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EAN : 9782253086994
507 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (28/09/2005)

Note moyenne : 2.83/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Voici un livre qui rassemble l'oeuvre poétique d'une adolescence, c'est-à-dire, selon le sens romain, de cette première période de la vie qui, de la fin de l'enfance, conduit jusque vers trente ans. Dans leur diversité de formes, de styles et de thèmes - la politique, la religion et l'amour -, les poèmes de Marot, bien souvent dictés par les circonstances, ne rompent pas entièrement avec ceux de ses prédécesseurs, mais se défont des cérémonies d'un langage codé pour... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LeScribouillard
  21 décembre 2019
Il y a ces livres sur lesquels on a peiné tout le long, mais qu'on se félicite d'avoir terminé.
Parce que bon, je sais ce que vous allez me dire : comment, toi, Sylvain, amateur de fantasy bien bourrine et de musique dubstep, tu te mets à lire Clément Marot ? Et après tu t'étonnes que ça te plaise pas... Ah oui mais en fait non : il s'agit là de cette fameuse activité merveilleusement récréative que l'on nomme "lecture scolaire", et sur le fait de si j'aime ou j'aime pas, je vais me révéler beaucoup moins acerbe que vous ne le pensez.
Pour ceux qui connaîtraient justement pas Marot, c'est un poète rattaché a posteriori à un mouvement littéraire (comme un peu tout le monde à son époque, je crois), celui des grands rhétoriqueurs, qui devaient donc manier la langue comme on manie l'épée. Oui, mais. Il existe différentes sortes d'escrime, les maniérées et complexes pour désorienter l'adversaire, les raffinées pour montrer qu'on est pas des bêtes, les lourdes et imposantes afin de mieux l'effrayer. Et les plus simples qui vont droit au but.
Ce serait d'une mauvaise foi terrible de dire que le poète qui nous occupe aujourd'hui était le pire de son époque ; bien au contraire, il a ouvert la poésie française à davantage d'intimité en la préférant au style tape-à-l'oeil. Pourtant, on sent l'héritage de son époque, s'amusant à faire les formes les plus complexes possibles, quitte à user d'un vocabulaire parfois presque précieux, et paradoxalement le plus souvent si dépouillé qu'il ressemble à une simple conversation mondaine dépourvue de toute saillie. le style de Marot est extrêmement narratif, le tout s'accommodant mal des rimes qui lui préfèrent les textures ou la fantaisie du poète. Les thèmes, peu variés, tournent essentiellement autour de l'amour, charnel et christique, mais tous les éléments subversifs, questionnements ou plaisanteries grivoises, se font rares et très vite évacués.
Cela dit, on doit lui reconnaître une certaine aisance dans le style : quand vous écoutez, je sais pas, moi, du technical death metal, vous l'écoutez pas pour l'aspect mélodique ou agréable ; vous l'écoutez pour voir comment le musicien va s'enfermer dans son propre carcan de règles influant sur l'irrégularité et la complexité de sa musique et comment il va retomber sur ses pattes. Pour Marot, c'est pareil : vous allez pas le lire parce que c'est passionnant, mais pour voir les différentes expérimentations jusqu'au-boutistes qu'il va faire avec le style. Et quelle mine d'or de découvertes : rondeaux parfaits, rimes batelées, rimes couronnées... Les notes en bas de pages nous expliquent des trucs auxquels on n'aurait jamais pensé nous-même. Bref, c'est peut-être pas une bonne idée de reprendre toutes ces techniques, mais piocher dedans peut s'avérer bénéfique pour travailler la forme du moment que ça reste sans la laisser étouffer le fond.
Voilà donc un recueil qui me laisse perplexe : d'un côté je l'ai trouvé d'un ennui absolument prodigieux, d'un autre je ne peux pas dénier l'aisance de l'auteur. Sans doute à lire avec modération...
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vincentf
  13 août 2012
Ecriture de jadis où se mêlent vieux mythes antiques, piété chrétienne et louanges amoureuses, ce recueil nous plonge dans un temps où la poésie servait, sinon à quelque chose, du moins à quelqu'un, un prince que l'on flatte, une dame que l'on révère, un Dieu que l'on adore. Ces pièces de circonstance, quel plaisir peuvent-elles procurer au lecteur d'aujourd'hui, étranger aux gens d'hier? le plaisir qui reste, c'est celui du jeu des mots dans les formes fixes, notamment dans celle du rondeau, qui, par le retour, au milieu et à la fin, des premiers mots du poème, joue sur les sens d'une formule souvent magique. Encadrés de règles strictes, les poésies de Marot ont la fraîcheur des enfants qui s'amusent à ne pas dépasser les lignes en coloriant. le dessin est souvent le même, vu mille fois, mais on le regarde quand même, parce que le poète s'y bien appliqué et que les couleurs sont souvent assez originales.
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flolunaire
  13 août 2013
Un recueil qui met en scène un jeune homme qui se tourne du côté de la cour ou du côté des joies plus simples. Un pied dans le Moyen-Age qui n'en finit pas de mourir et déjà un pied ferme dans une Renaissance que François Ier tente d'imposer dans ce pays bizarre qu'est la France.
Du lyrisme, de l'éloquence et une pointe d'humour; on passe du rire aux larmes, du scepticisme à l'amusement, le tout dans une langue qui, elle aussi, sort de l'enfance et joue avec les richesses du vocabulaire existant ainsi que celui qui est en train d'être mis en place.
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Aliceinwonderland
  02 septembre 2013
Qui mieux que Marot aurait pu mélanger les mythes antiques et son époque? Sa poésie entre modernité et antiquité révèle un génie qui manie le rondeau mieux que personne!
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douceur11
  23 octobre 2014
Une fois passée la difficulté de la langue françoise, il n'y a plus qu'à apprécier la diversité des formes poétiques et la richesse du vocabulaire.
Une poésie bien plus belle et plus riche que celle de du Bellay ou de Ronsard que je n'ai malheureusement découvert qu'à l'université.
Erotisme et savoir-vivre sont au rendez-vous.
Cette édition est appréciable pour les fiches chronologiques, les nombreuses notes et le glossaire mais le mieux est encore d'aller travailler sur les publications de 1534.


Lien : http://gallica.bnf.fr/ark:/1..
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
Des trois couleurs, gris, tanné et noir.

Gris, tanné, noir, porte la fleur des fleurs
Pour sa livrée, avec regrets et pleurs :
Pleurs et regrets en son coeur elle enferme,
Mais les couleurs dont ses vêtements ferme
(Sans dire mot) exposent ses douleurs.

Car le noir dit la fermeté des coeurs ;
Gris, le travail ; et tanné, les langueurs ;
Par ainsi c'est, Langueur en Travail ferme,
Gris, tanné, noir.

J'ai ce fort mal par elle et ses valeurs,
Et en souffrant ne crains aucuns malheurs,
Car sa bonté de mieux avoir m'afferme :
Ce nonobstant, en attendant le terme,
Me faut porter ces trois tristes couleurs,
Gris, tanné, noir.
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
De celui qui nouvellement a reçu lettres de s'amie.

A mon désir, d'un fort singulier être
Nouveaux écrits on m'a fait apparaître,
Qui m'ont ravi, tant qu'il faut que par eux
Aie liesse ou ennui langoureux :
Pour l'un ou l'autre Amour si m'a fait naître.

C'est par un coeur que du mien j'ai fait maître,
Voyant en lui toutes vertus accroître :
Et ne crains, fors qu'il soit trop rigoureux
A mon désir.

C'est une Dame en faits et dits adextre,
C'est une Dame ayant la sorte d'être
Fort bien traitant un loyal amoureux.
Plût or à Dieu que fusse assez heureux
Pour quelque jour l'éprouver et connaître
A mon désir.
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
A un créancier.

Un bien petit de près me venez prendre,
Pour vous payer : et si devez entendre
Que je n'eus onc Anglais de votre taille.
Car à tous coups vous criez : " baille, baille ",
Et n'ai de quoi contre vous me défendre.

Sur moi ne faut telle rigueur étendre,
Car de pécune un peu ma bourse est tendre,
Et toutefois j'en ai, vaille que vaille,
Un bien petit.

Mais à vous voir (ou l'on me puisse pendre)
Il semble avis qu'on ne vous veuille rendre
Ce qu'on vous doit : beau sire, ne vous chaille.
Quand je serai plus garni de cliquaille,
Vous en aurez : mais il vous faut attendre
Un bien petit.
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
De celui qui entra de nuit chez s'amie.

De nuit et jour faut être aventureux,
Qui d'amour veut avoir biens plantureux.
Quant est de moi, je n'eus onc crainte d'âme,
Fors seulement, en entrant chez ma Dame,
D'être aperçu des languards dangereux.

Un soir bien tard me firent si peureux
Qu'avis m'était qu'il était jour pour eux :
Mais si entrai-je, et n'en vint jamais blâme
De nuit et jour.

La nuit je pris d'elle un fruit savoureux :
Au point du jour vis son corps amoureux
Entre deux draps plus odorants que basme.
Mon Oeil adonc, qui de plaisir se pâme,
Dit à mes Bras : " Vous êtes bien heureux
De nuit et jour. "
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
Au seigneur Theocrenus, lisant à ses disciples.

Plus profitable est de t'écouter lire
Que d'Apollo ouïr toucher la lyre,
Où ne se prend plaisir que pour l'oreille :
Mais en ta langue ornée et nonpareille
Chacun y peut plaisir et fruit élire.

Ainsi, d'autant qu'un Dieu doit faire et dire
Mieux qu'un mortel, chose où n'ait que redire,
D'autant il faut estimer ta merveille
Plus profitable.

Bref, si dormir plus que veiller peut nuire,
Tu dois en los par sus Mercure bruire,
Car il endort l'oeil de celui qui veille,
Et ton parler les endormis éveille,
Pour quelque jour à repos les conduire
Plus profitable.
+ Lire la suite
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Videos de Clément Marot (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Clément Marot
Clément MAROT – « La court du Roy, ma maitresse d’Escolle » (Conférence vidéo, 2008) Conférence de Guillaume Berthon, portant le sous-titre "Marot courtisan et poète", filmée à l'Université de Versailles-Saint-Quentin, le 25 septembre 2008, dans le cadre d'un séminaire intitulé "Les écrivains à la cour en Europe (XVIe-XVIIIe siècles)".
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