AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072787971
Éditeur : Gallimard (15/08/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Ils étaient si jeunes, quand ils se sont rencontrés, qu’ils ne pouvaient imaginer leur destin. La Madrilène Berta Isla et l’Hispano-Britannique Tomás Nevinson pensaient que leur histoire serait celle de beaucoup de couples de leur époque et de leur condition. Mais il suffit parfois d’une journée - d’une journée quelconque - pour voir sa vie basculer et se retrouver ensuite dans une relation distante, condamnée au secret et à la dissimulation, au faux-semblant et aux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
kielosa
  27 janvier 2019
Selon le quotidien espagnol El País : "Berta Isla est le roman le plus complexe de Javier Marías et sans doute son plus inquiétant". Son "Los enamoramientos" ou "Comme les amours" de 2011 n'était déjà pas exactement simple, donc encore plus complexe, et presque 600 pages... de quoi hésiter un peu, malgré la belle couverture ! Mais comme l'a formulé un quotidien hollandais (Het Parool) de façon si persuasive : "Avec un roman de Marías en main, nous ne lisons pas, nous vivons." Alors, vivons !
Berta Isla et Tom ou Tomás Nevinson sont 2 élèves attrayants d'un lycée madrilène qui, à peine 15 ans, décident de passer leur existence ensemble. Berta adore la littérature et espère trouver plus tard une profession dans ce domaine, tandis que Tom, de père anglais et mère espagnole, est parfaitement bilingue et apprend les langues, comme le Français et l'Italien, pratiquement sans efforts, en jouant. En plus, il jouit d'un talent rare, celui de l'imitation. Il a un sacré succès en imitant à la perfection des politiciens espagnols, vedettes du cinéma, pêcheurs de Tarragone ou de Málaga.
À l'issue de leur enseignement secondaire, Berta et Tomás continuent leurs études : elle, littérature à l'université de Madrid ; lui philologie à l'université d'Oxford en Angleterre. Les jeunes fiancés ne se verront donc que pendant les congés. En conformité à un catholicisme espagnol conservateur, le couple a des rapports très sages.
En 1969, après le Mai 68 de Paris et le Printemps de Prague (janvier-août 1968), les jeunes souhaitent qu'en Espagne les choses bougent également, mais cela n'est sûrement pas l'avis du dictateur Franco qui, au contraire, renforce les pouvoirs de la police. Ainsi, Berta, qui comme l'auteur Javier Marías, a 18 ans, participe à une manifestation, où elle est sauvée d'une confrontation violente avec un cavalier de la police franquiste par un jeune banderillero qui lui vient courageusement en aide et avec qui elle perd ensuite sa virginité.
Tomás prend l'habitude de fréquenter, juste pour le sexe, une vendeuse d'un antiquaire de livres, jusqu'au jour où, peu après sa visite, cette Janet Jefferys est trouvée morte, étranglée. Un événement dramatique qui aura des répercussions importantes sur la vie de Tomás et sa relation avec Berta.
Pour éviter qu'il ne soit soupçonné de meurtre, son professeur favori, un homme qui a le bras long à Westminster et auprès des services secrets, lui offre son aide, moyennant son allégeance envers ces services. En d'autres mots, il faudrait qu'il accepte des missions pour le service de sécurité, MI5 (Military Intelligence, section 5, service du contre-espionnage) et le service MI6 (Military Intelligence, section 6, service de renseignements extérieurs).
Quoique le service en question qui l'emploiera ait l'allure encore plus obscure et fait penser à la PWE (Political Warfare Executive ou direction de la guerre politique), créé par Winston Churchill en 1941 pour lancer des opérations subversives contre les nazis. de cette organisation super-secrète, je ferai prochainement un billet sur un des rares livres qui existent à ce sujet : "The Black Game" d'Ellic Howe (1910-1991).
Une lourde hypothèque sur le couple, qui se marie en mai 1974 à l'église San Fermín de los Navarros à Madrid, d'autant plus que Tomás est tenu au secret complet quant à ses missions clandestines, bien entendu. Berta ne sait par conséquent jamais où il se trouve, ce qu'il fait et quand elle le reverra et pour combien de temps ! Leur amour persiste pourtant et ils auront un fils Guillermo et une fille Elisa.
En avril 1982 commence la Guerre des Malouines entre l'Angleterre de Margaret Thatcher et l'Argentine du général Leopoldo Galtieri. le 4 avril 1982 a lieu le dernier départ de Tomás que Berta présume être en cette partie du globe. Sur ce conflit, qui se termine en juin 1982, Pierre Boulle a écrit un livre remarquable "La Baleine des Malouines". Fin du conflit, mais pas de nouvelles de Tomás. Noël passe et un nouvel an commence et de son homme toujours rien, rien de rien, "nada de nada" !
En novembre 1983, un collègue de Tomás, Bertram Tupra, se pointe chez Berta pour lui dire que le service de Londres n'a strictement aucune information sur ce qu'est devenu son mari, mais qu'une allocation mensuelle lui sera payée tant qu'ils ne disposent pas de données exactes sur son sort. Pour d'actes juridiques tel un remariage, un héritage... Il faudra attendre les délais prescrits par les lois nationales en Espagne et en Angleterre en cas de disparition.
Notre Berta continue péniblement sa vie en s'occupant de ses gosses et de ses cours à l'université. Elle a quelques affaires avec des hommes qui ne durent pas et passe le plus clair de son temps à lire. Entre autres la fameuse nouvelle De Balzac "Le Colonel Chabert" et le retour du brave homme des années après la fin des guerres napoléoniennes, et le roman de Janet Lewis (1899-1998) de 1941 "The Wife of Martin Guerre" sur un thème similaire. Livre rendu célèbre par le film de 1982 de Daniel Vigne "Le retour de Martin Guerre" avec Depardieu, une excellente Nathalie Baye et un convaincant Bernard-Pierre Donnadieu.
Un jour en 1994, au musée de cire de Madame Tussaud à Londres, Tomás aperçoit une gamine qui ressemble comme 2 gouttes d'eau à Janet Jefferys. Il se met à s'enquêter et doit se rendre à l'évidence que le meurtre a été une mise en scène par les services secrets pour le recruter pour ses dons d'imitateur et comme cela lui voler sa vie.
Si cette découverte lui rapprochera de Berta Isla, à vous de le découvrir, chers amis !
J'ai trouvé cet ouvrage riche et passionnant. J'ai "vécu" 2, 3 jours avec Javier Marías et je n'ai retrouvé la paix quand lisant le tout dernier paragraphe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          536
traversay
  12 octobre 2019
Personne, sans doute, n'avait encore pareillement raconté la vie de la femme d'un agent secret, faite d'attentes et d'interrogations quant à ce qu'implique le "métier" de son époux. Et encore, Berta Isla, l'héroïne éponyme du roman de Javier Marais, est-elle au courant, ce qui est peut-être pire que d'avoir tout ignoré des activités de Tomas, son conjoint anglo-espagnol. Berta subit l'existence d'une Pénélope espagnole qui, à la suite d'une nouvelle mission au début de la guerre des Malouines, attend vainement le retour de son bien-aimé sans avoir la moindre idée de ce que son espion de mari peut bien faire, et dans quel endroit du monde. La plupart des chapitres sont consacrés à Berta et à ses supputations, seule une poignée d'entre eux étant consacrée à Tomas et notamment à la façon dont il est embrigadé, suite à un piège particulièrement pervers (mais que l'on peut deviner d'emblée). Inutile de préciser, vu l'identité de son auteur, que le livre ne ressemble en rien aux aventures de James Bond. Javier Marias réussit la prouesse de ne pas dire un mot des agissements de Tomas durant 20 ans, si ce n'est par allusions (l'Irlande du Nord, les Malouines, la guerre froide). Styliste hors pair, le romancier plonge dans les méandres psychologiques de ses deux personnages principaux avec la minutie, le sens du détail et des digressions qu'on lui connait. le livre demande une grande patience car il a souvent l'art de tourner autour du pot, avec brio certes, mais il n'évite tout de même pas les répétitions sur ses presque 600 pages. de la belle ouvrage mais exigeante et à ne pas conseiller aux lecteurs pressés et adeptes des rythmes soutenus.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Megan0702
  30 septembre 2019
C'est la première de couverture qui a d'abord éveillé ma curiosité. Ensuite, la quatrième de couverture m'a convaincue d'acheter ce roman de Javier Marías, écrivain, traducteur et éditeur espagnol.
A Madrid, Tomas Nevinson et Berta Isla se sont connus très jeunes et se sont aimés très vite, au point d'imaginer un futur commun dès leur rencontre.
Au moment de leurs études (à Madrid pour Berta et à Londres pour Tomas) rien ne les prépare cependant à la vie qui les attend.
En effet, Tomas va être amené à travailler pour les Services Secrets. Il va sans dire que les plans de vie initiaux vont être chamboulés.
Tomas sera un père et un mari absent, il manquera inévitablement quelques-uns des événements importants de la vie de sa femme et de ses enfants.
Mais Berta l'attendra toujours. Et Berta l'aimera toujours.
Tout au long du récit, j'ai eu l'impression d'attendre avec Berta et de vivre avec elle ses craintes et ses obsessions. Le tout sous forme de roman d'espionnage… Voilà de quoi me donner quelques angoisses !
Ce roman est finalement une magnifique histoire d'amour. Un amour inconditionnel mais également peu conventionnel.
Je trouve le style de Javier Marias très élégant, très romantique et différent de ce que l'on peut lire habituellement. Le bouquin grouille de belles citations et de jolies phrases, et J'AIME CA !
Voici donc selon moi un joli bouquin à ajouter à votre PAL s'il n'y figure pas déjà!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
viduite
  06 septembre 2019
Métaphysique amoureuse, casuistique de la disparition, réflexion sur le libre-arbitre sous des allures de roman d'espionnage. Berta Isla reprend les obsessions et les thèmes chers à Javier Marías avec son habituelle finesse dans la pénétration psychologique des dissimulations de ces personnages, les mêmes phrases d'une sinueuse précision, la même sourde mélancolie musicale. Une très belle façon pour Marías de continuer son exploration historique et littéraire.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
Commenter  J’apprécie          40
henrimesquida
  02 juillet 2019
Superbe roman.
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (3)
LaCroix   27 septembre 2019
Autour d’un agent secret, le grand romancier espagnol Javier Marias a cristallisé toute l’opacité d’un monde absurde et merveilleux.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   19 septembre 2019
L’écrivain espagnol propose une variation brillante sur le thème du couple miné par un secret. [...] Vous n’allez plus vouloir quitter Berta Isla et Tomas Nevinson avant la dernière page de pareil monument.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   02 septembre 2019
Berta retrouve Tomas, le mari qu’elle croyait mort depuis douze ans. Avec son nouveau roman, le grand écrivain espagnol creuse comme jamais le thème de la trahison.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2019
Sous des airs conciliants, bon enfant, c’était une jeune femme aux idées bien arrêtées, pour ne pas dire têtue. Si elle voulait quelque chose, elle n’y allait pas par quatre chemins ; oh, elle n’abordait pas de front, elle n’inspirait pas la crainte, pas plus qu’elle ne s’imposait ni ne mettait la pression, elle préférait avoir recours à la persuasion, à l’habileté et à la sollicitude, se rendant indispensable et cela avec une farouche détermination, comme si elle ne voyait pas pourquoi elle aurait à dissimuler ses désirs, car ils n’avaient rien ni de vil ni de pernicieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2019
Il se trouve, en revanche, des êtres qui craignent de devenir des personnages secondaires, fût-ce dans leur propre histoire, comme s’ils étaient nés en sachant que, si unique l’histoire de chaque individu soit-elle, la leur ne mérite pas d’être racontée par qui que ce soit, ou juste mentionnée en passant quand on relate la vie plus mouvementée et plus intéressante de quelqu’un d’autre, fût-ce pour agrémenter une conversation d’après-dîner qui se prolonge, ou une nuit blanche au coin du feu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2019
Elle avait également découvert que vivre dans un état de soupçon permanent est tout aussi peu supportable, car il est épuisant de passer son temps à s’observer, soi et les autres, et surtout l’autre, l’être le plus proche de vous, et de le comparer avec les souvenirs que vous avez de lui, car les souvenirs ne sont jamais fiables. Personne n’a une image bien nette de ce qui n’est plus là, devant soi, même si cela vient de se passer ou s’il flotte encore dans la chambre l’odeur ou l’insatisfaction de celui à qui l’on vient de dire adieu. Il suffit que quelqu’un sorte par la porte et disparaisse pour que son image commence à s’estomper, il suffit que l’on cesse de voir quelque chose pour que l’on ne le voie plus nettement, ou plus du tout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2019
À cette époque, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, tout allait plus vite et survenait plus tôt qu’à présent, ainsi les jeunes se sentaient-ils adultes de très bonne heure, prêts à accomplir des missions, à apprendre sur le tas et à conquérir le monde. À quoi bon attendre ou traîner les pieds, à quoi bon essayer de prolonger le flou paisible de l’adolescence ou de l’enfance ? N’était-ce pas le propre des pusillanimes et des couards, de ceux dont la terre est si peuplée aujourd’hui que nul ne les voit plus comme tels ? Ils sont la norme, une humanité surprotégée, fainéante, , apparue brusquement, après des siècles de l'exact opposé : activité, inquiétude, intrépidité et impatience.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2019
Le temps poursuit son cours et il œuvre, non seulement sur notre corps, mais sur notre conscience, peu lui importe que nous dormions à poings fermés ou que nous soyons éveillés et dispos, que nous ne fermions pas l’œil de la nuit ou que le sommeil appesantisse nos paupières comme si nous étions de jeunes recrues affectées à ces tours de garde nocturne, que nous appelons en espagnol « imaginarias », Dieu sait pourquoi, sans doute parce que, s’il a réussi à rester éveillé, sans se faire ni capturer ni descendre par l’ennemi, en temps de guerre et alors que le monde sommeillait, celui qui montait la garde a l’impression que ces tours de guet sont le fruit de son imagination
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Javier Marías (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Javier Marías
Javier Marias parle de son livre 'Comme les amours' au festival Passa Porta en 2012.
autres livres classés : littérature espagnoleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Littérature espagnole au cinéma

Qui est le fameux Capitan Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte, dans un film d'Agustín Díaz Yanes sorti en 2006?

Vincent Perez
Olivier Martinez
Viggo Mortensen

10 questions
51 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , espagne , littérature espagnoleCréer un quiz sur ce livre