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ISBN : 2246529417
Éditeur : Grasset (28/08/1996)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Sarah, étudiante, est prête à tout pour trouver un toit. Devenir bonne à tout faire lui assurera, croit-elle, la quiétude dont elle rêve.
Bientôt installée chez Laura et Bernard, ses patrons, Sarah tait sa véritable identité...
Jeux d'ombres, de facettes, facéties : tout se déroule à huit clos.
D'esquives en glissements, de répétitions en captations imaginaires, chacun chemine et se transforme aussi radicalement que le décor de l'appartement. Qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nowowak
  09 août 2019
Dans cette usine du non-plaisir elle se plait. Voilà un bon résumé de la venue de Sarah dans l'antre du désespoir. Elle développe une vocation de faire-valoir. Concernant son absence de projets, elle met les choses au clair très vite : "J'aurais pu choisir le mariage mais je n'ai pas l'attachement facile. Les relations affectives m'insupportent. J'aime le monde, me mêler au bruit et au mouvement, côtoyer des êtres qui me sont indifférents, sentir la vie sans autre aliénation".
Cette lecture voulue coïncide étrangement avec celle consacrée à Louise, la bonne (d'enfants) d'une "Chanson douce". Les deux univers se croisent, la thématique est la même. L'intrusion dans un foyer d'un élément allié mais perturbateur qui va peu à peu contrôler cette atmosphère psychologique à couper au couteau. Dépourvue d'envie et d'ambition Sarah est la bonne. Celle qui relègue dans l'antichambre ses désirs enfouis. Les enfants ne sont pas ici l'enjeu puisqu'il n'y en a pas. le parallèle avec Louise se joue sur le glissement progressif vers l'enfer du mal-être. Laura n'est pas Myriam, c'est une maniaque limite sociopathe qui ne donne pas envie de la connaître.
"Laura me regardait à l'ouvrage, avec un tel entrain que j'aurais pu aller jusqu'à lessiver sur le mur mon ombre qui le tachait".
Ignorante de toute frivolité, elle passe ses journées à ne rien faire, à attendre la mort. Laquelle ? Habituée à voir ses domestiques s'échapper en courant, elle choisit Sarah comme alliée face à un mari qu'elle sent toxique. Elle veut une complice à ses petites manies. Tout est nuisible dans l'environnement de Laura à commencer par elle-même. L'hygiène est sa seule préoccupation. Bien que très belle, possédant un corps parfait, mais inerte et morne, elle se considère comme une "poubelle à désinfecter". Même la vie elle la passe à l'eau de Javel. Que va-t-il advenir de ce trio ? 
"A vingt-cinq ans, elle vivait comme ces vieillards enfermés à l'asile, trottinant du lit au fauteuil et du fauteuil à la salle de bains."
Un huit clos étouffant. Pour Laura qui ne sort jamais et se fait livrer ses courses les rues sont des bouillons de culture microbienne. Sarah aime traquer la saleté, elle s'amuse de cette phobie et décide de se faire une tanière dans ce chaos. Sa patronne l'émeut. Vont-elles se compléter ? Assurément un bon livre, il fut sélectionné pour le Goncourt et son auteur qui fut psychiatre et psychanalyste aurait pu prétendre à une grande carrière si elle n'était pas disparue "prématurément" à l'âge de 53 ans. Voilà ce que son éditeur écrivit comme nécrologie :
"Le 28 septembre 1996, Isabel Marie écrivait le mot fin au bas de son roman {La Malle}. Une heure plus tard, elle se pendait. Impossible dès lors de parler de ce roman comme d'un texte anodin. de quoi s'agit-il ? La narratrice naît en prison, à Barcelone, en 1943. Ses parents ont été arrêtés quelques semaines plus tôt en tentant de franchir les Pyrénées. Rejetée par sa mère, la petite fille a trois ans quand elle est confiée à un couple âgé et sans enfant qui vit en région parisienne. Elle mène une vie modeste, chez ces gens incultes qu'elle n'aime pas, et dans le même temps, fréquente un des établissements scolaires les plus huppés, payé par la mère. Bachelière et désormais indésirable dans sa famille d'accueil, elle s'inscrit en faculté et rencontre Henri, un dentiste qui, éperdument amoureux, l'épouse. Mais bientôt, sa vie bourgeoise et médiocre l'ennuie. Une nuit, une voix de femme sanglote au téléphone : sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis longtemps, s'épanche. Pedro Donga, celui que la narratrice a toujours cru être son père, et qui s'est pendu quelques années plus tôt, n'est peut-être pas son père..."
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FRANGA
  20 mai 2012
C'est un livre étrange que celui-là…
L'histoire commence d'une façon plutôt banale, une jeune étudiante en philosophie prête à tout pour trouver un toit, épluche les petites annonces pour trouver un emploi comme employée de maison.
Et puis, on se rend très vite compte au fil de la lecture que le couple chez lequel elle est embauchée ne tourne pas très rond… le mari est très occupé et sa femme est une névrosée obsessionnelle.
On rentre très vite dans une sorte de machination qui, pour ma part, m'a tenue en haleine jusqu'à la fin du livre.
C'est le premier livre de cette auteur que je lisais et comme vous pourrez le constater, j'en ai rajouté un deuxième dans mes livres en cours.
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cathe
  21 septembre 2015
Quelle drôle d'histoire que celle racontée dans ce roman. L'impression de malaise que j'ai ressentie à sa lecture me revient encore longtemps après !
La narratrice, Sarah fait des études de philo mais, ayant raté l'agrégation, et ne souhaitant de toutes façons pas enseigner, choisit de devenir employée de maison. Pour elle, accomplir les tâches ménagères est une activité répétitive qui permet d'occuper le corps en laissant l'esprit libre. Comme lieu de travail elle choisit une grande et belle maison habitée par un homme très occupé et une femme névrosée et obsessionnelle. Logée sur place, elle épouse les habitudes du couple.
Au fil des semaines, elle devient la confidente de la femme et se rend indispensable au couple . Peu à peu la situation évolue et on se rend compte qu'elle acquiert la maîtrise du foyer en manipulant l'un et l'autre. En libérant la femme de ses obsessions et de ses phobies, elle l'éloigne de son mari et prend sa place. Elle tire les ficelles de cette situation avec un parfait sang-froid jusqu'à la fin, un peu décevante toutefois.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   18 mai 2012
Les dialogues sont inventions d'écrivain. Chacun monologue, sourd à lui-même et à l'autre. Mon manque d'illusions m'a donné le goût de la solitude.
Mon apprentissage s'est fait par les livres et la méditation qu'ils provoquent.
Ma fréquentation d'autrui s'est limitée à cet échange muet. Le peu de rencontres que je n'ai pu éviter m'a confortée dans cette opinion que les relations humaines ne sont que vent et rumeur...
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FRANGAFRANGA   18 mai 2012
Le comportement des êtres m'intéresse d'autant plus qu'il m'est étranger. Je décrypte mes semblables avec passion, renforcée à chaque fois dans ma conviction que peu agissent pour les raisons qu'ils invoquent. Si la haine est le sentiment le plus partagé, il est celui qui me fascine. Je ne me souviens pas l'avoir éprouvée : l'aurais-je souhaité que je n'y serais pas parvenue. L'indifférence en moi est trop forte pour que je puisse m'adonner à la passion.
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FRANGAFRANGA   18 mai 2012
Les travaux ménagers ne m'ont jamais rebutée. Ils occupent les mains et laissent l'esprit libre. Personne ne vous dérange dans l'effort quand la réflexion vous abandonne aux perturbateurs.
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FRANGAFRANGA   19 mai 2012
Le monde est la scène où les autres tiennent le rôle que nous leur destinons. Toute vie est oeuvre singulière dont chacun doit écrire le scénario.
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FRANGAFRANGA   18 mai 2012
La mémoire, c'est notre metteur en scène, l'arrangeur de notre vie. C'est elle qui choisit la séquence, le découpage, le collage, l'ordre et qui, selon son talent, fait de la vie la plus banale, un roman.
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