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ISBN : 281260459X
Éditeur : Editions du Rouergue (06/02/2013)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 25 notes)
Résumé :
La séquestration n'avait pas été préméditée. Tout au moins au début. Pour dire vrai, tout ce qui m'a conduit est un enchaînement de hasards; quand vous auriez cru à ma volonté de nuire ou à une part de perversité, vous vous seriez fourvoyés.
Je n'ai aucunement l'intention de vous détromper. Mais je peux vous raconter.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
de
  04 février 2013
Chroniques d'une lecture au delà d'un barbare ordinaire et d'une ignominie
Ce petit texte est à la fois une lecture et une mini-chronique d'une lecture.
Je comprends qu'un récit, qu'une fiction parte du point de vue du bourreau et non de la victime. Cela nécessite, cependant, un talent rare pour briser l'adhésion spontanée de la lectrice ou du lecteur au « héros ».
Autant l'avouer, à plusieurs reprises, j'ai failli refermer le livre, geste extrêmement rare, sans le finir, ne supportant pas l'ignominie décrite « à l'intérieur, une armée s'était levée, parcourant mon corps en me piétinant au pas de charge », avec cette langue si détachée, si sensible.
Justement, la langue, les phrases, comme des aimants puissants, des invitations à continuer la description quotidienne de cet enfermement, de cette une négation de l'être humain.
L'auteure construit, dans ma lecture, à la fois l'attachement et le rejet. Elle ne donne pas prise à la fascination possible, ni à l'empathie avec le narrateur.
Celui-ci s'invente ou se projettera en fin d'ouvrage (« mon film intérieur », « une autre version du film »), sans se justifier. Il inverse les situations « Il me tenait déjà sous sa coupe, bien plus que moi-même qui le détenais dans ma cave », comme dans un miroir, réfléchissant ses (im)pensées, les rôles « … Joël était l'un de ces individus qui sont sublimés par la captivité… », il nous parle de « pastiche d'altercation », d'un univers commun à l'enfermé et à l'enfermant « notre univers ». Et comme dans d'autres violences interpersonnelles, les agressions de l'un se transmuent en « caresses permises », en « jeu de rôle », en « noces », etc.
Je passe volontairement sous silence, une peut-être autre histoire, un incertain autre drame, une possible fenêtre à la passivité et à une quête insensée qui brise les enfermements mentaux et l'écrin rouge d'une chambre…
Tout cela forme un vrai roman, une imagination mise en phrases, en texte. Un voyage dans un sous-sol, une obsession. le huis-clos d'une ignominie d'un barbare si ordinaire.
Le narrateur n'a « aucunement l'intention de nous détromper », et ma lecture partiale rencontrera peut-être d'autres lectures. Alors derrière cette narration d'envoûtement, adossé à ce fait-divers sordide, une réelle voix d'écrivaine troublera des lectrices et des lecteurs.
Et se laisser subjuguer, tout en refusant, le piège, la toile tissée, par la romancière dans la construction fantasmatique d'un forfait invisibilisé.
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Ameni
  15 mai 2013
Premier roman adulte (et deuxième roman tout court) de l'auteur, Les noces clandestines fait partie de ces livres qui semblent vous dire : "Ben ouais, je suis un concentré de belle écriture et de style admirable. Faut t'y faire. Maintenant profite."
La thématique abordée dans le livre n'est pas des plus faciles. En bref, un homme, professeur d'histoire, enlève un jeune sans-abri et le garde séquestré dans une petite pièce chez lui. Voilà pour l'histoire basique. Mais qui va beaucoup plus loin.
Ce qui est assez troublant, c'est qu'avec un style brillant, l'auteur brouille les frontières du bien ou du mal et concentre l'attention sur le rapport entre les deux personnages. Rapidement, il est impossible de dire qui a l'ascendant sur qui et qui manipule qui. Tout est dans l'ambivalence entre les deux hommes, dans la sensualité aussi, tellement bien décrite qu'on n'arrive pas à s'arrêter de lire, prisonnier de cette petite pièce rouge avec les deux personnages.
C'est l'ambiguïté qui domine le récit, la question de savoir si l'un va se faire attraper et si l'autre va réussir à s'enfuir est mineur. C'est le ravisseur qui raconte et le lecteur qui ressent. Pour en arriver là, faut quand même avoir une sacrée plume. Comme l'écrit l'auteur :
"Quant à moi, je me tenais à distance raisonnable des livres, ainsi que je l'avais toujours fait, conscient du danger qu'ils représentent, ne lisant que le strict minimum et ne commettant jamais l'erreur de croire au caractère inoffensif du insignifiant d'entre eux. En lire la première ligne vous asservit jusqu'à la dernière, et même longtemps après. Entre leurs pages, vous n'êtes plus maître de vous-même ; vous vous abandonnez sans conditions à l'esprit d'une plume plus forte que vous, susceptible de vous emmener dans des travers sombres et glauques, de vous faire admettre des idées fausses sans que vous ne cilliez."
C'est exactement ça. A ceci près qu'à aucun moment, le roman ne sombre dans le scabreux ou le glauque. Autant de finesse psychologique, délivrée par le biais du ravisseur, ça laisse admiratif. Lorsqu'on a affaire à un huis-clos, il vaut mieux avoir un cador aux manettes. C'est le cas ici. C'est difficile à décrire, mais avec un style aussi simple et maîtrisé, on a l'impression que Claire-Lise Marguier pourrait s'attaquer à n'importe quel sujet.
Lien : http://blogameni.wordpress.c..
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Walkyrie29
  17 avril 2014
Après son chef d'oeuvre "Le faire ou mourir", j'avais très envie de découvrir l'auteure dans un roman plus adulte mais tout aussi intime.
Claire – Lise Marguier nous raconte un moment de vie d'un prof d'histoire de 40 ans, élevé par sa grand – mère suite au suicide de sa mère. Elle vit ses derniers jours et pour patienter jusqu'à l'inévitable notre personnage principal se lance dans des travaux de rafraîchissement de la maison familiale. L'ancienne cave à vin devient ainsi une chambre cosy avec toilette attenante. Peu à peu ses réflexions dans cette pièce paisible se tournent vers l'envie d'y détenir quelqu'un, un "être pure" qu'il pourrait choyer et qui aurait besoin de lui. Après avoir chercher la perle rare vainement, il rencontre un jeune sans abri sur le pas de sa porte, un seul regard suffit, il sait que c'est lui et le convie à dîner. Malgré sa méfiance, le jeune homme accepte et Joël se retrouve drogué et enfermé.
Nous vivons ici un huit clos qui ne sombre jamais dans le sordide ou la psychopathie mais plutôt dans une atmosphère d'échanges silencieux et de convoitises partagées. On sent davantage l'union existant entre les deux personnages. le prof d'histoire, un homme parmi tant d'autres et sans histoire, se surprend par ses désirs inavouables d'enfermer quelqu'un et d'y associer un rituel journalier : la toilette, le repas et l'observation de son objet de convoitise. Joël, étonnamment, même s'il se rebelle faiblement au début se laisse vite prendre au jeu et se laisse faire et observer. Il ne dit rien, ne combat pas pour sa liberté, il subit simplement, semblant même réclamer davantage de son kidnappeur. Ce jeune homme à la beauté angélique aux boucles blondes émerveille et engendre une folle passion, très en retenue au début avant qu'un cap soit passé et qu'un nouveau rituel, où les deux personnages semblent trouver leur compte, s'installe. Jamais leur passé n'est évoqué, ni leur avenir, jamais ils ne se racontent leur histoire, ils resteront deux êtres anonymes partageant la même histoire où les rôles sont parfois inversés. Joël, jouant tantôt le rôle d'une victime dominée, tantôt le rôle d'un bourreau manipulateur, souriant à ses petites victoires et à son pouvoir sur le professeur. Ce dernier se rend pertinemment compte de tout ça mais semble s'émerveiller face à ce personnage ambigu et secret.
Le tout est mené par une écriture de qualité pleine de grâce et de poésie, des mots simples habilement maniés qui nous subjuguent et nous entraînent intimement dans ce court roman d'une qualité et d'une originalité indéniable. L'auteure a le talent rare de transmettre et faire vivre des émotions avec une simplicité déconcertante. Étonnamment, on compatit face au kidnappeur et l'on comprend le retrait et l'acceptation du jeune homme. de véritables noces clandestines, le titre du roman sonne d'une grande justesse. Certes, la fin laisse place à une grande ouverture, milles choses peuvent être imaginées, mais cela est finalement vite acceptée et contente suffisamment le lecteur.
Une jeune auteure talentueuse à suivre et à découvrir si cela n'est pas déjà fait. L'attente de son prochain roman sera trop longue !
Lien : http://songesdunewalkyrie.wo..
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Sando
  24 mars 2013
Le narrateur est un homme de 40 ans, professeur d'histoire-géo dans un collège, vivant seul avec sa mère âgée. Sentant sa fin proche, il décide de patienter en réaménageant sa cave pour en faire un endroit bien à lui, qu'il baptise « la chambre rouge ». Sa particularité est d'être dissimulée derrière le local à vin, ce qui en fait une pièce secrète et un lieu d'isolement idéal pour cet homme solitaire…
Mais à la mort de sa mère, le narrateur décide de combattre la solitude en trouvant quelqu'un capable de vivre dans ce local connu de lui seul. Il va donc partir en quête du compagnon idéal et ainsi rencontrer Joël, un jeune SDF à la beauté séraphique. Commence alors une relation perverse, obsessionnelle entre l'homme et son prisonnier, qui éprouve le besoin de le dominer et de le posséder totalement. Un jeu de soumission/domination commence alors, qui passe par la provocation, le mépris de l'autre, le désir et la dépendance. Les fantasmes du narrateur prennent l'ascendant sur la réalité. On finit par ne plus distinguer la réalité de l'interprétation d'un désir, tant la nuance semble fragile.
Avec ce huit clos oppressant, Claire-Lise Marguier nous offre un texte dérangeant, dans lequel la frontière entre victime et bourreau est sans cesse rendue floue par l'auteure et où les actes les plus ignobles ne sont jamais animés des pires intentions. Un texte surprenant qui bouleverse les codes de l'enlèvement et de la séquestration !
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maylibel
  10 février 2014
C'est l'histoire d'un homme âgé d'une quarantaine d'années, professeur d'histoire dans un collège. On ne connaîtra jamais son nom. Alors que la femme qui l'a élevé vient de mourir, il rencontre Joël, un jeune sans-abri qu'il décide de retenir dans la chambre qu'il a installé au sous-sol de sa maison.
Avec ce nouveau roman, Claire-Lise Marguier traite un thème particulièrement difficile, dérangeant : elle fait le récit d'une séquestration du point de vue du kidnappeur. Et elle parvient à en éviter tous les écueils et les clichés. Elle ne cherche pas à nous faire aimer les personnages, à détailler les raisons de leurs agissements, à verser dans le sentimentalisme. Son but n'est pas de mettre le lecteur à l'aise, ni d'en faire un voyeur. Elle a donc écrit un texte court, sans un mot de trop, et qui sonne juste, sans jamais verser dans la trivialité.
Les Noces clandestines est un roman à part, étrangement fascinant. Ses pages se tournent toutes seules.
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critiques presse (1)
LeFigaro   10 janvier 2013
Tout en subtilité, Claire-Lise Marguier signe un roman inventif en diable et un tantinet dérangeant. La jeune femme d'une trentaine d'années [...] nous plonge dans une histoire étrange où se mêlent candeur, violence et amour éthéré.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AmeniAmeni   12 mai 2013
Quant à moi, je me tenais à distance raisonnable des livres, ainsi que je l'avais toujours fait, conscient du danger qu'ils représentent, ne lisant que le strict minimum et ne commettant jamais l'erreur de croire au caractère inoffensif du insignifiant d'entre eux. En lire la première ligne vous asservit jusqu'à la dernière, et même longtemps après. Entre leurs pages, vous n'êtes plus maître de vous-même ; vous vous abandonnez sans conditions à l'esprit d'une plume plus forte que vous, susceptible de vous emmener dans des travers sombres et glauques, de vous faire admettre des idées fausses sans que vous ne cilliez.
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YukoYuko   20 janvier 2014
Durant quelques semaines, j'examinai la presse avec un mélange de crainte et d'avidité pour y déceler le moindre entrefilet où il aurait été question d'un ange blond disparu de la surface de la Terre. Je ne trouvais rien, et je ne sus si cela me ravissait ou, au contraire, m'effrayait. Cette absence de dépêches alimentait l’illusion selon laquelle Joël était tombé du ciel dans le but, ô combien honorable, de venir illuminer la chambre rouge. Peut-être avait-il été créé de toutes pièces. Parvenu à maturité dans une seule journée au milieu du néant cosmique, il avait été déposé sur le pas de ma porte pour que j'en prisse le plus grand soin.
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AmeniAmeni   12 mai 2013
J'aurais pu le priver de nourriture, l'attacher à la tuyauterie du lavabo, le torturer à le faire hurler. Cette conscience de mon pouvoir me donnait l'illusion de la charité. J'aurais pu, mais je ne le faisais pas. Cela faisait de moi le meilleur homme de la planète, et lui en sortait toujours vainqueur.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   11 février 2013
Chaque jour, la beauté de Joël m'éblouissait comme si je la découvrais. Joël était un ravissement de tous les instants ; il donnait un sens à l'existence des autres.
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AmeniAmeni   12 mai 2013
Puis, soyons honnêtes, les gosses c'est surtout sale et bruyant. Et pour l'échange, on repassera ; ils sont la quintessence de l'égoïsme, personne n'oserait prétendre le contraire.
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Vidéo de Claire-Lise Marguier
Viens découvrir les derniers #livres et #ebooks arrivés dans ma Bibliothèque! Mon article sur le blog avec le synopsis des romans :http://www.leblogdeptitelfe.fr/2017/01/bookhaul-decembre-2016-des-livres-et.html
Plus de vidéos : http://goo.gl/hCnYmr . Déroulez pour plus d'infos :)
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?Mes chroniques écrites : Never Never :http://www.leblogdeptitelfe.fr/2017/01/never-never-de-colleen-hoover-tarryn.html
Le Faire ou Mourir de Claire Lise Marguier (Edition le Rouergue) http://www.leblogdeptitelfe.fr/2015/09/le-faire-ou-mourir-de-claire-lise.html
Organic Edition http://www.leblogdeptitelfe.fr/2016/11/uneedition-unecollection-organic.html
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Je tourne avec un Canon 70D La musique d'intro est Legacy Studer - crédité par Universal UPPM
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