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ISBN : 2290059579
Éditeur : J'ai Lu (05/04/2013)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 29 notes)
Résumé :
"Il n'y aura pas de fin heureuse. Autant le savoir d'emblée. C'est une histoire tragique, faite de répétitions et d'aggravations. Quelques silences entre les soupirs, les gémissements, les pleurs ou les cris, de douleur ou de rage. Une vie intense. Des corps nus, exhibés. Le mien au moins. Un récit impudique."
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  28 février 2019
La maladie nous expose. Nous expose à la souffrance, à la peur, à la douleur, à l'incommunicabilité, à la perte de notre identité, à l'angoisse, à l'affrontement de ce qui nous définit. A travers notre corps elle nous expose. Elle fait de nous  «  un récit impudique ». « La raconter n'est pas vraiment se faire violence, le mal est déjà fait. » Oui la vie, est « habitude », « assurance », « jouissance «  « élan ». « La vie répond à l'usage qu'on entend en faire ». Mais que faire lorsque notre corps ne peut plus lui répondre. La maladie peut faire disparaître le possible. Crée un vortex d'émotions, une « restriction », « un renoncement », une violence qui s'exerce sur soi et qui parfois nous pousse à la rediriger vers d'autres que soi. « Je me détruis de l'intérieur, progressivement , avec certitude ». Colère qui pousse hors de soi. La maladie nous pousse à devenir  « Un être du conditionnel », vulnérable. La maladie limite et nous l'imitons. Sans risques, nos espoirs s'amenuisent. «  le désir sublime le corps tandis que la maladie le dévore ». On devient malade, on devient patient, on se sent infiniment humain mais de plus en plus invisible dans le regard des autres. La maladie phagocyte. « L'histoire se terminera lorsqu'on ne parlera plus que d'elle quand on parlera de moi.Lorsqu ‘elle m'aura simplifiée à l'extrême jusqu'à ce que je ne sois plus qu'elle. Lorsqu'elle m'aura totalement dévorée ». Oui la maladie met hors de soi, elle nous dépossède, elle entrave. . Mais bien heureusement pour Claire Marin l'histoire n'est pas fini. C'est un récit rare, car celle ou celui qui est malade prend rarement la parole. Trop rassurant ou bien alors trop absent, l'entourage d'un malade est face à une impudeur qui lui revoit sa propre fragilité, son impuissance, sa propre finitude. On prend sur soi mais on ne peut pas prendre en soi cet « hors-je ». Comment alors dialoguer avec ce corps, comment le percevoir, comment l'oublier sans se perdre soi et les autres ? Oui le récit, non pas d'une maladie, mais de intériorité vécue d'un malade est assez rare je crois. Ce récit est pour toutes et pour tous. Celles et ceux qui connaissent en eux ou autour d'eux la maladie, mais aussi celles et ceux qui ne la connaissent pas. le livre de Claire Marin m'a infiniment touchée. J'ai accompagné mes parents durant les sept années d'une traversée en solitaire que leur a imposé la maladie. Cette vulnérabilité, cette colère, je les ai ressenties en eux, et par répercussion en moi. La maladie nous expose. A vivre plus farouchement, et certainement plus consciemment. La maladie m'a appris à écouter un regard et à demander aux mots leur raison d'être au présent.
« Hors de moi », le récit autobiographique De Claire marin, professeure de philosophie, a reçu en 2008 le Prix Littéraire de l' Académie de Médecine ainsi que le Prix Jean Bernard. Il est a souhaité que la lecture de ce récit soit demandée à tous les médecins, et futur médecins.
Astrid Shriqui Garain
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Sando
  03 février 2013
A travers sa propre expérience de la maladie, Claire Marin dit la souffrance du malade, sa perte d'identité face à des médecins qui ne voient plus qu'un corps, des symptômes au détriment de l'humain. Elle dit l'urgence à vivre l'instant présent quand tout devient plus fugace. Elle observe sa propre érosion, à 25 ans, contenant en elle un sentiment de colère et d'injustice face à cette maladie chronique, incurable, qui rythme sa vie. Elle dit la frustration du malade, condamné à être incompris, car la douleur ne se décrit pas, ne se partage pas, elle est propre à chacun, solitaire et dévastatrice. Elle dit l'espoir comme le désespoir et la lutte nécessaire pour ne pas finir dévoré par soi-même.
La plume de l'auteur est percutante, incisive. Elle a recours à des phrases chocs, qui trouvent un écho chez le lecteur et frappent par leur pertinence et leur justesse. Un texte fort, glaçant, qui décrit la maladie dans ce qu'elle a de plus concret. Les symptômes physiques et les conséquences psychologiques sont analysés avec le plus grand sang-froid. Un texte effrayant de réalisme et de lucidité, porté par une écriture clinique, qui nous montre la maladie vue de l'intérieur. Un témoignage passionnant et un titre bien choisi qui illustre parfaitement la position du patient, sa colère comme sa déshumanisation !
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Livresse_des_Mots
  14 août 2013
« Hors de moi » de Claire Marin est un roman d'une petite centaine de pages, qui puise sa force et son intensité dans l'écriture acérée et perspicace de son auteur. Celle-ci évoque sa maladie, que l'on ne peut que deviner car elle n'est jamais citée. Maladie chronique qui ne peut être soignée et avec laquelle elle doit composer afin d'essayer de vivre. Loin d'être un témoignage larmoyant et une exhalaison de Pathos, ce roman est touchant, que dis-je, poignant, et nous emmène au plus près de la maladie, de ce qu'elle a de plus cru, nous la voyons de l'intérieur et restons impuissants à l'évocation de ses symptômes physiques et psychiques. Nous suivons l'auteur au coeur des hôpitaux au point que le lecteur peut en sentir les effluves.
Claire Marin est une philosophe et cela transpire dans chacune de ses phrases : malgré la difficulté de témoigner d'un problème si personnel, si intime, le lecteur devine qu'elle a l'habitude des mots, elle les choisit et pèse chacun d'eux mots afin de traduire au mieux ses ressentis et ses sentiments face au calvaire qu'est sa vie. Victime d'injustice et d'incompréhension, sa vie est une lutte permanente contre la colère, la solitude, et l'envie d'abandonner le combat.
Dans ce roman qu'elle qualifie elle-même « d'impudique », Claire Marin se met littéralement à nu : elle parle de son corps comme d'une chose déshumanisée et manipulée sans vergogne par les médecins. Privée de son identité et de son intégrité, elle souffre de voir le corps médical nier son individualité et ne la traiter que comme un cas, une malade, un paquet de chair à étudier. L'auteur s'arrête longuement sur l'aspect avilissant de la maladie, sur tout ce qu'elle inflige au corps et à l'esprit qu'elle colonise.
J'ai été émue par ce parcours fait de souffrances et de douleurs. La plume incisive de l'auteur et ses propos pertinents font de ce récit une oeuvre brutale et réaliste. Ce roman est très court, prenez le temps de le lire et de vivre un profond moment d'empathie.
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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ay_guadalquivir
  12 août 2019
Lorsque la maladie s'empare de vous, elle devient une part de vous, omniprésente, qui vous transforme. Claire Marin, par une écriture directe, met en jeu ce nouvel atour, cette nouvelle perspective du corps et de l'esprit. Avec beaucoup de justesse, elle décrit la métamorphose : ce que l'on est, ce que l'on n'est plus, ce que les autres voient. Apprendre à vivre avec la maladie, selon la formule polissée...
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sam-sam
  03 août 2013
Puisse ce texte au scalpel faire aussi effet sur le CORPS médical...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LutvicLutvic   07 juin 2019
La maladie est un moyen malhonnête, inavouable, de retenir l'attention de ceux qui ne nous aiment pas assez, pas comme on le souhaiterait. C'est un stratagème d'enfant, dans la vie d'un adulte fragilisé, infantilisé par la maladie, pour retrouver la franchise d'un amour sans fard. Parce qu'elle ouvre une parenthèse où s'exprime l'affection que l'on tait d'habitude par pudeur ou par timidité, la maladie offre des moments où la parole caresse, calme les angoisses. On sait qu'elle attire l'attention de ceux que l'on aime. On en a besoin (Éditions Allia, 2019, p. 108).
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LutvicLutvic   07 juin 2019
On ne se croit pas capable de renoncer à la vie qu'on s'est toujours imaginée. Pourtant, on y arrive. Et plus la maladie impose d'obstacles, plus on repousse les limites des situations qu'on pensait être capable de tolérer. On renonce à une certaine idée de la santé, de la beauté, de la dignité. On accepte l'humiliation quotidienne de l'hôpital, les blessures que creusent les remarques des autres. On évite ceux qui, à force de maladresse ou pour se rassurer, enfoncent un poignard à chacun de leur regard compatissant. On ne dit plus grand-chose. On s'éclipse discrètement lorsque les collègues racontent leurs petits maux. On passe peut-être pour quelqu'un d'intolérant. Mais ces petits malades nous exaspèrent (Éditions Allia, 2019, pp. 101-102)
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Livresse_des_MotsLivresse_des_Mots   14 août 2013
Le malade est idiot. Enfermé dans sa douleur, dans son corps qui le torture, dans sa tête obsédée par la maladie ou possédée par la souffrance. Il ne parle plus comme les autres. Il ne conjugue plus qu’avec prudence ses phrases au futur. Il est un être du conditionnel. Si je vais bien, si je guéris, si je ne suis pas hospitalisé sont les sous-entendus de chacune de ses phrases. Pas de futur simple. Pas de projection spontanée. L’élan de la pensée, comme celui du corps est freiné par des charges invisibles qui pèsent sur les articulations de sa vie. Les mouvements, comme les espoirs, son plus lents.
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flambotteflambotte   21 juin 2018
Au coin du matin, sans raison particulière, le désir revient par surprise, alors qu'il semblait avoir déserté notre vie. On reconnaît sa mélodie. On se dit que c'est un souvenir mais il s'entête, nous habite. Et cette morsure de l'envie, de l'incertitude, de l'insatisfaction, de l'impatience n'est plus celle de la douleur. La douleur est désarmée. Elle passe au second plan. L'énergie revient. On oublie qu'on a mal.
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Livresse_des_MotsLivresse_des_Mots   14 août 2013
La musique est comme la maladie. Elle n’autorise pas qu’on la suive distraitement. Elle exige une attention constante. Elle ne s’accorde pas avec n’importe quelle humeur, elle impose un sentiment, elle le créé même chez celui qui l’écoute. Elle l’envahit, le possède. Être malade, c’est comme être obsédé par un même refrain agaçant, par une mélodie entêtante, qui accompagne chacun de nos sentiments, qui nous interdit d’être vraiment présent à nos propres pensées, qui colonise notre intériorité.
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