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ISBN : 2368123075
Éditeur : Charleston (09/05/2018)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Dans les ruelles chatoyantes et décadentes de la Venise de 1361, Chiara rêve à une autre vie. À la mort de sa mère, victime de la peste, elle est recueillie par une communauté de prostituées alors qu'elle n'est qu'une petite fille. Treize ans plus tard, elle vit elle aussi du commerce de ses charmes. Belle, brillante et déterminée, Chiara économise dans l'espoir de se construire un avenir plus radieux. Mais la découverte de l'identité de son père va bouleverser ses ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Sourisetdeslivres
  16 mai 2018
Aujourd'hui, mon cher lecteur, je vais te faire voyager à Venise, nous allons remonter le temps jusqu'au 14e siècle.
C'est une lecture que j'ai adorée, je ne connaissais pas du tout la plume de l'autrice (depuis j'ai appris que sous ce pseudo se cache un homme je te dis un mot à ce propos à la fin), mais elle m'a convaincue. Ce premier opus pose clairement la base d'une saga prometteuse avec des personnages forts et une richesse historique très très intéressante, je t'en reparle plus loin dans mon avis.
Tu commences le récit avec une Venise en pleine épidémie de peste, aucun quartier n'est épargné, le quartier où résident les prostituées est un des plus touchés.
L'une d'entre elles meurt et laisse sa fille, toutes deviendront sa mère.
13 ans plus tard, tu fais la connaissance de l'héroïne de ce premier tome : Chiara.
Elle exerce le même métier que sa mère, élevée dans le milieu, cela ne lui paraît pas anormal, pourtant elle rêve de liberté, de changer de vie, de s'enfuir loin de sa matrone même si elle aime sa ville et ses mille lumières.
Sa liberté a un prix, mais en plus le doge de Venise a des projets qui réduiront encore plus le peu de liberté qu'il lui reste.
C'est dans ce climat que Emma Mars t'entraîne.
Je ne t'en dis pas plus sur le pitch.
Ce premier opus possède trois forces.
Je t'en ai parlé juste au début.
La première force est, sans aucun doute, Chiara, je l'ai aimée directement et plus j'ai avancé dans ma lecture, plus je l'ai appréciée.
Elle veut changer sa condition, sans oublier ses plus proches amies, comme Angela, celle qu'elle considère comme sa mère ou Gina sa meilleure amie, sans oublier ses « soeurs » qui partagent le même travail qu'elle.
Un personnage qui réclame la justice, mais sans violence, entêtée, aimante un personnage à la psychologie bien développée tout comme Nicola, ils forment un duo des plus attachants bien qu'ils mènent des vies complètement opposées.
J'ai aussi adoré la bienveillance et la bonté de Alvaro ou encore Rolando.
Pour ce qui est des personnages détestables, ils ne sont pas en reste, Lucia Nigra, Pietro, Sandro, etc. Ils traitent les prostituées odieusement alors qu'ils en tirent profit.
Homme d'Église ou matrone, autant tu vas aimer les premiers que je t'ai cités, autant tu détesteras ceux-ci.
Certains des protagonistes ont existé d'autres sortent de l'imagination de l'autrice, mais tous sont incroyablement bien décrits.
La seconde force de ce roman est l'écriture de Emma Mars.
En très peu de pages, elle te situe directement son intrigue, les descriptions historiques des lieux comme de la situation politique et ecclésiastique sont importantes pour asseoir sa trilogie, mais aucune ne m'a lassée.
Une plume fluide, sensuelle, élaborée, puis sans conteste la recherche minutieuse qu'elle a menée m'a subjuguée.
Fiction et réalité se côtoient sans que tu puisses savoir ce qui est vrai ou pas, la fiction est intégrée dans l'histoire et inversement.
La romance est trop belle, j'ai adhéré à cette histoire même si elle peut étonner.
Le langage utilisé est par moment cru, pour ma part cela ne m'a pas dérangé, mais je préfère te prévenir.
Enfin, ce qui a retenu le plus ma concentration sur ce roman, c'est comme je viens de t'en parler l'histoire.
Tu le sais que je suis une grande amatrice d'histoire, le Moyen Âge est la période que j'aime le moins et pourtant Emma Mars me l'a si bien décrite que j'ai visualisé chaque pont, chaque quartier célèbre ou moins célèbre.
Que j'ai compris les enjeux pour Chiara et les autres ; la pauvreté comme la richesse sont expliquées, les palais merveilleux côtoient la saleté des quartiers plus défavorisés et oubliés des dirigeants qui ne pensent qu'à s'enrichir, j'ai vraiment apprécié cette immersion pourtant avec des passages pas très ragoûtants.
C'est une Venise en plein essor que tu lis, en plein bouleversement et construction quand la papauté est encore à Avignon.
J'ai autant aimé que » Les enfants de Venise » de Luca di Fulvio ce qui n'est pas un petit compliment pour moi.
Certes, c'est complètement différent, mais j'ai retrouvé ce pointillisme historique, ces descriptions que j'avais tant aimées, la Venise du Moyen Âge est loin d'être aussi glamour que ce que l'on voit maintenant, j'ai appris beaucoup sur son essor grâce à ces deux livres.
Je t'encourage vivement à commencer cette saga si tu aimes la romance historique, les héroïnes fortes et une intrigue qui court jusqu'à la fin, il me tarde de lire la suite.
Le tome deux est annoncé pour le mois de septembre.
Que j'ai tremblé pour nos personnages principaux ! Vivement que je retrouve Chiara.
Édit :
Au moment où j'ai rédigé ma chronique, je ne savais pas du tout que sous ce nom d'autrice se cachait un homme, mon amour pour ce roman n'en est que plus fort, j'admire ces hommes qui ont la faculté de nous décrire les tourments féminins, qui comprennent les femmes, je ne sais pas si je m'explique bien.
Peu importe pour moi le sexe ou la nationalité de l'écrivain du moment que j'aime le roman, mais ici je souligne ce fait uniquement pour la beauté et la sensualité du texte, vraiment l'écriture, Chiara et l'histoire sont parfaites.
Je ne peux vraiment que te le conseiller.

Lien : http://luciebook.blogspot.be..
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elleaimelire
  12 octobre 2018
Ce livre est arrivé par hasard entre mes mains. La soirée de lancement du livre de Caroline Noël était aussi celle de Castelletto chez Charleston. J'ai rencontré Emma Mars, j'ai pu échanger avec Frédéric (vous suivez ?), et je suis repartie avec son livre dédicacé. Improbable. La couverture ne m'attirait pas, je n'aurais jamais acheté ce livre en librairie.
Avec Castelletto, on se retrouve dès les premières pages en totale immersion dans la Venise du XIVème siècle, dans les quartiers défavorisés, en compagnie des courtisanes et autres filles de joie. Nous suivons plus particulièrement Chiara, orpheline, qui a été élevée par une communauté de prostituées vénitiennes et qui vend désormais elle aussi ses charmes. Nous sommes à l'aube de l'ouverture du Castelletto, lieu construit pour regrouper les courtisanes de la ville et ainsi réguler et gérer leur commerce. Et c'est à Nicola, homme d'église que l'on demande de superviser cette citadelle du vice.
"Le pape des putains vénitiennes ! Sa foi était peut-être erratique ; ses moeurs pas toujours dénués de taches. Mais de là à promouvoir le commerce des corps et la corruption des âmes ?"
Les premières pages m'ont un peu déstabilisée, le temps de me faire au style de l'auteur. En effet, les tournures de phrases et les mots qu'il emploie ne me sont pas familiers. Mais justement, c'est ce style qui m'a finalement séduite et embarquée dans cette saga. Dès le début, j'ai imaginé les décors, les personnages. Tout se déroulait dans ma tête au fil des lignes, comme si je ne lisais pas mais plutôt comme si je regardais un film. Vous voyez ce que je veux dire ?
Frédéric, tu décris si bien la Venise des catins. Les personnages semblent tous plus vrais les uns que les autres. Les ruelles, les canaux, les costumes, tout y est. Je n'ai pas eu l'impression de lire une fiction, mais plutôt de faire un bond de plusieurs siècles en arrière. Je me suis complètement projetée dans l'ambiance de Castelletto.
Chiara est attachante, elle est passionnée et entière. Elle sait ce qu'elle veut, et en même temps elle est prête à se sacrifier pour venir en aide à ses amis. Elle est une héroïne courageuse et audacieuse, une Angélique d'un autre temps et d'un autre milieu. Loin d'être soumise, Chiara est une battante, une amoureuse de la vie.
"[…] l'élégance n'a ni sexe ni condition."
J'ai souvent eu peur pour elle. le souffle coupé, j'ai enchaîné les chapitres. La vie de Chiara est tellement mouvementée et surtout dangereuse. le danger et le risque sont présents à chaque client, à chaque rencontre, à chaque coin de rue. Certaines scènes sont vraiment difficiles, mais pas anodines. La vie des prostituées de Venise était souvent synonyme de viol, de maltraitance…
"Et comme elle esquive son baiser, il réaffirme son autorité de chasseur qui sait le gibier déjà acquis :
– Un peu de résistance ne me déplaît pas… Mais tu sais que cela ne sert à rien, n'est-ce pas ?"
La vie de Chiara prend un tournant quand elle fait la rencontre de Nicola, un prêtre de la cité des Doges. L'amour est un sentiment qu'on ne contrôle pas. Et pour Chiara et Nicola, si au commencement tout semble les séparer, finalement tout les rapproche. Ils ne sont plus une catin et un homme d'église, mais deux êtres qui s'aiment. Loin de tomber dans la guimauve, ce côté romance interdite et clandestine donne du piment à l'histoire. J'ai vibré, frissonné pour eux, avec eux. Il me tarde de connaître la suite de leur relation.
"Mais même muets ils se disent l'après. L'attachement. La clandestinité. La douleur de se quitter et la joie folle de revivre de tels instants. Les rendez-vous volés à sa matrone, en cachette de tous. Là, tout de suite, elle n'est plus une putain du Rialto, il n'est plus un prêtre."
On dit qu'il ne faut pas se fier à la couverture d'un livre, que l'habit ne fait pas le moine. J'en suis maintenant convaincue. Castelletto a été un coup de coeur auquel je ne m'attendais absolument pas. Cela fait un bien fou d'être surprise de cette manière ! Il va me falloir maintenant lire Nicola, le tome 2 pour connaître la suite de la vie de Chiara.
Castelletto vous emmène en totale immersion dans une Venise que vous ne connaissez sans doute pas. Laissez-vous entraîner à la suite de Chiara, vous ne le regretterez pas !
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LauraDarcy
  22 juillet 2018
Après le succès de la trilogie « Hôtel », Emma Mars revient dans un nouveau registre, le roman historique. À l'image de l'auteure ambiguë, l'histoire prend place dans la ville la plus mystérieuse du monde : Venise dans une époque où le vice et la vertu se côtoient, s'attirent et se repoussent dans un ballet incessant de jeux de pouvoir.
Le doge de Venise, Giovanni Dolfin, est dans une position périlleuse après l'échec de plusieurs campagnes militaires. Ses ennemis politiques attendent qu'il fasse un nouveau faux pas pour le renverser et s'approprier le pouvoir. Conscient de la précarité de son règne sur Venise, Giovanni Dolfin va créer la plus grande maison close de l'histoire avec l'approbation de l'Église afin de réglementer le marché de la prostitution.
Chiara est née et a grandi à Venise au coeur du XIVe siècle. Enfermée dans un unique rôle depuis l'enfance, Chiara ne rêve que de liberté, mais la création du Castelletto réduit à néant ses projets.
La lecture de ce premier tome a été mouvementée. L'action n'est pas toujours régulière et certains passages manquent cruellement de rythme.
Emma Mars développe des personnages principaux et secondaires passionnants et il est très difficile de ne pas s'attacher et s'émouvoir devant les difficultés que traversent Chiara, Gina, Rolando ou encore Nicholas. Ces protagonistes ont chacun un rôle important à jouer dans l'histoire inventée par l'auteure. Malheureusement, leur introduction est longue, ponctuée par des détails historiques qui alourdissent le récit. Il faut faire preuve de patience. Et cette paralysie dans l'histoire m'a déconcerté. Je n'avais qu'une envie : voir arriver l'élément perturbateur pour que les personnages expriment tout leur potentiel.
Une fois entamée la seconde moitié du roman, il m'a été impossible de lâcher le livre. J'ai fait un saut dans le passé, appris à vivre comme Chiara et Nicholas et vibré avec eux.
Chiara est une héroïne à part entière qui connaît ses faiblesses, qui sait qu'elle est impuissante devant le pouvoir du doge et de son gouvernement, mais qui a toujours l'espoir de changer les lignes et améliorer sa condition. C'est une femme – comme Charleston aime les mettre en avant – résiliente qui ne se laisse pas dicter sa conduite tant qu'il lui reste un souffle de vie.
Nicholas est quant à lui un paradoxe. Représentant de Dieu sur terre et caution morale du doge, il se laisse pourtant fléchir petit à petit. Loin de se dégonfler, il trouve une nouvelle cause pour se battre.
Emma Mars avec ce premier tome de « Castelletto » aborde la notion de pouvoir dans ces différentes acceptions. Il y a d'un côté le pouvoir qu'on acquiert à force de contrôle sur les dominés, d'un autre le pouvoir divin et enfin le pouvoir de l'intelligence, de la ruse et de l'argent. Chaque être humain en est doté dans ce roman, mais aucun ne l'utilise de la même façon.
Venise est l'arrière-plan idéal à cette histoire. L'auteure nous fait découvrir la ville par le trou de la serrure et c'est magique. Emma Mars est passionnée et nous passionne pour cette ville particulière qui vit au rythme de la lagune, des fêtes religieuses et païennes.
Je ne connaissais pas la plume d'Emma Mars bien que je possède dans ma bibliothèque la trilogie « Hôtel » – une erreur que j'espère très vite corriger. J'ai ressenti un véritable plaisir à me plonger dans les méandres de la grande Venise et il me tarde de découvrir le deuxième tome du « Castelletto » où j'aspire à voir Chiara prendre en main son destin.
Lien : https://darcybooks.wordpress..
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angelita.manchado
  13 octobre 2018
Résumé Castelletto 1 Chiara d'Emma Mars
Chiara a passé la nuit avec son protecteur, un homme très âgé qui prend soin d'elle. Elle se réveille et elle est en retard, attendue par sa matrone.
Chiara a 20 ans, vit à Venise et est prostituée. Son rêve, partir.
Avis Résumé Castelletto 1 Chiara d'Emma Mars
Chiara a 20 ans. Elle est prostituée. Elle a perdu sa mère, elle-même prostituée, de la peste à l'âge de 13 ans. Mais Chiara veut fuir Venise pour vivre ailleurs, abandonner son passé. Mais c'est sans compter sans sa matrone, une femme qui tient son monde de main de fer, et ses sbires. Tous sont prompts à être violents et surtout à gagner de l'argent, beaucoup d'argent. Car Chiara a toujours été protégée par les amies de sa mère. Sa beauté est indéniable par rapport aux autres filles.
Dans ce roman, Chiara, surnommée La Princesse, affrontera son passé et elle arrivera à savoir qui est son père. D'ailleurs, cet élément va changer tout son avenir. Chiara est franche, sensible envers ceux qui souffrent. Elle veut protéger ses compagnes, les plus faibles. Car malgré les disputes, les jalousies, les prostituées sont soudées. Surtout que les prostituées vont être enfermées et déjà que leur statut n'est pas enviable, cela le sera encore moins. Elles n'ont aucune liberté de mouvement, des codes couleurs existent. Et ce confinement dans un quartier, le Castelletto, pour soit-disant réguler les maladies, ne leur apportera rien de bon. Sauf de l'argent, encore plus d'argent à la famille qui gère la ville, à l'Eglise. L'idée est que Venise et donc ce lieu soient repris dans le monde entier.
Outre les nombreux personnages de ce roman, que l'on suit parfaitement bien, il y a Nicola le prêtre qui va tomber amoureux fou de Chiara. Mais lui doit obéir à l'Eglise, à l'Etat. Et ce qu'il a pu promettre à Chiara ne pourra pas se réaliser. Alors, même si elle est en colère, fortement, puisqu'il ne pourra pas écouter ses revendications et celles de ses amies, l'appel de la chair, du corps est plus fort. Et ce malgré les menaces, ils tentent de se cacher. Il me tarde de retrouver Nicola dans le second opus qui lui semble être dédié.
Ce roman est basé sur des faits et des personnages qui ont existé. L'auteur démontre très bien toutes les informations apprises et transcrites dans ce roman, dans cette histoire de cette femme libre mais aussi prisonnière. On imagine très bien cette Venise débauchée, mais une Venise qui souffre. Une prostitution que tout le monde cherche, même les touristes. Car la prostitution est autorisée mais fortement taxée et régie par de nombreuses règles. Les hommes, au plus haut sommet de l'Etat, combattent le vice mais même chez eux, les orgies sont légion. Ils vont également changer les règles de Venise en imposant, par exemple, le principe de la courtisane. Une femme qui reste au bon vouloir de l'homme qui l'a payée mais qui vit dans les coins réservés aux domestiques. J'ai particulièrement aimé ces explications concernant cette procession des douze Marie qui s'effectue avant le Carnaval. Tous les ans, les quartiers changent. Cela permet de faire la fête mais aussi de prier. Tout le monde est concerné.
Chiara m'a fait découvrir un pan de l'histoire de Venise que je ne connaissais pas, une période également. En tous les cas, je n'aurais pas aimé vivre à cette période. Venise est une ville qui ne m'attire pas particulièrement. C'est sûrement dû au fait qu'elle est entourée d'eau et mon vertige qui me donne l'impression d'être attirée au fond. Emma Mars m'a permis de découvrir un autre de ses talents. Raconter une histoire mais dans une époque qui n'est pas du tout contemporaine.
Le second tome était prévu pour fin septembre 2018. Il semble qu'il soit édité. Je pense que je vais me précipiter pour l'acheter.
Lien : https://livresaprofusion.wor..
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Labibliothequedemarjorie
  17 juillet 2018
Venise, 1361. Chiara, une jeune vénitienne, a été élevée dans le milieu de la prostitution à la mort de sa mère. Treize ans plus tard, elle prend le même chemin tout en aspirant à une autre vie. Intelligente et déterminée, elle ne compte pas vivre de ses charmes jusqu'à la fin de ses jours. Elle veut partir, loin, et pour cela elle économise ses gains pour trouver le bonheur ailleurs.
Or, la cité des Doges, dirigée par l'Eglise et la noblesse, prépare la création de la première maison close, "le castelletto", dans le quartier du Rialto qui accueille les marchands et les étrangers. La prostitution y sera surveillée et contrôlée.
Emma Mars nous embarque au 14ème siècle, dans une Venise aux moeurs dépravées, dirigée par le pouvoir et l'argent.
"Castelletto" transporte le lecteur au coeur de la cité vénitienne avec ses quartiers, ses ponts, ses ruelles que l'on imagine parfaitement bien. L'histoire de certains lieux tels que la place Saint-Marc, celle du marché ou l'Île de Murano sont si bien décrits que l'on s'y projette aisément. Ce livre est le fruit d'un vrai travail de recherches historiques. J'ai beaucoup aimé découvrir la ville telle qu'elle était au Moyen-Age.
De manière romancée, l'auteur évoque successivement les conditions de la création du premier bordel, le traitement et la manipulation des prostituées, puis le rôle des plus riches, les enjeux politiques et la complicité de l'Eglise. J'ai adoré la personnalité de Chiara, une jeune femme audacieuse, déterminée et pleine de vie.
Ce roman est un véritable page-turner. Une fois que l'on se lance dans la lecture, on ne s'arrête plus.
"Castelletto" est un livre que je recommande fortement.

Lien : http://labibliothequedemarjo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   11 octobre 2018
Venise, décembre 1348.
La nuit s’était abattue en plein jour, peu après les coups de cloche au campanile de Saint-Marc qui ponctuaient le zénith au soleil. Dès la fin de la matinée, celui-ci avait disparu derrière la brume qui enveloppait désormais la lagune. Les silhouettes noires qui s’aventuraient encore à l’extérieur se résumaient à des ombres, tels des poissons qui auraient percé la surface bistre du Canal pour repartir aussitôt dans ses profondeurs. Impénétrables.
- Laissez passer !
Les deux hommes qui portaient la dépouille emmaillotée d’un drap sale n’eurent qu’à murmurer leur ordre. Le rideau de curieux qui s’étaient agglutinés devant la masure misérable s’effaça de lui-même. Chacun put alors apprécier la tenue de portefaix qui sortaient leur fardeau dans l’étroite ruelle, le corps ceint d’un mantel long et couvrant, le visage masqué d’un linge trempé dans le vinaigre, les mains gantées.
Le dégoût qu’on lisait dans leurs yeux épuisés – combien de cadavres avaient-ils déjà charriés depuis le lever ? – semblait plus inspiré par l’infamie du quartier que par la pestilence des lieux. Le mal était partout. Il frappait ici comme au palais ducal. Il ne distinguait ni les classes ni les âges ni les sexes. Des morts, ils en trimbalaient à longueur de journée, et souvent plus mal en point que celui-ci. Mais que dire de ces femmes… ! Car ils le voyaient à présent, il n’y avait là que des femmes.
Certaines avaient tout juste pris le temps de passer un châle sur leur poitrine ; d’autres l’exhibaient encore, habituées qu’elles étaient à faire de leur corps un étal. Transgressant sans vergogne les règles en vigueur, toutes s’autorisaient des couleurs et des matières qu’on leur interdisait pourtant, soieries rouges ou blanches qui tranchaient sur leurs peaux brunes ou laiteuses. Si leur office ne faisait pas de doute, la qualité si diverse de la « marchandise », de la splendeur au laideron, aurait eu de quoi surprendre un néophyte. C’était ainsi, au Rialto, il y en avait vraiment pour toutes les bourses et tous les goûts, l’offre précédant toujours la demande.
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akhesaakhesa   30 septembre 2018
Si Chiara conservait en toute occasion une tenue décente,laplupart de ses conseurs appliquaient à la lettre la consigne qu'avaient imposée les autorités,et qui visait à combattre le crime de pédérastie.Ces seigneurs du Grand Conseil s'étaient imaginé qu'en exposant les attributs des femmes publiques comme la viande sur un étal,les tentations impies se reporteraient d'elles-même sur ces dames,délaissant les pièces sans attrait que sont les hommes.
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missmolko1missmolko1   11 octobre 2018
Ainsi allait Venise, et au-delà le monde : le lit conjugal perpétuait les lignées; mais il n’y avait que dans leurs bras à elles qu’un homme pouvait connaître les délices véritables de l’amour.
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Flo76300Flo76300   17 janvier 2018
N’est-il pas préférable de prévenir les perversions plutôt que de guérir les âmes qui s’y adonnent?
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elleaimelireelleaimelire   22 juin 2018
Mais même muets ils se disent l'après. L'attachement. La clandestinité. La douleur de se quitter et la joie folle de revivre de tels instants. Les rendez-vous volés à sa matrone, en cachette de tous. Là, tout de suite, elle n'est plus une putain du Rialto, il n'est plus un prêtre.
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