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Jean-Marie Saint-Lu (Traducteur)Arturo Pérez-Reverte (Préfacier, etc.)
EAN : 9782757814062
472 pages
Éditeur : Points (04/06/2009)
3.63/5   45 notes
Résumé :

" Le soir du 23 juin 1956, fête de la Saint-Jean, le dénommé Bande-à-part surgit des ombres de son quartier habillé d'un costume d'été cannelle flambant neuf. " Manolo Reyes, le beau voyou de Barcelone. passe ses journées à voler des motos et baratiner les filles. Ce soir-là, il se faufile dans les jardins d'une élégante villa du quartier San Gervasio dans le seul but de séduire la jeune fil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  26 juillet 2020
Les auteurs espagnols comme les auteurs israéliens sont des fins psychologues et sociologues. Bien qu'écrivant dans des styles très différents, leur introspection minutieuse qui peut être considéré de beaucoup comme « des longueurs » sont au contraire pour moi des moments de délectations où l'auteur prenant son temps, observe tout, dans ses moindres détails. Un “foulard de soie rouge flottant derrière elle.....”, le ton d'une voix, un désordre vestimentaire ,.....qui laissent une plus ample liberté à notre imagination qu'une description concrète et concise, qui fixe l'image du personnage ou de la situation. Juan Marsé, l'écrivain espagnol ne déroge pas à la règle. Apprenant sa mort par le biais d'un quizz de ma copine Pecosa, j'ai vite fait de retrouver ce livre qui gisait dans ma Pal depuis des lustres.
Dans l'Espagne franquiste des années 60, deux portraits de femme, Teresa jeune étudiante bourgeoise qui s'initie aux idées d'avant-garde, Maruja sa bonne, et un troisième personnage, Bande-à-part, le joker du triangle, de son vrai nom Manolo Reyes. Second fils d'une domestique et de père inconnu Manolo apprend très jeune qu'il est impossible de se délivrer de la misère sans risquer sa vie. Un concours de circonstances va lui faire croiser le chemin de Teresa Serrat, jeune fille de « la haute société » barcelonaise, qui semble tout droit sortie d'un roman de Sagan. Contre tout pronostic, le Manolo va nous révéler des signes d'une intelligence qui va le mener loin.....Fasciné par ce monde de la haute bourgeoisie insouciante, un leurre auquel il aspire éperdument, ("Quel mensonge, quel insupportable mensonge que ces nuits sur la côte, que ces vacances de princesse phtisique, que c'est ennuyeux château féodal qu'était la villa ! "), il va se lancer dans une entreprise dangereuse, agissant en milieu hostile......
Un livre sur les différences de classe, l'amour, et la difficulté de s'affranchir de sa condition sociale . En s'appuyant sur un autre portrait de femme, celle d'Hortensia, ayant "une extraordinaire ressemblance avec Teresa Serrat ", une apprentie pharmacienne, nièce d'un oncle mafieux, ex-patron de Manolo, l'auteur émet ses doutes sur l'honnêteté du sentiment amoureux, plus suscité par l'image des apparences que de ce que réellement est l'autre , " s'il avait connu Hortensia au volant d'une voiture de sport, par exemple, comme c'avait été le cas pour Teresa, il serait très facilement tombé amoureux d'elle.....". Marsé y aborde aussi des thèmes universels. On aspire toujours à ce que l'on n'a pas, à ce dont l'image nous fascine, même si la déception nous attend au coin à peine le but approché ou atteint. Et qu'aussi la solitude, la tristesse, le bonheur, le désir.... sont des sentiments indépendants de nos conditions sociales, même si les contextes diffèrent.
C'est un grand roman intemporel, dont je regrette le peu de critiques sur Babelio, et dont l'une qui donne une idée complètement erronée du sujet ( "beaucoup de coucheries", probablement il est question d'un autre livre :)....). Si vous aimez la plume de Javier Cercas ou Javier Marias, lisez Marsé !
"L'éclair d'une réalité atroce qui jaillit, comme il le fait d'ordinaire, du coeur même du printemps. Car la jeunesse...."
Virginia Woolf
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A_fleur_de_mots
  01 avril 2021
L'été. Cette saison de tous les possibles. La torpeur de la chaleur estivale étant propice aux rêves les plus fous et éveillant tous les sens. Serrer dans ses bras cette belle blonde, languissant sur la plage dorée, à l'ombre des pinèdes. Se consumer de désir, assoiffer sa soif de volupté dans des cuba-libre et des discussions passionnées d'universitaire petit bourgeois bien propre sur soi, rêvant de révolution prolétaire et de libéralisme. Se rêver en héros de la belle blonde pour gagner les faveurs du père de la belle et entrer par la grande porte dans un monde fantasmé , qui lui ferme ses portes. Un été de toutes les illusions. Un été de la dernière chance, pour sortir définitivement de sa condition sociale. Avant que l'automne n'emporte avec son vent les derniers espoirs, avant que les lumières de la fête s'éteignent définitivement et que l'orchestre ne se taise dans l'oscurité de la nuit, comme ses derniers baisers échangés entre amoureux transis avant que la pâleur du matin ne vienne éveiller le monde endormi autour de soi et déchire de ses rayons de soleil le voile de la volupté nocturne.
Elle est blonde. Il est brun. Elle a les yeux bleus, marrons les yeux il a. Sa peau claire et son teint légèrement hâlé trahissent une origine bourgeoise et des étés de villégiature dans des hôtels particuliers de la Costa Brava. Sa peau olive foncée et son élégance forcée trahissent des bas fonds ghettoïsés de misère sociale infâmante. Elle est issue de cette bourgeoisie catalane de l'entre-soi. Il est un immigré andalou de ces années de misère sociale d'après Guerre Civile. Elle a la beauté sûre d'elle-même que sa condition de privilégiée lui confère. Il a la beauté sauvage et sensuelle d'un mort de faim avec la rage de réussite au ventre. Ils ont l'insolence de la jeunesse, celle qui s'imagine s'affranchir des carcans de la société et la bouleverser. Elle, jeune universitaire idéaliste, désirant faire souffler sur cette société espagnole de la fin des années 50 un vent de liberté inédit, pour la délivrer de sa torpeur écrasante, un mai 68 avant l'heure. Lui, petit bandit voleur de motos, à l'ambition démesurée pour sortir enfin de sa condition sociale misérable. Deux mondes que tout sépare, vivant ensemble, sans jamais se voir, se toisant l'un l'autre, se méprisant la plupart du temps.
Des feux de joie des célébrations de la Saint-Jean ne restent que des cendres froides au petit matin. Des feux de cette passion estivale entre Teresa et Manolo ne restent que des cendres de désillusions à l'automne. L'été n'est qu'une parenthèse envoûtante et magique, mais voué à ne rester que cela, une parenthèse. Il leur reste le souvenir d'un été de tous les dangers, celui qui a laissé s'envoler à tout jamais leur jeunesse.
Ce pourrait être une banale histoire d‘amour entre deux êtres que tout oppose. Ce pourrait aussi être un Harlequin sans saveur, à l'érotisme pudique. Mais Juan Marsé nous livre un roman magistral, très fin dans la psychologie des personnages, nous laissant entrevoir une Barcelone à la fois brillante et obscure, une société espagnole de la fin des années 50 en pleine transformation, s'ouvrant doucement au monde moderne. Il nous emmène pudiquement dans les tréfonds de la société catalane de cette époque, nous dévoilant ses contradictions et ses tiraillements intérieurs, nous plongeant dans les illusions et les passions de cette jeunesse de l'époque, nous laissant avec un léger goût de tristesse amère en refermant ce roman. Comme le goût que nous laisse un été en se terminant.
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unetassedebonheur
  26 mai 2014
Manolo, le beau Manolo, le voyou de Barcelone, met son beau costume et entre dans le parc de la maison de San Gervasio, pour conquérir celle qui représente la beauté même, Térésa. Mais pas seulement, et le lecteur sent rapidement l'odeur du danger, l'inquiétante incertitude d'entrer en territoire ennemi.

Nous sommes à Barcelone, à un moment social et politique bien précis, à mi-chemin de cette longue période du franquisme. Térésa, jeune fille de bonne famille, appartient à ce milieu catalan, dont les rejetons jouaient à prédire la chute imminente du franquisme pendant que les ouvriers se debattaient entre la lutte révolutionnaire et les avantages que le système leur donnait. Et Manolo, dit Bande-à-part, vole des motos, baratinent les filles, mais au jeu de l'amour, tel est pris qui croyait prendre.
Les critiques ont été très sévères à la sortie du livre, ne pardonnant pas a Juan Marsé ses positions. Pourtant Manolo Reynes reste un des personnages de la littérature espagnole les plus marquants, et on comprend pourquoi...la sensualité des personnages, dont on ne sait s'il faut les envier ou pas, cette belle histoire d'amour, vouée à l'échec mais à laquelle on essaie de croire, comme à celle de Julien Sorel et Louise de Reynal.
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tristantristan
  30 novembre 2019
Barcelone du temps de Franco à la fin des années cinquante. Beaucoup de coucheries dans ce roman. Je n'ai pas aimé.
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moravia
  06 avril 2013
Premier roman que j'ouvre de cet auteur.
Livre inégal où il y a des creux ( j'étais prêt à laisser tomber ), et quelques collines où l'on sent un petit air frais ( qui me donnait un brin d'espoir ).
A t'il fait mieux ?
A essayer un autre livre.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   02 avril 2021
En el fondo, piensa, estoy sola; he vivido, hasta ayer mismo, rodeado de fantasmas. Soledad, generosidad, sentimentalismo, curiosidad, interés, confusión, diversión; ella podía enumerar todas estas emociones porque ya creía tener la clave que explicaba la conducta del muchacho y la suya propia: los dos, cada cual a su manera, estaban en guerra con el destino. Pero le quedaba la curiosidad. ¿Cuál puede ser la idea de la libertad en un muchacho pobre como Manolo? Ir a mi lado en el Floride, lanzados a màs de ciento cincuenta por hora, o besar correctamente la mano de mamá, o hacer el amor en la costa con una turista rica, o tal vez no es más que un medio para ganar tiempo, para robarle tiempo a la pobreza, a la desdicha y al olvido. Sí: un hombre que intenta ganar tiempo, que está en guerra con el destino, eso es Manolo, eso somos todos.

Dans le fond, elle se dit, je suis seule; j’ai vécu, jusqu’à hier, entourée de fantômes. La solitude, la générosité, le sentimentalisme, la curiosité, l’intérêt, la confusion, le divertissement; elle pouvait énumérer toutes ces émotions car elle pensait détenir la clé du comportement de ce jeune homme et la sienne aussi: les deux, chacun à sa manière, sont en guerre contre le destin. Mais il lui restait la curiosité. Que peut être l’idée qu’un jeune homme pauvre comme Manolo peut avoir de la liberté? M’accompagner au volant de la Floride, lancés à plus de 150km/heure, ou embrasser correctement la main de Maman, ou faire l’amour à une touriste aisée sur la côte, ou peut-être ce n’est juste qu’un moyen pour gagner du temps, pour voler du temps à la pauvreté, à l’ennui et à l’oubli. Oui, c’est cela: un homme qui essaie de gagner du temps, qui est en guerre contre le destin, c’est Manolo, c’est nous tous.
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   27 mars 2021
Antes de la guerra, este barrio y el Guinardó se componían de torres y casitas de planta baja: eran todavía lugar de retiro para algunos aventajados comerciantes de la clase media barcelonesa, falsos pavos reales de cuyo paso aún hoy se ven huellas en algún viejo chalet o ruinoso jardín. Pero se fueron. Quién sabe si al ver llegar a los refugiados astrosos y agitanados de los años cuarenta, jadeando como náufragos, quemada la piel no sólo por el sol despiado de una guerra perdida, sino también por una vida de fracasos, tuvieron al fin conciencia del naufragio nacional, de la isla inundada para siempre, del paraíso perdido que este Monte Carmelo iba a ser en los años inmediatos.

Avant la guerre, ce quartier et celui de Guinardo étaient composés de tours et de petites maisons d’un seul étage: c’étaient encore des lieux de villégiature pour quelques commerçants riches de la classe moyenne barcelonaise, de faux paons royaux dont les traces se voient encore aujourd’hui dans un vieux chalet ou un jardin en ruine. Mais ils sont partis. Qui sait si à voir arriver les réfugiés miséreux et à l’aspect de gitans des années 40, haletant comme des naufragés, avec la peau brûlée non seulement par le soleil impitoyable d’une guerre perdue mais aussi par toute une vie d’échecs, ils prirent enfin la mesure du naufrage national, de l’ île inondée pour toujours, du paradis perdu que ce Mont Carmelo serait dans les années immédiates.
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VanessaVVanessaV   23 octobre 2013
En fait, ce furent là les seuls jouets de son enfance, des jouets qu'il ne devait jamais casser ni mettre au rebut. Il grandit en beauté et en intelligence, avec une disposition rare pour le mensonge et la tendresse. [...] De son contact quotidien avec la faim il lui resta une lueur animale dans les yeux et une façon particulière de pencher la tête que seuls les imbéciles prenaient pour de la soumission. Très vite, il connut la vérité la plus arrogante et la plus utile de la misère: qu'il n'est pas possible de s'en délivrer sans risquer sa vie. Ainsi, dès son enfance, il eut besoin de mensonge autant que de pain, autant que de l'air qu'il respirait. Il avait la vilaine habitude de cracher souvent; cependant, si on l'observait attentivement, on remarquait dans sa façon de faire (les yeux fixant soudain un point de l'horizon, un complet désintérêt pour son jet de salive et pour l'endroit où il atterrissait, une intime et secrète impatience dans le regard) cette résolution ferme et irrévocable, fille de la rage, qui souvent fige le visage des paysans sur le point d'émigrer et de certains jeunes provinciaux qui ont pris la décision de s'enfuir un jour vers les grandes villes.
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BookycookyBookycooky   26 juillet 2020
Maria Eulelia Beltran était grande et mince, l'air somnolent, en décolleté, très élégante, couverte de toutes sortes de parures, fétiches et objets étranges: plus que vêtue, elle était meublée.
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BookycookyBookycooky   21 juillet 2020
En réalité, si le gangster risquait sa vie, c’était pour que la blonde platinée puisse continuer à mâcher son chewing-gum.
Extrait d’une “Histoire du cinéma “
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Video de Juan Marsé (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juan Marsé
El embrujo de Shanghai (trailer) film de 2004 de Fernando Trueba. Adaptation du roman Les nuits de Shanghai
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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