AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Henri Coulet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070400565
Éditeur : Gallimard (13/03/1998)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 23 notes)
Résumé :

C'est une pièce sur le travesti et la séduction, sur les erreurs de la passion, dues à la vanité, à la légèreté, à la coquetterie, à l'amour-propre. Pour vaincre les ennemis de son amour, l'héroïne mène sur trois fronts trois intrigues de séduction. Mais le sentiment véritable est toujours victorieux, car il est dévouement lucide à autrui. Le triomphe est celui de l'amour... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Marti94
  19 juillet 2017
"Le Triomphe de l'Amour" est une comédie en trois actes et en prose de Pierre de Marivaux représentée pour la première fois en 1732 au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne dont le succès semble avoir été modéré, sans doute à cause de sa structure particulière qui mêle le genre romanesque de la pastorale à un sujet antique.
Léonide, princesse de Sparte, héritière d'un trône jadis usurpé par son oncle Léonidas, apprend un jour qu'Agis, I‘héritier légitime qu'on croyait disparu, vit auprès du philosophe Hermocrate et de sa soeur, Léontine. Ils élèvent Agis à l'écart du monde et dans la haine de Léonide. Refusant d'hériter d'une couronne volée, elle décide de rétablir ses droits en lui offrant, avec sa main, la possibilité de partager son trône. Elle imagine, secondée par sa suivante Corinne, un stratagème dont toutes les données sont révélées au spectateur dès la première scène et qui repose sur des effets de travestissement.
Achetant le silence et la complicité d'Arlequin et de Dimas, valet et jardinier d'Hermocrate, la princesse, déguisée en homme, s'introduit, sous le nom du voyageur Phocion, dans le jardin du philosophe, dont elle feint de solliciter les sages conseils. Devant sa méfiance, pour tromper sa vigilance, elle révèle son sexe, et fait l'aveu d'un amour qu'Hermocrate lui aurait, dit-elle, inspiré. Parallèlement, Léonide sous les traits de Phocion séduit également Léontine. le frère et la soeur déjà âgés et n'ayant jamais connu l'amour succombent vite à ses charmes.
Toute la pièce repose, via le déguisement, sur le rapport trouble qui va s'installer entre hommes et femmes. D'ailleurs; la confusion identitaire et sexuelle sont des procédés qui facilitent le quiproquo et l'imbroglio. Marivaux fait donc rire avec des propos qui sonnent toujours à double sens mais j'ai eu un peu de mal à ne pas m'apitoyer sur le philosophe et sa soeur qui, ayant déjà engagés les préparatifs du mariage comprennent qu'ils ont été séduits par flatteries et donc que l'amour qu'ils pensaient avoir trouvé est basé sur le mensonge. C'est là que Marivaux fait la différence avec l'amour «vrai» d'Agis mais, contrairement à Jean Vilar qui a encensé cette pièce, je ne suis pas entièrement convaincue.
Lu en juillet 2017
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Laureneb
  17 juin 2018
Cette pièce commence avec un marivaudage classique : une femme se fait passer pour quelqu'un d'autre pour arriver à séduire celui qu'elle aime en dissimulant sa condition sociale. Mais l'héroïne va ici plus loin, puisqu'elle déguise son sexe, se travestissant en homme. Elle devient une sorte de Don Juan au féminin, séduisant à la fois deux hommes et une femme, promettant le mariage à tous les trois. Si cette manipulation et ce retournement des genres ont un aspect jouissif - Argis, le prince, est sentimental, émotif, tandis que Léonide agit, ruse, et trompe les autres, j'ai cependant trouvé la fin décevante : les deux trompés ne protestent pas de la trahison. La femme séduite par une femme n'a pas le droit à la parole pour s'exprimer, et c'est finalement le couple attendu - voire légitime - qui est formé. La transgression et le travestissement disparaissent à la fin, la morale est sauvegardée - ce qui, pour une lectrice moderne, semble décevant.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Marti94Marti94   18 juillet 2017
HERMIDAS.
Mais, Madame, il faudra que vous les trompiez tous deux ; car j'entends ce que vous voulez dire ; cet artifice-là ne vous choque-t-il pas ?

PHOCION.
Il me répugnerait, sans doute, malgré l'action louable qu'il a pour motif ; mais il me vengera d'Hermocrate et de sa sœur qui méritent que je les punisse ; qui, depuis qu'Agis est avec eux, n'ont travaillé qu'à lui inspirer de l'aversion pour moi, qu'à me peindre sous les traits les plus odieux, et le tout sans me connaître, sans savoir le fond de mon âme, ni tout ce que le ciel a pu y verser de vertueux. C'est eux qui ont soulevé tous les ennemis qu'il m'a fallu combattre, qui m'en soulèvent encore de nouveaux. Voilà ce que le domestique m'a rapporté d'après l'entretien qu'il surprit. Eh d'où vient tout le mal qu'ils me font ? Est-ce parce que j'occupe un trône usurpé ? Mais ce n'est pas moi qui en suis l'usurpatrice. D'ailleurs, à qui l'aurais-je rendu ? Je n'en connaissais pas l'héritier légitime ; il n'a jamais paru, on le croit mort. Quel tort n'ont-ils donc pas ? Non, Corine, je n'ai point de scrupule à me faire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LaurenebLaureneb   17 juin 2018
PHOCION
J’ai pourvu à tout, Corine, et s’il me reconnaît, tant pis pour lui ; je lui garde un piège, dont j’espère que toute sa sagesse ne le défendra pas. Je serai pourtant fâchée qu’il me réduise à la nécessité de m’en servir ; mais le but de mon entreprise est louable, c’est l’amour et la justice qui m’inspirent.
Commenter  J’apprécie          20
Marti94Marti94   18 juillet 2017
LÉONTINE.
Il n'y avait que vous dans le monde capable de m'engager à la démarche que je fais.

PHOCION.
La démarche est innocente, et vous n'y courez aucun hasard ; allez vous y préparer.

LÉONTINE.
J'aime à voir votre empressement ; puisse-t-il durer toujours !
Commenter  J’apprécie          10
Marti94Marti94   18 juillet 2017
HERMIDAS.
Et voilà pourquoi Madame a pris le parti de se déguiser pour paraître ; ainsi tu vois bien qu'il n'y a point de mal à tout cela.

ARLEQUIN.
Eh ! Pardi, il n'y a rien de si raisonnable. Madame a pris de l'amour en passant, pour Agis. Eh bien ! Qu'est-ce ? Chacun prend ce qu'il peut : voilà bien de quoi ! Allez, gracieuses personnes, ayez bon courage ; je vous offre mes services. Vous avez perdu votre cœur ; faites vos diligences pour en attraper un autre ; si on trouve le mien, je le donne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Marti94Marti94   18 juillet 2017
DIMAS.
Eh ! Morgué ! Venez çà, vous dis-je ; depis que ces nouviaux venus sont ici, il n'y a pas moyan de vous parler ; vous êtes toujours à chuchoter à l'écart avec ce marmouset de valet.

ARLEQUIN.
C'est par civilité, mon ami ; mais je ne t'en aime pas moins, quoique je te laisse là.

DIMAS.
Mais la civilité ne veut pas qu'en soit malhonnête envars moi qui sis voute ancien camarade, et palsangué ! Le vin et l'amiquié, c'est tout un ; pus ils sont vieux tous deux, et mieux c'est.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Lire un extrait
Videos de Marivaux (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Marivaux
Pierre de Marivaux - La vie de Marianne, Livre 1 (FR)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

L’île des esclaves

Où se situe l'île ?

dans la Méditéranée
dans l'Atlantique
on ne le sait pas

5 questions
120 lecteurs ont répondu
Thème : L'Île des esclaves de MarivauxCréer un quiz sur ce livre