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ISBN : 2072705029
Éditeur : Gallimard (13/04/2017)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 110 notes)
Résumé :
L'un boit, l'autre sniffe, le troisième fornique à corps perdu. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d'un nouveau genre. Ils y trouveront ce qui n'était pas prévu : la polyaddiction. Ça secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l'entraide, l'amitié, et l'amour, le bel amour.Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée, ce r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  09 octobre 2015
Le premier type passe son temps à courir. Des kilomètres à avaler les champs de sa campagne. Il ne sent plus la douleur. Il la recherche juste comme sa dose d'adrénaline. Il court, il court, et ne baise même plus sa femme. Ne pas mélanger plaisir et performance. Il doit garder son influx pour la course. Uniquement. Comme un drogué du sport qui écoute les variations Goldberg de Gould.
Elle boit plus que de raison. du matin au soir. Une gueule de quinquagénaire, pourtant elle n'en a que trente, délaissée par son mari. le visage bouffé et bouffi par l'alcool. Elle ne le supporte plus, elle ne se supporte plus, elle ne supporte plus la société bourgeoise dans laquelle son mari la traîne au milieu de ses jeunes putes ou pouffiasses – ou est la différence dans ce milieu. Alcoolique.
Une gamine, à peine 17 ans, et pourtant des fréquentations peu fréquentables. Une dose. Deux doses. Aller au fourgue et réclamer son matériel. de l'argent, petits vols, je me déshabille, touche-moi, je descends ton pantalon, je te suce. File le fric. J'en ai besoin. Une accroc, une droguée.
Rouge, impaire et manque. Faites vos jeux. La bille d'ivoire tourne, tourne, comme un manège désenchantée. Elle cogne contre le 0, le dix, le 69, cogne tous les numéros comme une boule de flipper, rien ne va plus, elle s'arrête sur le mauvais numéro. Il a tout perdu, l'argent du loyer, la prime mensuelle, même les extras pour les putes. Pourtant, il a eu la main chaude toute la soirée, au poker. Mais il ne peut s'empêcher de finir sa soirée à la roulette et sortir du casino comme un clodo les yeux rougis par la honte et la rage. Encore un de ces accrocs aux jeux qui devraient se contenter de parties entre amis ou de tirer quelques gains sur Winamax. Au lieu de flamber sa vie sur une bille blanche.
Je ne t'ai pas encore parlé de cet accroc au sexe. Certes, il a besoin de s'habiller en costumes pour assouvir ses besoins, tantôt en Napoléon, tantôt en poilu – et je ne te parle pas du sosie de Demis Roussos – ou en chevalier écuyer avec bottes et cravaches, et pour gicler à la face de ces conquêtes sa puissance, son venin, son fluide. Sans parler de sa collection privée de films pornographiques aux titres aussi poétiques qu'enchanteurs, Autant en emporte le gland, Enculons-nous dans les bois, Bite et Châtiment… Que du lourd et des gros nénés.
J'allais oublier ce curé pas comme les autres. Et non parce que c'est le sosie parfait du pape, réplique du pape François en banlieue parisienne. Son problème, une différence notable avec les habituels curés que l'on peut croiser pour peu qu'on aille s'agenouiller dans une paroisse le dimanche matin. Il aurait pu être pédophile, comme cela se fait si bien dans le milieu, mais non, il est cocaïnomane. Cela n'aurait pas dérangé le clergé s'il ne s'était pas mis à détourner les fonds et à piocher dans la quête pour aller se payer sa dose vers le paradis artificiel.
Au milieu de ces étranges personnages aux caractères bien extrêmes, il y a Clarisse que j'imagine en petit tailleur crème, string noir dessous, crinière noire et des cuisses à écarter. Profession : addictologue. Et elle a la folle idée de réunir toutes les personnes souffrant de ces addictions pour une thérapie de groupe d'un nouveau genre. Fini le cloisonnement entre alcooliques anonymes, la séparation des anorexiques ou des drogués de la drogue ou du sexe. Elle mélange tout le monde, pour une partouze cérébrale où chacun plonge son âme dans l'addiction des autres. Et lorsque tu remplaces ton addiction par celle des autres, cela donne un roman de Héléna Marienské avec folle frénésie et burlesque rebondissement. Une comédie de rentrée littéraire et une belle écriture même si l'histoire ne tient pas tout à fait la longueur du roman.
Par discrétion, peut-être, je n'ai pas évoqué ce gars, grand timide aux premiers abords, qui cumule tant de tares ou d'addictions, les achats compulsifs de bouquins, l'alcool, la drogue et le sexe… Surtout le sexe. Un type comme ça, mieux vaut ne pas le croiser dans une ruelle étroite et sombre tant il a une gueule à faire peur, du genre à ressembler à un bison fuyant la vie ordinaire.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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meeva
  13 septembre 2015
Vendredi 11 septembre :
Tiens, j'ai reçu un livre par Masse Critique. Les personnages sont des addicts. Si ça se trouve c'est Jules qui m'a inscrite pour celui-là, il prétend que je suis pleine d'addictions.
... ... ...
Bon, Jules m'a dit qu'à acheter autant de livres (brocante oblige) je me rappelais même plus que j'en demandais par les masses critiques, qu'il faudrait peut-être que j'arrête d'être accro aux livres mais que, au moins, prise par ma lecture, je n'irai peut-être pas m'acheter un cent cinquantième ensemble de sous-vêtements.
Là, j'ai fermé ma gueule. D'une, parce que la dernière fois, il avait prétendu cent vingt et je lui avais dit « tu exagères ». Mais alors il les a comptés et ça faisait plus. de deux, parce que j'ai pas oser lui dire que je venais d'en commander un par internet.

Samedi 12 septembre :
Midi :
Le début m'a pas emballé. Si ça se trouve je ne serais même pas frustrée de ne pas le finir ce week-end. Parce que je sais pas si Jules me laissera lire en paix. Il dit que je passe déjà mes nuits à jouer aux échecs sur internet alors qu'il faut pas je passe en plus mes journées à lire, surtout qu'il prétend que plus je lis, plus je bibine et que comme j'ai remplacé le whisky par la bière à quantité d'alcool équivalent, je fais bien d'acheter des sous-vêtements, parce que je pourrais bientôt plus mettre aucune autre fringue.
---
Nous éviterons d'exposer les savants calculs qui nous amènent à cette remarque, mais notons ici qu'un demi-litre de whisky par jour a donc été remplacé par deux litres et demi de bière à 8°, soit dix bouteilles de 25 cL.
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Il est très méchant, vivement mon groupe de paroles lundi soir, on verra ce qu'ils en disent les autres. Me dire ça à moi en plus, qui participe à un groupe des AA tous les mercredis soirs, par pure prévention, parce que je suis pas alcoolique.
Enfin, je pourrai aussi en parler à mon psy vendredi soir mais c'est dans longtemps.

Soir :
Ça y est, j'ai tout lu !
Un curé et une jeune paumée qui se cament, un prof de fac addict au sexe, une femme alcoolique, une autre qui s'adonne à des achats compulsifs, un fou de sport et un addict au jeu.
Plus une psy, qui s'appelle Clarisse, et un chien ou deux.
Alors le début m'a fait un peu peur.
Mise en place un peu sérieuse de l'histoire, sur un ton un peu particulier.
Oui mais.
Les chapitres alternent quelques points de vue, ce qui donne du rythme, c'est indéniable.
On accède aux réflexions de la psy par des lettres qu'elle envoie à un confrère.
Les pensées de Mariette sont présentées à travers son « journal ».
Pour les autres, c'est le narrateur qui s'y colle.

Et puis.
L'idée du bouquin est pas mal quand même.
Réunir tous ces addicts dans un groupe de paroles.
On se demande ce qui va en sortir.
Ce ne sont pas des agneaux et ça, Clarisse aurait pu s'en douter…
Et bien ça part en sucette dans un mode portnawak total délire.
Pas crédible ai-je lu en commentaire. Encore heureux, c'est ce qui m'a permis, personnellement, de vraiment en rire.
Parce que si c'était réaliste, toute cette misère morale réunie, ça m'aurait pas fait marrer du tout. du tout.
---
Par peur du spoil, nous tairons de bonnes raisons de trouver ce livre par moments très marrant.

Merci aux éditions Flammarion de participer aux Masses Critiques et merci à Babelio de les organiser.


L'inspiration musicale, c'est la scène du film de Tarentino où Mia sniffe de l'héroïne qu'elle prend pour de la cocaïne et fait donc une overdose en écoutant cette chanson à donf, pendant que Vincent Vega se fait de beaux discours dans les chiottes...
« […]
Girl, you'll be a woman soon
Please come take my hand
Girl you'll be a woman soon
Soon you'll need a man
[…]”
Extrait de “Girl you'll be a woman”, Urge Overkill :
https://www.youtube.com/watch?v=JAHA4Jh5jkw
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viou1108
  30 septembre 2015
Docteur, j'ai peur… Peur de commencer à écrire cette chronique. Pas parce que je crains de devenir accro à l'écriture (ça non, impossible, sinon je n'aurais plus assez de temps à consacrer à mon addiction de base, la lecture. Mais peut-être suis-je en plein déni ? mais dans ce cas, même si je suis addict aussi à l'écriture, les poly-addictions ont aussi du bon, non ? cf plus loin. Et puis de toute façon, j'arrête quand je veux), mais parce que j'ai peur du diagnostic.
Parce que ce roman m'a mis la tête en vrac, mais qu'est-ce qui m'arrive, je ne sais pas quoi en penser, mon cerveau m'envoie des signaux contradictoires. Avis aux psychanalystes freudiens parmi vous, aux psycho-analytico-comportementalistes, aux systémiques, aux psycho-théra- ou psycho-taré-peutes, aux guérisseurs de psychotiques (tac-boum) borderline, je vous résume les symptômes, en vrac, comme je disais, parce que, à force de compter les rails de coke de JC et les doses d'héro de Mariette, de passer des heures à la roulette avec Gunter, d'assister aux séances quotidiennes de 3000 abdos de Pablo et de suivre Mylène dans ses virées shopping à 4 zéros sur le chéquier, moi j'ai plus les idées très claires.
Donc, ça commence comme une quête très sérieuse, une recherche de la guérison (ou de la rédemption, selon JC), avec Clarisse, psychologue qui veut tester sur ses patients une méthode révolutionnaire. Une thérapie de groupe innovante, genre les addicts anonymes, qui réunit des patients souffrant d'addictions différentes (drogue, sexe, alcool, jeu, sport,…) : on les met ensemble, on les laisse parler (ou pas), et on voit ce qui se passe (à ce stade, ça sent déjà le foutage de tête psychologiquement incorrect). Les patients sont des addicts extrêmes, qui mettent leur santé ou leur vie en danger, ou, au minimum leur portefeuille. Certains sont détestables ou ridicules, d'autres font vraiment pitié, tous sont dans une souffrance sans nom, voudraient en sortir mais ne trouvent jamais plus de 5 minutes la volonté nécessaire. Bref, des épaves. C'est au moment où le lecteur se prend à espérer que la thérapie va malgré tout porter ses fruits qu'arrivent la rechute des patients, la chute du roman, la décadence de tous, et ça part en vrille, ça dérape, ça déjante dans un total n'importe quoi. On envoie furieusement balader tout l'arsenal « psy », et quitte à s'enfoncer pour ne plus remonter, allons-y joyeusement et partageons nos problèmes (comprendre : goûtons aux addictions des autres). Mais avant ça, réglons nos dettes pour pouvoir en profiter plein pot ensuite, et donc, direction Las Vegas et ses tournois aux gains millionnaires.
Voilà, je ne sais pas quoi penser de ces « ennemis de la vie ordinaire ». Roman fluide, rapide à lire, au style moderne que l'auteur adapte en fonction des personnages, totalement immoral mais jouissif, écoeurant mais accrocheur, ce n'est pas tellement le fait que la psycho-chose soit tournée en ridicule qui me gêne, c'est plutôt que les malades le soient. Mais heureusement, tout ça n'est pas réaliste, hein, docteur…
Conclusion : j'ai aimé et je n'ai pas aimé, alors j'hésite : suis-je schizophrène ou masochiste ? C'est grave, docteur ?
Prescription : retour à la vie ordinaire…
Merci aux éditions Flammarion et à Babelio pour cette découverte.

Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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tamara29
  03 octobre 2015
Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour le roman « les ennemis de la vie ordinaire » d'Héléna Marienské.
L'addiction : " la dépendance, ou addiction, est, au sens phénoménologique, une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire".
Des sujets soumis à des addictions diverses se retrouvent en thérapie de groupe. Leur psychothérapeute émet, en effet, l'hypothèse que cela pourrait leur permettre, face à d'autres addictifs en tout genre, de prendre conscience de leur dépendance, de chercher à comprendre leur origine, de plus facilement en parler, c'est-à-dire ‘'les sortir pour s'en sortir' et donc d'en guérir.
Les addictions les plus courantes : sexe, jeu (poker), drogue, alcool, achat compulsif et même sport. Addictions qui détruisent, ruinent aussi bien le compte bancaire que les liens avec l'entourage, la famille, le corps, le cerveau, le mental.
Mais, cette thérapie va avoir l'effet inverse escompté. Lors des premières séances, les « patients » se chahutent, s'agacent par leur caractère et origine sociale opposés, leur addiction différente, au grand désarroi de la thérapeute.
A travers ses lettres qu'elle écrit à un de ses confrères, on réalise qu'elle, souffre elle-même de dépendance (prise médicamenteuse et éprise de ce confrère) et qu'elle sombre peu à peu dans ses propres addictions, jusqu'à ne plus venir aux réunions et jeter l'éponge.
Les patients, face à la défection de leur psy, vont décider de poursuivre ces réunions de groupe et de s'unir pour ne plus chercher à se guérir de leur addiction mais, au contraire vivre avec, et même goûter à celles des autres, pour ne pas dire, en devenir eux aussi des addicts.
Leur problème majeur n'est donc plus de se guérir de leur addiction mais de résoudre les problèmes d'argent liés à celles-ci. Ils deviennent peu à peu un groupe soudé, partagent, s'entraident et bénéficient des « avantages » de certaines dépendances pour mieux profiter des leurs, les « assument », sans autant de culpabilité et s'en délectent, s'y baignent, s'y vautrent.
Certaines scènes sont cocasses, assez drôles, d'autres un peu trash, un brin immoral.
Malheureusement, j'ai eu parfois du mal à les suivre et, pour être franche, à vouloir les suivre à mesure que cela devenait un peu du grand n'importe quoi avec ces excès en tout genre. le final, leur virée au plus grand tournoi de poker de Las Vegas, ne m'a pas réellement enthousiasmée.
D'ailleurs, ce billet, manquant de souffle, montre ce plaisir qui s'est peu à peu étiolé au milieu du roman.
Il faut dire que je venais de finir « Acid Test » de Tom Wolfe, la « vraie » virée en bus conduit par Ken Kesey ou encore Neal Cassidy, respectivement auteur de « Vol au-dessus d'un nid de coucou » et « héros » de « Sur la route » de Jack Kerouac. Une consommation de drogue (notamment) quasi totalement assumée à l'époque. du coup, le deuxième roman traitant d'addiction n'a pas eu forcément le même impact sur moi. A moins que ce soit ces deux lectures similaires, coup sur coup, comme une impression d'abus d'addictions, comme cet état peu plaisant, un lendemain de fête ?
Ce roman a néanmoins l'intérêt de se questionner sur la société de consommation, les addictions qui en découlent, pour mieux supporter le quotidien, oublier un peu le quotidien et aussi bien sûr, réfléchir sur nos propres comportements addictifs, plus ou moins nocifs, plus ou moins agréables ; ceux qu'on nie, ceux qu'on accepte, ceux dont on veut se défaire…Allez, facile, moi aussi, j'arrête lundi, promis.
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LiliGalipette
  13 septembre 2015
Gunter est un joueur invétéré. Pablo est accro au sport et à l'effort physique. Jean-Charles se défonce à l'héroïne plusieurs par jour. Mariette est sans cesse en quête d'une nouvelle dose. Mylène est acheteuse compulsive. Elizabeth est alcoolique. Damien est accro au sexe. Ces sept personnes malades, chacune soumise à une addiction, sont réunies dans un groupe de parole encadré par Clarisse, thérapeute ambitieuse qui veut innover en manière de guérison. D'abord circonspects, les malades commencent à se confier. « C'est tout con, vous savez. Je veux pas crever. Je voudrais vivre, un peu au moins. » (p. 40) Avec la parole libératrice vient la prise de conscience et le début d'une camaraderie, et plus si affinités. Clarisse est rapidement dépassée par le groupe et sa volonté de guérir. Pour éponger les dettes des uns et des autres, le groupe se met au poker. « Si tu savais comme je le sens, le potentiel de notre équipe… On veut tous s'en sortir, tu vois ? / Une team pour quoi, d'abord ? C'est quoi cette histoire de team ? / Une team pour s'entraider. On travaille ensemble, on s'entraîne, on s'entraide. » (p. 208) Et voilà les sept malades qui écument les tables de jeu et les tournois internationaux.
Apprendre le poker pour se bluffer soi-même et se mentir, c'est un peu le problème de nos addicts de tous bords. Alors qu'ils luttent et échouent face à leurs dépendances, ils se découvrent des affinités et des faiblesses. Hélas, alors que le roman était d'abord attachant et drôle, il vire à l'improbable et au grand n'importe quoi. Ça commence comme un film de Claude Lelouch et ça finit comme un film de Paul Thomas Anderson. J'aime les deux réalisateurs, mais que le premier mute vers le second m'évoque plutôt le résultat d'un accident nucléaire que le dévoilement d'un super héros. Dernier point : je réagis de façon épidermique au namedropping bobochic. Désolée, zéro indulgence quand ça ne sert pas le propos.
Je garde en revanche un excellent souvenir d'un précédent texte de l'auteure, le degré suprême de la tendresse, où il est question de sexe, de fellation et de castration.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   08 octobre 2015
J’ai foutu trois fois aujourd’hui. Matin, midi et soir. Ces putes me ruinent. Je ne sais même plus si la gueuse de ce matin était blonde ou brune, grande ou petite. Son cul était charmant, peau douce, satinée… chatte rasée. Celle que j’ai prise cet après-midi était d’une vulgarité réjouissante. Fessue, puissamment jarretée. J’ai exigé qu’elle parle pendant que je la mettais, mais de quoi ? a-t-elle réparti ahurie, de quoi que je vous causerais ? Raconte-moi ton souvenir de pute le plus drôle. Elle a laborieusement fouillé sa mémoire, le front plissé sur ses sourcils redessinés au khôl, attendez voir, peut-être bien que les roubignoles coincées dans mon cul par le gros Marcellin, c’était fendard. Mais que oui, ma grande, très prometteur, raconte, raconte donc, dandine-toi et parle sans t’arrêter. Marcellin coincé raconté avec un accent parigot à la Arletty, c’était à mourir. J’ai giclé sur sa gueule tandis que ses lèvres me livraient cette narration mémorable. J’ai tellement déchargé que j’ai failli souiller mon costume d’écuyer cavalcadour.
Je tairai mes prouesses avec le troisième spécimen, coïtus horribilis. J’ai tellement peiné à juter que depuis j’ai mal au dos. Ça m’arrive de plus en plus souvent (le mal de dos, pas la panne, Dieu soit loué). Même l’autofellation, qui m’amusait, pour la forme, surtout, devient problématique.
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le_Bisonle_Bison   15 octobre 2015
Insouciante Hélène, naïve Hélène. A deux bras, Pablo l’empoigne et la fait sauter, crêpe surprise à ses côtés. Elle se retrouve sur le dos, les bras en croix, les jambes écartées, le tailleur chic remonté sur sa culotte gainante.
- Non mais tu es fou, s’interroge en beuglant la crêpe indignée, tu aurais pu me faire mal, qu’est-ce qui te prend ?
Il prend à Pablito qu’il a envie, très envie, de se faire sucer puis, après l’éjaculation faciale qui le tenterait bien, de la sodomiser à sec. Ce qu’il lui explique en des termes qui choqueraient le lecteur, taisons-les donc. Du reste, choquée, Hélène l’est aussi, et tente par divers mouvements ondulatoires d’échapper au fou, qui pue l’alcool, la sueur et le foutre, non mais que se passe-t-il, qu’est-il arrivé à son mari, on le lui a changé, elle se perd en conjonctures, cependant qu’il la coince, bouge pas cocotte, sois sage, elle se débat, il l’empoigne à nouveau, par les cheveux cette fois et avec un rire inquiétant, un ricanement méphistophélique, dans le même élan lui enfile coquette dans le bec, Hélène tremblante de rage va et vient sur le vit turgescent au rythme que lui impriment les mains très autoritaires de Pablo, et quasi asphyxiée, tape les avant-bras sur le lit comme une marionnette folle. Le monstre libère sa bouche et interroge : ça va pas, minou ? Tu es toute pâlotte…
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le_Bisonle_Bison   29 septembre 2015
- Je décongèle des pizzas, lance Hélène avec une douceur de mauvais augure. Margarita ou Caprese ?
Pablo se tait toujours. Depuis quand, des pizzas ? Hélène est TOUJOURS au régime, à ce stade ce n’est plus du régime c’est de l’anorexie, elle se nourrit de pommes vertes et de haricots verts aussi, bref ces pizzas sont louches.
- Je mets de l’huile pimentée ?
Le piment. Message codé. Message piégé. Message récurrent. Selon Madame, il conviendrait de pimenter. Pi-men-ter leur vie amoureuse, leur vie sexuelle, plus précisément. Faire dans le coquin, le débridé, le dessalé… et donc dans le très épicé. Elle veut quoi au juste ? Du fouet, du pipi caca, des joujoux, de l’orgie ? Pablo, pour sa part, reste assez prudent et se garde bien de s’informer. Le sexe, ça va un peu. Un sportif de haut niveau ne galvaude pas sa force, sa forme, c’est élémentaire, non ? Il se préserve.
Pablo regarde sans la voir sa femme squelettique enfourner une pizza-je-ne-sais-quoi épicée-pimentée-etc., et glisse dans ses oreilles de son iPhone. Du Bach, vite, les Variations Goldberg par Glenn.
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le_Bisonle_Bison   04 octobre 2015
L’alcool lui donne la puissance d’un dieu. Elisabeth erre dans l’appartement vide, parmi les œuvres que collectionne son connaisseur d’époux, hilare, forte, fière désormais. La fièvre la tient. Elle est passée au whisky, s’ouvrant un Glendronach de quinze ans d’âge, un truc sublime. Une fièvre la tient, réclamant l’action d’éclat, vite un fusil un garrot un merlin un trident, vite qu’on décapite, écartèle, empale, écorche, pulvérise, fende, cabosse le cabot, que je le tale et la mâchure – l’infâme ! que je me le schize, le défigure, l’éclate, l’explose, le décervelle, et le ronge et l’éviscère, il nous faut désormais des égorgements de cinéma gore ou de littérature musclée, des brutalités convenues, du couteau ou de la fourchette.
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le_Bisonle_Bison   01 octobre 2015
Damien Latrude extrait de sous son siège un casque de moto vitré et zébré de jaune, enfile son blouson de cuir et sort sans saluer quiconque. Cette petite Mariette est délicieuse, on en mangerait. Des seins, mais des seins… On imagine les globes fermes, hauts, l’aréole claire des femmes qui n’ont pas enfanté. Dès qu’il enfourche sa moto, sexe long et fin érigé contre le cuir de la selle, il se plait à se représenter longuement la jeune fille, et pas seulement ses seins : son visage doux, ses yeux verts, les boucles qui auréolent sont visage de vierge botticellienne. L’opale blanche de sa peau. Il sait qu’il en exagère déjà la beauté, il accélère, se dit dans un ricanement intime que la gamine doit de toute façon avoir le sida assorti de quelques hépatites, ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie, ô désirable petite pute…
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Un groupe d'amis réuni autour de l'excès. Et si leurs vices étaient cette insondable origine de l'amitié ? Une comédie incisive mais terriblement brillante !
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