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EAN : 9782072925573
192 pages
Gallimard (26/08/2021)
3.63/5   99 notes
Résumé :
Depuis qu’il est sans travail, Philippe passe ses journées à attendre. Attendre que Lucas, son fils de seize ans, rentre du lycée, attendre que sa femme termine sa journée de travail. Il n’y a guère que les dîners du dimanche avec ses copains du hameau, la chasse et la perspective d’y initier son fils qui rompent le fil des jours.
Lorsque Julien, un Parisien venu se terrer dans la maison d’en face, débarque, la vie de Philippe bascule. Il se met à épier ce vo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Je recherchais un roman noir , pas trop long , bien écrit et plein de ...finesse .Alors quand Elise Marpeau se présente , pas la moindre hésitation , je fonce .
Lui , c'est Philippe et il n'a plus de boulot .Oui , c'est pas marrant mais , hélas , ça arrive , pas une tare tout de même , même si l'orgueil en prend un coup , ce qui peut trés bien se comprendre .Maud , sa femme va bosser , Lucas , son fils ..., aussi .Bref , la honte . Il reste les dimanches mais l'oisiveté est lourde , trés lourde à supporter , à accepter .Alors , quand un voisin s'installe , un interêt soudain surgit jusqu'à ....Oula , mais je suis parti pour tout vous raconter , moi et vous ne m'interrompez pas , évidemment , trop contents de vous " la couler douce ".
Le voisin , il s'appelle Julien , il est " sympa et attirant , mais attention , ce n'est pas forcément un truand " , d'ailleurs , le Philippe , il l'aime bien et va l'introduire dans son cercle d'amis .... Après s'être introduit....( mais non , je ne suis pas vulgaire ...)
Aprés , ben aprés , c'est Elsa Marpeau qui va s'occuper de l'affaire et , vous pouvez me croire , bien la triturer , la malaxer , la pétrir , comme un boulanger s'occupe de sa pâte dans le pétrin .Le pétrin ? Tiens , c'est pas mal ça , parce que le pétrin , ben il est pas loin....Mais si vous aimez les romans noirs , le pétrin , ça vous cause.. bien des dommages . Oui , quand il y a peu de personnages , on sait qu'on va tourner autour d'eux et trouver la faille .Pourtant ...ne pas chanter " victoire " trop tôt et pas la peine de crier:" j'avais deviné ! " Ca se fait mais , ça fait prétentieux chers amis et chères amies .Bien entendu qu'on devine , mais , tout de même , cest pas mal " torché " , cette affaire .Ouais , pas mal du tout .Personnellement , j'ai ouvert le livre et l'ai lu d'une traite et pourtant , il faisait ( trop ) chaud et ( trop ) beau .Mon épouse travaillait dehors ...Goujat , moi ?Non , lecteur...
Il y a des romans qui , comme celui- ci , ne " payent pas de mine " mais sont vraiment à lire pour les amateurs de romans noirs , une lecture facile mais profonde , une lecture qui vous amène dans l'impasse que vous vouliez éviter .Ah , les amies , votre mari reste à la maison ? Oui ? Un voisin vient de s'installer en face de chez vous ? Oh punaise , j'ai bien peur que ...En même temps si vous....Je vous laisse pour ce soir ,face à votre destin ...A mon âge , je ne risque plus rien ......Quoi que ....Figurez - vous que juste en face de chez moi .....
Allez , bonne soirée , bonne nuit et ...pas de blagues , hein , un fusil , c'est comme un train , ça peut toujours en cacher un autre ....
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Philippe, depuis qu'il est au chômage, sort peu de chez lui. Excepté pour aller chasser. La plupart du temps, il attend. Soit le retour de Lucas, son fils, de l'école, avec qui pourtant il échange très peu, le gamin préférant sa télé ou son portable. Soit le retour de sa femme, Maud, tard le soir, lorsqu'elle a fini son service au Grand Gâtinais, le restaurant huppé du village. Son train-train quotidien est bouleversé par l'arrivée d'un voisin, dans la maison d'en face. Un jeune homme qu'il a vu se baignant nu dans le lac alors que Philippe était parti chasser. Tout à la fois curieux et méfiant de ce parigot venu s'installer en pleine campagne, seul, et visiblement sans travail, il commence à l'espionner pour en savoir plus...

Cet été-là, caniculaire, fut l'été du drame. Ou plutôt des drames. Celui au cours duquel Philippe a tiré deux coups, à bout touchant, dans le ventre de quelqu'un. de sa maison, bien des années plus tard, bien des années après le drame, il a décidé d'écrire à son neveu, Pierre. Avec ses mots, ses ressentis et ses émotions, sans chercher à se dédouaner ou se faire pardonner, il relate les quelques semaines avant, tentant d'expliquer les événements qui l'ont poussé à agir ainsi. de la passivité de son fils avec qui il tente de partager des moments, notamment grâce à la chasse, à sa relation avec sa femme, en passant par ses amis et camarades de chasse avec qui il est très lié, son nouveau voisin parisien pour qui il éprouve des sentiments ambigus ou encore sa passion pour la chasse, il plante le décor d'un drame à venir. Réellement prenant, ce roman, que l'on lit d'une traite, nous plonge dans une ambiance de plus en plus pesante et poignante. Ses personnages, d'une profonde sincérité, se dessinent peu à peu. Maud, qui n'est pas aussi fragile et effacée qu'elle le laisse paraître ; Philippe, malheureux dans son quotidien et devant faire face à des désirs inavoués ; Julien, le parisien menteur, roublard et profiteur. Si la chasse et la nature ont une place importante au coeur de ce livre, Elsa Marpeau dépeint avec beaucoup de finesse les rapports humains (paternité, incommunicabilité, virilité...).
Un roman surprenant, tout à la fois touchant et violent...
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Voici un très beau polar rural, prenant la forme d'une longue confession? testament ? du narrateur, Philippe , il se confie à son neveu Pierre ……longtemps après les faits …..

L'auteure, à l'aide d'une écriture magnifique sans misérabilisme, ni persiflage sur les méchants chasseurs , dresse un portrait très convaincant d'un être brisé en quête de repères dans un monde contemporain où un homme blanc , quinquagénaire au chômage pour raisons économiques, peut se sentir exclu jusqu'au drame.

C'est une quête de pardon, les cris de désespoir d'un homme que la culpabilité ronge .
Philippe , depuis qu'il est sans travail, passe son temps à attendre , attendre que son fils Lucas 16 ans revienne du lycée , que sa femme Maud rentre du travail , elle est serveuse dans un grand restaurant étoilé .

Elle fait bouillir la marmite .

Il n'y a guère que les dimanches lors des dîners avec ses copains ,du hameau , dîners concoctés par Maud , la picole, les discussions animées autour de la chasse et la perpective joyeuse d'y initier son fils que Philippe s'anime ….reprend goût à la vie .
Il oublie un moment son malaise , son mal de vivre au coeur de cette France rurale : environnement , nature , descriptions au petit point, faune , flore , chasse au blaireau …..fusils, techniques variées, étés brûlants , dérèglement climatique, pesticides ,,bio,..
L'auteure fait vivre ces journées à la campagne à l'aide de descriptions poétiques ,travaillées, fourmillant de détails vrais, montrant sa connaissance du milieu rural…
Et pourtant je n'aime pas la chasse.
Lorsque Julien , un Parisien vient se terrer dans la maison d'en face , la vie de Philippe bascule mais il ne le sait pas encore ….

Semblable à un lent film noir le scénario immersif , bien construit, nerveux , convaincant se déroule , entraîne le lecteur , scotché , fasciné par l'histoire de ces hommes - chasseurs , ces taiseux campagnards aux propos maladroits , crus , qui prennent un relief particulier…

Tout au bonheur de se sentir à nouveau vivant , utile , exister pour son fils et son voisin novice Julien , inconnu qui l'obsède , il se met à l'épier cherchant à le faire accepter par son entourage, méfiant …

Il pénètre dans sa maison sans voir poindre le drame …..

Précarité, vengeance , jalousie , fierté mal placée , manque de repères ,douleur , ce roman est un excellent polar…. .
Très bien écrit , convaincant , passionnant jusqu'à la dernière ligne ….
L'auteure est une conteuse hors pair , talentueuse.
Elle a écrit d'autres polars dans la série noire .
C'est un roman de la rentrée .

«  Parfois , quand le soleil se couche et que la poussière ressemble à de l'or ,, je crois voir sa silhouette tout au bout de la route » .
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Philippe attend.
Attend que sa femme rentre du taf.
Attend que son fils rentre de l'école.
Attend le we histoire de se biturer avec ses potes chasseurs.
Attend qu'il se passe finalement quelque chose dans sa morne vie.
Julien, voisin énigmatique fraichement délocalisé, allait, à l'insu de son plein gré, dynamiter ce petit monde un peu trop ronronnant.

J'aime ces ambiances rurales qui enfilent les tableaux à la vitesse d'un paresseux comateux et où l'on sent poindre un drame absolu sans jamais réussir à en définir clairement les contours.
L'âme du fusil, c'est le récit d'un homme bousculé dans ses habitudes enracinées, ses convictions les plus profondes.
C'est l'histoire d'un mec qui a déjà presque tout perdu, l'a conscientisé, mais ne peut s'empêcher, tout comme Lara Fabian, d'y croire encore en idéalisant un nouveau chemin prometteur qu'il n'aura jamais anticipé comme un éventuel cul-de-sac mortifère.
Les sangliers en rigolent encore.

Très bon moment.
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L'action se déroule dans un petit hameau près de Chilleurs-aux-Bois.
Ici, comme dans tous les petits villages, tout le monde se connaît.
Ici, les lois rurales et la nature omniprésente font force de loi.

A part les réunions du dimanche qui représentent le summum de sa semaine, rien ne vient égailler la vie de Philippe qui s'enlise dans la monotonie depuis qu'il est au chômage. Sa vie est rythmée par le retour de sa femme Maud et de son fils Lucas. Heureusement qu'il y a les parties de chasse palpitantes avec les copains pour se sentir vivre !

L'arrivée de Julien dans la maison d'en face fait voler en éclats la routine de Philippe.
Alors que son entourage se méfie du « parigot » séducteur et charismatique, Philippe ressent une étrange fascination pour le jeune homme. Il se met à l'épier durant des heures et l'invite à une réunion dominicale où le coq de basse-cour fait forte impression.
Fort de cette nouvelle amitié aussi grisante qu'obsédante, Philippe se sent revivre, d'autant plus que son fils semble vouloir perpétuer la tradition de la chasse qui se transmet de père en fils depuis des générations.

Véritable coup de coeur pour ce polar rural intense d'une extrême efficacité.
Tous les ingrédients sont réunis pour arriver au dénouement terrible dont la menace plane dès les premières pages, implacable, comme une épée de Damoclès qui s'abat comme un couperet.
Conteuse de talent, Elsa Marpeau nous plonge dans un roman sombre où la tension est palpable et le suspense grandissant.
On y apprend beaucoup sur les techniques de chasse dont Philippe fait l'apologie mais également sur le milieu rural décrit avec un réalisme saisissant.
Les descriptions de la nature, belle mais impitoyable à l'instar de la nature des protagonistes, parfois difficile à comprendre, rendent la lecture passionnante et addictive jusqu'au bout.
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
D'abord, les abeilles ont disparu. Pas en une fois. Non. C'était bien plus tordu, plus fourbe. Le temps qu'on s'aperçoive qu'il y en avait moins, elles avaient toutes disparues. On disait qu'elles s'étaient taillées à Paris, comme les mouettes rieuses et les goélands, parce qu'à tout prendre, il y avait moins de pesticides que dans nos belles campagnes françaises. Qu'est-ce qu'ils y pouvaient, nos paysans du coin, si leurs cultures crevaient quand on ne les abreuvait pas de cochonneries ? Qui aurait acheté leurs légumes pelés et biscornus, leurs tomates en forme de n'importe quoi, leurs pommes tordues ? Ici, la mode du bio nous a toujours fait marrer. Comment le voisin faisait pour avoir des courgettes biologiques quand le champ d'à côté baignait dans le Roundup ? Il ne fallait pas avoir plus de trois neurones et demi pour piger que ça ne voulait rien dire.
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La nature, il ne fallait ni l'aimer ni la mépriser : il fallait la craindre. Nous, chasseurs, on avait toujours su combien elle pouvait se retourner contre vous et vous mettre en pièces. La nature vous déchiquetait en un rien. J'en avais toujours eu conscience. Cette puissance irraisonnée. Les marins diraient la même chose. Eux aussi expliqueraient qu'il faut respecter la mer et la craindre, décrivant comment elle peut devenir terrifiante, vous engloutir en un rien, et combien toute lutte serait vaine, face à sa démesure. Les alpinistes et la montagne – les pics, les cimes, les éboulis. Aimer la nature, c'est toujours en avoir peur. Les hommes l'avaient méprisée et, après la tempête, elle nous envoyait le déluge.
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Les Parisiennes, pour moi, c'était forcément ça : des filles qui portaient des talons, le menton relevé, et nous considéraient comme des minables. Je ne les aimais pas beaucoup non plus. J'aurais voulu les voir à notre place. Ils fantasmaient sur la campagne, ils venaient nous envahir quand ça les arrangeait. Tout à coup, ça leur paraissait mieux que chez eux mais pour quelques semaines seulement. Après, ils se lassaient. Fallait pas déconner non plus.
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Je me tiens la tête haute , je ne prétends pas savoir ce que j’ignore e je ne crache pas sur les braves gens en leur disant qu’ils n’ont qu’à traverser le trottoir pour trouver du boulot .
On voit qu’il n’a jamais rangé des pains sous cellophane dans des cartons pendant huit heures par jour , le jeune président .
On voit qu’il n’a jamais été regardé de haut parce qu’il approche de cinquante ans et qu’à cinquante ans , à l’usage , tu es plus périmé qu’une denrée avariée » ….
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Et pour être honnête, il y avait des activités qui m’intéressaient davantage que le sexe. La chasse en faisait partie. Elle offrait tellement plus. Du soleil, du vent, de longues périodes de concentration suivies d’une brusque décharge d’adrénaline sauf que, contrairement à la copulation, on pouvait recommencer la séquence indéfiniment. Si on avait mesuré le taux de sérotonine libérée dans l’une et l’autre activité, on aurait sans doute, dans mon cas en tout cas, pu prouver à quel point tirer un coup de fusil procure plus de plaisir que de tirer un coup.
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