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EAN : 9782258143517
Éditeur : Les Presses De La Cite (22/02/2018)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Imaginez-vous penché au-dessus d'un crâne. Imaginez ce crâne ouvert en deux. Imaginez avoir entre vos mains le siège de la pensée, de la raison, des émotions, des souvenirs. Imaginez-vous oeuvrer à des miracles. Sachez maintenant que le moindre mouvement trop brusque du bras peut tuer ou handicaper à vie la personne allongée là. Pensez devoir annoncer un diagnostic fatal. Vous aurez alors une idée - mais seulement une idée - de ce qui peut constituer le quotidien d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
pictura
  23 mars 2018
Le roman m'a passionné, pas pu le refermer avant d'avoir fini. Bien écrit, concis, net, précis, comme une incision dans le crane pour opérer un épendymome.
Le livre raconte la vie professionnelle d'un neurochirurgien, chirurgien du cerveau. Ses doutes, ses convictions, ses déboires, ses espoirs, les relations avec les patients, sa vie à l'hôpital. le récit se veut honnête.
Oui, nous avons affaire à un médecin honnête… Un chirurgien intègre et honnête… Comme si je disais : un ministre honnête. Allons bon, quelle drôle idée ! Aujourd'hui, les deux mots sont antinomiques.
Ami lecteur, je te renvoie aux oeuvres de Martin Wincker, médecin et écrivain, qui dénonce les travers du corps médical.
Bref... Henry Marsh se veut sincère. Il avoue des erreurs. Oui, ami lecteur, tu as bien lu, un chirurgien qui avoue ses erreurs dans sa discipline, un coup de scalpel erroné, une opération qu'il n'aurait pas du faire et la vie du patient (et pas du client !) s'en trouve bouleversé. Pensez donc, on ne touche pas au cerveau comme à un autre organe.
L'auteur avouera même qu'un de ses confrères, oh combien réputé, a plusieurs fois mal opéré et a rendu un jour un homme à l'état de légume (peut être même plusieurs). Il a même établi un faux compte rendu pour se couvrir.
Ce que je dis là est un point de détail du livre (si j'en parle autant, c'est que j'ai du mal à encaisser la chose). le livre parle d'un chirurgien qui aime son métier, ses patients, l'acte chirurgical en lui-même, l'équipe de soin, la formation qu'il prodigue auprès de jeunes collègues. Il aime aussi l'incertitude de sa profession, de la chirurgie du cerveau, avec ses risques inévitables, les 5 % ou 10 % de complication selon la maladie, selon comment le cerveau se présente à l'ouverture de la boite crânienne, selon comment se présente le réseau sanguin cérébral…
J'ai dit auparavant le mot déboire. Cela concerne surtout le système de santé anglais (comme le système français) avec l'instauration de nouvelles normes européennes, de nouvelles formes, de nouvelles règles qui aboutit à des dysfonctionnements dans le système de santé, parfois cocasses, parfois ridicules, parfois aberrants. L'auteur présente bien les choses sous cet aspect et c'est avec un sentiment de rage ou d'impuissance qu'on lit les péripéties de ce chef de service dans un hôpital, chef qui croule sous les dossiers administratifs, sous les nouvelles réglementations qui rendent un système de santé inefficace et laborieux.
Le livre est divisé en chapitres traitant d'une maladie. J'ignorais qu'il pouvait y avoir autant de maladies dans le cerveau. Comme quoi la connerie a peut être une origine naturelle. Je blague.
Bref, deuxième bref qui sera le dernier.
Un très bon bouquin que j'ai adoré. Si je tape un peu sur les médecins, c'est que comme la plupart d'entre nous, il m'est arrivé d'en rencontrer des spécialistes, des praticiens qui abusent de leur fonction et qu'ils en oublient le patient devant eux, l'homme devant eux, qui attend des bons soins, pas forcément un bisou ou un câlin, même si ça peut aider, mais des soins à valeur humaine. Il est cependant encore aujourd'hui des bons médecins, j'en ai aussi rencontré. Je ne sais pas s'ils sont dans une minorité ou une majorité. Donc mes propos ne concernent pas tous les médecins, le métier est devenu difficile, certes et certains le font avec un courage exemplaire. J'aime plutôt taper plutôt sur les pontifes, suffisants, arrogants, qui prennent le genre humain pour du bétail. Ceux là, le pognon et la renommée les intéressent plus que la santé de leurs clients (et pas patients).
Dernière chose, Henry Marsh évoque aussi ce paradoxe : un chirurgien ne deviendra bon que s'il pratique beaucoup. Et du coup, les premières fois ? Ami lecteur qui doit se faire opérer : demandez donc au praticien s'il a l'expérience ! C'est votre corps ! Osez le demander que diable ! N'allez pas vous abimer le pied ou l'estomac ou votre poumon pour ne pas vexer l'autorité médicale qui n'a rien à carrer de vous. (Je m'emporte, il existe de bons médecins, il existe de bons médecins, il existe de bons médecins….)
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kouette_kouette
  09 mars 2018
Quelle est la différence entre Dieu et un chirurgien ?
Dieu ne se prend pas pour un chirurgien...
On rigole, on rigole, mais je trouve que cette blagounette est finalement assez représentative de ce qu'on attend d'un chirurgien. de ce qu'on pense être en droit d'attendre d'un chirurgien.
Et quand il s'agit d'une opération sur un cerveau - organe le moins maîtrisé par la science - la foi en son neurochirurgien est de rigueur sous peine de mourir de peur.
Mais Henry Marsh, neurochirurgien à la retraite, en témoignant de son expérience - maniant la vulgarisation de sa profession à merveille - ne manque pas de nous rappeler que le neurochirurgien est avant tout un homme. Tel un vieux sage, il n'y cache pas ses erreurs et l'arrogance dont il a fait preuve en début de carrière. On ne comprend que mieux combien la confiance de ses patients a du être lourde à porter pour lui.
Chaque chapitre s'ouvre sur une définition d'une des pathologies qu'il a rencontrées durant sa carrière, et s'ensuit le développement d'une anecdote correspondant à ce cas.
Le lecteur s'ouvre alors à des réflexions diverses très intéressantes à mon sens.
N'allez pas croire que je vous fasse la leçon sur nos exigences médicales parfois utopiques, je sais que la philosophie médicale est difficile. Lorsque mon Amour a laissé tomber ses 80 kg dans un bruit sinistre parce que son cerveau s'est mis sur off pendant 20 putain de longues minutes (après 4 mois de récupération et aucune explication sur la cause, il va très bien), je me suis mise à avoir la foi envers la neurochirurgie. Moi, athée de chez athée, ce jour-là j'ai voulu croire qu'un homme pouvait être Dieu. Comment faire autrement ?
Quand Henry Marsh décrit le cerveau comme un « substrat mystérieux, siège de toute nos pensées et émotions, de tout ce qui importe dans une vie humaine » je ne peux qu'acquiescer férocement : quand Monsieur a repris connaissance sans pouvoir bouger,
je me foutais éperdument de savoir s'il pourrait à nouveau mobiliser le galbe parfait de son fessier. J'étais juste infiniment heureuse qu'il se repère dans l'espace-temps, qu'il m'appelle par mon prénom, et qu'il utilise un mot dont je n'étais même pas sûre de la définition exacte.
Alors quand le neurochirurgien, pressé par mes questions dira bien plus tard « Vous savez, nous, on aime quand on ne trouve rien » , et après la lecture d'Entre mes Mains, qui énumère des pathologies qu'ils n'ont pas diagnostiqué chez lui, je dis enfin « Amen ». Ou « Carpe diem » puisque je sors de cette foi démesurée.
Excusez-moi pour ce paragraphe très personnel qui explique juste mon choix de cocher ce livre dans la masse critique de non-fiction. Je pense toutefois être objective sur la qualité de ce recueil. Enfin, je crois.
J'aurais bien aimé visionner en complément le documentaire The English Surgeon, où on suit Henry Marsh intervenir en Ukraine, mais je n'ai malheureusement pas pu trouver la version avec les sous-titres français. Dommage. Parce qu'après avoir lu Entre mes mains, on a envie de rester un peu plus longtemps en sa compagnie.
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Bazart
  18 décembre 2018
Dans un essai formiable sorti déja il y a quelques mois le chirurgien Henry Marsh nous donne à lire le récit haletant et unique de sa vie de médecin et nous montre à quel point la chirurgie du cerveau est un domaine très délicat.
Cet organe est le centre de contrôle du corps humain, il gère vraiment tout ce que nous faisons au quotidien.
Neurochirurgien à la retraite, March témoigne de son expérience et parvient à parler de sa profession à merveille avec ce récit à la première personne avec ce qu'il faut de recul et d'élégance rendant ses confessions sincères.
De ses passionnantes enguelades avec sa hiérarchie aux erreurs médicales qu'il a pu réaliser dans sa carrière., March livre tout, montrant ainsi à quel point un neurochirurgien loin de l'image du méecin qui sait tout et qui est arrogant est avant tout un homme.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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anlixelle
  08 avril 2018
Expériences, regrets, échecs... le chirurgien Henry Marsh nous donne à lire le récit haletant et unique de sa vie de médecin.
Loin des clichés sur l'hôpital, au coeur de l'action, nous partageons le quotidien de cet homme remarquable avec un texte qui m'a arraché plusieurs fois des larmes tant l'écriture serrée est au plus près de son sujet, le patient, rien que le patient, et la Vie.
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Streala
  07 juin 2018
Le sympathique Henry March ,neurochirurgien londonien de renommée internationale (pionnier de la neurochirurgie sur patient réveillé ,conscient) arrive petit à petit en fin de carrière et se penche sur son parcours .
De cours chapitres centrés sur le cas précis d un patient nous font decouvrir les facettes de sa spécialité mais d'un point de vue intimiste ,personnel .
L auteur est attachant et profondément honnête ,ses échecs et errements sont relatés avec autant de précision que ses grandes réussites .
Je devine l auteur ,comme beaucoup de médecins ,très tracassé par la mort et le vieillissement .
Il est hanté par le spectre de son père atteint de démence et se livre à un jogging et des pompes au quotidien pour s oxygéner le cerveau et conjurer l hérédité
Nous sommes devant un homme hyperactif ,véritable bourreau du travail qui n a vécu que pour son service hospitalier et la chirurgie ,retraité ou en vacances ,il va opérer en Ukraine ou au Népal
Concernant ceci il est très lucide et se rend compte qu une bonne neurochirurgie est tributaire du travail de toute une équipe ,voire de tout un hôpital:impossible pour lui de faire correctement son travail sans un bon service d urgence,un bon neuroradiologie ,de bonnes infirmières ,un service de réanimation etc ..;vouloir faire de la neurochirurgie dans un pays peu développé est peut être finalement naïf ou prétentieux
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
kouette_kouettekouette_kouette   06 mars 2018
- De toute façon, c'est la famille qui choisira. La décision leur appartient.
Je lui fais remarquer que les espérances et les souhaits de la famille seront entièrement déterminés par sa manière de communiquer avec eux et les mots qu'elle choisira de prononcer. Si elle leur annonce qu'il est possible d'opérer pour supprimer les parties endommagées du cerveau et offrir une chance de survie au patient, ses proches souhaiteront évidemment procéder à l'intervention. Si elle leur explique, a contrario, que cet homme, même opéré, ne retrouvera jamais son autonomie et qu'il restera profondément handicapé, il est probable que la famille choisira de ne pas intervenir. Dans le premier cas de figure, la véritable question qui sous-tend le débat est celle-ci : "Aimez-vous assez votre parent pour vous en occuper lorsqu'il sera invalide ?" Sommés de se prononcer, les proches n'ont d'autre choix que de répondre par l'affirmative. Et l'équipe médicale se voit contrainte d'opérer un patient incurable car il est plus facile d'opérer que de faire preuve d'honnêteté intellectuelle dans une situation émotionnellement complexe.
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kouette_kouettekouette_kouette   09 mars 2018
- Je vais mourir dans douze mois !
-Eh bien, j'ai dit "peut-être". Il y a toujours un espoir de rémission...
- Mais vous savez, hein ? C'est vous... le doc en chef, ici. Je vais mourir !
- Disons que j'en suis sûr à quatre-vingt-dix pour cent, mai nous...
Passer de la première personne du singulier à celle du pluriel, tant prisée des policiers, des fonctionnaires et des médecins, permet de se délivrer d'un lourd fardeau en se cachant derrière une responsabilité collective qui nous absout de toute responsabilité personnelle.
- ... mais nous pouvons vous aider en extrayant la tumeur...
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kouette_kouettekouette_kouette   08 mars 2018
En parcourant les longs couloirs de l'hôpital sous les éclairages tamisés pour la nuit, je m'interroge une fois de plus sur notre désir insensé de nous accrocher à la vie, alors que nous souffririons peut-être un peu moins si nous acceptions d'y renoncer. L'espoir fait vivre, certes - mais il peut aussi nous rendre idiots.
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kouette_kouettekouette_kouette   04 mars 2018
Il n’existe aucune preuve que le rasage complet du crâne diminue le risque d’infection, motif avancé autrefois, et qui faisait ressembler les malheureux convalescents à des repris de justice. Je soupçonne que la vraie raison, peut-être inconsciente, en était que la dépersonnalisation du patient facilitait la tâche du chirurgien.
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kouette_kouettekouette_kouette   03 mars 2018
Si l'intervention est couronnée de succès, le chirurgien sera un héros ; si elle échoue, un criminel.
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