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Critiques sur Ceux qui me restent (46)
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marina53
  21 octobre 2014
Florent quitte la terre ferme le temps d'un voyage en Angleterre. Là-bas, il espère de tout coeur retrouver Jenny, une jeune anglaise rencontrée 2 fois mais dont il est tombé fou amoureux et ainsi commencer sa vie avec elle. Surprise par cette venue inattendue, elle se laisse charmer par le jeune homme et lui fait une déclaration des plus surprenantes. Elle veut une véritable histoire d'amour avec une maison en Normandie, manger du camembert toute la vie et surtout une petite fille au doux prénom de Lilie...
5 ans ont passé... La petite Lilie est bien là tandis que Jenny n'est plus... Sans réellement comprendre ce qui lui arrive, la petite fille assiste aux obsèques de sa maman sur sa terre natale tandis que Florent voit subitement sa vie s'écrouler. Lilie est tout ce qui lui reste et lui, son seul refuge. Sur le bateau qui les ramène en France, alors que la petite s'en va chercher un coca, il la perd de vue quelques minutes, plongé dans ses pensées, à se demander comment il va faire pour surmonter cette terrible épreuve. Elle reste introuvable alors il part à sa recherche. Partout, il court, demande si quelqu'un ne l'aurait pas aperçue...

N'était cette quatrième de couverture trop bavarde qui mentionne "Voyage en Alzheimer", l'on est bien loin de se douter de la tragédie qui se joue entre ce père et sa fille. Une seule planche, pleine page, et l'on comprend que Florent voyage dans ses souvenirs qu'il voit s'envoler petitement et qu'il essaie de rattraper. Damien Marie et Laurent Bonneau nous offrent une escapade intense, émouvante et d'une force incroyable. Ce huis clos entre un père trop absent et sa fille qui se cherchent continuellement sans vraiment parvenir à se rejoindre. Entre passé et présent, l'on est pris dans le tourbillon de ces souvenirs qui peu à peu se dérobent. Tout en retenue et d'une justesse incroyable, ce récit émeut de par ses quelques silences évocateurs, ses sentiments confus et pudiques et ses quelques touches de couleurs. le dessin de Laurent Bonneau est d'une sobriété déconcertante.

Ne pas oublier Ceux qui me restent ...
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Crossroads
  29 septembre 2014
Florent + Jenny = Lilie.
Puis très rapidement, cette équation parfaite va se muer en problème quasi insoluble.
Trop jeune pour être veuf. Déjà fatigué avant l'heure.

Le temps a filé. Ses souvenirs également.
A 70 ans, placé en établissement spécialisé, Florent se bat contre lui-même. Contre cette foutue mémoire qui n'en fait qu'à sa tête en lui bouffant la sienne.
Immanquablement, elle le ramène sur ce bateau maudit qui aura vu ce père égarer la petite prunelle de ses deux océans de tristesse bloqués sur la position hémorragie oculaire. Avant, nada, zob, fondu au noir.

La petite Jenny a bien poussé. Écartelée entre son boulot et les visites journalières à son père, elle n'est qu'une boule de rancoeur envers celui qui a fauté, à ses yeux.
Mais le temps passe et s'efface. Celui de la réconciliation est peut-être enfin venu...

De prime abord, coup de crayon épuré à l'extrême et couleurs tristounettes fleurent bon le bof-bof de compétition. Puis survient la gravité du propos et sa foultitude de flashbacks narratifs qui, sans avoir l'air d'y toucher, vous chopent l'âme et vous l'essorent jusqu'au dénouement final, celui qui vous cueille, la larmiche au coin des yeux et le palpitant tout serré.

Ici, on ne fait pas dans le pathos m'sieur-dames. En même temps, que viendrait foutre un mousquetaire en cette galère?
Non, Ceux Qui Me restent fabrique de l'émotion à plein tube avec une intelligence et une élégance rare.

Ceux Qui Me Restent traite de l'oubli.
Paradoxalement, ce récit me restera encore très longtemps...
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DoVerdorie
  26 décembre 2014
...ceux qui me restent... mes quelques souvenirs et, euh... ma fille...je crois. C'est ce qu'ils prétendent en tout cas, ici, à la maison de retraite. Mais, moi je cherche ma petite Lily ! Je la cherche sur le ferry qui nous ramenait d'Angleterre en France, après l'enterrement de ma femme, Jenny. J'avais 39 ans et je me devais d'être le refuge et un bon père pour notre fille Lily, alors âgée de cinq ans. Or, Lily s'est perdue... sur le bateau... je cherche ma fille au ciré jaune, je cherche ses yeux turquoises...

Florent, 70 ans, s'enfonce dans la solitude de la maladie d'Alzheimer, se réveillant chaque jour plus seul, après chaque "cauchemar" dans lequel il essaie de retenir les bribes de sa mémoire afin de retrouver Lily... qui pourtant vient voir son père une fois par semaine...

Il y a très peu de texte dans ce remarquable roman graphique, texte presque superflu, tant les dessins expriment tout. le chagrin, la colère, les remords, la souffrance, parfois un rare sourire, se lisent, criant de véracité, sur les visages et dans les attitudes de Florent et sa fille. La ligne des traits, essentiellement au crayon, fusain et encre, reste sobre. Les arrière-plans souvent floutés, le joli travail d'ombres et le parfait découpage amènent les personnages sur les avant-scènes aux teints pastels sombres...nuances par moments moins soutenues quand la mémoire de Florent se perd dans un effrangement brumeux...

L'histoire introspective de ce père et les relations avec sa fille se raconte en grande partie par flashbacks et la lecture de leur vécu constitue désormais un de mes plus beaux souvenirs... de ceux qui restent...
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Ziliz
  01 mars 2015
Un coup de foudre pendant les manifs de mai 68 et Florent court rejoindre la jolie Jenny en Angleterre. Elle ne s'y attendait pas, l'accueille en riant, pose ses conditions : « Si tu viens avec moi, c'est le vrai sérieux. Je veux une bébé fille who's called Lilie and une maison dans la Normandie pour manger le camembert toute la vie. » Qu'à cela ne tienne, il lui offrira tout ça. Mais Jenny meurt lorsque Lilie a cinq ans, et Florent se retrouve dépassé : « Il faudra affronter la maison pleine de Jenny sur tous les murs... les meubles... dans tous les tiroirs. Reprendre le travail. Consoler petite Lilie. Encore travailler. Encore consoler petite Lilie. Et ne jamais pleurer. Je suis le refuge. » Lourde tâche de s'occuper seul d'une petite fille qui a perdu sa maman, perspective ô combien angoissante, vertigineuse...

Album déroutant sur le deuil, la paternité, les relations père-fille, le pardon. Et surtout sur la maladie d'Alzheimer, qui fait revivre jour après jour à cet homme le cauchemar d'une disparition, la peur de la perte de son enfant. J'ai longtemps navigué à vue entre ces pages, je ne suis pas certaine d'avoir tout compris même après relecture. J'ai été mal à l'aise, angoissée et perdue en même temps que ce père dont la mémoire fout le camp, pour qui tout s'embrouille.

Cette histoire troublante et triste est admirablement mise en valeur par des mots émouvants et un graphisme superbe.
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KrisPy
  16 juin 2015
Un dessin magnifique qui illustre avec finesse ce récit sur la maladie d'Alzheimer, Damien Marie et Laurent Bonneau ont trouvé le ton juste.
C'est comme une plongée dans un esprit atteint de cette saleté qui vous bouffe la mémoire... avec ce dessin au fusain, aux traits floutés, presque effacés... ou seul Florent, victime de la maladie, héros de ce triste conte, apparait clairement, dessiné d'un trait clair et limpide.
Florent, qui fut un jeune père dépassé... et dont la mémoire bloque sur cet épisode traumatisant de son passé, la mort de sa femme, et surtout, la disparition de sa fille, sa petit Lilie en ciré jaune... le jaune, couleur solaire, point de repère de cet homme perdu dans le temps, prisonnier de ses souvenirs... La couleur jaune, comme une ponctuation d'amour dans ce noir et blanc linéaire et labyrinthique... Sa fille, sa petite Lilie, perdue, il y a si longtemps, sur ce bateau... La retrouvera-t-il ici, maintenant ?
Un livre superbe, troublant, qui se lit trop vite....
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trust_me
  10 septembre 2014
Florent a beaucoup perdu tout au long de sa vie. D'abord sa femme, dont le suicide a fait de lui un père esseulé et incapable de faire face. Sa fille, ensuite. Lilie ne lui a jamais pardonné la mort de sa mère et l'a toujours tenu responsable de cette tragédie. Aujourd'hui, il voudrait la retrouver mais il ne la reconnaît plus. Son mal porte un nom terrible et glaçant : Alzheimer. La maladie n'est pas le seul sujet de cet album bouleversant. La rancoeur, les non-dits, ces choses qui nous éloignent les uns des autres et n'engendrent au final que tristesse et remords sont également des thématiques abordées avec beaucoup d'habileté.

Difficile de mettre en images une mémoire défaillante. Les souvenirs surgissent par bribes, sans réelle hiérarchie. Ils s'imbriquent, se chevauchent, se télescopent, s'estompent, s'effacent. Que reste-t-il de tangible ? A quoi se cramponner ? le récit restitue à merveille ce puzzle mémoriel dont les pièces se perdent peu à peu.

Le dessin de Laurent Bonneau, d'une grande sobriété, suggère les périodes de flottement, de vide, d'absence d'éléments temporels concrets auxquels Florent pourrait se raccrocher. Les grandes cases, très dépouillées, illustrent le "brouillard" dans lequel son esprit s'enfonce chaque jour davantage. C'est subtil et très lisible malgré l'aspect à première vue "décousu" de la narration.

Un album à lire comme une course poursuite. Contre le temps qui passe et efface. Contre une maladie impossible à vaincre. Contre l'amour perdu d'une fille à laquelle on n'a jamais, absolument jamais, cessé de penser au fil des années. le récit émouvant d'un combat perdu d'avance, déroulé avec une intelligence et une pudeur remarquable.


Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Zazette97
  06 septembre 2014
En librairie depuis le 27 août, "Ceux qui me restent" est un album écrit par Damien Marie et illustré par Laurent Bonneau.

L'avenir de Florent et Jenny s'annonçait plein de promesses. Mais à 39 ans, Florent se retrouve veuf et seul avec Lillie, leur fille de 5 ans.
Durant la traversée qui les ramène en France, Lillie s'égare et, en état de panique, Florent la cherche partout.
Bien des années plus tard, dans sa maison de retraite, il la cherche encore et toujours...

"Ceux qui me restent" traite d'un sujet qui me touche profondément - la maladie d'Alzheimer - et que j'avais déjà évoqué dans mon billet sur "Alzheimer mon amour" de Cécile Huguenin.
Il m'a d'autant plus émue que j'ai perdu mon grand-père l'an dernier et que certains passages m'ont rappelé de pénibles moments.
Mon grand-père est mort seul dans une chambre d'hôpital et j'aime à penser qu'au moment fatidique, il lui restait ne fut-ce qu'une image paisible. Rien qu'une seule.

Florent est un vieil homme en prise avec de douloureux souvenirs qui lui font constamment chercher sa fille, alors que celle-ci vient lui rendre visite toutes les semaines.
Le lecteur entre dans sa mémoire (ou plutôt ce qu'il en reste) décousue par le biais de flash-backs entrecoupés par des scènes du quotidien le montrant entouré de sa fille ou du personnel médical.
Enfermé dans ses derniers zestes de mémoire, prisonnier entre passé et présent, Florent fugue constamment de sa maison de retraite pour retrouver sa fille.
Une fille avec laquelle il a perdu contact pendant un long moment et qu'il confond avec sa femme.

Damien Marie et Laurent Bonneau ont selon moi parfaitement su retranscrire toute la confusion qui règne dans l'esprit de ce vieil homme qui revit en boucle le même cauchemar au quotidien.
Le dessin sobre et légèrement flouté (certains remarqueront que le titre semble légèrement effacé), les couleurs passées, la narration éclatée rendent compte de la solitude extrême qu'impose la maladie d'Alzheimer.
Jusqu'à ce dernier plan montrant Florent à la dérive, seul sur une mer qui s'étire au loin, comme perdu à jamais.

Un album qui m'a laissée sans voix, submergée par l'émotion. Un coup de coeur comme ils se font trop rares ici. Et pas des moindres.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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jamiK
  10 décembre 2018
La façon dont est composé le récit m'a surpris, les premières scènes sont vraiment déconcertantes. le graphisme est assez froid, avec des aplats de couleurs qui mettent un peu mal à l'aise, un trait mélangeant un crayonné brut, mine de plomb avec quelques traits plus nets, et une ambiance sordide et triste, beaucoup de pluie, des ciel gris, des décors sans vie. Mais lorsqu'on comprend, lorque le puzzle se dévoile, c'est le choc. La manière avec laquelle les auteurs nous amènent dans le drame de la maladie et vraiment terrible, choquant et en même temps délicat et subtil, on entre dans la pensée du malade, dans sa manière de voir les choses, de revivre les moments durs de sa vie, de se perdre dans ses souvenirs insupportables. le graphisme lui même participe au drame, le visage de la belle mère est à moitié gommé, le choix des détails, la tristesse des couleurs, tout est savamment posé, rien n'est laissé au hasard. Il y a peu de mots, le strict minimum pour saisir les caractères. C'est une bande dessinée émouvante, très dure et pourtant très belle, à ne pas lire si vous avez le bourdon.
Magistral.
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Asil
  19 novembre 2014
Ceux qui me restent est une BD délicate. Ici pas d'esbroufe, seulement de l'authenticité. le sujet de la maladie d'Alzheimer est traité de l'intérieur, l'auteur nous plaçant dans l'esprit de Florent, malade, perdu entre passé, présent et imaginaire.

Les débuts sont d'ailleurs assez déroutants, j'ai eu du mal à suivre son esprit torturé. Une fois que le lecteur a compris ou il est, comment le récit fonctionne, la fresque dépeinte par Damien Marie frappe de plein fouet.

Au fil des pages, on en apprend de plus en plus sur cet homme. Sur son passé, de sa rencontre avec sa futur épouse aux évènements dramatiques qui le mèneront à délaisser ceux qu'il aime. le récit prend une dimension supplémentaire en s'attardant sur la vie de Lilie, sa fille, sur ce qu'elle ressent face à la maladie de son père. le désarroi de Florent, celui de Lile, la solitude qui semble les unir, tout est touchant.

Les dessins de Laurent Bonneau soutiennent totalement le propos. Les décors à peine esquissés parfois, le peu de couleurs qui subsistent, tout est fait pour nous rappeler que nous ne sommes pas dans la réalité mais bien dans l'esprit de Florent.

Je ne suis pas sure que cette bande dessinée plaise à tout le monde, le sujet est trop sensible, en tout cas, à moi, elle m'a parlée.
Lien : http://calokilit.wordpress.c..
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Peteplume
  25 novembre 2017
C'est d'abord le dessin que j'ai aimé: réaliste sans être photographique, tantôt net pour que chaque personnage soit facilement identifiable à tout âge et tantôt flou pour évoquer celui des souvenirs. le texte n'a cependant rien à envier aux illustrations; réduit à son minimum mais extrêmement évocateur des émotions, des sentiments, des situations, de l'angoisse que celles-ci génèrent…. Bien qu'on passe constamment d'une époque à l'autre, on ne s'y perd pas et c'est un tour de force que les auteurs ont parfaitement réussi. Pour moi, c'est un livre qui met en scène — fort habilement — la difficulté des relations entre parents et enfants. Et paradoxalement, c'est au moment où la communication est limitée par la perte des facultés cognitives que celle-ci peut se rétablir…
C'est un ouvrage extrêmement touchant que je recommande sans réserve — et pas seulement à ceux/celles dont un proche est touché par une maladie du type Alzheimer.
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