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ISBN : 2505057656
Éditeur : Dargaud (01/12/2017)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Marini réinterprète Batman pour la première fois en bande dessinée franco-belge. Quel lien secret Batman et le Joker partagent-ils avec une jeune fille mystérieuse ? Kidnappée par le Joker, le Chevalier noir doit plonger dans les profondeurs de Gotham City et s'engager dans une course contre la montre pour la retrouver. Les enjeux sont importants, et pour Batman, c'est personnel !
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  15 octobre 2018
En fan, c'est mon mari qui est fan et moi, qu'est-ce que je fait, eh bien je suis ! Ce qui m'a motivées, c'est surtout qu'il s'agit d'une histoire complète en seulement deux volumes et que le deuxième volume, je vais pouvoir le lire à la chaîne, donc pas besoin d'attente ! D'entré, j'ai été séduite par la petite présentation que nous fait Enrico Marini "On ne dit pas non à Batman" même si on ne saura jamais si ce dernier lui a remboursé le prix de sa fenêtre (petit clin d'oeil à ceux qui auront lu cette bande dessinée avec les avant-propos).
Batman, certes, comme tout le monde je connaissais mais surtout au travers des dessins animés que je regardais étant enfant et à certains films vus par la suite. Ici le dessinateur scénariste nous plonge dans un univers très sombre et pourtant, qui s'adapte bien à notre super-héros qui n'en reste pas moins qu'un homme lorsqu'il n'est tout simplement que Bruce Wayne. Aussi, si je vous disais que Batman est peut-être le père d'une fillette de 8 ans ? Vous me diriez que c'est impossible, n'est-ce pas ? Mais qu'en est-il de Bruce Wayne ? Se pourrait-il que celui-ci soit un père on ne peut plus négligeant qui n'a jamais entendu parler de sa fille et qui, par conséquent, ne s'en ait jamais inquiété ni même penser à pourvoir à ses besoins ?
C'est l'intrigue principale de ce premier tome et même si dans un premier temps, notre héros (peut-être pas si super sur ce coup-là), nie tout, les preuves peuvent s'avérer parler d'elles-mêmes et quand celle-ci est enlevée par le Joker, son pire ennemi, la question ne se pose même plus. Que cette fillette, Alina, soit la sienne ou pas, Batman se doit d'agir et de tout faire pour sauver cette dernière, et , par la même occasion, lever le voile sur sa probable paternité.
Un graphisme très sombre mais extrêmement bien travaillé et un premier tome qui s'avère être très prometteur ! A découvrir !
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Presence
  11 novembre 2017
Il s'agit d'une histoire complète en 2 parties réalisée par Enrico Marini, scénario, dessins et couleurs. Cette première partie est parue en 2017. Enrico Marini est également l'auteur de la série Les aigles de Rome, ainsi que le dessinateur des séries le Scorpion avec Stephen Desberg, et Rapaces avec Jean Dufaux. Ce tome commence par une courte préface de Jim Lee (1 paragraphe) indiquant tout le bien qu'il pense de l'imagerie riche et évocatrice, et de la narration cinématographique et assurée de l'artiste. Il y a ensuite une préface d'Enrico Marini établissant son respect pour le personnage de Batman, et remerciant les éditeurs qui ont permis à ce projet de se faire. Ce tome comprend 60 pages de bandes dessinées.
Dans un sous-sol d'un bâtiment indéterminé, une jeune fille (Alina Shelley) se demande ce qu'il est advenu de sa mère (Mariah Shelley). Elle entend une voix l'informant que papa vient la voir. Il s'agit en fait du joker qui a détient prisonnière, et qui fait fuir les rats devant lui. Il a apporté un couteau avec lui. Au manoir des Wayne, Alfred Pennyworth apporte un paquet cadeau violet avec un ruban vert à Bruce Wayne. Il lui indique qu'il l'a scanné et qu'il ne contient pas d'explosif. Dans les rues de Gotham, le gang de Joker essaie de semer les voitures de police qui poursuivent leur fourgonnette, avec leur patron sur le siège passager. Un des clowns ouvre les portes arrière du véhicule et commence à arroser les poursuivants avec une énorme mitrailleuse. Debout sur une gargouille d'un immeuble de Gotham, Batman observe sa ville en pensant au Joker, et au fait qu'il revienne toujours.
Alors que le clown tireur a réussi à dégommer quelques voitures de police, la fourgonnette est prise en chasse par Catwoman sur sa moto. D'un coup de fouet bien ajusté, elle arrive à faire choir le mitrailleur hors du véhicule. Joker a éjecté le conducteur de son siège parce qu'il avait commencé à tirer sur un joint, et il a pris sa place. de 3 coups de pistolet, il arrive à mettre la moto de Catwoman hors d'état de rouler. Batman fend les airs depuis son perchoir et atterri sur le toit de la fourgonnette. Il échappe aux balles tirées par l'un des clowns encore à l'intérieur, ainsi qu'à celles tirées depuis 2 autres véhicules avec également des clowns à bord. Mais Joker finit par perdre le contrôle du véhicule et par en percuter un autre. Il chute dans la rivière, et ses hommes de main se font dérouiller par Batman. Il est temps pour ce dernier de répondre à l'appel de James Gordon en train de fumer une cigarette électronique sur le toit à côté du Bat-signal.
C'est un événement. En effet ce n'est pas tous les jours, ni tous les mois, ni même tous les ans qu'un artiste européen réalise une histoire de superhéros Marvel ou DC dans un format BD de type franco-belge. Ce premier tome a d'ailleurs bénéficié d'une sortie simultanée en français et en anglais, et d'un bon niveau de publicité de la part de DC Comics. En outre, Enrico Martini est un auteur réputé avec plusieurs séries à succès à son actif. Il a choisi de réaliser une couverture sobre qui joue sur les tons noir et violet pour mettre en avant la masse de Batman et son visage fermé. Dans l'introduction, l'auteur indique qu'il a toute latitude pour créer sa version du personnage, à commencer par son apparence. Il a opté pour un costume sobre, assez réaliste de type armure souple, avec les bottes aux semelles crantées, et des oreilles courtes sur sa cagoule mais une cape assez longue. le lecteur observe également des genouillères et des gants renforcés, ainsi que l'absence de slip par-dessus le collant. Bruce Wayne n'apparaît que le temps de quelques pages, avec une stature identique à celle de Batman, et des tablettes de chocolat, visibles quand Selina Kyle le caresse.
L'artiste a disposé de la même liberté pour donner son interprétation de Joker et de Catwoman. Alors que Wayne semble être dans sa trentaine, Joker semble plus jeune, moins de 30 ans. Il a les cheveux en pétard, du maquillage noir au niveau des yeux, en forme d'étoile asymétrique, et un sourire élargi par du rouge à lèvre débordant sur les joues comme Heath Ledger, mais en moins baveux. Il a conservé sa peau blanche, son costume violet et il a opté pour un gros noeud papillon avec des smileys verts. Catwoman porte un costume privilégiant la praticité, sans décolleté pigeonnant, et avec les lunettes de protection. Elle effectue des acrobaties de ballerine, impressionnante, mais peut-être déplacées.
Tout au long du récit, Enrico Marini revisite les conventions visuelles classiques du personnage en y apportant sa touche. La pauvre jeune fille est détenue dans une cave spacieuse, avec crochet de boucher suspendu à une chaîne descendant du plafond et grosses tuyauteries. Joker effectue des mimiques pour faire apparaître son état d'esprit. Dans les quelques pages où elle apparaît, Harley Quinn se comporte essentiellement comme une enfant gâtée. le manoir des Wayne est montré dans plusieurs séquences et l'artiste rend bien compte de sa taille imposante, ainsi que des pièces spacieuses et richement meublées. de ce point de vue, Enrico Marini répond à l'attente du lecteur qui souhaite le voir s'approprier les personnages de Batman pour en donner sa version. En outre l'artiste a également composé son récit de manière à pouvoir se ménager des grandes cases ou des dessins en double page. Cela commence avec Batman sur une gargouille d'un immeuble de grande hauteur, contemplant la ville à ses pieds, en double page, avec une colorisation à l'aquarelle dans les teintes sépia. La scène sur le toit de l'immeuble du commissariat baigne dans une jolie lumière vert sauge. Il y a la vision de l'intérieur de la Batcave, tout en teinte vert-bleu avec un grand volume traversé par des chauves-souris. Il y a un dessin en pleine page dans lequel Batman s'élance vers le lecteur accroché à son câble, fondant sur lui depuis les toits, et un dessin en double page, dans lequel Batman est perché au sommet d'une antenne surplombant la ville. Cette dernière image répond au premier dessin en double page, montrant cette fois-ci Batman perdu, sans savoir quelle direction prendre, dans un bel effet miroir.
La mise en couleurs donne l'impression d'avoir été réalisée à l'aquarelle, complétant à merveille les traits de contour, pour donner de la texture aux surfaces, souligner les reliefs, et installer une ambiance par le biais d'une teinte dominante. Enrico Marini ajoute quelques petites touches de nature différente dans ce récit essentiellement basé sur l'action. Il y a bien sûr la dimension horrifique apportée par Joker et son comportement de tueur sans conscience, prêt à exécuter froidement et sans arrière-pensée la première personne qui le contrarie pour une raison connue de lui seule. Il y a également ce collier constitué de dents enfilées, idée macabre au possible, dessinée sans trop de réalisme, donc sans effet visuel écoeurant. Il y a un zeste d'érotisme avec la tenue d'Harley Quinn, un autre avec Selina Kyle en nuisette, ou encore des prostituées court vêtues dans une rue, mais à nouveau sans réelle conviction, une image sans grande émotion, juste une image factuelle. Marini s'avère beaucoup plus convaincant en tant que directeur d'acteurs, avec des postures naturelles et expressives, et un langage corporel réaliste.
Le lecteur se laisse donc facilement embarquer dans cette version personnelle de Batman. Il note l'histoire d'enlèvement d'une jeune demoiselle qui fournit la dynamique de l'aventure. Joker est motivé par la volonté de trouver un beau cadeau pour Harley Quinn : un diamant d'une valeur cinquante millions de dollars, appelé le Chat Bleu. En tant que scénariste, Marini ajoute une intrigue secondaire relative à une potentielle paternité de Bruce Wayne, et une mère qui entend bien monétariser cette paternité. Au départ, Bruce Wayne apparaît comme la personnification du contrôle de soi et de la virilité confiante, il perd peu à peu de sa superbe alors que le temps et que les chances de retrouver Alina Shelley vivante diminuent. Il semble incarner la maturité qui vient avec l'âge, dont les certitudes sont remises en cause. Face à lui, Joker semble incarner l'insouciance (criminelle) et la témérité de la jeunesse et sa capacité à prendre des risques dont il ne mesure pas les conséquences. Il apparaît plus imprévisible, violent et meurtrier pour le fun. Mais rapidement le lecteur éprouve l'impression qu'il n'y a rien derrière ces façades et cette potentielle thématique. Il se rend compte que Batman ne dégage aucune empathie, se retrouvant dans une situation classique après l'autre. de la même manière, Joker s'agite et assassine à tour de bras en fonction de son humeur du moment, sans réelle conséquence. Même Archie, un clown de petite taille, continue de travailler pour lui alors que Joker vient d'abattre sous ses yeux tous les individus qui composaient son gang, juste pour changer de personnel. La réaction première de tout individu même criminel aurait été de prendre ses jambes à son cou et de changer d'état pour mettre le plus de distance possible entre lui et ce maniaque. Harley Quinn passe pour une écervelée capricieuse, sans une once de second degré, ou de potentiel comique. Batman effectue les acrobaties qui sont attendues de lui, et se lance dans des combats physiques brutaux, mais presque mécaniquement.
Pourtant Enrico Marini ne copie pas servilement d'autres auteurs ou d'autres artistes qui l'ont précédé. Il est bien sûr possible de relever l'influence de Brian Azzarello & Lee Bermejo (Joker) ou encore de Lee Bermejo tout seul avec Batman : Noël), mais sans pouvoir qualifier ce récit de plagiat. Il y a des cases qui y font penser, mais plus comme une influence que comme un ersatz. Simplement, il n'arrive pas à insuffler assez d'émotion ou de motivation dans ses personnages pour les faire exister, pour que le lecteur se préoccupe réellement de ce qu'il leur arrive. En fait, ce récit souffre de la comparaison avec les meilleures histoires parues sous forme comics et nourries par plus d'éléments, par plus d'inspiration que celle-ci.
Le principe de vouloir mettre Batman en scène dans une bande dessinée à la française constitue un pari à double tranchant. D'un côté, c'est la quasi assurance d'en donner une version aux saveurs différentes de celles des comics ; de l'autre côté, c'est prendre le risque de trop s'éloigner de ce qui rend le personnage intéressant. Enrico Marini a réalisé un album personnel, s'impliquant pour donner sa version du Chevalier Noir, tout en respectant les conventions et les attendus d'une histoire de Batman. D'un point de vue visuel, le résultat est entraînant et dynamique. Par contre, le récit n'arrive pas à impliquer le lecteur dans cette suite de scènes où les personnages n'existent que visuellement, sans consistance psychologique, sans émotion naturelle, comme des fantoches factices. Même quand Marini essaye de donner de l'épaisseur à Joker en le lançant dans un monologue sur les vertus et les méfaits de la pizza, le lecteur n'y voit que le discours plat d'un individu s'écoutant parler, sans une once de folie.
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  08 novembre 2017
Batman fait partie de ces héros que l'on ne présente plus, au même titre que Superman. Et à moins que vous ne soyez nez hier, et encore il est probable que l'on vous affuble d'un t-shirt au logo de la chauve-souris, vous savez pertinemment qui il est. Créé en 1939 par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger, dans les pages de Detective Comics #27, il s'appelait à l'époque de The Bat-Man. Si lui et Superman se sont affrontés à de multiples occasions, ils ont su créer un lien d'amitié en étant tous deux membres de la Justice League. Mais alors que Superman est un descendant de la planète Krypton aux pouvoirs immenses, Batman lui n'est qu'un simple être humain à la musculature saillante, à l'intelligence affûtée comme celle d'un Sherlock Holmes, et au compte en banque d'un playboy multimilliardaire. Et tandis que le héros évolue dans les comics de chez DC Comics, et au cinéma depuis des dizaines d'années sous la coupe de Warner Bros., il se paye à présent le luxe d'une adaptation en bande dessinée par le scénariste et dessinateur italien Enrico Marini.
Si ce nom ne vous dit rien, Marini est celui à qui l'on doit la saga Les Rapaces, le Scorpion, ou encore Les Aigles de Rome. Cet homme né en 1960 en Suisse, a étudié le graphisme à l'École des Beaux-Arts de Bâle, et a su s'inspirer d'Hermann, Jordi Bernet, et Otomo, mais aussi des comics et des mangas pour perfectionner son trait. En 1987, Marini est repéré à l'occasion d'un concours de nouveaux talents du Festival de la Bande Dessinée de Sierre, où il se verra confier le dessin de la Colombe de la Place Rouge de Marelle. En 1992, il travaillera avec Thierry Smolderen sur Gipsy, puis avec Stephen Desberg en 1996 sur la duologie L'Étoile du Désert. Suivront ensuite Les Rapaces avec Jean Dufaux entre 1998 et 2003, et le Scorpion avec Desperg en 2016. Depuis 2007, Marini travaille sur sa création (scénario, dessins, couleurs) Les Aigles de Romes. Batman est son dernier bijou en date dont le tome 2 paraîtra au printemps 2018.
L'histoire débute avec le visage d'une petite fille assise dans les égouts appelant sa mère à l'aide. Arrive ensuite les rats effrayés par les pas du Joker, ennemi numéro 1 de Batman depuis sa création en 1940 (Batman #1). Vêtu de son costume violet et de son noeud papillon à pois verts, son sourire angoissant scindant son visage blanc en deux, et un couteau à la main, il menace. En parallèle on retrouve Bruce Wayne dans son manoir, où Alfred – son majordome – lui fait part de l'arrivée d'un paquet cadeau sans le nom du destinataire. Puis, la planche d'après on est embarqué dans une course-poursuite après que les minions clownesque du Joker aient braqué une bijouterie. Ils se retrouvent poursuivis dans les rues de Gotham par Batman, mais aussi par Catwoman qui tente de récupérer les perles qu'elle comptait elle-même voler. L'intervention de Batman permet de mettre fin à la course-poursuite d'enfer, précipitant le Joker du haut du pont Robert Kane (clin d'oeil à l'un des créateurs de Batman). de retour dans son repaire, le Joker est de très mauvaise humeur, puisque cette interruption de la par de la Chauve-Souris lui a fait perdre le collier qu'il comptait offrir à Harley Quinn pour son anniversaire. Après une improvisation et des disputes des plus sanglantes, le Joker découvre à la télévision que Bruce Wayne serait poursuivi en justice par une femme, Mariah Shelley, au sujet d'une mystérieuse petite fille…
Avec son scénario Marini se lance dans une adaptation du mythe de Batman tout en reprenant les personnages originaux que l'on connaît comme Harley Quinn, Catwoman, Batman, le Joker ou encore Killer Croc. Dès les premières pages on arrive à sentir le malaise et le côté imprévisible du Joker. Il est à la fois drôle, tranchant et lunatique. Comme à ses débuts, celui que l'on surnomme le Prince Clown du Crime n'a pas de limite dans sa personnalité frivole dictée par son humeur et ses envies de jeux. Ici, pas de « bling-bling » comme Jared Leto dans le film Suicide Squad, non, le Joker retrouve ses racines du mal, et on ne peut pas dire que l'on déteste. Celui qui a tant de fois tourmenté et mis à mal psychologiquement le justicier de Gotham, brille pas son esprit et son humour décalé. Face à lui, on découvre un Batman et un Bruce Wayne toujours aussi taciturne et mélancolique qui va être poussé dans ses retranchements par les actes de son ennemi. Pour les lecteurs de la première heure, on sait que la plus grande faiblesse de Batman reste son coeur, et il a beau avoir un self-control démesuré et un code de conduite moral – il ne tue pas – ici, il sera très vite habité par une rage nouvelle. On a aussi le droit de découvrir le côté playboy de Bruce sans que l'on ne sache encore sur quel pied il danse. Parlons maintenant de la mystérieuse petite fille kidnappée par le Joker, Alina. Cette dernière est une jeune fille assez directe dans ses propos au tempérament de feu mais qui possède encore cette innocence propre à l'enfant que le Joker pourrait vite briser selon son humeur. Alina n'a qu'un héros dans sa vie : Batman. Poupée de chiffon faite de ses petites mains, elle sait ce que représente celui que l'on surnomme le Chevalier Noir ou The Dark Knight.
Les planches de Enrico Marini sont à couper le souffle. le style est soigné, le trait vacille entre le dur et le doux, et on ne peut qu'admirer le rendu. Et que dire des couleurs ? C'est agréable et poétique. Les tons rougeâtres/orangé pour les parties du Joker et les actions, puis la froideur bleuâtres où apparaît Batman. Un effet de contraste qui va de pair avec l'esprit de chacun. le fait que Marini utilise des couleurs neutres pour le quotidien de Bruce Wayne donne l'effet d'un voile séparant la partie civile et la partie irréelle. Un choix très judicieux. C'est comme si Bruce et Batman étaient deux personnes distinctes, ce qui à mon humble avis est très souvent juste. Rien qu'en regardant les images ont peut facilement sentir le danger, la pauvreté et la tristesse qui rongent la ville de Gotham. C'est gris et froid, mais tellement beau. le charadesign est respecté et rappellera les premières apparitions des personnages dans les comics. le costume de Harley est un mix entre celui imaginé par Paul Dini – son créateur – dans la série animée Batman des années 90 et celui du jeu vidéo Batman : Akham Knight. On distingue parfaitement les couleurs et les allusions à son costume d'arlequin aussi mythique qu'elle. le Joker lui est dans le classique avec son costume violet et ses bretelles, ses cheveux verts hirsutes et son maquillage habituel. Son côté effrayant ressort très bien sous les traits graves que Marini lui donnent. de son côté, Batman reste avec son costume noir et gris, mais c'est surtout dans la dureté des traits de son identité civile que l'on peut voir qu'il en a vu des vertes et des pas mûres. La mâchoire carrée, les yeux sombres qui lui donnent du charme et une part de noirceur que ses nuits sans sommeil à arpenter les rues de Gotham lui ont gentiment offertes. Mention spéciale pour Killer Croc, que Marini a plus imaginé comme une grosse brute à la peau dure et écaillée, plutôt qu'en un monstre mutant reptilien. Un choix permettant d'incorporer plus facilement le récit dans un genre réaliste plutôt que fantaisiste. Et enfin, Catwoman qui arrive à être aussi dangereuse que sensuelle. D'ailleurs la nature de sa relation avec Batman est une affaire à suivre…
Le seul petit reproche que je pourrais faire ici, est le fait que l'histoire est en deux tomes, et qu'il est frustrant d'arriver en fin de tome 1 alors que l'histoire débute à peine. Néanmoins, il me tarde de découvrir la suite puisque plusieurs questions se posent ici. Que contient la boîte envoyée à Bruce, et de qui vient-elle ? Comment Batman va-t-il sauver Alina ? L'affrontement final entre les deux ennemis s'achèvera-t-il sur une note définitive ou laissera-t-elle la porte ouverte à plus ? Des réponses que j'espère trouver dans le tome qui paraîtra au printemps 2018.
Petit mot sur l'édition qui est au format franco-belge classique, fin avec une belle reliure. La couverte illustrée par Marini est magnifique. En fin d'ouvrage il y a quatre pages de croquis. À noter qu'une édition collector à tirage limité sortira le 1er décembre, avec une couverture différente et 12 pages de croquis inédits.
En conclusion, ce premier tome de Batman by Marini est certes trop court mais qu'est-ce qu'il est bon. Enrico Marini arrive à offrir un bel hommage à l'univers de Gotham qui voit défiler dans ses rues les plus sombres de dangereux criminels mais aussi le torturé Chevalier Noir. La folie du Joker est la véritable pièce centrale ici, les pages ruissellent de sa nature imprévisible. L'esthétique et l'ambiance sont un régal pour les pupilles, et on ne peut qu'en redemander.

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Davalian
  29 décembre 2018
Sans être un fan de Batman (mes références s'arrêtent à La série animée et aux films de la période Nolan), j'ai été surpris, et curieux, de découvrir cette aventure en deux volumes proposée par Enrico Marini.
Le résultat est plutôt bluffant. Nous voici dans un comics qui renie le découpage traditionnel, habituellement marqué par les publications hebdomadaires. L'histoire suit donc une trame unique qui ne sera coupée que sur la fin, le temps de lancer le tome 2. Si l'histoire suit un fil unique, fluide, le scénario révèle une certaine complexité dans sa construction : les flash-back sont nombreux et l'auteur joue avec ses lecteurs de manière habile.
Les dessins de l'auteur, sont très différents de ceux auxquels il nous avait habitués, et pour cause ! Nous voici avec une ambiance, sombre, nocturne. La violence y tient une place importante, mais sans complaisance. L'humour (notamment lorsque le Joker s'y mêle) est même de la partie.
En elle-même, l'histoire semble assez simple, mais la construction du scénario lui donne une certaine intensité. D'autant que l'auteur joue avec une certaine révélation, laissée en suspens. Outre le Joker, Batman et Alfred, plusieurs personnages récurrents sont de la partie : Catwoman, Gordon, Bullock et Killer Croc.
Si l'histoire se lit vite, elle se révèle plaisante et peut séduire un large public, adulte certes, mais un public qui ne se limite pas aux adaptes du justicier masqué. Un bon cru, vivement la suite !
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LireEnBulles
  03 novembre 2017
Batman fait partie de ces héros que l'on ne présente plus, au même titre que Superman. Et à moins que vous ne soyez nez hier, et encore il est probable que l'on vous affuble d'un t-shirt au logo de la chauve-souris, vous savez pertinemment qui il est. Créé en 1939 par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger, dans les pages de Detective Comics #27, il s'appelait à l'époque de The Bat-Man. Si lui et Superman se sont affrontés à de multiples occasions, ils ont su créer un lien d'amitié en étant tous deux membres de la Justice League. Mais alors que Superman est un descendant de la planète Krypton aux pouvoirs immenses, Batman lui n'est qu'un simple être humain à la musculature saillante, à l'intelligence affûtée comme celle d'un Sherlock Holmes, et au compte en banque d'un playboy multimilliardaire. Et tandis que le héros évolue dans les comics de chez DC Comics, et au cinéma depuis des dizaines d'années sous la coupe de Warner Bros., il se paye à présent le luxe d'une adaptation en bande dessinée par le scénariste et dessinateur italien Enrico Marini.

Si ce nom ne vous dit rien, Marini est celui à qui l'on doit la saga Les Rapaces, le Scorpion, ou encore Les Aigles de Rome. Cet homme né en 1960 en Suisse, a étudié le graphisme à l'École des Beaux-Arts de Bâle, et a su s'inspirer d'Hermann, Jordi Bernet, et Otomo, mais aussi des comics et des mangas pour perfectionner son trait. En 1987, Marini est repéré à l'occasion d'un concours de nouveaux talents du Festival de la Bande Dessinée de Sierre, où il se verra confier le dessin de la Colombe de la Place Rouge de Marelle. En 1992, il travaillera avec Thierry Smolderen sur Gipsy, puis avec Stephen Desberg en 1996 sur la duologie L'Étoile du Désert. Suivront ensuite Les Rapaces avec Jean Dufaux entre 1998 et 2003, et le Scorpion avec Desperg en 2016. Depuis 2007, Marini travaille sur sa création (scénario, dessins, couleurs) Les Aigles de Romes. Batman est son dernier bijou en date dont le tome 2 paraîtra au printemps 2018.

L'histoire débute avec le visage d'une petite fille assise dans les égouts appelant sa mère à l'aide. Arrive ensuite les rats effrayés par les pas du Joker, ennemi numéro 1 de Batman depuis sa création en 1940 (Batman #1). Vêtu de son costume violet et de son noeud papillon à pois verts, son sourire angoissant scindant son visage blanc en deux, et un couteau à la main, il menace. En parallèle on retrouve Bruce Wayne dans son manoir, où Alfred – son majordome – lui fait part de l'arrivée d'un paquet cadeau sans le nom du destinataire. Puis, la planche d'après on est embarqué dans une course-poursuite après que les minions clownesque du Joker aient braqué une bijouterie. Ils se retrouvent poursuivis dans les rues de Gotham par Batman, mais aussi par Catwoman qui tente de récupérer les perles qu'elle comptait elle-même voler. L'intervention de Batman permet de mettre fin à la course-poursuite d'enfer, précipitant le Joker du haut du pont Robert Kane (clin d'oeil à l'un des créateurs de Batman). de retour dans son repaire, le Joker est de très mauvaise humeur, puisque cette interruption de la par de la Chauve-Souris lui a fait perdre le collier qu'il comptait offrir à Harley Quinn pour son anniversaire. Après une improvisation et des disputes des plus sanglantes, le Joker découvre à la télévision que Bruce Wayne serait poursuivi en justice par une femme, Mariah Shelley, au sujet d'une mystérieuse petite fille…

Avec son scénario Marini se lance dans une adaptation du mythe de Batman tout en reprenant les personnages originaux que l'on connaît comme Harley Quinn, Catwoman, Batman, le Joker ou encore Killer Croc. Dès les premières pages on arrive à sentir le malaise et le côté imprévisible du Joker. Il est à la fois drôle, tranchant et lunatique. Comme à ses débuts, celui que l'on surnomme le Prince Clown du Crime n'a pas de limite dans sa personnalité frivole dictée par son humeur et ses envies de jeux. Ici, pas de « bling-bling » comme Jared Leto dans le film Suicide Squad, non, le Joker retrouve ses racines du mal, et on ne peut pas dire que l'on déteste. Celui qui a tant de fois tourmenté et mis à mal psychologiquement le justicier de Gotham, brille pas son esprit et son humour décalé. Face à lui, on découvre un Batman et un Bruce Wayne toujours aussi taciturne et mélancolique qui va être poussé dans ses retranchements par les actes de son ennemi. Pour les lecteurs de la première heure, on sait que la plus grande faiblesse de Batman reste son coeur, et il a beau avoir un self-control démesuré et un code de conduite moral – il ne tue pas – ici, il sera très vite habité par une rage nouvelle. On a aussi le droit de découvrir le côté playboy de Bruce sans que l'on ne sache encore sur quel pied il danse. Parlons maintenant de la mystérieuse petite fille kidnappée par le Joker, Alina. Cette dernière est une jeune fille assez directe dans ses propos au tempérament de feu mais qui possède encore cette innocence propre à l'enfant que le Joker pourrait vite briser selon son humeur. Alina n'a qu'un héros dans sa vie : Batman. Poupée de chiffon faite de ses petites mains, elle sait ce que représente celui que l'on surnomme le Chevalier Noir ou The Dark Knight.

Les planches de Enrico Marini sont à couper le souffle. le style est soigné, le trait vacille entre le dur et le doux, et on ne peut qu'admirer le rendu. Et que dire des couleurs ? C'est agréable et poétique. Les tons rougeâtres/orangé pour les parties du Joker et les actions, puis la froideur bleuâtres où apparaît Batman. Un effet de contraste qui va de pair avec l'esprit de chacun. le fait que Marini utilise des couleurs neutres pour le quotidien de Bruce Wayne donne l'effet d'un voile séparant la partie civile et la partie irréelle. Un choix très judicieux. C'est comme si Bruce et Batman étaient deux personnes distinctes, ce qui à mon humble avis est très souvent juste. Rien qu'en regardant les images ont peut facilement sentir le danger, la pauvreté et la tristesse qui rongent la ville de Gotham. C'est gris et froid, mais tellement beau. le charadesign est respecté et rappellera les premières apparitions des personnages dans les comics. le costume de Harley est un mix entre celui imaginé par Paul Dini – son créateur – dans la série animée Batman des années 90 et celui du jeu vidéo Batman : Akham Knight. On distingue parfaitement les couleurs et les allusions à son costume d'arlequin aussi mythique qu'elle. le Joker lui est dans le classique avec son costume violet et ses bretelles, ses cheveux verts hirsutes et son maquillage habituel. Son côté effrayant ressort très bien sous les traits graves que Marini lui donnent. de son côté, Batman reste avec son costume noir et gris, mais c'est surtout dans la dureté des traits de son identité civile que l'on peut voir qu'il en a vu des vertes et des pas mûres. La mâchoire carrée, les yeux sombres qui lui donnent du charme et une part de noirceur que ses nuits sans sommeil à arpenter les rues de Gotham lui ont gentiment offertes. Mention spéciale pour Killer Croc, que Marini a plus imaginé comme une grosse brute à la peau dure et écaillée, plutôt qu'en un monstre mutant reptilien. Un choix permettant d'incorporer plus facilement le récit dans un genre réaliste plutôt que fantaisiste. Et enfin, Catwoman qui arrive à être aussi dangereuse que sensuelle. D'ailleurs la nature de sa relation avec Batman est une affaire à suivre…

Le seul petit reproche que je pourrais faire ici, est le fait que l'histoire est en deux tomes, et qu'il est frustrant d'arriver en fin de tome 1 alors que l'histoire débute à peine. Néanmoins, il me tarde de découvrir la suite puisque plusieurs questions se posent ici. Que contient la boîte envoyée à Bruce, et de qui vient-elle ? Comment Batman va-t-il sauver Alina ? L'affrontement final entre les deux ennemis s'achèvera-t-il sur une note définitive ou laissera-t-elle la porte ouverte à plus ? Des réponses que j'espère trouver dans le tome qui paraîtra au printemps 2018.

Petit mot sur l'édition qui est au format franco-belge classique, fin avec une belle reliure. La couverte illustrée par Marini est magnifique. En fin d'ouvrage il y a quatre pages de croquis. À noter qu'une édition collector à tirage limité sortira le 1er décembre, avec une couverture différente et 12 pages de croquis inédits.

En conclusion, ce premier tome de Batman by Marini est certes trop court mais qu'est-ce qu'il est bon. Enrico Marini arrive à offrir un bel hommage à l'univers de Gotham qui voit défiler dans ses rues les plus sombres de dangereux criminels mais aussi le torturé Chevalier Noir. La folie du Joker est la véritable pièce centrale ici, les pages ruissellent de sa nature imprévisible. L'esthétique et l'ambiance sont un régal pour les pupilles, et on ne peut qu'en redemander.

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critiques presse (5)
ActuaBD   10 janvier 2018
Dessinateur hors pair, Enrico Marini nous confirme une nouvelle fois avec ce premier de tome de ce diptyque qu’il est également un bon scénariste. L’histoire, simple au premier abord, se révèle très plaisante à lire.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Bedeo   04 décembre 2017
L’ambiance très sombre et les couleurs font penser aux polars noirs des années 40-50 et le grand format de l’album donne la part belle aux magnifiques planches de Gotham en double page.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BoDoi   09 novembre 2017
Voilà donc une lecture plaisante et sans fausse note, mais qui ne restera pas dans les mémoires, faute de profondeur scénaristique.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Auracan   08 novembre 2017
On pensait que tout avait été dit au sujet du pire psychopathe du 9e Art, et pourtant on a l'impression que Marini nous en apprend encore quant à ce monstrueux allumé.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDZoom   31 octobre 2017
La patte Marini apporte une fraicheur et une sensation de proximité culturelle très agréable.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   08 novembre 2017
[Batman] Le Joker. Mon pire ennemi. Mon antithèse. On dit que le Diable ne voudrait pas de lui en enfer. On dit parfois la même chose de moi. J'ai tant de fois essayé de l'arracher de ma ville, de Gotham. Mais comme la mauvaise herbe il revient toujours.
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Dionysos89Dionysos89   03 février 2018
Je me pose souvent cette question, tu sais. Où est maman ? Est-ce que je l’aurais tuée… ?
Pardon, je pensais à ma propre mère… Je ne me souviens plus… Mon père, je l’ai tué, pour sûr… mais maman ?
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cicou45cicou45   15 octobre 2018
"_Une vapoteuse ? Vous avez l'air ridicule.
_Dit le type qui déambule en costume de chauve-souris."
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PresencePresence   11 novembre 2017
Comme chaque nuit, je rends visite aux bas-fonds de Gotham. J'interroge des crapules, des voleurs, des maquereaux, des prostituées. Je questionne la lie de la ville en quête d'indices sur les Joker. Mais cette fois, j'ai une motivation particulière , cette petite fille, Alina, entre les griffes de ce maniaque.
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PresencePresence   11 novembre 2017
Mariah Shelley, ex-serveuse, intente une action en reconnaissance en paternité contre Bruce Wayne lequel serait, d'après elle, le père de sa fille de huit ans. Mlle Shelley est défendue par l'avocat des célébrités John Ortega.
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Enrico Marini - Batman : the dark prince charming. Volume 2
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