoi lire ce livre ?
Parce que ce livre parle d'une France qui se relève difficilement de la première guerre mondiale.
La population cherche a oublier cet évènement tragique et absurde dans des plaisirs intellectuels, physiques et artificiels. Nous sommes dans les années folles (1919-1929), la femme est dépendante financièrement de ces parents puis de son époux, les mariages arrangés sont d'actualité et le droit de vote n'est encore réservé qu'aux hommes. Les moeurs et la loi réduisent la femme à trois chose soit une belle poterie, une épouse fidèle et femme féconde.
Victor Margueritte nous décris parfaitement l'atmosphère qui règne durant las années folles en France. En lisant La garçonne, j'ai eu l'impression de naviguer dans les années folles. A travers Monique, l'auteur nous dévoile une France a deux facettes. D'un côté, une France bourgeoise matérialiste, aux codes sociaux stricts, pincés et remplit de tabous, de l'autre une France qui cherche l'oubli dans l'étourdissement de soirées endiablées (dancing, boîte de jazz, fumerie d'opium), les femmes se libèrent de l'oppression des hommes en se coupant les cheveux ou en se comportant en homme.
Comme vous l'avez compris, l'histoire tourne autour de Monique Lerbier personnage le plus développé. Dans un premier temps, Victor Margueritte nous décris une Monique jeune, naïve encore protégée par le monde et forte de conviction. Pour elle la vie est soit blanche soit noire. Puis à la suite de l'ébranlement de ces convictions, elle fait un virage à l'opposé de son éducation, de ses convictions de « jeunes premières » pour devenir une femme forte, indépendante en obtenant son émancipation.
Celle-ci, passe par son indépendance financière grâce à son métier de décoratrice mais aussi par une vie sexuelle débridée (multiplication des partenaires, lesbianisme), l'expérimentation de drogue. Mais l'auteur fait le choix de rendre au fur et à mesure son héroïne faible tout d'abord en recherchant son bonheur à travers la maternité puis fait volte face sur sa vie de garçonne après avoir trouvé l'amour auprès d'un homme.
Je ne vous dis pas ma déception. Cette féministe naissante laisse penser que son émancipation l'entraîne dans la débauche, que son comportement est dû au fait qu'elle est dépressive et trouve quelques réconfort dans les drogues. Mais elle retrouve le droit chemin et le bonheur grâce à un homme, son sauveur. La femme moderne que je suis (sans être une féministe) a été meurtrie par ce revirement.
Les autres personnages sont tour à tour des stéréotypes familiaux et sociaux mais bizarrement cela ne m'a pas empêché d'apprécier certains d'entre eux comme Mme Ambrat ou la tante vielle fille.
Je suis habituellement peu attirée par ce genre littéraire, vous savez à la Marcel Prévost (il faudrait qu'un jour je lui redonne une chance !) mais ici j'ai adoré. L'auteur arrive à faire passer son message sur cette France rigide qu'il souhaite voir entrer dans la modernité des moeurs. La plume de l'auteur est simple mais efficace.
Aujourd'hui, le sujet de ce roman n'est plus vraiment d'actualité (quoi que…) mais permet de se rendre compte des avancés des droits civiques des femmes qui nous permettent aujourd'hui en France de faire entre autre le choix de celui ou celle avec qui ont souhaite faire sa vie.
Dire que ce livre a fait scandale lors de sa publication aussi bien auprès des conservateurs que chez les féministes par les thèmes qu'il aborde entraînant la destitution de l'auteur de sa légion d'honneur alors que je trouve les propos et les détails sur les moment de sexes et de drogues soft. Je me dis qu'ils seraient choqués par notre société !
Ce livre fut un bon moment de lecture. L'auteur décris avec finesse l'atmosphère qui règne durant les années folle mais j'ai été déçu par le choix à 360° qu'a effectué l'auteur sur le devenir de son héroïne, son revirement de sa vie de garçonne sous prétexte qu'elle aurait trouvé l'AMOUR. ( Non je ne suis aigries !)
Rare sont les fois où je trouve grâce à une préface. Ici celle de Yannick Ripa apporte des informations sur le contexte historique, politique et sociale qui entoure le livre. Mais je vous conseille de la lire à la fin du livre même si elle ne dévoile pas l'histoire.
Lien : http://pourvoyagerjai.blogsp..
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Calliope2017
  25 mars 2019
Outre le courant vestimentaire auquel le livre a donné son nom (et la mode n'y apparaît finalement que très peu !), le roman de Margueritte décrit surtout un style de vie, un mode de pensée, l'ambiance d'une époque. Les garçonnes, celles qui se coupent les cheveux, veulent vivre comme les hommes, bénéficier des mêmes libertés, mener une vie toute aussi dissolue sans que cela leur soit reproché… le roman montre aussi toute l'hypocrisie et la décadence de la haute société de l'époque, mais on trouve beaucoup de résonances actuelles ! C'est un livre très moderne, par son sujet et son esprit tout comme par son style, par ailleurs élégant sans être très littéraire ; j'avais parfois l'impression de lire un roman historique qui aurait comporté des anachronismes !
L'ouvrage est divisé en trois parties, qui forment une boucle. L'auteur nous montre d'abord la jeune fille de bonne famille, sur le point de se marier, et comment celle-ci est dégoûtée par son milieu et son hypocrisie. Puis c'est la partie « décadente », celle qui a fait scandale à l'époque, celle d'une femme qui fume, se drogue, multiplie les liaisons..., avant les tentatives du retour à l'amour et à une vie stable. le roman a beaucoup choqué à l'époque (au point que Margueritte a été radié de la Légion d'honneur !) : c'est bien sûr moins le cas aujourd'hui, mais les scènes sexuelles sont si récurrentes et détaillées que ça en devient lassant…
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Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   12 janvier 2014
- Voyons, Briscot ! C'est donc si extraordinaire qu'en matière ...d'amour- (...)-une femme pense et agisse comme un homme ? Il faut vous faire à cette idée, et me prendre pour ce que je suis : un garçon.
Il eut, au bout des lèvres: une garce, et par politesse, acheva le mot :
-Une garçonne, je sais. -La- garçonne ! (p.126-127)
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Gwen21Gwen21   07 novembre 2019
- [...] L'amour, d'abord, ça n'existe pas, c'est des bruits qu'on fait courir ! Y a que des bêtes qui se déchirent, quand elles ne se baisent pas. Le plaisir ?... oui, le cul ! Un cul-de-sac, on en voit vite le fond... [...]
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LegrenierdelaCelestineLegrenierdelaCelestine   23 octobre 2016
Qu'est-ce, en effet, qu'une révolution, - qu'elle soit morale, politique ou sociale ? - Je l'ai dit d'ailleurs : "Une réaction de l'énergie contre l'oppression d'injustes forces. la femme, prisonnière depuis des siècles, esclave habituée à la résignation et à l'ombre, titube au seuil brusquement ouvert de la lumière et de la liberté."
(...)
Donnons à nos fille et à nos femmes, dans l'usage comme dans la loi, donnons à toutes les mères (fille-mères comprises) les libertés dont on ne conçoit plus que l'homme se réserve, despotiquement, le monopole.
(Note de l'auteur - 1922)
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LegrenierdelaCelestineLegrenierdelaCelestine   23 octobre 2016
Ce qu'on en dira, c'est cela, n'est-ce pas ? Les conséquences ?... Je m'en moque. la société ? Je la récuse. Je romps avec elle pour vivre comme une indépendante, selon ma conscience ! Pour vivre, moi femme, comme... tenez ! ce que vous ne serez jamais : un honnête homme. (p.146)
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Gwen21Gwen21   06 novembre 2019
- Il faut n'avoir jamais aimé pour croire qu'à la première tromperie un sentiment véritable peut disparaître, comme une allumette s'éteint.
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Video de Victor Margueritte (1) Voir plusAjouter une vidéo
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